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Actualités infohépatiteC 9.10  

Bienvenue à Actualités infohépatiteC numéro 9.10 de CATIE du 28 avril au 11 mai 2018. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les nouvelles découvertes scientifiques et celles qui ont été mises à jour dans les domaines de la prévention, des soins, du traitement et du soutien liés à l'hépatite C.

Nous rendons parfois compte de l’utilisation expérimentale de médicaments contre l’hépatite C. Pour plus de renseignements sur l’utilisation approuvée des traitements de l’hépatite C au Canada, consultez le tableau des Médicaments anti-hépatite C approuvés au Canada pour les adultes et les feuillets d'information sur chacun des traitements anti-hépatite C.

À la une

La fatigue s’améliore chez plus de la moitié des personnes guéries de l’hépatite C

Chez plus de la moitié des personnes ayant guéri de l’hépatite C, la fatigue s’est améliorée 12 semaines après la fin du traitement, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie 2018 tenu à Paris.

La fatigue est un symptôme courant de l’hépatite C.

Dans cette étude, il s’agissait d’une analyse secondaire de personnes guéries de l’hépatite C par un traitement incluant le sofosbuvir. Les 6 113 participants ont également rempli un questionnaire (échelle FACIT-F) comportant 13 questions sur la fatigue avant de suivre le traitement et à nouveau 12 semaines après la fin du traitement.
Un peu plus du tiers des participants souffraient de lésions hépatiques graves (cirrhose).

Quarante-cinq pour cent des participants ont bénéficié d’une amélioration de leur fatigue par rapport à la période d’avant le traitement, et 12 % d’entre eux disaient ne plus éprouver de fatigue ou n’éprouvaient qu’une fatigue minime. Quarante-deux pour cent des personnes souffrant de fatigue grave n’ont pas connu d’amélioration de leur score de fatigue.

L’amélioration de la fatigue était plus susceptible de se produire chez les personnes plus jeunes, les personnes sans cirrhose et les personnes ayant le moins d’affections médicales. La dépression, l’anxiété, l’insomnie, le diabète de type 2, la cirrhose et l’infection au VIH étaient associés à l’absence d’une amélioration de la fatigue. Notons que toutes ces affections peuvent causer la fatigue.

Selon les chercheurs, « Un suivi à plus long terme des personnes souffrant de fatigue grave serait utile afin d’aboutir à une compréhension plus claire de la probabilité d’une amélioration après la consultation RVS12, de la vitesse du rétablissement et des facteurs de risque à plus long terme de persistance de la fatigue après la guérison de l’hépatite C ». (infohep.org, mai 2018, en anglais)

Le dépistage de l’hépatite C aux points de services se révèle acceptable et faisable pour les personnes qui s’injectent des drogues

Le dépistage de l’hépatite C aux points de service s’est révélé acceptable et faisable pour les personnes qui s’injectaient des drogues, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie 2018 tenu à Paris.

Dans un programme d’aiguilles et de seringues d’Australie, les chercheurs ont identifié 174 personnes qu’ils considéraient comme courant un risque élevé de contracter l’hépatite C. Les participants ont été testés pour la présence d’anticorps anti-hépatite C au moyen d’un frottis buccal. Lorsque le résultat s’avérait positif, on faisait ensuite passer un test de recherche de l’ARN VHC dont le résultat était prêt au bout d’une heure et demie.

Les résultats étaient communiqués le jour même au site du dépistage, par téléphone ou texto ou encore lors d’une consultation ultérieure à la clinique.

Sur l’ensemble des participants, 86 % (150 personnes) ont reçu un résultat positif pour la présence d’anticorps anti-hépatite C; sur ce nombre, 140 (93 %) ont passé le test de recherche de l’ARN VHC, et ce dernier s’est révélé positif chez 54 % d’entre eux (76 personnes).

La majorité des participants ont choisi de recevoir leurs résultats par téléphone ou message texte (61 %), alors que seulement 5 % d’entre eux sont restés au site pour attendre les résultats. Soixante-sept participants ne sont pas retournés chercher leurs résultats dans un délai de quatre semaines, mais 40 d’entre eux ont été dirigés vers des soins par les responsables de l’étude durant cette période.

