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CATIE
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  • Grâce au traitement efficace contre le VIH, la proportion de personnes séropositives de 60 ans et plus continue de croître
  • Une équipe de la C.-B. a simulé des changements auxquels cette population pourrait faire face en matière de santé et de soins d’ici 2034
  • L’équipe s’attend à une hausse des problèmes cardiovasculaires, du cancer et d’autres comorbidités chez les personnes séropositives

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Grâce à la puissance remarquable des traitements contre le VIH (traitements antirétroviraux ou TAR), un grand nombre de personnes séropositives sous traitement vivront jusqu’à un âge bien avancé. À mesure que cette population vieillira, elle courra plus de risques de connaître des complications liées à l’âge. De plus, nombre d’études ont révélé que certains problèmes liés à l’âge peuvent avoir une apparition précoce chez les personnes séropositives. Enfin, des études ont permis de constater que le risque de mourir prématurément de causes autres que le VIH est plus élevé chez les personnes séropositives vieillissantes. 

En ce qui concerne l’apparition plus précoce de problèmes de santé liés à l’âge chez les personnes séropositives, les raisons sont complexes. Dans certains cas, il est possible que ce phénomène soit attribuable à l’inflammation excessive causée par l’infection chronique par le VIH, et ce, malgré l’usage et l’observance fidèle d’un TAR. Dans d’autres cas, il se peut que des facteurs d’ordre psychosocial soient en cause, tels l’isolement ou le manque de soutien social. Des facteurs structurels — tel le manque d’accès au logement, à de la nourriture saine, aux soins de santé et aux médicaments — pourraient aussi jouer un rôle. Notons enfin que l’usage incontrôlé de substances peut également contribuer au déclin général de la santé en vieillissant.

Une équipe de scientifiques du Centre d’excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique, de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université Simon Fraser ont créé une simulation informatique pour tenter de comprendre certains des besoins qu’éprouvent les personnes séropositives en vieillissant. L’équipe y a incorporé des informations relatives à la santé tirées de plusieurs bases de données de la province. La simulation a prévu des changements auxquels les personnes séropositives et les systèmes de santé pourraient faire face d’ici 2034.

Changements dans les cas de VIH et vieillissement de la population

Selon les estimations générées par la simulation, le nombre de personnes vivant avec le VIH en Colombie-Britannique aura atteint un sommet de 9 427 en 2025, puis baissera légèrement jusqu’à 9 182 d’ici 2034. 

L’équipe de recherche a affirmé avoir constaté « un changement démographique prononcé en faveur de groupes d’âge plus vieux » dans la population séropositive. Notons, à titre d’exemple, que les personnes de plus de 60 ans représentaient environ 24 % de la population séropositive de la Colombie-Britannique en 2019. Selon les estimations générées par la simulation, près de 50 % des personnes vivant avec le VIH dans la province appartiendront à cette catégorie d’âge en 2034.

En 2019, 6 % des personnes vivant avec le VIH avaient 70 ans ou plus. Selon la simulation, 24 % de la population séropositive se trouvera dans cette catégorie d’âge en 2034.

En ce qui concerne les personnes séropositives de 70 ans ou plus, les scientifiques s’attendent à ce que nombre de problèmes soient appelés à devenir des préoccupations de santé importantes, notamment les maladies cardiovasculaires, le cancer et l’hypertension.

Comorbidités

À mesure que les gens vieillissent, leur risque d’éprouver de nombreuses complications (comorbidités) augmente, telles que le diabète de type 2, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, le cancer, l’amincissement osseux et les troubles anxieux et de l’humeur. 

L’équipe de recherche a souligné l’importance des troubles anxieux et de l’humeur en faisant valoir que « la proportion de personnes séropositives éprouvant au moins un trouble de santé mentale passera de 49 % en 2019 à 52 % en 2034 ». Ce résultat de la simulation met en évidence ce que l’équipe de recherche a décrit comme « la nécessité persistante de soins de santé mentale dans cette population ». Selon l’équipe, les troubles anxieux et de l’humeur deviendront le principal problème de santé mentale chez les personnes séropositives à l’avenir, alors qu’elle prévoit une « augmentation modérée » d’autres problèmes, comme la schizophrénie et le trouble de la personnalité.

La simulation a révélé que la proportion de personnes séropositives présentant au moins deux comorbidités physiques passera de 21 % en 2019 à 29 % en 2034.

Selon les scientifiques, en 2019, environ 9 % des personnes séropositives avaient fait l’objet d’un diagnostic de cancer à un moment dans le passé. Selon les prévisions générées par la simulation, en 2034, la proportion de personnes séropositives ayant reçu un diagnostic de cancer aura presque doublé en atteignant les 17 %.

Accent sur le sexe de la population

Des études menées antérieurement en Colombie-Britannique ont permis de constater des différences entre les hommes séropositifs et les femmes séropositives en ce qui concerne les tendances en matière de santé. Ces différences pourraient tenir à la plus grande vulnérabilité que connaissent les femmes séropositives à l’égard des troubles liés à l’usage de substances dans la province. Pour cette raison, davantage de femmes sont sujettes à la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et aux troubles anxieux et de l’humeur.

L’équipe de recherche a constaté que les hommes étaient plus sujets aux maladies cardiovasculaires que les femmes. Cependant, au fil du temps, l’équipe prévoit que le cancer pourrait devenir un enjeu plus pressant que l’hypertension parmi les hommes.

