Vous et votre santé : un guide à l’intention des personnes vivant avec le VIH

12. Les infections et les cancers liés au VIH

Dans ce chapitre, nous parlons des nombreux cancers et infections qui peuvent toucher les personnes vivant avec le VIH. Grâce à un diagnostic précoce, au suivi et à l’amélioration des soins, la plupart de ces maladies peuvent être évitées. Elles sont beaucoup moins fréquentes de nos jours grâce à l’efficacité des médicaments anti-VIH. Il est néanmoins important d’en savoir plus sur ces infections et cancers afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires pour les prévenir.

Les infections potentiellement mortelles appelées infections opportunistes se produisent en présence d’un VIH non traité qui affaiblit votre système immunitaire à un point tel que votre corps devient vulnérable à des infections que votre organisme combattrait très bien autrement.

Les personnes vivant avec ce virus sont sujettes à de nombreuses infections et maladies, en particulier les personnes qui ne prennent pas de médicaments anti-VIH. On appelle certaines de ces infections potentiellement mortelles des infections opportunistes. Elles ne se produisent qu'en présence d’un système immunitaire très affaibli (généralement en l’absence d’un traitement anti-VIH), qui vous rend vulnérable à des infections que votre organisme combattrait très bien autrement.

On qualifie de co-infection toute maladie infectieuse contractée par une personne déjà infectée par le VIH. Vous risquez de contracter une co-infection même si votre système immunitaire se porte bien. Les co-infections ont souvent un impact sur la progression de l’infection au VIH et son traitement.

Il existe aussi certains types de cancers qui semblent toucher plus fréquemment les personnes vivant avec le VIH (PVVIH).

La distinction entre ces différentes catégories d’infections — infections potentiellement mortelles, co-infections et même certains cancers — est de plus en plus floue, et certaines infections appartiennent à chacune de ces catégories. À titre d’exemple, mentionnons que l’infection par le virus du papillome humain (VPH) est une co-infection qui peut provoquer un cancer du col de l’utérus ou un cancer anal.

Les infections potentiellement mortelles

Si le corps perd des cellules CD4+ en grand nombre, le système immunitaire s’affaiblit et sa capacité de lutter contre les virus, les bactéries et les parasites est compromise.

Les infections de ce genre ne surviennent que lorsque le système immunitaire a été sérieusement affaibli par le VIH en raison de l’absence d’un diagnostic et/ou d’un traitement anti-VIH. Comme nous l’expliquons dans le chapitre 2 (Le VIH : Ce qu’il faut savoir), le VIH s’attaque à des cellules immunitaires appelées CD4+, lesquelles sont nécessaires pour combattre les infections et certains cancers. Chez une personne séronégative en bonne santé, le compte de cellules CD4+ varie entre 500 et 1 500 cellules par millimètre cube (mm3) de sang. Si le corps perd des cellules CD4+ en grand nombre, le système immunitaire s’affaiblit et sa capacité de lutter contre les virus, les bactéries et les parasites est compromise. Cet affaiblissement du système immunitaire permet aux infections de s’établir pour de bon. (Rappelons qu’on emploie souvent le terme infections opportunistes pour décrire ces maladies parce qu’elles profitent de l’état affaibli du système immunitaire pour faire des ravages.)

Les infections potentiellement mortelles sont beaucoup moins courantes de nos jours puisque la plupart des PVVIH prennent des médicaments anti-VIH qui contrôlent leur charge virale, augmentent leur compte de CD4+ et stabilisent et restaurent la fonction du système immunitaire. Cela aide à prévenir les infections dangereuses associées au VIH.

De nos jours, le principal danger réside donc en l’absence ou le retard du diagnostic : certaines personnes ont déjà un compte de CD4+ très faible ou souffrent déjà d’une infection opportuniste grave lorsqu’elles apprennent qu’elles ont le VIH.

