Vous et votre santé : un guide à l’intention des personnes vivant avec le VIH

7. Votre santé sexuelle

Il existe une étonnante diversité en matière de sexualité et de pratiques sexuelles. Quand on parle de « sexualité gaie » ou de « ce que font les hétéros », on pense souvent de manière restrictive, voire stéréotypée. Cela complique les choses quand il s’agit de traiter de façon claire et exhaustive de la santé sexuelle et du VIH.

Écrire sur la santé sexuelle dans le contexte du VIH pose également un défi parce que nous nous débattons avec le rôle que jouent les médicaments anti-VIH et la charge virale dans la prévention de la transmission du VIH. L'usage d'un condom pour les rapports sexuels anaux ou vaginaux n'est plus essentiel pour prévenir la transmission sexuelle du VIH. Toutefois, la prévention des autres infections transmissibles sexuellement est également un élément important de la santé sexuelle, et les médicaments anti-VIH ne préviennent pas ces infections. De nombreuses personnes vivant avec le VIH et leurs partenaires ont entamé une réflexion personnelle importante sur le concept de la prise de risques sexuels.

Nous espérons que ce chapitre relève bien ce défi et qu'il explique clairement la relation entre l'infection au VIH et la santé sexuelle pour toutes les personnes vivant avec le VIH et leurs partenaires, parce que l'infection au VIH a des conséquences importantes pour chacun et chacune d'entre nous. Ce chapitre contient des renseignements pertinents sur les moyens que les personnes vivant avec le VIH peuvent prendre pour avoir une vie sexuelle saine et aussi satisfaisante que possible.

Qu’est-ce que la santé sexuelle?

La santé sexuelle implique la présence dans votre vie d’une expression sexuelle qui soit source de satisfaction et de bien-être ainsi qu’empreinte de respect.

Prendre soin de votre santé, cela veut également dire veiller à ce votre vie sexuelle soit aussi saine que possible. La santé sexuelle ne se limite pas à la simple absence d’infections transmissibles sexuellement (ITS) ou d’autres problèmes de santé pouvant faire obstacle à une vie sexuelle épanouie. Elle implique aussi bien la présence dans votre vie d’une expression sexuelle qui soit source de satisfaction et de bien-être ainsi qu’empreinte de respect.

La santé sexuelle repose sur une approche saine de la sexualité et des relations sexuelles. Elle se reconnaît notamment à la capacité de vivre des expériences sexuelles agréables et sécuritaires en même temps que consensuelles et libres de discrimination et de violence. Ce qui exige que les droits sexuels de chacun soient protégés et respectés.

Dans le contexte du VIH, votre propre santé sexuelle n’est pas seule en cause. Elle est indissolublement liée à celle de vos partenaires, car le sexe est, en bonne partie, un acte qui a des répercussions sociales. L’idée que vous devez vous soucier à la fois de vous-même et de vos partenaires peut sembler aller de soi, mais il est important d’en examiner toutes les ramifications si vous voulez éviter de vous mettre à risque quant à la transmission du VIH et/ou des autres infections transmissibles sexuellement (ITS).

Un mot sur le langage utilisé : ce chapitre a été rédigé de manière à ce que l’information qu’il contient soit applicable à toutes les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), qu’elles soient hommes, femmes ou transgenres, gaies, lesbiennes ou hétéros.

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À propos des relations sexuelles plus sécuritaires

En matière de relations sexuelles plus sécuritaires, il s'agit encore de négocier les risques avec vos partenaires.

La capacité de réduire les risques associés à l’activité sexuelle est une composante essentielle de la santé sexuelle. Pour une personne vivant avec le VIH, cela veut dire :

  • Prendre ses médicaments anti-VIH tels qu'ils sont prescrits afin de maintenir une charge virale indétectable en tout temps, ce qui empêche la transmission du VIH.
  • Apprendre et mettre en pratique des comportements pouvant empêcher ses partenaires d’être infectés par le VIH ou d’autres infections transmissibles sexuellement (de même que les hépatites A, B et C et certains parasites), tout en se protégeant elle-même contre le risque d’être réinfectée par le VIH ou de contracter une ITS.

