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CATIE
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  • Le traitement anti-VIH cabotégravir + rilpivirine à longue durée d’action est une option pour certaines personnes
  • Les lignes directrices internationales ne recommandent pas son usage durant la grossesse à cause de préoccupations concernant l’efficacité
  • Des scientifiques ont obtenu des résultats prometteurs durant la grossesse lorsqu’un traitement oral seul n’était pas une option

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Les formulations à longue durée d’action du traitement d’association cabotégravir + rilpivirine, vendu sous le nom de Cabenuva au Canada et dans plusieurs autres pays à revenu élevé, se sont révélées efficaces chez des personnes vivant avec le VIH. Ces formulations sont injectées profondément dans les fesses tous les deux mois. Cabenuva est généralement bien toléré, mais certaines personnes signalent des sensations d’inconfort et de douleur temporaires aux sites des injections.

Selon une équipe de scientifiques de l’Hôpital d’Ottawa, les lignes directrices internationales recommandent généralement l’usage de Cabenuva, mais ce médicament est déconseillé aux personnes enceintes ou souhaitant le devenir. Cela tient au fait que, durant les derniers stades de la grossesse, des changements physiologiques risquent de réduire la concentration de l’association cabotégravir + rilpivirine dans le sang. En théorie, cela pourrait compromettre l’efficacité du traitement pour la personne enceinte et accroître le risque de transmission du VIH vers le fœtus. 

Pour éviter ce problème éventuel, certains médecins font passer leurs patient·e·s enceint·e·s sous Cabenuva à un traitement oral contre le VIH durant la grossesse. Ces personnes peuvent reprendre leur traitement par Cabenuva après l’accouchement. Notons cependant que changer ainsi de traitements n’est pas une approche idéale.

Ottawa

Des scientifiques de l’Hôpital d’Ottawa ont constaté que l’usage de Cabenuva pouvait être utile durant la grossesse chez des personnes vivant avec le VIH. Notons, par exemple, que les nausées causées par la grossesse peuvent rendre difficile la prise de médicaments par voie orale, créant ainsi des problèmes d’observance thérapeutique. 

Cette équipe de scientifiques a décrit son expérience auprès des sept premières femmes séropositives enceintes traitées par Cabenuva dans sa clinique.

La première femme prenait Cabenuva quand elle s’est retrouvée enceinte. Son VIH était bien maîtrisé depuis 11 ans grâce à un traitement oral (traitement antirétroviral ou TAR). Après une longue discussion avec la femme et son partenaire, l’équipe médicale a décidé de discontinuer Cabenuva à la 16e semaine de grossesse. La patiente est passée immédiatement à un comprimé quotidien vendu sous le nom de Biktarvy, qui contient le traitement d’association TAF (ténofovir alafénamide) + FTC (emtricitabine). Elle a eu subséquemment ce que l’équipe médicale a décrit comme « un accouchement sans complications d’un bébé en santé ».

Deux autres femmes qui ont commencé à prendre Cabenuva avant de se savoir enceintes ont été traitées de manière semblable après avoir découvert leur grossesse. 

L’équipe de recherche a toutefois remarqué que « le fait d’interrompre et de recommencer [Cabenuva] » ne se faisait pas sans difficultés. À mesure que plus de données émergeaient d’autres centres de recherche en ce qui concernait les taux de cabotégravir et de rilpivirine à longue durée d’action durant la grossesse, l’équipe médicale d’Ottawa a décidé d’adopter une approche différente. 

Chez trois autres femmes enceintes, on a continué d’administrer Cabenuva tous les deux mois (comme normalement) pendant la grossesse et après l’accouchement. Cependant, durant les quatre à six dernières semaines de la grossesse, les médecins ont également prescrit un comprimé quotidien de Biktarvy pour s’assurer que le VIH continuerait d’être bien maîtrisé. 

