Point de mire sur la prévention

Automne 2011 

Recentrer notre approche de la santé et de la prévention du VIH chez les hommes gais et bisexuels

Par Len Tooley

Cours de yoga, groupes de discussion sur la spiritualité, programmes de cessation du tabagisme, équipes de sports, ateliers contre l'homophobie... Quel rapport ces choses ont-elles avec la prévention du VIH? Et quelle pertinence ont-elles pour les hommes gais et bisexuels en particulier? La réponse : ces activités (et plein d'autres) font partie d'un mouvement axé sur la « santé des hommes gais » qui prend de l'ampleur et qui commence à redéfinir nos démarches visant la prévention du VIH et la promotion de la santé des hommes gais et bisexuels.

Au début des années 80, alors que le VIH prenait l'ampleur d'une épidémie importante chez les hommes qui avaient des relations sexuelles avec d'autres hommes (HRSH), les communautés d'hommes gais (et leurs nombreux alliés) se sont organisées pour revendiquer la reconnaissance des gouvernements et des professionnels de la santé et pour amorcer un virage culturel sans précédent afin de changer leurs pratiques sexuelles et d'endiguer la vague d'infections par le VIH qui déferlait sur elles.1

Il s'est pourtant écoulé plus d'un quart de siècle depuis, et l'incidence du VIH chez les gais et bisexuels du Canada n'est pas à la baisse. En 2008, l'Agence de la santé publique du Canada estimait que jusqu'à 47 % des nouvelles infections par le VIH au pays se produisaient encore chez des HRSH.2 On estime en effet que le taux de prévalence du VIH chez les HRSH est environ 50 fois plus élevé dans cinq villes canadiennes qu'il l'est dans la population générale adulte du Canada.3

Les fournisseurs de services et les chercheurs reconnaissent de plus en plus que pour avancer dans la lutte contre le VIH et les infections transmissibles sexuellement (ITS) chez les hommes gais et bisexuels, il faut comprendre et tenir compte des autres défis mentaux, physiques et sociaux auxquels ils font face. Cette reconnaissance reflète un mouvement croissant qui cherche à encadrer la prévention du VIH chez les hommes gais et bisexuels d'une manière qui tient compte du contexte plus large de leur santé et bien-être, plutôt que de mettre l'accent sur leur statut VIH et les pratiques sexuelles à risques réduits. 

En quoi la santé des hommes gais, bisexuels et bispirituels est-elle différente de celle des hommes hétérosexuels?

À en croire une masse croissante de données de recherche, outre le VIH et les ITS, les hommes gais et bisexuels semblent être touchés plus souvent que les hétérosexuels par plusieurs autres problèmes de santé. Les recherches (dont la plupart ont été faites dans des contextes urbains) indiquent que les hommes gais et bisexuels affichent souvent des taux plus élevés des problèmes suivants :

  • détresse, anxiété et dépression4,5,6,7,8
  • tentatives de suicide4,5,8,9,10
  • tabagisme11,12,13 et consommation d'alcool et de drogue8,14,15,16
  • violence conjugale17,18,19
  • mauvaise image corporelle et troubles alimentaires20,21,22

Ces problèmes de santé, qui ne sont pas directement liés aux activités sexuelles entre hommes, sont vraisemblablement la conséquence de la stigmatisation et de la discrimination dont les hommes gais et bisexuels font l'objet. 23 En effet, selon Statistique Canada, un crime haineux sur 10 serait motivé par l'orientation sexuelle.24 De plus, environ 44 % des hommes gais et 41 % des hommes bisexuels auraient vécu une forme quelconque de discrimination, comparativement à 14 % des hommes qui se disent hétérosexuels.25

Souvent, les problèmes de santé des hommes gais et bisexuels ne sont pas traités adéquatement par les professionnels de la santé.26 L'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2004 révélait que les hommes qui s'identifiaient comme gais ou bisexuels étaient deux fois plus susceptibles que les hétérosexuels de signaler un besoin non satisfait en matière de soins au cours de l'année précédente.27 Cela n'a rien de surprenant, vu que plus de 20 % des hommes gais et bisexuels des centres urbains ne se sentent pas à l'aise de dévoiler leur orientation sexuelle à leur médecin de famille.28,29 Dans les régions rurales et du Nord, ce chiffre augmente jusqu'à 45 % dans certains cas.29 Leur hésitation est souvent attribuable à la crainte de la violation du secret professionnel ou à un malaise à l'idée de parler ouvertement de la sexualité avec leur médecin de famille.30

Il est également important de se rappeler la grande diversité qui caractérise la population d'hommes s'identifiant comme gais ou bisexuels. Ainsi, les problèmes de santé particuliers qu'éprouvent ces hommes en raison de leur orientation ou de leurs activités sexuelles peuvent se vivre de manière différente en fonction de nombreux facteurs : le milieu ethnoracial ou culturel, le revenu, l'identité sexuelle, le statut vis-à-vis de la citoyenneté, l'âge, les habiletés, la langue et plusieurs autres facteurs sociaux et culturels ayant un impact sur la santé.