Même si la recherche indique que la prise d'un traitement contre le VIH et le maintien d'une charge virale indétectable en tout temps veut dire que nous ne pouvons transmettre le VIH à nos partenaires sexuels, les relations sexuelles plus sécuritaires nécessitent encore une négociation entre vous et vos partenaires. Il s’agit d’essayer d’arriver à un compromis quant au niveau de risque qui est acceptable pour chacun. Il est certain que les liens entre la santé sexuelle, les relations sexuelles plus sécuritaires et le VIH sont complexes, et nous continuons d'en apprendre beaucoup sur les autres facteurs qui influencent notre santé sexuelle, y compris en ce qui concerne l'acquisition et la transmission du VIH.

Pour obtenir plus d'information sur le rôle que joue le traitement du VIH dans la prévention de la transmission sexuelle, lisez La charge virale indétectable et la transmission sexuelle du VIH. Vous pouvez aussi consulter le Guide pour une vie sexuelle plus sécuritaire de CATIE.

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Les jouets sexuels

Pour obtenir plus d’information sur le sexe à risques réduits et les ITS, adressez-vous à un organisme VIH ou de santé publique près de chez vous.

Les godemichés (dildos) et autres jouets sexuels sont parfaitement compatibles avec la pratique du sécurisexe. Il faut simplement veiller à ce qu’ils soient propres et à ne pas les partager avec ses partenaires. On pourra les laver avant et après usage avec de l’eau et du savon ou, mieux encore, avec de l’eau chaude et un peu d’eau de Javel, en prenant soin de bien rincer. Si tout cela vous paraît trop compliqué, mettez un condom sur vos jouets quand vous vous en servez, ou enveloppez-les d’une pellicule plastique n’allant pas au micro-ondes. Lorsqu’on pénètre plus d’une personne avec le même jouet, il faut changer chaque fois le condom ou la pellicule plastique. Dans l’idéal, chaque partenaire devrait avoir ses propres jouets sexuels et veiller à ce qu’ils ne soient jamais introduits dans le corps de quelqu’un d’autre. La plus grande prudence s’impose quand il s’agit d’introduire dans le corps tout objet susceptible de causer des saignements importants.

Pour obtenir plus d’information sur le sexe à risques réduits et les ITS, adressez-vous à un organisme VIH ou de santé publique près de chez vous. Vous pourriez aussi vouloir en discuter avec un conseiller, seul ou en compagnie de vos partenaires sexuels. De nombreux organismes de lutte contre le sida offrent ce genre de services.

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Autres jeux érotiques et sécuritaires

 Apprendre à atteindre l’orgasme ou à faire jouir votre partenaire par la masturbation est une pratique très sécuritaire et très érotique. Pourquoi ne pas vous masturber tous les deux pendant que vous lisez ou regardez de la pornographie? Vous pourriez aussi vous livrer à des jeux érotiques au téléphone ou sur Internet, vous confier vos fantasmes sexuels tout en vous masturbant, donner ou recevoir un massage érotique… L’essentiel est qu’il n’y ait aucun échange de liquide corporel. Une approche telle que le tantrisme, qui considère l’activité sexuelle comme la voie vers une meilleure conscience de soi et non comme devant nécessairement aboutir à l’orgasme, mérite peut-être que vous l’exploriez.

Si votre conception de l’abstinence ne vous interdit pas les plaisirs solitaires, essayez la pornographie et les divers jouets sexuels. Certaines villes sont dotées de sex-shops orientés vers les femmes. Ces boutiques offrent souvent des ateliers de masturbation à l’intention de celles qui souhaitent en apprendre davantage sur l’auto-érotisme.