Les infections potentiellement mortelles les plus courantes sont énumérées dans le tableau ci-dessous. On observe encore certaines de ces infections chez des personnes ayant un compte de CD4+ relativement élevé, mais elles provoquent des symptômes et des complications plus graves lorsque le système immunitaire est déjà affaibli.

Les infections opportunistes potentiellement mortelles sont : une infection pulmonaire appelée pneumonie à Pneumocystis jiroveci ou pneumocystose (PPC); une infection oculaire (rétinite) causée par le cytomégalovirus (CMV); une infection cérébrale appelée toxoplasmose; et une infection généralisée appelée complexe du Mycobacterium avium (MAC). S'i votre compte de CD4+ est déjà très faible lorsque vous apprenez que vous avez le VIH, vous pouvez prendre des médicaments pour prévenir ces infections. On appelle ce genre de traitement préventif une prophylaxie.

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Infections liées au VIH : Tableau des infections opportunistes potentiellement mortelles les plus courantes chez les personnes sérieusement immunodéprimées

Nom

PPC

Toxoplasmose

CMV

MAC

Qu’est-ce que c’est?

Infection pulmonaire pouvant causer une pneumonie et s’attaquant parfois à d’autres organes.

Infection cérébrale pouvant affecter aussi les yeux ou d’autres organes.

Infection virale de l’œil pouvant affecter d’autres organes.

Infection de l’appareil gastrointestinal (GI) pouvant infecter d’autres organes.

Quelle est la cause?

Pneumocystis jiroveci (autrefois appelé Pneumocystis carinii)

Toxoplasma gondii

Cytomégalovirus

Mycobacterium avium

Augmentation du risque lorsque vos CD4+ se situent à…

moins de 200 cellules/mm3

moins de 100 cellules/mm3

moins de 50 cellules/mm3

moins de 50 cellules/mm3

Symptômes caractéristiques (listes partielles)[1]

Essoufflement, difficulté à respirer, fatigue, toux sèche, fièvre

Maux de tête chroniques, fièvre, crises de nature épileptique, symptômes caractéristiques d’un AVC (perte visuelle, faiblesse soudaine ou problèmes de parole)

Toute perturbation soudaine ou inhabituelle de la vue

Diarrhée grave, fièvre

Peut causer…

Pneumonie (inflammation des poumons); peut être fatale faute de traitement

Lésions cérébrales, oculaires ou dans d’autres organes

Cécité permanente

Infection disséminée (partout dans le corps); peut être fatale faute de traitement

Mesures préventives[2]

Prendre des médicaments préventifs (habituellement Bactrim/Septra),  lorsque le compte de CD4+ est inférieur à 200 cellules.

Prendre des précautions visant la salubrité des aliments; éviter tout contact avec des matières fécales du chat; prendre des médicaments préventifs (habituellement Septra) lorsque le compte de CD4+ est inférieur à 100 cellules.

Rester à l’affût des symptômes lorsque le compte de CD4+ est inférieur à 50 cellules; suivre un traitement si nécessaire.

Prendre des médicaments préventifs (l’azithromycine ou d’autres médicaments) lorsque le compte de CD4+ est inférieur à 50 cellules.

Traitement

Doses élevées de Septra/Bactrim ou d’autres médicaments        

Les antibiotiques pyriméthamine ou sulfadiazine ou d’autres médicaments

Le ganciclovir ou d’autres médicaments

Combinaison puissante d’antibiotiques

  1. Ces listes de symptômes ne sont pas exhaustives. Si vous éprouvez n’importe quel symptôme qui survient soudainement ou qui vous inquiète, alertez immédiatement votre médecin, surtout si votre compte de CD4+ est faible.
  2. La plupart des infections potentiellement mortelles sont beaucoup plus faciles à prévenir qu’à guérir. Votre meilleure stratégie préventive consiste à vous faire diagnostiquer et traiter pour le VIH. Les médicaments prophylactiques (préventifs) peuvent réduire vos risques de contracter de nombreuses infections dangereuses.

