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CATIE
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  • Une équipe a examiné des données se rapportant à 16 888 personnes enceintes qui ont passé un test de dépistage de l’hépatite C
  • Moins de 10 % des personnes atteintes d’une infection active à l’hépatite C ont amorcé un traitement dans les cinq ans suivant leur test
  • L’équipe réclame des efforts additionnels pour arrimer les gens aux soins durant et après la grossesse

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Le virus de l’hépatite C (VHC) infecte le foie et cause de l’inflammation dans cet organe vital. Lorsque l’infection chronique par le VHC s’installe pour de bon, le tissu sain du foie se fait remplacer graduellement par du tissu cicatriciel. Au fil du temps, le foie se met à fonctionner de plus en plus mal et divers problèmes en résultent. Certaines personnes éprouvent une fatigue persistante qui peut être suivie d’hémorragies internes, d’accumulations de liquide dans l’abdomen et d’infections abdominales graves. Tôt ou tard, des problèmes de cognition (faculté de penser clairement) et de mémoire se produisent. À mesure que le foie échoue de plus en plus à filtrer les produits de déchets dans le sang, la peau et le blanc des yeux peuvent devenir jaunes (jaunisse). Le risque de cancer du foie augmente au fur et à mesure que le tissu cicatriciel s’étend dans l’organe. Faute de diagnostic et de traitement, le VHC peut causer la mort.

Le VHC est détecté à l’aide de tests sanguins. Il existe aussi des analyses sanguines et une échographie spécialisée appelée Fibroscan, qui permettent d’évaluer l’état de santé du foie.

Plusieurs traitements puissants sont offerts sous forme de comprimé pour combattre le VHC. On appelle ceux-ci des antiviraux à action directe (AAD), et il suffit de les prendre une fois par jour sous forme orale. Voici deux traitements couramment utilisés contre le VHC :

  • Epclusa : comprimé contenant l’association sofosbuvir + velpatasvir
  • Maviret : comprimé contenant l’association glécaprévir + pibrentasvir

On attribue à ces médicaments des taux de guérison élevés, soit au moins 95 % après un seul cycle de traitement, lequel dure habituellement de huit à 12 semaines, selon le médicament. Les AAD sont généralement sûrs et bien tolérés.

Au Canada, les AAD ont vu le jour en 2014, mais les régimes publics d’assurance médicaments imposaient alors des restrictions à l’admissibilité aux subventions. En 2018, ces restrictions ont été levées.

Changements dans les infections

Nombre d’équipes de recherche nord-américaines ont constaté que davantage de personnes en âge de procréer contractent une infection chronique par le VHC de nos jours. Et, de plus en plus, des cas d’infection chronique par le VHC sont diagnostiqués durant la grossesse. Par conséquent, les principales agences de la santé publique et associations médicales ont recommandé le dépistage systématique du VHC pendant la grossesse. Des données de recherche préliminaires indiquent toutefois que les taux de traitement post-diagnostic semblent faibles chez les personnes enceintes au Canada et aux États-Unis.

Pour en savoir plus sur la situation en Ontario en ce qui concerne les cas de VHC diagnostiqués durant la grossesse, une équipe de scientifiques a examiné des données de santé anonymisées recueillies entre 2003 et 2021. Pendant cette période, on a recueilli des données auprès de 16 888 personnes enceintes, dont un test de VHC s’est révélé positif. Il s’agissait soit d’un test de dépistage des anticorps (qui révèle une exposition au VHC à un moment dans le passé) soit d’un test de recherche de l’ARN viral (qui découvre une infection active par le VHC). Les données se rapportaient à un total de 42 797 grossesses (une moyenne d’environ deux par personne au cours de la période à l’étude). 

En moyenne, les participant⋅e⋅s avaient 27 ans au moment de la conception et 30 ans lors du premier test de dépistage d’hépatite C. De plus, 591 personnes ont fait l’objet d’un diagnostic de co-infection par le virus de l’hépatite B et 368, de co-infection par le VIH. 

Accent sur le dépistage et le traitement du VHC

Comme nous l’avons mentionné, le test de recherche de l’ARN VHC permet de découvrir une infection active par ce virus. Pendant la période à l’étude, 14 538 personnes ont passé un tel test; chez 7 457 d’entre elles (51 %), le test s’est révélé positif pour l’ARN (ARN positif). 

