- Une équipe de recherche ontarienne a étudié les tendances en matière de dépistage d’infections transmissibles sexuellement et par le sang
- Les cas où deux diagnostics ont été posés en même temps ont grimpé de 10 % entre 2013 et 2023
- Les cas de co-infection étaient les plus courants dans le Nord-Ouest de l’Ontario et dans la région de Toronto
Une équipe de recherche de l’Université McMaster à Hamilton et de Santé publique Ontario a mené une étude utilisant des données de santé recueillies entre 2013 et 2023. L’équipe s’est concentrée sur les taux de dépistage et de diagnostic des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) principales suivantes :
- infection à Chlamydia
- gonorrhée
- VIH
- syphilis
L’équipe a examiné les données se rapportant aux résultats positifs de 269 814 tests de dépistage, dont la vaste majorité était destinée à détecter des infections autres que le VIH. Tous les diagnostics ont été confirmés par des laboratoires situés en Ontario.
Résultats
Au cours de la période à l’étude, les taux de quatre ITSS ont augmenté partout en Ontario, notamment dans la région du Grand Toronto, dans le Nord-Ouest de la province et dans la région de Thunder Bay.
Certaines personnes se sont fait diagnostiquer deux infections simultanément (co-infection), phénomène comptant pour près de 6 % des résultats positifs. En moyenne, les cas où des gens avaient deux infections simultanément ont grimpé de 10 % annuellement durant la période à l’étude. Les hommes cisgenres et les personnes transgenres étaient plus susceptibles d’être porteuses d’une co-infection que les femmes cisgenres.
Les co-infections étaient les plus courantes dans le Nord-Ouest de l’Ontario, suivi de près de la région du Grand Toronto.
Facteurs contribuant à l’augmentation des risques d’ITSS
Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de recevoir un résultat de dépistage positif pour l’ensemble des infections étudiées. Selon l’équipe de recherche, les comportements suivants étaient associés à l’augmentation des risques des ITSS à l’étude :
- relations sexuelles anonymes
- relations sexuelles sous l’effet de drogues
- partenaires sexuel⋅le⋅s multiples
- relations sexuelles sans condom
- travail sexuel
- sexe de survie
- injection ou inhalation de drogues
Il est probable que plusieurs de ces facteurs étaient présents en même temps. Des enjeux comme la précarité du logement et un faible revenu auraient pu jouer un rôle aussi.
Selon l’équipe de recherche, les personnes mal-logées ou en situation d’itinérance étaient très à risque de contracter des ITSS. Une analyse poussée a révélé que les personnes vivant dans la pauvreté, les personnes marginalisées et les personnes racisées étaient plus susceptibles d’avoir des ITSS.
Selon l’équipe de recherche, il est possible que les personnes trans soient plus vulnérables aux ITSS parce qu’elles sont victimes de stigmatisation et de discrimination et font face à des obstacles à l’accès aux soins de santé.
Solutions potentielles à grande échelle
L’équipe de recherche a affirmé que « les programmes de prévention devraient se concentrer sur la modification des facteurs [comportementaux et socio-structurels] intersectionnels qui alimentent [la propagation des ITSS] ». Elle a recommandé les interventions suivantes :
- élargir la portée des programmes de dépistage d’ITSS à faible seuil d’accès
- renforcer la prestation de services de réduction des méfaits
- offrir des programmes d’éducation ciblés aux populations vulnérables
L’équipe de recherche a également affirmé que son étude soulignait l’importance de « combattre les moteurs structurels comme la précarité du logement et la privation matérielle ». Et d’ajouter l’équipe : « le renforcement des systèmes de surveillance de l’Ontario pour mieux intégrer les indices sociaux, comportementaux et structurels soutiendrait davantage l’élaboration de stratégies de prévention équitables fondées sur des données probantes ».
Notons que des études antérieures avaient révélé que des facteurs sociaux et économiques pouvaient interagir négativement et accroître les risques d’ITSS.
—Sean R. Hosein
RÉFÉRENCE :
Gilchrist J, Waters K, Smieja M et al. Sexually transmitted and blood-borne infection syndemics in Ontario: A population-based retrospective study of iPHIS data (2013-2023). Canadian Journal of Public Health. 2026; sous presse.