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Les co-infections

En présence d’une co-infection, le traitement du VIH peut être plus difficile.

Tout comme les personnes séronégatives, les personnes séropositives peuvent contracter un certain nombre d’autres infections, même avec un compte de CD4+ adéquat. Ces infections, qui coexistent avec le VIH chez les personnes séropositives, s’appellent des co-infections. En présence d’une co-infection, le traitement du VIH peut être plus difficile. Le VIH peut également compromettre le diagnostic et le traitement de certaines co-infections. Un compte de CD4+ normal n’offre aucune protection contre les co-infections, mais celles-ci causent généralement plus de problèmes lorsque les CD4+ sont peu nombreuses.

Les co-infections : Tableau des co-infections les plus courantes chez les personnes vivant avec le VIH

 

Hépatite B

Hépatite C

Tuberculose

Qu’est-ce que c’est?

Infection virale du foie

Infection virale du foie

Infection pulmonaire

Quelle est la cause?

Virus de l’hépatite B (VHB)

Virus de l’hépatite C (VHC)

Bactérie appelée Mycobacterium tuberculosis

Mode de transmission

Par contact avec du sang ou des liquides corporels; possibilité de transmission sexuelle

Principalement par contact de sang à sang; parfois par voie sexuelle, surtout chez les hommes gais

Contact intime avec une personne atteinte de tuberculose qui tousse ou éternue

Comment savoir si je suis atteint?

Possibilité de symptômes pseudo-grippaux ou de jaunisse, mais pas dans tous les cas; des tests sanguins permettent de confirmer l’exposition

Souvent asymptomatique; des tests sanguins permettent de déceler facilement l’infection

Un test cutané permet de confirmer l’exposition

Peut causer…

Lésions hépatiques; toutefois, de nombreuses personnes se débarrassent spontanément du virus; des tests sanguins permettent de déceler une infection active

Lésions hépatiques et cancer du foie (après de nombreuses années)

Fièvre, frissons, difficulté à respirer et perte de poids; la tuberculose peut causer une maladie grave ou mortelle si elle n’est pas décelée et traitée

Mesures de prévention

Vaccination; éviter l’exposition au virus

Éviter l’exposition au virus

Éviter l’exposition

Traitement

Médicaments antiviraux, le meilleur desquels reste à déterminer; dans le contexte de la co-infection VIH/VHB, le traitement doit être décidé avec soin afin de prévenir les résistances médicamenteuses.

Combinaison de médicaments antiviraux. Le traitement dure quelques mois, provoque peu d'effets secondaires et guérit la plupart des personnes.

Traitement médicamenteux d’une durée de plusieurs mois, selon que l’infection est
« active » ou pas. La tuberculose acquiert facilement une résistance si le traitement n’est pas suivi jusqu’au bout.

L’hépatite

L’hépatite chronique est une co-infection qui touche de nombreuses personnes vivant avec le VIH.

L’hépatite chronique est une co-infection qui touche de plus en plus de personnes vivant avec le VIH. L’hépatite est une maladie du foie causée par des virus appelés VHA, VHB et VHC (virus de l’hépatite A, B et C). Chacun de ces virus infecte le foie, causant la jaunisse (coloration jaunâtre de la peau ou des yeux), des urines foncées, des selles pâles et une grande fatigue. Votre médecin voudra vous tester régulièrement pour la présence de ces infections. Les virus de l’hépatite B et C se transmettent des façons suivantes :

  • Partage de matériel de consommation de drogues ou de produits d’hygiène personnelle (rasoirs, brosses à dents, etc.) favorisant les contacts de sang à sang entre deux personnes.
  • Transfusion sanguine ou de produits sanguins avant l’instauration, en 1992, du système de dépistage.
  • Contact sexuel.
  • Transmission verticale (le virus passe d’une femme enceinte à son bébé au moment de l’accouchement).

