- Une équipe de la C.-B. a comparé des indicateurs de la santé chez des personnes séropositives en fonction du sexe assigné à la naissance
- À l’âge de 20 et 40 ans, les personnes assignées garçons à la naissance pouvaient s’attendre à vivre plus d’années sans comorbidités
- L’équipe a constaté un taux plus élevé d’usage de substances chez les personnes assignées filles à la naissance
Les traitements contre le VIH (traitements antirétroviraux ou TAR) ont eu une incidence énorme sur la survie des personnes vivant avec le VIH. Les scientifiques prévoient de plus en plus qu’un grand nombre de personnes sous TAR connaîtront une espérance de vie approchant celle de leurs semblables n’ayant pas le VIH. Il est toutefois possible que cette prévision heureuse ne s’applique pas à toutes les populations. Par exemple, une étude britanno-colombienne menée auprès de personnes séropositives a révélé que, entre 2012 et 2020, l’espérance de vie était de huit ans plus longue chez les personnes assignées garçons à la naissance que chez les personnes assignées filles. Cette différence s’est produite malgré l’accessibilité de soins de santé universels et l’accès subventionné au TAR.
Un enjeu important consiste à déterminer si les gains en espérance de vie sont associés à des gains importants en années de bonne santé (espérance de vie en bonne santé). Pour explorer cette question, une équipe du Centre d’excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique, de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université Simon Fraser a analysé plusieurs bases de données. L’équipe s’est concentrée sur 14 135 personnes séropositives, dont 11 624 personnes assignées garçons à la naissance et 2 511 personnes assignées filles. La collecte de données s’est déroulée pendant 24 ans (de 1996 à 2020), et l’ensemble des participant·e·s étaient des adultes au moment de leur admission à l’étude.
Résultats
Comorbidités liées à l’âge
L’équipe de recherche a constaté que, à l’âge de 20 ans et de 40 ans, les personnes assignées garçons à la naissance pouvaient s’attendre à vivre plus d’années sans présenter de comorbidités liées à l’âge que les personnes assignées filles à la naissance. Cependant, à l’âge de 55 ans, les différences n’étaient pas significatives.
Comorbidités multiples
À l’âge de 20 ans et de 40 ans, les personnes assignées garçons à la naissance pouvaient s’attendre à vivre plus d’années sans présenter de multiples comorbidités que les personnes assignées filles à la naissance, mais cela n’était plus vrai à l’âge de 55 ans.
Troubles de santé mentale
À l’âge de 20 ans et de 40 ans, les personnes assignées garçons à la naissance pouvaient s’attendre à vivre plus d’années sans présenter de troubles de santé mentale que les personnes assignées filles à la naissance, mais il n’y avait pas de différence significative à l’âge de 55 ans.
Quels facteurs expliquent les différences observées en fonction du sexe assigné à la naissance?
Selon l’équipe de recherche, « les antécédents [d’usage de drogues injectables] étaient plus courants chez les personnes assignées filles à la naissance (44 %) que chez les personnes assignées garçons (26 %) ».
Et d’élaborer l’équipe : « L’usage de substances, qui au Canada est généralement plus courant chez les femmes que chez les hommes vivant avec le VIH, et des facteurs biologiques comme l’inflammation persistante et la dérégulation immunitaire peuvent contribuer à cette différence selon le sexe parmi [les personnes séropositives]. La recherche révèle que les femmes présentent de manière persistante des taux plus élevés d’activation immunitaire et d’inflammation que les hommes lorsque la virémie est indétectable. De plus, il est possible que les femmes séropositives se heurtent à des problèmes sociostructurels intersectionnels particuliers, y compris la pauvreté, la précarité du logement, la stigmatisation et d’autres obstacles aux soins, lesquels peuvent exacerber l’évolution et la prise en charge des comorbidités, de sorte à créer plus de multimorbidité dans cette population ».
Que faire?
L’équipe britanno-colombienne a affirmé ceci : « Notre étude souligne la nécessité d’interventions ciblées pour combattre les affections liées à l’âge et les troubles de santé mentale chez [les personnes vivant avec le VIH], et plus particulièrement chez les femmes, qui en subissent les répercussions de façon disproportionnée. Celles-ci devraient comprendre l’intensification des modèles de soins combinant le traitement du VIH, la prise en charge des maladies chroniques, les soins en santé mentale et la réduction des méfaits, avec une attention particulière portée aux besoins des femmes et des personnes ayant des antécédents d’usage de substances ».
—Sean R. Hosein
Ressources
Centre d’excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique
Carnet de santé au féminin —Women’s College Hospital
Un service de consommation supervisée spécifique au genre — Connectons nos programmes
Considérer le genre dans la réduction des méfaits : vers des services plus inclusifs et mieux adaptés — Point de mire sur la prévention
RÉFÉRENCES :
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