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Le sexe plus sécuritaire quand les deux partenaires sont séropositifs

Certaines personnes séropositives choisissent de ne pas utiliser de condom quand leurs partenaires sont également porteurs du VIH. Même en pareil cas, toutefois, le sexe non protégé comporte des risques. La décision d’abandonner le condom, par conséquent, ne doit pas être prise à la légère.

N’essayez pas de deviner le statut sérologique de l’autre : ce qu’il faut, c’est savoir de source sûre à quoi vous en tenir.

Tout d’abord, il est important d’avoir la certitude que vos partenaires sont eux aussi séropositifs. Il est facile de faire des suppositions erronées dans ce domaine. N’essayez pas de deviner le statut sérologique de l’autre : ce qu’il faut, c’est savoir de source sûre à quoi vous en tenir.

Toutes les ITS dont nous parlerons plus loin dans ce chapitre peuvent être transmises entre personnes séropositives. En fait, les personnes ayant le VIH ont souvent une vulnérabilité accrue à ces infections. Par ailleurs, les rapports sexuels non protégés ouvrent également la porte à l’hépatite C.

Le VIH lui-même peut se transmettre d’une personne séropositive à une autre (on appelle ce phénomène la réinfection ou la surinfection). Cela ne peut arriver si vous suivez un traitement et avez continuellement une charge virale indétectable. Cependant, si cela n'est pas votre cas, il est possible que vous soyez réinfecté par une souche différente, et celle-ci pourrait être résistante à certains médicaments anti-VIH, ce qui limiterait vos options de traitement.

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Le sexe plus sécuritaire et le dévoilement du statut VIH (divulgation)

Certaines personnes hésitent à dévoiler leur statut sérologique ou à aborder la question du sécurisexe, parce qu’elles redoutent la réaction que cela provoquera. Cette crainte est loin d’être absurde, surtout si vous risquez d’être rejeté ou de subir de la violence.

Il y a de nombreux facteurs à prendre en compte quand vous envisagez de divulguer votre statut sérologique à un partenaire sexuel.

Annoncer que vous avez le VIH à un partenaire sexuel potentiel et en discuter avec un fournisseur de soins ou un travailleur de soutien sont deux choses très différentes. Il y a de nombreux facteurs à prendre en compte quand vous envisagez de divulguer votre statut sérologique à un partenaire sexuel. Faut-il le faire dès la première rencontre ou pouvez-vous attendre que des rapports sexuels soient au programme? Les règles sont-elles différentes selon qu’il s’agit d’une aventure d’un soir ou d’une relation suivie? Et que faire si vous êtes un travailleur ou une travailleuse du sexe?

On entend de plus en plus parler de gens qui se savaient séropositifs qui ont été poursuivis en justice pour ne pas avoir dévoilé leur statut VIH.

Si vous avez besoin de conseils sur le dévoilement et les relations sexuelles sécuritaires ou encore des craintes à l'égard de vos relations, des questions de sécurité ou de droit, contactez l’organisme VIH le plus près de chez vous. Pour plus d’information sur le dévoilement, consultez les chapitres 6 (Votre santé émotionnelle) et 21 (Le VIH et la loi).

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La prévention et le traitement des ITS chez les deux partenaires

Les infections transmissibles sexuellement, ou ITS, sont des infections pouvant se transmettre d’une personne à une autre par contact sexuel. Les relations vaginales ou anales ne sont pas seules en cause : le contact sexuel comprend aussi le sexe oral ou l’usage de jouets sexuels tels que le vibromasseur. Le VIH est considéré comme une ITS, de même que la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l’herpès génital, les verrues génitales, les hépatites A, B et C et les parasites.

Certaines ITS sont transmises plus facilement que le VIH, telles que l’herpès, les verrues génitales et la syphilis. Les condoms pourraient donc être moins efficaces pour prévenir l’infection.

De nombreuses ITS peuvent se transmettre d’une femme enceinte à son bébé durant la grossesse ou l’accouchement. À l’instar du VIH, la syphilis peut infecter le fœtus dans l’utérus. D’autres infections, telles que la gonorrhée, la chlamydia, les hépatites B et C et l’herpès génital, risquent d’être transmises lors de l’accouchement.