L’hépatite A est une infection virale du foie qui est habituellement moins grave que l’hépatite B ou C. L’hépatite A se transmet par les matières fécales et la nourriture contaminée (une personne atteinte d’hépatite A oublie de se laver les mains avant de manipuler vos aliments, par exemple). Si vous êtes exposé à l’hépatite A, vous risquez de tomber malade pendant quelques semaines, mais votre système immunitaire finira par maîtriser l’infection. L’hépatite A cause rarement des lésions permanentes, à moins que vous soyez déjà porteur de l’hépatite B ou C.

Certaines personnes qui entrent en contact avec les virus de l’hépatite A ou de l’hépatite B se remettent de l’infection hépatique initiale et développent une immunité. Toutefois, ce phénomène est beaucoup moins probable chez les personnes séropositives co-infectées par l’hépatite C. Faute de traitement, l’hépatique peut devenir chronique, les personnes qui en sont atteintes restent contagieuses et souffrent de troubles hépatiques chroniques.

Comme nous l’expliquons dans la section Les vaccins, il existe des vaccins contre l’hépatite A et l’hépatite B, mais il n’existe malheureusement aucun vaccin contre l’hépatite C à l’heure actuelle.

Il est possible de traiter efficacement l’hépatite B et l’hépatite C avec des antiviraux. Les traitements peuvent guérir l'hépatite C et empêcher la progression de l'hépatite B. Comme il peut se produire des interactions entre les médicaments utilisés pour le traitement des hépatites et les médicaments anti-VIH il est très important que vous soyez suivi par un médecin qui connaît bien ces deux infections.

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La tuberculose

La tuberculose peut être un problème pour les PVVIH. La tuberculose se transmet dans l’air lorsqu’une personne atteinte d’une infection active tousse ou éternue.

La tuberculose peut être un problème pour les PVVIH parce qu’elle se transmet très facilement, surtout dans les endroits où les gens vivent très proches les uns des autres et où la pauvreté et l’absence de soins médicaux adéquats sont monnaie courante.

La tuberculose infecte le plus souvent les poumons, mais elle peut aussi s’en prendre aux os, au cerveau et à d’autres organes. La tuberculose se transmet dans l’air lorsqu’une personne atteinte d’une infection active tousse ou éternue. Le diagnostic repose sur des tests cutanés, des analyses de crachats et des radiographies pulmonaires.

Il existe des traitements efficaces contre la tuberculose, mais il faut les prendre tous les jours pendant plusieurs mois. Lorsque le malade manque des doses ou interrompt son traitement de façon prématurée, la tuberculose peut acquérir une résistance aux médicaments et le traitement devient beaucoup plus difficile. De plus, une tuberculose antérieure risque d’être réactivée chez les personnes vivant avec le VIH si leur système immunitaire s’affaiblit.

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Les infections herpétiques

Les virus de l’herpès comprennent :

  • Herpès simplex : Ce virus cause les feux sauvages (boutons de fièvre) ainsi que des lésions douloureuses sur les organes génitaux.
  • Varicelle-zona : Cause de la varicelle durant l’enfance, ce virus peut être réactivé plus tard dans la vie et causer le zona (éruption cutanée douloureuse).
Le système immunitaire réussit d’ordinaire à supprimer les infections herpétiques jusqu’à ce que des éléments déclencheurs – le stress ou une forte fièvre, par exemple – causent une poussée.

Les infections herpétiques sont courantes et se transmettent souvent par les contacts physiques et les relations sexuelles. Le système immunitaire réussit d’ordinaire à supprimer les infections herpétiques. Toutefois, des éléments déclencheurs – le stress ou une forte fièvre, par exemple – causent fréquemment des poussées d’herpès (apparition de feux sauvages ou de lésions génitales) qui durent habituellement de sept à dix jours, voire plus longtemps dans certains cas. Les poussées ont tendance à être plus fréquentes et à durer plus longtemps chez les personnes ayant un faible compte de CD4+.

