- Des vaccins préviennent des infections bactériennes causant la pneumonie et la méningite
- Des scientifiques ont passé en revue des cas de pneumococcie invasive survenus en Alberta et en Ontario
- Des patient·e·s ayant survécu à un premier épisode de PI, seuls 22 % étaient vacciné·e·s pour en prévenir un autre
Certaines bactéries, dont S. pneumoniae, peuvent se loger temporairement dans les voies nasales ou la gorge. Ces bactéries se transmettent lorsqu’une personne inhale des gouttelettes provenant d’une personne infectée. Ce genre de contact peut se produire lorsque la personne infectée éternue, tousse ou parle. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, la transmission peut également avoir lieu « par le contact avec des objets exposés à du mucus ou à de la salive provenant d’une personne infectée (comme les ustensiles, les tasses, les mouchoirs et les jouets partagés) puis en vous frottant les yeux, le nez ou la bouche ».
Certains troubles médicaux peuvent rendre les personnes atteintes plus vulnérables aux maladies causées par S. pneumoniae, dont l’influenza, l’insuffisance pulmonaire, rénale ou hépatique chronique, les maladies cardiovasculaires et les déficiences immunitaires. Nombre d’autres facteurs sont susceptibles d’augmenter le risque aussi, notamment l’exposition à la fumée de tabac. Dans de tels cas, les bactéries peuvent infecter les poumons, ou pénétrer dans le sang (c’est-à-dire devenir invasives). Elles risquent ensuite de s’attaquer à des organes comme les poumons et les méninges (membranes enveloppant le cerveau). La pneumococcie invasive (PI) peut causer de graves complications et même la mort dans certains cas. Au Canada, des vaccins conçus pour prévenir la PI sont couverts par subventions publiques.
Alberta et Ontario
Des chercheuses et chercheurs en Alberta et en Ontario ont passé en revue des données se rapportant aux adultes touché·e·s par la PI dans leur province respective. L’équipe de recherche a examiné des cas de PI récurrente, ainsi que les populations à risque de contracter cette maladie.
Les chercheuses et chercheurs ont constaté que 7 006 adultes avaient survécu à un premier épisode de PI entre 2004 et 2022 (épisode primaire). De ce nombre, environ 4 % (274 personnes) ont ensuite contracté des cas de PI récurrente.
En moyenne, chez les personnes présentant une PI récurrente, 61 % avaient été assignées garçons à la naissance et 39 %, filles. Ces personnes avaient en moyenne 54 ans.
Une analyse statistique a révélé que les facteurs suivants étaient associés à une augmentation significative du risque de PI récurrente (énumérés dans l’ordre décroissant d’importance) :
- antécédents de greffe de cellules souches ou de certains cancers, dont le lymphome ou la leucémie
- infection par le VIH
- situation de sans-abrisme
- trouble lié à l’usage d’alcool
Selon les chercheuses et chercheurs, au moment de l’épisode primaire de PI, 88 % des participant·e·s étaient admissibles à la vaccination contre le pneumocoque, mais seulement 28 % de ces personnes ont été vaccinées.
Lors du deuxième épisode de PI, 73 % des personnes concernées étaient admissibles à la vaccination, mais seules 22 % d’entre elles ont reçu le vaccin.
Les proportions de décès furent les suivantes :
- dans le mois suivant immédiatement le premier épisode de PI : 16 %
- après la première récurrence de la PI : 12 %
- après la deuxième récurrence de la PI : 15 %
- après la troisième récurrence de la PI : 22 %
À retenir
Comme c’est le cas de toutes les études, la présente étude aurait pu être améliorée. Notons par exemple, que certaines données manquaient : entre autres, les équipes ne disposaient d’aucune donnée concernant les antécédents de vaccination et de tabagisme de 12 % des participant·e·s, respectivement. Ces données manquaient à la fois en Alberta et en Ontario. L’équipe ne disposait pas non plus de données se rapportant aux décès dus à d’autres causes. Néanmoins, l’étude fait ressortir l’importance pour les prestataires de soins de santé d’encourager leurs patient·e·s à se faire vacciner contre la PI. Dans certains cas, notamment en ce qui concerne les personnes en situation de sans-abrisme, l’intervention d’équipes de personnel médical mobiles pourrait être nécessaire pour atteindre ce groupe.
Réduire le risque de PI
Outre la vaccination pour accroître la protection contre S. pneumoniae, des stratégies visant à atténuer les facteurs de risque sous-jacents pourraient être utiles, telles les suivantes :
- obtenir de l’aide pour cesser de fumer
- vaccinations régulières contre la grippe
- meilleure prise en charge de maladies comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’insuffisance rénale, l’insuffisance hépatique et l’infection par le VIH
—Sean R. Hosein
Ressources
Pneumococcies invasives – Agence de la santé publique du Canada
Vaccins contre le pneumocoque : Guide canadien d’immunisation – Agence de la santé publique du Canada
RÉFÉRENCES :
- Ricketson LJ, Shigayeva A, Rajakumar I et al. Incidence of recurrent invasive pneumococcal disease in Canada. JAMA Network Open. 2026 Jul 1;9(7):e2621797.
- Goldblatt D, O’Brien KL. Chapter 151. Pneumococcal infections. Dans : Longo DL, Fauci AS, Kasper DL, Hauser SL, Jameson JK, Loscalzo J, Holland SM, Langford CA. Harrison’s Principles of Internal Medicine, 22e édition, New York, NY: McGraw-Hill; 2025.