Si vous êtes sexuellement actif, c’est une bonne idée de passer régulièrement les tests de dépistage pour les ITS. Parlez-en à votre médecin.

Les personnes vivant avec le VIH sont plus susceptibles que les autres de contracter certaines ITS et elles pourraient éprouver des symptômes plus intenses. Les relations sexuelles plus sécuritaires permettent de limiter la possibilité de contracter ou de transmettre une ITS. Si vous êtes sexuellement actif, c’est une bonne idée de passer régulièrement les tests de dépistage pour les ITS. Parlez-en à votre médecin.

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La chlamydia

La chlamydia fait partie des ITS les plus courantes. Les symptômes en sont, notamment, une sensation de brûlure quand on urine et des écoulements au pénis, au vagin ou à l’anus. La chlamydia peut aussi infecter la gorge et les yeux. De nombreuses personnes, en particulier les femmes, ne présenteront aucun symptôme. Si elle n’est pas traitée, la chlamydia peut entraîner chez les femmes une infection grave appelée maladie inflammatoire pelvienne. Chez les hommes, elle peut provoquer une inflammation de l’épididyme, soit l’étroit conduit qui relie les testicules à l’urètre (le canal par lequel s’écoule l’urine). La chlamydia se traite aisément au moyen d’antibiotiques. Si vous en êtes atteint, toute personne avec qui vous avez des relations sexuelles devra être traitée, à défaut de quoi vous pourriez vous réinfecter à répétition. Cette maladie se transmet facilement lors des relations orales, vaginales ou anales sans condom.

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La LGV

« LGV » est l’abréviation de « lymphogranulomatose vénérienne ». Il s’agit d’une maladie causée par une variété de la bactérie de la chlamydia. Elle est répandue en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud et dans les Antilles. Des cas ont été signalés chez des hommes gais en Europe, aux États-Unis et au Canada. Les hommes et les femmes sont sujets à la LGV.

L’infection comporte trois stades principaux. Le premier d’entre eux, qui débute de trois jours à trois semaines après l’exposition, est généralement marqué par l’apparition d’une petite lésion à l’endroit où la bactérie est entrée dans le corps (bouche, anus, vagin ou pénis). Dans bien des cas, cependant, la lésion est absente ou passe inaperçue. La personne atteinte est contagieuse dès ce stade. Lors du second stade, qui survient de 10 à 30 jours plus tard (voire davantage), une enflure douloureuse peut gagner les ganglions. On se sent malade, on a de la fièvre, éventuellement accompagnée d’un écoulement au pénis, au vagin ou à l’anus. Si elle n’est pas traitée, la LGV risque d’entraîner à long terme de graves complications. Celles-ci constituent le troisième stade de l’infection, qui ne se manifeste souvent qu’au bout de plusieurs années. Des tumeurs semblables à des hémorroïdes peuvent alors apparaître autour de l’anus, les organes génitaux peuvent enfler démesurément, et le rectum peut être gravement déformé, rendant nécessaire une intervention chirurgicale.

La plupart des symptômes des deux premiers stades passent facilement inaperçus. Chez les femmes, il est même fréquent qu’ils soient totalement absents. Mais tant qu’elle est traitée avant d’être parvenue à son troisième stade, la LGV se guérit rapidement (trois semaines d’antibiotiques suffisent) et ne laisse aucune séquelle permanente.

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La gonorrhée

La gonorrhée peut se manifester par un écoulement épais au pénis, au rectum ou au vagin, ainsi que par une sensation de brûlure en urinant. Chez beaucoup de gens, surtout les femmes, il n’y aura aucun symptôme. La maladie peut également se loger dans la gorge à la suite d’un acte de sexe oral non protégé. Non traitée, elle est susceptible d’évoluer vers une infection chronique grave. Transportée par le sang, elle peut s’étendre à d’autres parties du corps, et entraîner la stérilité (incapacité d’avoir des enfants). Chez les femmes, elle est une des causes de la maladie inflammatoire pelvienne. On traite la gonorrhée à l’aide d’antibiotiques. Si vous en êtes atteint, toute personne avec qui vous avez des relations sexuelles doit subir un examen médical et être traitée si nécessaire.