Chez une autre femme qui recevait Cabenuva quand elle s’est retrouvée enceinte, les médecins ne pouvaient prescrire Biktarvy à cause d’une intolérance à la prise de comprimés. Au lieu de cela, pour maintenir des concentrations élevées du cabotégravir et de la rilpivirine dans son sang, les médecins ont commencé à lui injecter Cabenuva tous les mois à partir du sixième mois de grossesse. 

L’équipe de recherche a souligné que toutes les femmes avaient une charge virale indétectable au moment d’accoucher. Chez deux femmes (qui recevaient Cabenuva tous les deux mois ainsi que Biktarvy tous les jours par voie orale), les concentrations des médicaments ont été mesurées pendant le troisième trimestre. Une femme avait des taux sous-optimaux de cabotégravir et de rilpivirine dans son sang, alors qu’ils se situaient dans la fourchette souhaitable chez l’autre. 

Innocuité du cabotégravir et de la rilpivirine

Selon le rapport de l’équipe d’Ottawa, on n’a signalé aucun cas de transmission du VIH ni aucune anomalie congénitale. Des études de plus grande envergure n’ont pas trouvé de lien entre l’utilisation du cabotégravir, de la rilpivirine ou de Biktarvy et des anomalies congénitales. Il reste qu’un suivi continu des personnes recevant Cabenuva pendant la grossesse est indiqué pour s’assurer qu’elles pourront maintenir une charge virale indétectable et accoucher de bébés en bonne santé.

En l’absence d’études d’envergure sur Cabenuva chez des personnes enceintes, l’équipe d’Ottawa propose l’approche suivante lorsque ce médicament est prescrit durant la grossesse :

« Dans la situation exceptionnelle où une femme refuse ou est incapable de prendre un traitement oral, on peut commencer à administrer [Cabenuva] mensuellement avant la 28e [semaine de grossesse] comme moyen d’améliorer [les concentrations des médicaments présents dans Cabenuva], ou, si un traitement oral est une option, on peut continuer à utiliser [Cabenuva] tous les deux mois pendant la grossesse, et un traitement oral [usage complémentaire d’un seul comprimé quotidien contenant un traitement complet] peut être prescrit à partir de la semaine [34 à 36 de la grossesse] ».

Cette approche, quoique utile aux clinicien∙ne∙s prenant soin de personnes séropositives enceintes, souligne la nécessité de financer des études futures sur Cabenuva et d’autres formulations à longue durée d’action du TAR chez cette population.

—Sean R. Hosein

Ressources

Canadian HIV Pregnancy Planning Guidelines (en anglais seulement)

Déclaration de CATIE sur l’utilisation du traitement antirétroviral (TAR) visant le maintien d’une charge virale indétectable comme stratégie hautement efficace pour prévenir la transmission périnatale du VIH

Recommendations for the Use of Antiretroviral Drugs During Pregnancy and Interventions to Reduce Perinatal HIV Transmission in the United States – DHHS (en anglais seulement)

Résultats rassurants d’une étude canadienne sur l’innocuité du bictégravir durant la grossesse – Nouvelles CATIE

RÉFÉRENCES :

  1. McGuinty M, Giguère P, Angel JB. Cabotegravir/rilpivirine in pregnancy: early insights from clinical practice. AIDS. 2026; sous presse.
  2. Atoyebi S, Bunglawala F, Cottura N et al. Physiologically based pharmacokinetic modelling of long-acting injectable cabotegravir and rilpivirine in pregnancy. British Journal of Clinical Pharmacology. 2025 Apr;91(4):989-1002. 
  3. Feiterna-Sperling C, Albers E, Rohr I et al. A case of delayed detection of vertical transmission of HIV-1 due to maternal therapy with long-acting injectable cabotegravir plus rilpivirine. Clinical Infectious Diseases. 2026 Apr 28: ciag290. 
  4. Jasper A, Fourie W, Chetty S. The safety of cabotegravir in pregnancy: a systematic review and meta-analysis. BMC Infectious Diseases. 2025 Nov 12;25(1):1550. 
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