Les PVVIH dont le système immunitaire est extrêmement faible (compte de CD4+ inférieur à 100 cellules/mm3) sont sujettes à l’herpès disséminé (poussée d’herpès touchant le corps entier) et à l’encéphalite herpétique (infection du cerveau). Si les poussées d’herpès sont fréquentes, peu importe le compte de CD4+, ou s’il y a un risque de complications graves, les personnes touchées peuvent prendre des médicaments antiviraux — habituellement le valacyclovir ou un médicament apparenté — afin de mieux supprimer le virus et de prévenir les symptômes.

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Les infections fongiques

Les infections fongiques — également appelées mycoses ou infections aux levures — touchent autant les personnes séronégatives que séropositives. Les femmes sont sujettes aux infections vaginales aux levures, alors que le pied d’athlète et les infections fongiques de la peau et des ongles sont fréquents chez les deux sexes. Les infections de ce genre causent plus de problèmes chez les personnes dont le système immunitaire est faible.

Même les personnes qui ont un compte de CD4+ relativement élevé sont sujettes à une infection fongique de la bouche ou du vagin appelée candidose ou « muguet ». Les crèmes, les pilules et les suppositoires antifongiques sont efficaces contre ce problème, de même que les suppléments probiotiques et les yogourts contenant de « bonnes » bactéries. Une alimentation saine est également importante car le sucre peut favoriser la prolifération des champignons (source des infections fongiques).

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Les infections transmissibles sexuellement

Plusieurs des infections dont nous venons de parler se transmettent de diverses façons, notamment par l’activité sexuelle. Il existe aussi de nombreuses infections qui se transmettent presque exclusivement par voie sexuelle, y compris la gonorrhée, la chlamydia, la syphilis et le virus du papillome humain (VPH). Pour en savoir plus sur les infections transmissibles sexuellement, consultez le chapitre 7 (Votre santé sexuelle).

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Les autres infections

Les infections courantes peuvent activer votre système immunitaire et favoriser la réplication du VIH. Vous pouvez prendre certaines mesures pour prévenir les infections. Dans bien des cas, il s’agit simplement de faire preuve de bon sens : se laver souvent les mains, se reposer suffisamment et éviter d’entrer en contact avec des personnes grippées ou enrhumées. Nous parlons plus bas de certaines autres mesures à envisager.

La salubrité de l’eau

Dans la plupart des villes, les réserves d’eau sont testées et purifiées afin de les débarrasser de tout organisme infectieux (bactéries). Si vous obtenez votre eau d’un puits ou d’une autre source non traitée, faites-la tester pour vérifier la présence d’impuretés et/ou ne buvez que de l’eau bouillie ou en bouteilles. Les infections transmises par l’eau – Cryptosporidium, E. coli et Giardia, par exemple – causent de graves diarrhées, et les personnes vivant avec le VIH y sont vulnérables. Prenez des précautions si vous voyagez dans des régions sujettes aux éclosions de choléra, Cryptosporidium, E. coli et hépatite A causées par l’eau.

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La salubrité des aliments

Éviter les aliments contaminés est également un bon moyen de prévenir les infections, notamment l’E. coli, la salmonelle et la listériose. Vous pouvez éviter de nombreuses infections, tant légères que potentiellement graves, en prenant les précautions suivantes :

  • Lavez-vous les mains et nettoyez soigneusement toutes les surfaces sur lesquelles vous comptez préparer de la nourriture.
  • Assurez-vous que vos viandes et vos fruits de mer sont suffisamment cuits.
  • Lavez soigneusement ou pelez vos fruits et légumes.
  • Conservez la viande, la volaille et les fruits de mer crus à l’écart des aliments prêts à manger (fruits, salades) et des aliments cuits. Autrement dit, évitez de vous servir de la même planche à découper pour préparer une salade après qu’elle a servi à la préparation d’une viande ou d’un fruit de mer cru.
  • Évitez les aliments avariés et ceux dont la date de péremption est passée.
  • Évitez de laisser à la température ambiante les aliments qui sont susceptibles de s’avarier — les mets chauds doivent rester chauds, et les aliments froids doivent rester froids.
  • Prêtez attention aux avertissements concernant d’éventuelles contaminations alimentaires.

