- Les femmes cisgenres séropositives courent un risque accru de dysplasie cervicale et de cancer du col utérin
- Une étude américaine de 20 ans a comparé les aboutissements du cancer du col utérin chez des femmes séropositives et des femmes séronégatives
- Les femmes qui suivaient fidèlement un traitement contre le VIH connaissaient des taux de survie semblables à ceux des femmes séronégatives
Depuis la reconnaissance de la pandémie de VIH dans les années 1980, l’une des complications auxquelles sont sujettes les femmes séropositives est le cancer du col utérin invasif. Ce cancer est causé par un virus transmissible sexuellement appelé VPH (virus du papillome humain). Le dépistage régulier des lésions utérines (précurseur du cancer du col) est un élément important des soins prodigués aux femmes vivant avec le VIH. Il est également important que celles-ci discutent de la vaccination anti-VPH avec leur prestataire de soins (si elles n’ont pas déjà été vaccinées).
Des équipes de scientifiques œuvrant dans sept centres de recherche sur le cancer des États-Unis ont récemment regroupé leurs bases de données afin de comparer les informations se rapportant au traitement du cancer du col utérin et ses résultats chez des femmes cisgenres séropositives et séronégatives. Les données utilisées aux fins de cette analyse ont été recueillies entre 1997 et 2017, et la plupart des cas de cancer du col utérin (63 %) ont été diagnostiqués entre 2009 et 2017.
L’équipe de recherche a inscrit 62 femmes séropositives et 172 femmes séronégatives d’âge semblable, dont le cancer du col utérin en était à une phase comparable au moment du diagnostic et du traitement. Le suivi des participantes a duré environ quatre ans.
Chez la plupart des femmes, le diagnostic a été posé après que le cancer se fut étendu dans la partie inférieure du vagin et aux ganglions lymphatiques avoisinants et, dans certains cas, jusqu’à un rein (phase 3).
Environ 50 % des participantes ont subi une chimiothérapie et une radiothérapie.
Dans l’ensemble, en ce qui concerne les patientes traitées pour un cancer du col utérin, l’équipe de recherche n’a constaté aucune différence de survie entre les femmes séropositives qui suivaient fidèlement leur TAR et les femmes séronégatives.
Comparativement aux femmes séropositives qui suivaient fidèlement leur TAR et aux femmes séronégatives, les femmes séropositives non observantes du TAR couraient un risque de décès plus élevé. De plus, les femmes non observantes n’ont pas répondu aussi bien au traitement du cancer du col de l’utérus que les autres, soit les femmes séropositives observantes du TAR et les femmes séronégatives.
Le statut VIH et le degré d’observance du TAR n’ont pas eu d’incidence sur la fréquence des effets secondaires graves.
À retenir
Même s’il s’agit ici d’une étude de faible envergure de nature rétrospective (où des données recueillies dans le passé à une fin particulière sont réanalysées ultérieurement à une fin différente), elle a porté sur des femmes traitées dans sept centres de cancer importants des États-Unis. Le fait que l’étude ait porté sur diverses populations et diverses approches de prestation des soins devrait contribuer à réduire le risque d’interprétation faussée des résultats.
Selon l’équipe de recherche, ces résultats soulignent l’importance que le traitement des femmes séropositives atteintes d’un cancer du col de l’utérus soit entrepris dans l’intention de les guérir de ce dernier. De plus, l’équipe de recherche encourage les oncologues à souligner l’importance de maintenir une bonne observance du TAR pendant le traitement contre le cancer afin de favoriser les meilleurs résultats possibles.
Malheureusement, comme il arrive souvent dans les études centrées sur des bases de données, aucun détail n’a été fourni pour expliquer les problèmes d’observance du TAR éprouvés par certaines femmes séropositives. L’équipe souligne donc la nécessité de programmes de soutien à l’observance conçus à l’intention des femmes vivant avec le VIH.
Canada
Lors d’une étude menée en Ontario, sur 591 femmes séropositives recevant des soins, seuls 13 % avaient reçu au moins une vaccination contre le VPH. Des efforts concertés seront nécessaires pour s’assurer que davantage de femmes séropositives reçoivent ce vaccin afin de réduire leur risque de cancer du col de l’utérus.
Lors d’une autre étude menée auprès de quelque 1 200 femmes séropositives en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec, l’équipe de recherche a affirmé que « plus du tiers des femmes faisaient état de retards dans le dépistage du cancer du col utérin, et le quart n’avait jamais discuté de recommandations sur le dépistage du cancer du col de l’utérus avec un⋅e prestataire de soins ».
Il est clair qu’il reste beaucoup de travail à faire au Canada pour aider les femmes séropositives à rester en bonne santé.
—Sean R. Hosein
Ressources
Le VPH, la dysplasie cervicale et le cancer du col utérin — Feuillet d’information de CATIE
Être ménopositive : Votre guide sur la ménopause — CATIE
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