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La syphilis

La syphilis non traitée passe par trois stades comportant chacun des symptômes différents. Au premier stade, un unique chancre (lésion indolore) se forme à l’intérieur ou autour du pénis, du vagin, du rectum, de la bouche ou de la gorge. Il disparaît de lui-même au bout de trois à six semaines, sans traitement. Le deuxième stade intervient de deux à quatre semaines après la disparition du chancre. Il est caractérisé par des lésions et une éruption pouvant s’étendre sur tout le corps ou seulement sur les paumes et la plante des pieds. Des symptômes ressemblant à ceux de la grippe sont également possibles : maux de tête, douleurs aux articulations ou aux os. Dans certains cas, il y aura perte de cheveux ou apparition à l’intérieur de l’anus ou du vagin de tumeurs aplaties semblables à des verrues. En l’absence de traitement, ces symptômes peuvent continuer à se manifester de manière intermittente. Cependant, la personne atteinte n’est contagieuse que pendant la première année. Les symptômes du troisième stade, quant à eux, peuvent être très graves et entraîner la cécité, des lésions cardiaques ou neurologiques et, dans certains cas, la mort. Ce troisième stade met souvent des années à apparaître, mais les personnes vivant avec le VIH semblent l’atteindre beaucoup plus rapidement que les autres.

Le diagnostic de la syphilis fait appel à une série d’analyses sanguines. La première d’entre elles, appelée test VDRL, sert au dépistage de la maladie. En général, si ce test donne un résultat négatif, c’est que vous n’avez pas la syphilis. Cependant, les gens ayant le VIH obtiennent parfois un faux négatif au test VDRL. (En d’autres mots, le test dit qu’ils n’ont pas la maladie alors qu’ils l’ont en réalité.) Si vous craignez d’avoir été exposé à la syphilis, ce serait une bonne idée de demander à votre médecin de vous faire passer deux autres tests, appelés FTA-ABS et MHA-TP.

Chez les personnes vivant avec le VIH, l’évolution normale de la syphilis est souvent plus rapide et son traitement plus difficile.

Chez les personnes vivant avec le VIH, l’évolution normale de la syphilis est souvent plus rapide et son traitement plus difficile. La maladie se traite à l’aide de doses massives de benzathine-pénicilline, administrées par une injection dans les fesses pendant trois semaines consécutives. La pénicilline est le traitement de choix pour la syphilis. Si vous êtes allergique à cet antibiotique, votre médecin pourra vous désensibiliser à ses effets. Cela se fait en administrant d’abord de petites doses, que l’on augmente progressivement jusqu’à ce que la personne puisse recevoir la dose complète.

Les condoms réduisent le risque de transmettre la syphilis lors des rapports sexuels anaux, vaginaux et oraux, mais le risque n’est pas éliminé pour autant. La syphilis peut aussi infecter le fœtus dans l’utérus ou lors de l’accouchement.

Au cours des dernières années, on a constaté des éclosions de syphilis dans plusieurs villes canadiennes. Des personnes vivant avec le VIH ont été touchées dans beaucoup de cas.

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L’herpès génital

L’herpès génital est causé par un virus appelé herpès simplex 2, ou VHS-2. (Les « feux sauvages » autour de la bouche sont généralement causés par un virus apparenté, le VHS-1). Les symptômes, qui peuvent persister de deux à trois semaines avant de disparaître, comprennent une sensation de démangeaison ou de picotement dans la région infectée (anus, vagin, pénis ou testicules), une éruption de cloques ou de lésions qui formeront par la suite des croûtes sur la peau, et parfois une légère fièvre. La présence des symptômes suffit souvent pour que le médecin pose un diagnostic, mais on doit faire analyser du liquide prélevé sur les cloques pour que le diagnostic soit confirmé.