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Les animaux de compagnie

De nombreuses PVVIH tiennent beaucoup à leurs animaux, et les bienfaits de la compagnie de ces derniers sont nombreux. Toutefois, certaines personnes séropositives sont vulnérables aux infections transmises par les animaux. Rien ne vous oblige à renoncer à votre animal de compagnie si vous avez le VIH, mais certaines précautions sont de rigueur, notamment quand vous manipulez leurs excréments. Par exemple, lorsque vous nettoyez le bac à litière de votre chat, portez des gants et évitez d’inhaler la poussière parce que la toxoplasmose peut se transmettre dans les matières fécales des chats. De plus, lavez-vous toujours les mains après avoir manipulé des excréments d’animaux.

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Les vaccins

Votre médecin devrait s’assurer que vous avez reçu dans votre enfance toutes les vaccinations recommandées, y compris celles contre la rougeole et les oreillons. De plus, il est important que vous receviez des injections de rappel pour prévenir le tétanos et la pneumonie pneumococcique.

Les vaccins stimulent le système immunitaire afin qu’il acquière une résistance à des infections particulières. Votre médecin devrait s’assurer que vous avez reçu dans votre enfance toutes les vaccinations recommandées, y compris celles contre la rougeole et les oreillons. De plus, il est important que vous receviez des injections de rappel pour prévenir le tétanos et la pneumonie pneumococcique.

Toute personne vivant avec le VIH devrait envisager de se faire vacciner contre les hépatites A et B. Les vaccins en question sont administrés en deux ou trois injections sur une période de six mois. Malheureusement, il n’existe à l’heure actuelle aucun vaccin contre l’hépatite C.

La plupart des médecins recommandent que leurs patients séropositifs se fassent vacciner contre la grippe chaque automne. Si vous prévoyez un voyage dans un pays en voie de développement, songez à prendre le vaccin oral contre le choléra et l’E. coli afin de prévenir la diarrhée du voyageur. Il existe également un vaccin contre certaines souches du VPH.

Certaines personnes séropositives, surtout celles dont le système immunitaire est faible, ne bénéficient pas de l'effet complet des vaccinations et peuvent avoir besoin de doses plus élevées ou de piqûres de rappel. Les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole sont à éviter si votre compte de CD4+ est faible. Les vaccins suivants sont à proscrire chez les PVVIH parce qu’ils sont fabriqués à partir de virus vivants et pourraient donc compromettre sérieusement leur santé : le vaccin anti-varicelle, les vaccins oraux contre la typhoïde et la poliomyélite et le vaccin antituberculeux (BCG).

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Recommandations en matière de vaccination : Les recommandations en matière de vaccination sont fondées sur une comparaison des bienfaits protecteurs du vaccin et des risques éventuels pour les personnes immunodéprimées. Comme toutes les interventions médicales, la vaccination doit faire l’objet d’une discussion avec votre médecin. Voici quelques recommandations générales destinées aux personnes vivant avec le VIH :

 

Affection

Vaccin

Modalités

Rougeole, oreillons et rubéole

À administrer durant l’enfance; innocuité probable chez les adultes séropositifs, sauf ceux ayant un compte de CD4+ très faible.

Une seule injection à l’âge de un an environ, avec un rappel à l’âge de 4 ou 5 ans.

Pneumonie pneumococcique

Au moins une injection recommandée pour toutes les PVVIH; un rappel est à envisager après 5 ans.

Une seule injection (Pneumovax).