La plupart des participants (85 %) ont préféré le dépistage aux points de service au processus de dépistage de l’hépatite C standard, lequel peut mettre une ou deux semaines à produire un résultat.

Selon les chercheurs, « Les délais de retour des résultats étaient trop longs pour [permettre aux participants] de recevoir les résultats sur place le même jour, mais malgré cela, nous avons obtenu de bons taux de suivi, ce qui révèle que ce modèle peut réussir à orienter les personnes qui s’injectent des drogues vers des soins pour l’hépatite C ». (Healio.com, avril 2018, en anglais)

La combinaison du traitement de l’hépatite C et du TSO améliore l’observance thérapeutique chez les personnes qui utilisent des opiacés

L’offre d’un traitement de l’hépatite C combiné à un traitement de substitution aux opiacés a aidé à améliorer l’observance thérapeutique parmi des personnes qui s’injectaient des drogues, ont rapporté des chercheurs lors du Congrès international sur le foie 2018 tenu à Paris.

L’étude a porté sur 90 participants qui s’étaient injecté des opioïdes au cours des trois mois précédents, qui n’avaient jamais reçu de traitement par antiviraux à action directe et qui avaient fréquenté un centre de réduction des méfaits urbain à Washington, D.C.

Environ les trois quarts des participants étaient des hommes, la majorité était de race noire (90 %) et l’âge médian était de 56 ans. La moitié des participants avaient un logement instable, et plus de 90 % d’entre eux avaient été en prison.

Soixante pour cent des participants s’injectaient des opioïdes au moins une fois par jour, et plus du quart d’entre eux disaient avoir partagé du matériel pour s’injecter.

Les participants ont reçu Epclusa pendant 12 semaines. Epclusa est une combinaison de deux antiviraux à action directe (AAD), soit le sofosbuvir et le velpatasvir. Ces deux médicaments sont combinés dans un seul comprimé qui se prend une fois par jour. Epclusa est efficace contre tous les génotypes du virus de l’hépatite C.

Les participants avaient également l’option de recevoir de la buprénorphine, un médicament qui soulage les symptômes du sevrage aux opiacés et qui réduit les envies d’en consommer. Ce médicament était administré en même temps qu’Epclusa.

Environ le tiers des participants (30 %) prenaient déjà de la buprénorphine au début de l’étude; 39 autres personnes (43 %) ont commencé à en prendre, et 22 personnes (24 %) n’ont utilisé aucun traitement de substitution médicamenteux.

Au moment de l’analyse, 55 participants avaient atteint la 24e semaine du suivi post-traitement. Parmi les 46 personnes pour lesquelles on disposait de données sur la charge virale, 91 % étaient guéries de l’hépatite C. Sur un total de 55 personnes, 76 % ont guéri, 13 % ont manqué la consultation au site de l’étude, 7 % n’ont pas guéri, 2 % sont mortes et 2 % attendaient encore leurs résultats.

Les personnes qui suivaient déjà un traitement de substitution aux opioïdes au début de l’étude ou qui ont commencé à prendre de la buprénorphine durant celle-ci étaient considérablement plus enclines à assister à leurs consultations en clinique que les personnes ne recevant aucun traitement de substitution médicamenteux. Les taux d’assistance à la semaine quatre ont été de 95 %, de 89 % et 71 %, respectivement. L’assistance a été la plus faible à la semaine 12 (86 %, 81 % et 40 %, respectivement), mais a augmenté de nouveau avant la semaine 24 (88 %, 86 % et 67 %).

Selon les chercheurs, « Le traitement de l’hépatite C pourrait fournir une occasion cruciale non seulement pour guérir l’hépatite C, mais aussi pour prévenir simultanément la ré-infection et traiter le trouble de consommation des opioïdes chez les [personnes qui s’injectent des drogues] marginalisées à haut risque ». (infohep.org, mai 2018, en anglais)

Branchez-vous au monde scientifique

Réponse virologique soutenue aux antiviraux à action directe : Impact sur la mortalité chez les patients sans insuffisance hépatique avancée, Hepatology, mai 2018, en anglais