Vous et votre santé : un guide à l’intention des personnes vivant avec le VIH

22. Le logement

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Votre situation de logement a une grande influence sur votre état de santé. Votre logement est aussi important que votre revenu, votre alimentation et votre plan de traitement. Nombre de recherches, dont l’étude communautaire intitulée «  Positive Spaces, Healthy Places », ont révélé que le type d’endroit où vous habitez, vos frais de logement mensuels et la fréquence de vos déménagements ont un impact direct sur votre état de santé lorsque vous vivez avec le VIH.

Les types de logements

Les gens qui vivent dans un endroit sûr et stable, où ils ont accès au soutien dont ils ont besoin, jouissent d’une meilleure santé physique et mentale et sont plus enclins à suivre fidèlement leur plan de traitement.

Un logement sécuritaire et stable est un des fondements d’une bonne santé et contribue à réduire la stigmatisation et la discrimination dont sont souvent victimes les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Les gens qui vivent dans un endroit sûr et stable, où ils ont accès au soutien dont ils ont besoin, jouissent d’une meilleure santé physique et mentale et sont plus enclins à suivre fidèlement leur plan de traitement. Un logement sûr peut même jouer un rôle utile dans la prévention de la transmission du VIH.

Au Canada, outre la propriété privée (maison, condo ou appartement), il existe plusieurs types de logement :

  • Logements locatifs du marché privé : Il s’agit de louer une maison, un appartement ou une chambre. C’est le propriétaire de l’immeuble ou de la maison qui fixe le loyer.  Vu qu’ils cherchent généralement à gagner le maximum d’argent de la location de leur logement, la plupart des propriétaires fixent leurs loyers en fonction des prix du marché.
  • Logements locatifs sans but lucratif : Cette catégorie comprend des logements locatifs sans but lucratif offerts par le secteur privé ou le secteur public; dans ce dernier cas, il s’agit généralement d’immeubles gérés par un organisme indépendant financé par le gouvernement. De façon générale, le loyer des logements sans but lucratif est juste assez élevé pour couvrir les frais d’exploitation de l’immeuble et les éventuels frais de réparation ou de rénovation (le toit fuit ou la peinture des murs extérieurs s’effrite, par exemple). Les coopératives sans but lucratif exigent quant à elles des loyers abordables qui correspondent quand même aux taux en vigueur sur le marché. Les coopératives sont réglementées par le gouvernement fédéral et ont leurs propres règlements administratifs.
  • Logements sociaux ou subventionnés : D’ordinaire, les logements sociaux sont financés par le gouvernement provincial ou municipal et gérés par un organisme indépendant. Dans la plupart des cas, le loyer des logements sociaux varie en fonction du revenu du locataire. Ainsi, plus votre revenu est élevé et plus votre loyer le sera. Les logements sociaux sont réservés aux personnes qui n’ont pas les moyens de payer un logement locatif du marché privé ou même un logement locatif sans but lucratif. Dans certains cas, la subvention octroyée par le gouvernement se rapporte à une unité particulière dans un immeuble spécifique. Autrement dit, vous devrez habiter l’unité désignée si vous voulez recevoir la subvention. Dans d’autres cas, la subvention est donnée directement à la personne et elle peut s’en servir pour trouver le logement qui lui convient — il s’agit d’une subvention portable. Certaines coopératives réservent un certain nombre d’unités aux personnes vivant avec le VIH. Dans d’autres coopératives, on consacre parfois un immeuble entier à des personnes séropositives; c’est le cas de la Fife House à Toronto, de la coopérative McLaren Housing à Vancouver et du Tommy Sexton Centre à St-Jean, Terre-Neuve. Certaines collectivités offrent des logements sociaux à des groupes spécifiques, notamment aux Autochtones (le programme de logements sociaux destinés aux Autochtones de Vancouver, par exemple).
  • Logements supervisés, logements avec services (d’aide à la vie autonome) : Si vous habitez ce genre de logement, vous aurez accès à des services de soutien fournis par les employés de la résidence. Si vous le voulez, ces derniers vous aideront à prendre votre bain, à préparer vos repas, à gérer vos comptes de banque ou à faire votre épicerie. Les logements supervisés sont habituellement réservés à des personnes atteintes d’une déficience physique ou intellectuelle qui ont besoin de soutien pour vivre le plus possible de façon autonome. Dans certaines collectivités, il existe des logements avec services destinés spécifiquement aux personnes vivant avec le VIH.
  • Refuges et maisons de transition : Cette catégorie offre un hébergement temporaire. Étant donné la pénurie de logements abordables, de nombreuses personnes vivant avec le VIH sont souvent obligées de vivre dans un refuge à un moment ou à un autre de leur vie. On ne réside que temporairement dans les maisons de transition : les gens y restent pour une période fixe, jusqu’à ce qu’ils trouvent un logement plus permanent ou plus stable.