Syndémique : Faire les liens entre la santé des hommes gais et la prévention du VIH

On pourrait bien soutenir que les problèmes de santé particuliers des hommes gais et bisexuels sont inquiétants par eux-mêmes, mais un nouveau domaine de recherche nous montre que ces épidémies multiples (dépression, toxicomanie, violence conjugale, VIH, etc.) se renforcent les unes les autres et portent atteinte à la santé générale des hommes gais et bisexuels plus qu'une seule épidémie pourrait le faire toute seule.31 On a donné à cette notion le nom de syndémique.

La recherche syndémique examine les divers problèmes de santé des hommes gais et bisexuels et les manières dont leur coexistence influence les risques de transmission du VIH. Nombre d'études ont révélé un lien entre des mauvais états de santé attribuables à des problèmes psychosociaux et des comportements sexuels à risque élevé (pénétration anale non protégée).32,33,34

L'approche syndémique encourage aussi l'examen de la résilience et de la force des hommes gais et bisexuels. Tous les hommes gais et bisexuels qui ont connu l'adversité ne présentent pas d'affections syndémiques; même dans le cas contraire, ce ne sont pas tous les hommes aux prises avec des problèmes syndémiques qui s'adonnent à des comportements sexuels à risque. Par exemple, selon une des premières études sur la question, sur tous les hommes gais et bisexuels ayant vécu trois problèmes de santé d'ordre psychosocial ou plus, 77 % avaient évité les comportements sexuels à risque élevé.35 Cela tend à indiquer que beaucoup d'hommes gais et bisexuels ont déjà développé des comportements propices à un bon état de santé, et les interventions futures profiteront d'une stratégie axée sur la compréhension et l'encouragement de ces comportements.

Le concept de syndémique soulève de nombreux défis pour les fournisseurs de services qui travaillent auprès des hommes gais et bisexuels. En premier lieu, l'approche syndémique incite les fournisseurs de services à reconnaître que le VIH n'est pas nécessairement le seul — ni le plus important — problème de santé auquel les hommes gais et bisexuels font face. En deuxième lieu, cette approche laisse croire que, pour être vraiment efficace, toute stratégie visant la prévention de la transmission doit tenir compte des autres problèmes psychosociaux que vivent certains hommes gais et bisexuels.23 En troisième lieu, le concept de syndémique suggère que des approches fondées sur la force, qui cherchent à renforcer les atouts existants des hommes gais et bisexuels et ceux de leurs communautés, pourraient s'avérer des armes importantes dans l'arsenal anti-VIH. Entre autres, ces approches visent à cultiver la fierté, la créativité sexuelle, l'action et la créativité sociales, la prise en charge de soi et le soutien social.35

Idées pour intégrer la santé des hommes gais, l'approche syndémique et les activités visant la prévention du VIH

Il n'existe pas d'approche passe-partout qui permettrait aux fournisseurs de services d'intégrer des concepts plus larges en ce qui a trait à la santé des hommes gais et bisexuels et à la prévention du VIH. Nombre d'organismes ont employé des moyens différents pour instaurer une telle approche intégrée tout en respectant les contraintes suivantes : responsabilité de répondre aux exigences des bailleurs de fonds, capacité organisationnelle, respect des valeurs fondamentales, prise en compte du contexte local spécifique dans lequel on travaille.