Les lésions d’herpès peuvent apparaître de deux jours à trois semaines après le contact avec une personne infectée, mais elles mettent parfois des mois ou des années avant de se manifester. Une fois qu’on est infecté, le virus de l’herpès demeure dans le corps de façon permanente, entraînant généralement la réapparition périodique des lésions et des autres symptômes. Certaines personnes ont des poussées tous les mois, d’autres plus rarement; d’autres encore (environ une personne sur dix) n’auront jamais d’autre poussée après la première. Entre les poussées, le virus reste dans le corps à l’état latent. Le stress, les menstruations, une mauvaise alimentation, le manque de repos, la maladie et l’exposition au soleil ou à des extrêmes de chaleur ou de froid semblent déclencher des poussées chez certaines personnes. D’autres ne remarquent aucune raison particulière pour la réapparition de leurs symptômes.

Les condoms réduisent le risque de transmission, sans pour autant l’éliminer, parce qu’ils ne couvrent pas toujours la zone infectée. Le virus de l’herpès se communique par contact de peau à peau impliquant la bouche, les organes génitaux ou la zone anale. Il peut même se transmettre en l’absence de tout symptôme, aussi bien que par contact direct avec une lésion. Comme c’est le cas de toutes les ITS, les femmes enceintes peuvent contaminer leur bébé pendant l’accouchement.

L’herpès ne se guérit pas, mais le traitement peut amoindrir les symptômes et accélérer le rétablissement.

L’herpès ne se guérit pas, mais le traitement peut amoindrir les symptômes et accélérer le rétablissement. Le risque de souffrir de poussées à répétition varie d’une personne à l’autre. Avec le temps, il arrive que les poussées s’espacent ou même cessent complètement. Cependant, leur fréquence et leur gravité sont souvent plus importantes chez les personnes dont le système immunitaire est très affaibli (compte de cellules CD4+ très bas). Par ailleurs, le fait d’avoir l’herpès peut faciliter la transmission du VIH et augmenter la possibilité d’être infecté par le virus.

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Le VPH et les verrues génitales

Le virus du papillome humain (VPH) peut causer des verrues génitales. Ceux-ci sont des espèces de verrues qui apparaissent, souvent en grand nombre, autour du gland, sur les lèvres de la vulve, dans le vagin, sur le col de l’utérus, sur l’anus, dans le rectum ou à l’aine. Bien qu’inesthétiques, les verrues sont généralement indolores. Ils rendent le sexe moins agréable, par contre. Pour éliminer les verrues, on a habituellement recours à l’azote liquide pour les brûler.

Le VPH est associé chez la femme à la dysplasie cervicale (formation de cellules anormales dans le col de l’utérus) et au cancer du col, ainsi qu’à la dysplasie anale (cellules anormales à l’anus) et au cancer anal dans les deux sexes.

Les femmes qui ont le VIH devraient se faire faire régulièrement un frottis vaginal. Pour les hommes porteurs du VPH, des examens rectaux réguliers sont recommandés, avec frottis rectal si possible. Les condoms réduisent les risques de transmission, mais ils ne sont pas éliminés pour autant.

La vaccination est efficace contre certaines souches du virus et peut donc contribuer à réduire le risque de contracter des verrues génitales ou d’avoir un cancer. Elle peut se révéler bénéfique pour les personnes vivant avec le VIH, en particulier si elle est administrée avant l’exposition aux souches du VPH ciblées par le vaccin.

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Les hépatites A, B et C

Pour en savoir plus sur les hépatites A, B et C, consultez le chapitre 12, Les infections et les cancers liés au VIH.

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La dysfonction sexuelle

Concilier la pratique du sécurisexe et l’érotisme représente parfois tout un défi.