Les personnes ayant reçu un résultat ARN positif ont commencé subséquemment un traitement contre l’hépatite C dans les proportions suivantes : 

  • un an après le test ARN positif : 1 %
  • deux ans après le test ARN positif : 3 %
  • cinq ans après le test ARN positif : 5 %

Au cours de toute la période de l’étude, 3 861 personnes ont commencé un traitement et environ 31 % d’entre elles ont guéri. 

Selon les estimations de l’équipe de recherche, « il est possible que 348 bébés soient nés avec le VHC » au cours de la période de l’étude. Il est probable que ce chiffre sous-estime le nombre réel de bébés nés avec ce virus.

Notons que, pendant la plupart de la durée de cette étude, le traitement de choix contre le VHC aura consisté en des injections d’interféron données une fois par semaine. Ce traitement causait souvent de graves effets secondaires. De plus, l’interféron était parfois utilisé en association avec un autre médicament qui pouvait nuire au fœtus, à savoir la ribavirine. Il est donc facile à comprendre que les taux de traitement étaient faibles à l’époque de l’interféron. Dès 2017, cependant, les AAD sont devenus plus accessibles, et l’interféron n’était plus utilisé pour traiter l’hépatite C. 

Selon les scientifiques, « […] des études en cours sur l’usage d’AAD durant la grossesse font état d’excellents profils d’innocuité et de tolérance [de taux de guérison] de 100 % et de zéro cas de transmission verticale ».

L’équipe de recherche a constaté que les retards dans l’amorce du traitement du VHC sont devenus moins nombreux à partir de 2017. Elle a cependant noté un délai moyen d’environ deux ans entre l’obtention d’un résultat ARN positif et l’amorce d’un traitement. Selon l’équipe de recherche, il est possible que les perturbations causées dans les systèmes de santé par la pandémie de COVID-19 expliquent en partie les retards constatés dans la prestation des soins durant les dernières années de l’étude.

L’équipe de recherche a constaté qu’environ 42 % des grossesses dans cette étude se sont soldées par un avortement ou une perte de grossesse précoce. Selon l’équipe, ce résultat « souligne la pertinence potentielle d’explorer des approches favorisant le dépistage du VHC et le counseling dans le cadre de la prise en charge des grossesses non intentionnelles, en reconnaissant que cela peut constituer une période émotionnellement éprouvante et, ainsi, pas optimale pour tout le monde ». Cela évoque aussi la nécessité non satisfaite de contraception et de planification de la grossesse.

L’équipe de recherche a constaté que les personnes atteintes d’autres maladies chroniques (hypertension, trouble lié à l’usage de substances) étaient plus susceptibles d’amorcer un traitement contre le VHC. Selon l’équipe, cela met en évidence « la pertinence de stratégies intégrant le dépistage et les soins liés au VHC pour les individus recevant déjà des services de soins, surtout [pendant et après la grossesse] ». 

À retenir

Cette étude n’avait pas été conçue pour déterminer pourquoi il y avait des retards entre l’obtention d’un test d’ARN positif et l’amorce subséquente d’un traitement contre le VHC. Pour cette raison, les scientifiques ne peuvent qu’évoquer le fait que soit des enjeux individuels ou des enjeux systémiques ont seuls joué un rôle dans le retard de l’amorce du traitement. Ces enjeux méritent d’être étudiés afin que les lacunes dans les soins liés à l’hépatite C puissent être comblées. 

Les résultats de la présente étude soulignent la nécessité d’efforts vigoureux pour réduire la propagation du VHC en Ontario et pour intensifier les tentatives d’arrimer les personnes atteintes du VHC aux soins et au traitement durant et après la grossesse.

—Sean R. Hosein

Ressources

Nouvelle initiative en matière d’élimination de l’hépatite C en Ontario – CATIE 

Can Ontario eliminate hepatitis C by 2030? – webinaire de CATIE (en anglais seulement)

Guérir l’hépatite C - Ce qu’il vous faut savoir – brochure de CATIE

L’essentiel de l’hépatite C – cours en ligne de CATIE 

Progrès vers l’élimination de l’hépatite virale au Canada : Rapport 2025 – Action Hépatites Canada 

RÉFÉRENCE :

Mendlowitz AB, Flemming JA, Kushner T et al. Gaps in the hepatitis C prenatal and postpartum care cascade: Rationale for treatment in pregnancy. Clinical Infectious Diseases. 2026; sous presse.