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Un logement qui répond à vos besoins

Le type de logement que vous voudrez et que vous pourrez trouver dépendra de plusieurs facteurs, y compris du coût, de l’emplacement et de l’accessibilité (certaines collectivités n’offrent pas de logements sociaux ou supervisés). Vous devrez aussi tenir compte de vos besoins en matière de santé et de vos préférences personnelles.

Le type de logement que vous voudrez et que vous pourrez trouver dépendra de plusieurs facteurs, y compris du coût, de l’emplacement et de l’accessibilité (certaines collectivités n’offrent pas de logements sociaux ou supervisés). Vous devrez aussi tenir compte de vos besoins en matière de santé et de vos préférences personnelles.

En tant que personne vivant avec le VIH, vous risquez de subir au fil du temps des changements physiques qui pourraient avoir un impact sur vos besoins en matière de logement. Par exemple, le VIH pourrait vous rendre malade pendant une période plus ou moins prolongée. Si vous deviez cesser de travailler, seriez-vous en mesure de payer votre loyer ou votre hypothèque? Disposeriez-vous des ressources nécessaires pour vous débrouiller si cela vous arrivait? Seriez-vous assez fort pour monter l’escalier? Vos corridors sont-ils assez larges pour laisser passer un fauteuil roulant ou un scooter électrique? Songez à ce que vous pouvez faire pour rendre votre logement le plus sécuritaire possible et procurez-vous les appareils dont vous avez besoin.

Tout le monde n’a pas les mêmes goûts en ce qui a trait au logement. Certaines personnes aiment partager un appartement avec des colocataires, alors que d’autres tiennent à vivre seules. Certaines personnes ont constamment besoin de services de soutien, alors que d’autres ont besoin d’assistance de temps en temps seulement.

Il existe des catégories de logements qui pourraient nuire à votre santé. Signalons que les risques d’être exposé à des maladies comme la tuberculose sont plus élevés dans les refuges, par exemple.

Il vous faudra bien réfléchir pour déterminer quel genre de logement répondra le mieux à vos besoins.

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Comment trouver un logement convenable

Trouver un logement convenable figure parmi les problèmes les plus pressants auxquels les personnes vivant avec le VIH font face aujourd’hui au Canada.

Trouver un logement convenable figure parmi les problèmes les plus pressants auxquels les PVVIH font face aujourd’hui au Canada. Si vous êtes comme un grand nombre de personnes séropositives, vous avez un revenu fixe et devez respecter un budget très serré. Vous disposez donc d’une quantité d’argent précise pour payer vos frais de logement mensuels. Si vous avez un revenu fixe, il est important que vous évaluiez vos besoins en matière de logement afin que vous puissiez trouver un endroit abordable où vous trouverez le soutien nécessaire pour rester en bonne santé.

Trouver un logement devient souvent comme un emploi à temps plein, et il faut travailler fort. Vous risquez de vous décourager, mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul et qu’il y a des gens qui peuvent vous renseigner sur les possibilités de logement dans votre région.

Dans certaines collectivités, il existe des centres d’aide au logement qui font leur possible pour aider leurs clients à trouver un logement convenable.

Dans certaines collectivités, il existe des centres d’aide au logement qui font leur possible pour aider leurs clients à trouver un logement convenable. Le personnel de ces centres connaît les règlements concernant l’admissibilité aux logements sociaux et aux logements avec services de votre collectivité; ces règlements varient d’une province à l’autre et d’une municipalité à l’autre, donc l’assistance d’un conseiller professionnel sera très utile. Le personnel du centre vous dira si votre revenu vous rend admissible à un logement subventionné et vous aidera à remplir les formulaires nécessaires. Si vous vivez avec quelqu’un, il est important que vous sachiez que le revenu de cette autre personne sera pris en compte pour déterminer votre admissibilité à un logement social ou subventionné.

Certains organismes de lutte contre le sida mettent à la disposition de leurs clients des personnes spécifiquement formées — employés, bénévoles, pairs-conseillers (d’autres personnes vivant avec le VIH) — qui peuvent les aider à trouver un logement convenable.