Certains organismes ont choisi d'établir un programme de large portée en matière de « santé des hommes gais ». Ce genre de programme leur permet de prêter une attention particulière au VIH et aux ITS, mais en intégrant ceux-ci dans d'autres programmes et services liés à la santé. À Montréal, l'association RÉZO (autrefois appelée Action Séro Zéro), qui à ses débuts se concentrait plus exclusivement sur le VIH et la santé sexuelle, a adopté un mandat plus large pour faire la promotion de la santé des hommes gais, un mandat qui inclut le VIH et les ITS, mais qui ne s'arrête pas là. Un autre exemple est l'association Health Initiative for Men (HiM) de Vancouver. Établi d'abord sous l'égide de AIDS Vancouver, la HiM s'est élargie pour créer son propre organisme axé sur la santé des hommes gais. Ces organismes abordent la santé des hommes gais de plusieurs manières : événements sociaux, groupes de discussion, soutien individuel, services de santé sexuelle, formations à la sensibilité à la diversité culturelle pour professionnels de la santé, pour n'en nommer que quelques-unes. Visitez leurs sites Web pour mieux comprendre leur approche holistique en ce qui a trait à la santé des hommes gais.

D'autres organismes qui offrent des services aux hommes gais et bisexuels, dont plusieurs associations de lutte contre le sida, ont intégré une conception plus large de la santé des hommes gais et de l'approche syndémique dans leurs programmes. En voici quelques exemples :

Ateliers anti-homophobie/transphobie et de sensibilisation au vécu des LGBT dans les écoles et auprès des professionnels de la santé

  • Pour les hommes gais et bisexuels, l'expérience de l'homophobie et de l'hétérosexisme débute souvent dès un jeune âge, voire dans la cour d'école. Cette expérience peut engendrer des problèmes de santé psychosociaux. Les programmes comme T.E.A.C.H. (exploité par Planned Parenthood of Toronto) et G.R.I.S. Québec sont de bons exemples de ce que font les organismes pour créer des environnements plus sécuritaires pour la jeunesse gaie et trans.
  • Les occasions de développement professionnel destinées aux professionnels de la santé locaux peuvent être une excellente façon de se faire des alliés dans le domaine des soins de santé de sa communauté. Pour consulter une ressource qui vous aidera à élaborer votre propre programme, cliquez ici.36

Établissement de relations solides avec les organismes partenaires et renforcement de leurs capacités à travailler avec les hommes gais et bisexuels

  • Lorsqu'on connaît les fournisseurs de services qui sont particulièrement ouverts à l'égard des hommes gais et bisexuels, il est plus facile de diriger ses clients vers des services utiles lorsqu'on ne peut répondre à leurs besoins.
  • Le développement de relations avec d'autres organismes par le biais de réunions, communications soutenues et partenariats, tel un réseau anti-homophobie local, peut mettre en lumière les besoins spécifiques des hommes gais et bisexuels.

Création d'occasions de rencontres sociales pour aider les hommes gais et bisexuels à nouer des liens

L'isolement social peut être un problème particulièrement difficile pour les hommes gais et bisexuels, surtout dans les communautés où les LGBT (lesbiennes/gais/bisexuels/transgenres) ne sont pas visibles. Les organismes peuvent employer plusieurs moyens pour donner aux hommes gais et bisexuels des occasions de se connaître, tels que :

  • Groupes de discussion ou d'activités. Pour en connaître un bon exemple, consultez le Toronto People With AIDS Foundation’s Poz Prevention Program.
  • Événements sociaux, comme une soirée gaie dans un bar/salle de bingo ou de quilles local, etc.
  • Participation aux événements communautaires et manifestation d'un soutien visible aux communautés LGBT par le biais de pancartes, drapeaux, autocollants, commentaires, etc.

Projet de santé sexuelle des hommes gais de CATIE

En janvier 2011, CATIE a lancé le Projet de santé sexuelle des hommes gais, une nouvelle initiative passionnante visant la création d'une plateforme nationale pour le partage d'idées, d'informations, d'expériences et de pratiques exemplaires entre les fournisseurs de services. Le projet vise à répondre aux besoins particuliers des HRSH en matière de santé sexuelle et de santé en général, qu'ils s'identifient comme gais, bisexuels, bispirituels, hétérosexuels, pansexuels ou autres. Ce projet s'inspire d'un rapport intitulé Changement de cap pour la santé des gais et la prévention du VIH au Canada, qui est disponible auprès du Centre de distribution de CATIE.

Pour en savoir plus sur le Projet de santé sexuelle des hommes gais, communiquez avec Len Tooley à ltooley@catie.ca.

Références

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À propos de l’auteur

Len Tooley est coordonnateur du projet de santé sexuelle des hommes gais chez CATIE. Ce projet vise à simplifier le renforcement des capacités et le transfert des connaissances au sein des fournisseurs de services canadiens œuvrant auprès des hommes gais/bisexuels/queers/bispirituels. Il est également conseiller en VIH/sida et santé sexuelle à la Hassle Free Clinic, à Toronto, en Ontario.