Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH/sida

2.5 Le VIH/sida et les enfants

Grâce à l'amélioration du dépistage des femmes enceintes et des traitements anti-VIH, moins de nouveau-nés viennent au monde avec le VIH aujourd'hui au Canada qu'avant l'avènement de la multithérapie. De plus, plusieurs enfants qui vivent avec le VIH depuis la naissance atteignent aujourd'hui l'adolescence et l'âge adulte.

Les enfants ayant le VIH sont comme n'importe quel autre enfant—leur corps est particulièrement sensible aux effets de la nutrition. Tous les enfants doivent bien manger pour grandir comme il faut. Les enfants ayant le VIH ont des besoins additionnels parce que leur corps doit composer avec le stress causé par le virus.

Répondre à ces besoins peut être difficile parce que les enfants atteints d'une maladie chronique comme le VIH ont souvent peu d’appétit, ne s'intéressent pas trop à la nourriture et sont rapidement rassasiés. Ils mangent souvent très lentement et ont des goûts très particuliers. Comme les adultes vivant avec le VIH, ils éprouvent des problèmes qui ne les aident pas à manger, comme la nausée et la diarrhée. Ils sont également sujets aux problèmes de lipides sanguins et à la lipodystrophie.

En tant que parent ou tuteur d'un enfant ayant le VIH, il est facile de s'inquiéter des besoins nutritionnels de son enfant. Pour certaines personnes, il s'agit d'une véritable épreuve, notamment si leur accès aux aliments nutritifs est limité.

Les défis se poursuivent dans l'adolescence. Les enfants acquièrent plus d'autonomie et doivent commencer à prendre la responsabilité de leur état médical chronique. La nutrition et l'observance d'une multithérapie risquent de perdre de l'importance aux yeux d'un adolescent qui doit faire face aux complexités de cette période turbulente de sa vie.

Les enfants ayant le VIH ont besoin de soins et de soutien nutritionnels soutenus.

Pour grandir en bonne santé, les enfants séropositifs devraient faire l'objet d'un suivi nutritionnel continu dans un centre pédiatrique. Si leur croissance est lente, une intervention nutritionnelle doit faire partie de leur plan de soins. La première étape consiste à accroître l'apport calorique et protéique de l'enfant.

Dans les cas graves où l'enfant ne prend pas de poids, ne grandit pas assez vite ou maigrit, une sonde gastrique (un tube qui permet d'alimenter l'enfant) peut s'avérer nécessaire. Une GEP (gastrostomie endoscopique percutanée) est la méthode préférée parce que les enfants ont souvent besoin d'aide pendant longtemps.