Dans certains endroits, le nom des personnes souhaitant obtenir un logement subventionné est inscrit sur une liste d’attente centralisée, mais ce n’est pas le cas partout. Les listes d’attente sont habituellement très, très longues. Cependant, dans certains cas, la priorité est accordée aux personnes vivant avec le VIH en vertu d’un règlement spécial. Pour faire ajouter leur nom à une liste d’attente ou se faire accorder la priorité en matière d’attribution de logements sociaux ou avec services, les personnes vivant avec le VIH doivent habituellement subir un processus d’évaluation de leur santé. Votre médecin pourrait être obligé de remplir un formulaire — parfois appelé « priorité médicale » — et de divulguer de l’information au sujet de votre santé. Souvent, le soutien d’un médecin sert à accélérer le processus et à réduire les délais d’attente pour obtenir un logement abordable. Sachez que votre médecin doit obtenir votre consentement avant de partager avec d’autres personnes quelques renseignements que ce soit concernant votre santé.

Rappel : Si vous songez à déménager d’une région à l’autre du Canada, renseignez-vous sur la situation du logement avant de partir. L’accessibilité, le coût et la qualité des logements destinés aux PVVIH peuvent varier grandement d’un bout à l’autre du Canada.

Certains organismes de lutte contre le sida mettent à la disposition de leurs clients des personnes spécifiquement formées — employés, bénévoles, pairs-conseillers (d’autres personnes vivant avec le VIH) — qui peuvent les aider à trouver un logement convenable.

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Comment conserver votre logement

Les fournisseurs de logements, les propriétaires et les refuges doivent se conformer à de nombreux règlements (allumer le chauffage à partir d’une certaine date, faire des réparations dans les unités locatives, etc.). Les résidents de logements locatifs, de logements sociaux et de logements avec services doivent également respecter certains règlements, tels que le paiement de leur loyer à la date convenue.

Si vous souhaitez garder votre logement, vous devrez suivre les règlements. Vous avez toutefois des droits aussi, et personne ne peut vous mettre à la porte sans une raison valable. Si vous êtes sur le point de perdre votre logement, sachez qu’il existe des services pour vous aider.

  • Les conseillers en matière de logement faciliteront vos négociations avec votre propriétaire et pourraient même vous aider à garder votre logement.
  • Les services d’aide juridique sont souvent très utiles aussi. Certains d’entre eux sont voués spécifiquement aux personnes vivant avec le VIH; d’autres encore viennent en aide à toute personne qui n’a pas les moyens de payer un avocat.

Si vous risquez de perdre votre logement, n’attendez pas la dernière minute pour trouver de l’aide. Vos chances de régler votre problème augmenteront si vous agissez rapidement.

Votre chez vous est bien plus qu’un appartement, une chambre ou une maison. Votre attitude par rapport à l’endroit où vous vivez joue un rôle très important dans le maintien de votre santé.

Votre chez vous est bien plus qu’un appartement, une chambre ou une maison. Votre attitude par rapport à l’endroit où vous vivez joue un rôle très important dans le maintien de votre santé. De fait, pour les personnes vivant avec le VIH, un logement convenable est un des fondements d’une bonne santé. Si vous avez un logement stable et sûr, vous vous porterez mieux, vous serez moins stressé et vous aurez une meilleure qualité de vie. Pour en savoir plus sur les types de logements et les services de soutien disponibles, ainsi que sur la façon de trouver et de conserver un logement à prix abordable, contactez votre organisme local de lutte contre le sida, parlez avec d’autres personnes vivant avec le VIH ou faites quelques recherches sur Internet.

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Les ressources

Positive Spaces, Healthy Places - Une initiative de recherche communautaire examinant la relation entre le logement et la santé dans le contexte du VIH (contenu majoritairement en anglais seulement)

Pour obtenir une grande variété de ressources sur le VIH/sida, visitez notre Centre de distribution électronique, ou appelez-nous au 1-800-263-1638.

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À propos de L'auteur

#Ruthann Tucker de la firme Tucker and Associates travaille dans le domaine du VIH depuis plus de 18 ans. Au cours de cette période, elle a été experte-conseil, chercheuse communautaire avec l’Ontario HIV Treatment Network (OHTN) et directrice générale de la Fife House, premier fournisseur canadien de logements subventionnés destinés aux personnes vivant avec le VIH. Ruthann a travaillé chez AIDS Vancouver Island, a cofondé le Pacific AIDS Network et a été consultante auprès du Vancouver Coastal Health. Elle a également siégé au Comité consultatif ontarien de lutte contre le VIH et le sida, un groupe chargé de formuler des conseils stratégiques à l’intention du ministère de la Santé de l’Ontario.

Ruthann est l'investigatrice principale de « Positive Spaces, Healthy Places », une étude prospective visant à explorer l’impact du soutien au logement et de l’itinérance sur la santé des personnes vivant avec le VIH. Cette étude est financée par l’OHTN et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

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