Concilier la pratique du sécurisexe et l’érotisme représente parfois tout un défi. On peut définir la dysfonction sexuelle comme toute difficulté faisant obstacle à une activité sexuelle satisfaisante. Le fait de vivre avec le VIH ne fait souvent que compliquer les choses encore davantage, puisque certains médicaments peuvent diminuer le désir sexuel ou le rendre plus fragile. La nécessité de s’interrompre en pleine action pour enfiler un condom constitue une difficulté supplémentaire. Il est important de parler à votre médecin ou à un autre fournisseur de soins parce que, dans bien des cas, les dysfonctions sexuelles répondent bien aux traitements, et une vie sexuelle épanouissante et sécuritaire est encore possible.

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Être en relation

De nombreuses personnes séropositives vivent une relation épanouissante, que leur partenaire soit également séropositif ou non.

Se lancer dans une relation et l’entretenir n’est jamais facile. Quand on vit avec le VIH, on peut avoir l’impression que toute relation amoureuse ou sexuelle est impossible. Pourtant, de nombreuses personnes séropositives vivent une relation épanouissante, que leur partenaire soit également séropositif ou non. D’autres PVVIH choisissent pour leur part de ne pas chercher de relations amoureuses ou sexuelles et se satisfont pleinement de leurs relations amicales et familiales.

Les personnes qui sont dans une relation ont la possibilité de prendre des décisions à deux, y compris en matière de pratiques sexuelles et de santé. Il est parfois difficile, cependant, de trouver un juste équilibre entre les préoccupations et les besoins de chaque partenaire, ainsi que de s’assurer que chacun a son mot à dire. Lorsque l’un des deux a plus de poids que l’autre sur les décisions communes, il est important de discuter de ce déséquilibre, dont les causes possibles sont multiples. Par exemple, si l’un des partenaires gagne plus d’argent que l’autre, cela peut mettre ce dernier en situation de dépendance financière. Par ailleurs, les rapports de force inégaux au sein d’un couple sont susceptibles de varier. L’un des partenaires peut l’emporter dans certaines circonstances et pas dans d’autres.

Ayez conscience du pouvoir dont vous jouissez au sein de votre relation. Veillez à ce qu’il n’empêche pas votre partenaire d’aborder des questions qui sont importantes à ses yeux. Il est essentiel que les deux partenaires aient la possibilité de s’exprimer librement.

Parfois, le déséquilibre des forces, ou la simple crainte que l’autre en profite pour imposer sa volonté, peut dissuader le partenaire défavorisé d’exiger des choses auxquelles il tient, comme l’usage du condom. Si c’est votre cas, parlez-en à quelqu’un – un ami, un membre de votre famille ou un intervenant d’un organisme communautaire.

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Ressources

La charge virale indétectable et la transmission sexuelle du VIH – Comment profiter de cette stratégie

Guide pour une vie sexuelle plus sécuritaire – Conseils pour prévenir les infections transmissibles sexuellement et rendre les relations sexuelles plus sécuritaires

Vision positive – Un magazine sur la santé et le bien-être regorgeant d’articles sur un mode de vie sain

Feuillets d'information sur les infections transmissibles sexuellement – Renseignements exhaustifs à l'intention des personnes vivant avec le VIH et de leurs professionnels de la santé

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À propos de l’auteur

John MaxwellJohn Maxwell est le directeur général d'AIDS Committee of Toronto (ACT). Il est actif au sein du mouvement communautaire de lutte contre le sida depuis plus de 20 ans. Il a acquis une vaste expérience en matière de prévention du VIH ainsi que de promotion de la santé sexuelle et a participé activement à de nombreux projets de recherche en milieu communautaire. En plus de son travail pour ACT, il est membre de nombreux groupes de travail sur le sida au niveau local, provincial, national et international.

En 2007, John Maxwell s’est vu décerné un prix Ruban Rouge au congrès de l’Association canadienne de recherche sur le VIH, en raison de « sa contribution exceptionnelle à la recherche menée au Canada pour accroître la compréhension du traitement et de la prévention du VIH/sida, tout en améliorant la qualité de vie des personnes vivant avec cette maladie ».

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