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CATIE
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  • Lors d’une étude canadienne, la moitié des personnes guéries de l’hépatite C éprouvaient des symptômes de dépression 
  • Les personnes atteintes de dépression étaient trois fois plus susceptibles d’avoir de la difficulté à obtenir des soins
  • L’équipe de recherche réclame l’intégration du dépistage de la dépression dans les soins liés à l’hépatite C

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Le virus de l’hépatite C (VHC) peut se transmettre de la même manière que le VIH. Au Canada, les populations touchées incluent des personnes immigrées de pays où le VHC est relativement courant et où elles ont été exposées dès la naissance à de l’équipement chirurgical mal stérilisé ou à du sang contaminé. Les autres groupes qui sont touchés de façon disproportionnée par le VHC dans ce pays incluent les personnes qui partagent du matériel pour utiliser des drogues, les personnes qui ont déjà été incarcérées et les Autochtones. 

Si l’infection n’est pas diagnostiquée et traitée, elle peut devenir chronique. Le VHC provoque de l’inflammation dans le foie, un organe vital, et le tissu sain du foie est graduellement remplacé par du tissu cicatriciel. À la longue, le foie devient de plus en plus enflammé et dysfonctionnel et des problèmes s’ensuivent, dont une fatigue persistante, un risque accru d’hémorragies internes et des infections abdominales. Dans certains cas, des produits de déchets s’accumulent dans le sang et nuisent au fonctionnement du cerveau, entraînant des problèmes de mémoire et de cognition (faculté de penser clairement). À mesure que le tissu cicatriciel s’étend, le risque de cancer du foie augmente.

On peut diagnostiquer l’infection par le VHC à l’aide de simples tests sanguins. Les traitements offerts de nos jours sont également faciles à utiliser et consistent en la prise d’une seule dose orale quotidienne pendant deux ou trois mois. Comme les médicaments en question sont très efficaces, plusieurs études ont révélé des taux de guérison de 95 % ou plus.

Colombie-Britannique

Une équipe de recherche britanno-colombienne a mené une étude auprès de personnes qui avaient récemment guéri de l’infection par le VHC sous l’effet d’un traitement oral (au cours des trois mois précédents). Le personnel de l’étude a questionné les participant⋅e⋅s en personne ou par téléphone. 

Au total, 256 participant⋅e⋅s ont été recruté⋅e⋅s entre avril 2017 et décembre 2024 dans les endroits suivants : 

  • hôpitaux
  • cliniques
  • pharmacies
  • organismes communautaires
  • sites de consommation supervisée

Dans le cadre de son enquête, l’équipe de recherche a utilisé des questions qui avaient été validées aux fins du dépistage de la dépression. 

Les participant⋅e⋅s avaient le profil moyen suivant :

  • âge : 51 ans (fourchette : 22 à 85 ans)
  • plus de 99 % étaient des personnes cisgenres (64 % d’hommes, 35 % de femmes)
  • principaux groupes ethnoraciaux : Blanc⋅he⋅s – 62 %; Autochtones – 25 %
  • 84 % avaient été incarcéré⋅e⋅s dans le passé
  • 80 % avaient vécu une situation d’itinérance dans le passé

Résultats

L’équipe de recherche a constaté que près de la moitié des participant⋅e⋅s (122 personnes) éprouvaient des symptômes de dépression. Notons cependant que seulement 44 % de ces 122 personnes avaient fait l’objet d’un diagnostic de dépression dans le passé.

Les personnes atteintes de dépression étaient trois fois plus susceptibles d’affirmer avoir éprouvé récemment de la difficulté à obtenir des soins de santé, comparativement aux personnes sans dépression. Certaines de leurs difficultés ont résulté de problèmes sévissant dans le système de santé. Selon l’équipe de recherche, qui incluait des médecins, les obstacles liés au système de santé incluaient « de mauvais traitements de la part des professionnel⋅le⋅s de la santé [et] de longues listes d’attente ».

À l’avenir

Les résultats de cette étude britanno-colombienne mettent en évidence des lacunes potentielles dans le dépistage des problèmes de santé mentale et les soins prodigués aux personnes ayant suivi un traitement contre le VHC. Selon l’équipe de recherche, « il est essentiel de répondre à ce besoin non satisfait auprès des personnes récemment traitées qui sont vulnérables à la réinfection, d’autant plus qu’il existe des données probantes [provenant d’autres études] indiquant que recevoir des soins de santé mentale réduit le risque d’infection par le VHC ».

La dépression peut troubler le jugement de la personne atteinte et la priver de son énergie et de son autonomie, et ces effets risquent de rendre la recherche et l’obtention de soins difficiles. 

L’équipe de recherche encourage les systèmes de santé à intégrer « le dépistage de routine et le traitement des problèmes de santé mentale dans les soins liés au VHC. Cette stratégie pourrait accroître l’efficacité du diagnostic et de la prise en charge de la dépression et d’autres troubles psychiatriques parmi les personnes touchées par le VHC ». L’intégration des soins pourrait également aider à réduire le risque de réinfection par le VHC et à améliorer la santé globale et la qualité de vie des personnes atteintes. 

Il importe de noter que, au cours des années récentes, les traitements oraux contre le VHC ont fait l’objet de nombreuses études d’envergure qui ont confirmé qu’ils ne causent pas la dépression. Même si les participant⋅e⋅s à la présente étude n’ont pas été questionné⋅e⋅s à plusieurs reprises sur une longue période, il est probable qu’ils et elles étaient en dépression avant de commencer leur traitement contre le VHC.

—Sean R. Hosein

Ressources

Hépatite C : Un guide détaillé – CATIE

Une étude d’envergure révèle de nombreux bienfaits après la guérison de l’hépatite C – Nouvelles CATIE

RÉFÉRENCES :

  1. Kelly SE, Ajidahun A, Bytelaar S et al. Beyond direct-acting antiviral therapy: Characterizing mental health conditions and depressive symptoms among patients recently treated for hepatitis C. PLoS One. 2026 Mar 17;21(3):e0344862. 
  2. Tiwana A, Twohig KA, Fraser M et al. Sexually transmitted and bloodborne infections testing among people who use substances: findings from the 2023 British Columbia Harm Reduction Client Survey. BMC Infectious Diseases. 2026; sous presse.