Ces différences sexuelles entre les comorbidités indiquent que des stratégies adaptées seront nécessaires pour répondre aux besoins en soins de santé des différentes catégories de la population séropositive.

Répondre aux besoins d’une population vieillissante

La simulation a généré une prévision positive, à savoir que de nombreuses personnes séropositives vivront bien jusqu’à un âge avancé. La simulation a toutefois souligné que les planificateur⋅trice⋅s des politiques liées à la santé doivent commencer dès maintenant à concevoir et à financer des services destinés à la population séropositive vieillissante.

Selon l’équipe de recherche, « les interventions visant les femmes devraient prioriser l’accès » aux services suivants : 

  • soins primaires
  • programmes de réduction des méfaits
  • programmes de cessation du tabagisme
  • prise en charge de la santé hépatique 
  • soutien à la santé mentale

L’équipe a souligné les interventions suivantes destinées aux hommes :

  • dépistage du cancer anal, du cancer colorectal et du cancer du poumon
  • évaluation des risques cardiovasculaires et prise en charge de l’hypertension et des anomalies lipidiques dans le sang
  • dépistage et traitement du diabète

Personnes plus jeunes

Même si cette simulation a porté spécifiquement sur des personnes âgées, l’équipe de recherche a affirmé que les personnes plus jeunes (moins de 50 ans, selon la définition de l’équipe) avaient généralement moins de comorbidités, et le nombre de celles-ci avait tendance à rester stable. Selon l’équipe, cette différence tient probablement à l’amorce plus précoce du TAR et à l’exposition à des médicaments anti-VIH plus récents et relativement plus sécuritaires. D’affirmer l’équipe : « Des efforts pour promouvoir des comportements sains et atténuer les risques à long terme demeurent cependant essentiels pour ce groupe ».

Services intégrés

À la lumière des résultats de la simulation, l’équipe de recherche réclame l’adaptation et l’intégration de services de santé afin de répondre aux besoins de la population séropositive vieillissante. « Des modèles de soins intégrés [qui] coordonnent les soins centrés sur le VIH avec les soins liés à la santé mentale, à la gériatrie et aux maladies chroniques [sont] nécessaires d’urgence. Des équipes multidisciplinaires dirigées par des prestataires de soins primaires, dont éventuellement des spécialistes du VIH, psychiatres, cardiologues et oncologues, devraient prendre en charge les besoins complexes des personnes séropositives vieillissantes. De plus, des programmes de réduction des méfaits destinés aux personnes qui utilisent des drogues, le traitement du trouble lié à l’usage d’opioïdes et des services de soutien psychosocial devraient également être accessibles dans le cadre des soins intégrés ».

L’équipe de recherche a ajouté que « des interventions comportementales, comme la cessation du tabagisme, [la réduction] de la consommation d’alcool et [la promotion] de l’activité physique sont essentielles pour atténuer les facteurs de risque importants ». 

À retenir

Comme toutes les études, cette simulation n’est pas parfaite. Cela tient partiellement au fait que l’équipe de recherche n’était pas en mesure de considérer quelques facteurs pertinents, dont l’observance du TAR, les effets des schémas de TAR plus récents, dont ceux contenant du TAF (ténofovir alafénamide), ou encore l’impact des schémas thérapeutiques contenant moins de médicaments contre le VIH (telles les bithérapies). De plus, l’équipe n’a pas pris en considération des maladies, comme l’ostéoporose et la démence. Quoi qu’il en soit, les prévisions générées par la simulation sont raisonnables et devraient inciter les autorités de la santé de la Colombie-Britannique et d’autres parties du Canada à envisager les moyens qu’elles utiliseront pour répondre aux besoins de la population séropositive vieillissante.

Cette équipe de recherche britanno-colombienne a l’intention de peaufiner sa simulation à l’avenir. L’équipe a affirmé qu’elle « prévoit tester des interventions conçues pour optimiser la prestation des soins dans les contextes de soins primaires, notamment l’intégration des services de santé physique et mentale, l’élargissement de l’accès aux dépistages préventifs [des maladies cardiovasculaires et du cancer] et des programmes de télésanté adaptées aux personnes âgées vivant avec le VIH ».

L’équipe espère évaluer des programmes où « des soins gériatriques, des soins de santé mentale et des soins liés au VIH sont fournis de manière coordonnée par des équipes multidisciplinaires ». Une telle évaluation déterminera la capacité qu’ont ces programmes de réduire le fardeau des comorbidités et d’améliorer la santé de la population séropositive vieillissante. 

—Sean R. Hosein

Ressources

Étude canadienne sur les effets du vieillissement chez les personnes séropositivesNouvelles CATIE

La prise de trop de médicaments nuit-elle à la santé des personnes séropositives?Nouvelles CATIE 

Une équipe canadienne étudie la fragilité chez des personnes âgées vivant avec le VIHNouvelles CATIE

Une équipe suisse encourage la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires et du cancer chez les personnes séropositives vieillissantesNouvelles CATIE 

Lien constaté entre un faible compte de cellules T et un risque accru de cancer chez des personnes séropositives – Nouvelles CATIE 

Le VIH et le vieillissement – CATIE

Le VIH et la maladie cardiovasculaire – CATIE

RÉFÉRENCE :

Lima VD, Zhu J, Shen T et al. Forecasting multimorbidity in aging people with HIV using a microsimulation model. Communications Health. 2026;1(1):7.