Hépatites A et B

Recommandé.

Deux ou trois injections sur une période de six mois.

VPH

Aucune évaluation chez des femmes séropositives ou chez des hommes (sans égard au statut VIH).

Série d’injections données de préférence aux adolescentes avant qu’elles ne deviennent sexuellement actives.

Grippe

Vaccination annuelle recommandée pour toutes les PVVIH.

Une injection chaque année, à l’automne.

Oral : typhoïde, poliomyélite
Injectable : varicelle, BCG pour la tuberculose, variole, choléra

Généralement à éviter par les PVVIH; certains d’entre eux peuvent convenir aux personnes ayant un compte de CD4+ élevé.

Généralement déconseillés aux PVVIH.

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Les cancers

À cause de l'affaiblissement de leur système immunitaire, les personnes séropositives peuvent être plus vulnérables à certains types de cancers. Et les cancers semblent être plus fréquents chez les personnes vivant avec le VIH même si leur système immunitaire est relativement fort.

Le cancer se produit lorsque des cellules du corps se mettent à croître de façon anormale et incontrôlable. Ces cellules cancéreuses détruisent les cellules saines et rendent les personnes touchées très malades. Lorsque le système immunitaire fonctionne normalement, il parvient souvent à freiner cette croissance cellulaire anormale.

Les personnes vivant avec le VIH sont plus vulnérables à certains types de cancers.Certains cancers ne surviennent que lorsque le système immunitaire est très affaibli. Il existe aussi des cancers qui semblent toucher plus fréquemment les PVVIH, même si leur système immunitaire se porte relativement bien.

Le sarcome de Kaposi

Le sarcome de Kaposi (SK), un cancer rare de la peau, est causé par un virus de la famille des herpès et peut mettre la vie des personnes touchées en danger. Le SK fait apparaître sur la peau des lésions violacées qui ressemblent à des bleus. Quoique d’évolution assez lente, le SK pouvait causer la maladie et la mort s’il parvenait à atteindre les organes internes. Le SK était assez courant durant les premières années de l’épidémie du VIH, mais il est devenu rare depuis l’avènement de la multithérapie; de nos jours, cette maladie s’observe uniquement chez les personnes dont le système immunitaire est très affaibli.

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Le lymphome non hodgkinien

Un diagnostic de lymphome est posé lorsqu’on décèle des cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques. Il existe deux types de lymphomes principaux : la maladie de Hodgkin et le lymphome non hodgkinien (LNH). Ce dernier est plus courant chez les PVVIH. Le lymphome non hodgkinien peut causer les symptômes suivants : enflure persistante des ganglions lymphatiques, fièvre, frissons, sueurs et perte de poids. Lorsque le lymphome se loge dans le système nerveux central, il provoque souvent des maux de tête et des crises de nature épileptique.

Le diagnostic du lymphome repose sur une biopsie. Il s’agit de prélever un échantillon de tissu sur un ganglion lymphatique enflé et de l’examiner au microscope afin de déceler la présence de cellules anormales. Dans le cas des lymphomes du système nerveux central, le diagnostic s’effectue au moyen d’une analyse du liquide céphalorachidien.

De façon générale, on a recours à la chimiothérapie et/ou à la radiothérapie pour traiter le lymphome. La chimiothérapie consiste à administrer régulièrement au malade des médicaments anticancéreux puissants par voie intraveineuse. La radiothérapie consiste quant à elle à diriger contre la zone cancéreuse des rayons X de forte puissance.

Si vous remarquez une enflure persistante de vos ganglions, peu importe la partie du corps, avisez-en votre médecin.

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Le cancer du col de l’utérus

Le col de l’utérus se trouve au fond du vagin. On pourrait dire que c’est la porte de l’utérus. Chez certaines femmes, des cellules anormales se mettent à croître sur le col de l’utérus, habituellement à cause d’une infection par le VPH. Au fil du temps, ces cellules anormales risquent de se transformer en une affection précancéreuse appelée dysplasie cervicale. Faute de dépistage et de traitement, la dysplasie peut évoluer en cancer.

Pour prévenir la dysplasie cervicale, toutes les femmes devraient subir un test Pap annuel.

Pour prévenir les anomalies du col de l’utérus, toutes les femmes devraient subir un test Pap annuel. Ce dernier consiste à frotter le col avec un coton-tige pour en dégager un échantillon de cellules qui est examiné au microscope. Les femmes qui ont déjà eu des verrues génitales ou qui ont déjà fumé devraient subir un test Pap plus fréquemment. Si une dysplasie est décelée, le traitement de choix consiste habituellement en une colposcopie et en un traitement au laser.

Le vaccin anti-VPH protège les femmes contre certaines souches du VPH, mais pas toutes. Il y a lieu d’espérer que ce vaccin contribuera à prévenir certains cas de cancer du col. Toutefois, ce vaccin n’est efficace que s’il est administré aux femmes avant qu’elles ne soient exposées aux souches du VPH ciblées.

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Le cancer anal

Le cancer anal peut toucher les hommes et les femmes et a de nombreux points en commun avec le cancer du col de l’utérus. Comme ce dernier, le cancer anal est habituellement causé par le VPH et se développe graduellement à partir d’une dysplasie. Les facteurs de risque comprennent des antécédents de rapports sexuels anaux et/ou de verrues génitales. On estime que les hommes et les femmes vivant avec le VIH sont plus vulnérables à cette forme de cancer. Malheureusement, le test Pap anal n’est pas offert systématiquement au Canada. Renseignez-vous sur la disponibilité du test dans votre région auprès de votre médecin.

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Autres cancers

On estime généralement que les PVVIH courent un risque accru de plusieurs autres types de cancers et ce, peu importe l’état de leur système immunitaire. Ces derniers comprennent la maladie de Hodgkin, le cancer du poumon, le cancer de la peau, le cancer vaginal chez la femme et le cancer testiculaire chez l’homme. Heureusement, ces cancers ne surviennent pas fréquemment et ils répondent bien au traitement chez les personnes vivant avec le VIH qui maintiennent leur système immunitaire en bonne santé en prenant des médicaments anti-VIH efficaces.

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Ressources

Site Web de CATIE sur l'hépatite C – Renseignements exhaustifs sur la prévention et le traitement de l'hépatite C

Vivre avec la co-infection VIH/hépatite C – Renseignements pour les personnes vivant avec ces deux virus sur le maintien d’une bonne santé, le traitement ainsi que la protection de votre santé et de celle des autres

Feuillets d’information sur les co-infections, les cancers et d’autres affections – Renseignements exhaustifs destinés aux personnes vivant avec le VIH et à leurs fournisseurs de soins

TraitementActualités et Nouvelles CATIE – Les dernières nouvelles en matière de traitement et de recherche sur le VIH

Agence canadienne d’inspection des aliments – L’agence fédérale responsable de la salubrité des aliments au Canada affiche régulièrement dans son site Web des informations à jour sur les produits alimentaires contaminés.

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À propos de l’auteur

Evan CollinsEvan Collins est médecin, psychiatre, chercheur et militant vivant avec le VIH. Il se bat contre le VIH/sida depuis qu’il s’est joint au conseil d’administration de l’AIDS Committee of Toronto, en 1984. En plus de siéger au fil des années à de nombreux comités et conseils d’administration, y compris celui de CATIE, Evan a coprésidé le comité communautaire de la conférence SIDA 2006. Evan est médecin à la Hassle Free Clinic de Toronto, psychiatre dans un programme de santé mentale communautaire et conseiller en politiques et développement organisationnel. Il  préside actuellement le Réseau ontarien de traitement du VIH (OHTN) et est délégué nord-américain au conseil d’administration de l’ONUSIDA.

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