Un guide pratique de la nutrition pour les personnes vivant avec le VIH/sida

2.1 Les vitamines, les minéraux et les suppléments

On appelle les vitamines et les minéraux des micronutriments parce que le corps en a besoin en très petites quantités. Comme le corps est incapable d’en fabriquer suffisamment lui-même, les vitamines et les minéraux doivent être absorbés sous forme de nourriture et/ou de suppléments. Les vitamines et les minéraux ne sont pas une source d’énergie mais ils exercent des fonctions vitales qui régulent les nombreuses activités et réactions chimiques qui se produisent dans le corps. Lorsque l’apport en micronutriments est insuffisant, des symptômes de carence peuvent se manifester. Faute de traitement, certaines carences peuvent causer des maladies ou la mort.

Un apport quotidien recommandé (AQR) a été fixé pour chaque vitamine et minéral pour aider les gens à savoir combien il faut en prendre chaque jour pour prévenir les carences. Les experts ont également établi une limite supérieure tolérable pour plusieurs micronutriments, c’est-à-dire la dose maximale quotidienne qu’une personne devrait prendre. Rappelez-vous que ces recommandations sont formulées à l’intention de l’ensemble de la population et ne tiennent compte d’aucun état pathologique comme l’infection au VIH. Dans ce chapitre, nous vous offrons des conseils nutritionnels qui tiennent compte de vos besoins spécifiques en tant que personne vivant avec le VIH.

Les micronutriments et le VIH

Renseignez-vous bien avant de choisir vos suppléments et consultez votre équipe de soins avant de prendre une décision.

Les personnes ayant le VIH peuvent présenter une carence en micronutriments pour plusieurs raisons : manger est difficile à cause des effets secondaires; les nutriments des aliments ne sont pas absorbés; le corps a besoin de plus de nutriments pour lutter contre le virus. Plusieurs études ont révélé que les personnes ayant le VIH courent un risque accru de carences en micronutriments. Ces carences risquent à leur tour d’accélérer la progression de l’infection au VIH vers le sida, voire la mort. Pour cette raison, on croit que les besoins en micronutriments des personnes ayant le VIH sont plus importants que les AQR recommandés à l’ensemble de la population.

Il reste toutefois quelques questions à résoudre. Certains chercheurs et experts du domaine de la santé estiment que les micronutriments possèdent une valeur thérapeutique lorsque des doses très élevées sont utilisées, soit jusqu’à dix fois l’AQR. Cependant, d’autres experts sont d’un autre avis et préfèrent une approche plus conservatrice. Les études sont difficiles à interpréter, mais il n’empêche que les essais cliniques récents sur les multivitamines ont permis de constater des bienfaits, et plusieurs prestataires de soins sont maintenant d’avis que toutes les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) profiteraient de la prise d’une multivitamine avec minéraux tous les jours. Avant de prendre des suppléments, informez-vous bien et demandez l’avis de votre équipe de soins.

Les antioxydants et le VIH

Les antioxydants sont des molécules qui sont fabriquées par le corps. Ils se trouvent également dans certains aliments et suppléments. Les antioxydants protègent le corps en neutralisant des molécules instables appelées radicaux libres qui sont produites au fur et à mesure que les cellules exercent leurs fonctions normales.

Les infections chroniques comme le VIH peuvent perturber l'équilibre entre antioxydants et radicaux libres en incitant le corps à produire davantage de radicaux libres que d’habitude. Cela peut provoquer un état de stress oxydatif. Lorsque cela arrive, le corps est incapable de neutraliser tous les radicaux libres qu’il produit. Le stress oxydatif peut causer beaucoup de dommages dans les cellules. Deux stratégies contribuent à atténuer le stress oxydatif : il s’agit d’accroître son apport en antioxydants et de limiter son exposition aux sources de stress oxydatif, notamment la pollution et la fumée de tabac.

Accroître l’apport en antioxydants
  • Mangez beaucoup de fruits et de légumes colorés afin d’absorber les antioxydants présents dans les pigments et les produits phytochimiques que l’on trouve dans les aliments entiers. Essayez d’incorporer des aliments bleus, violets, verts, oranges, rouges et jaunes dans votre alimentation afin de profiter au maximum de leurs substances bénéfiques;
  • Le thé noir, le thé vert, les champignons, le vin rouge et le chocolat noir sont également considérés comme de bonnes sources d’antioxydants. N’oubliez pas que l’alcool ne convient pas à tout le monde;
  • Les antioxydants offerts sous forme de suppléments comprennent les vitamines C et E, le zinc et le sélénium (des minéraux), ainsi que la co-enzyme Q10, l’acide alpha-lipoïque et la N-acétyl cystéine.

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Le grand tableau des vitamines et minéraux

Vous trouverez dans le tableau suivant l’AQR (apport quotidien recommandé), la LST (limite supérieure tolérable), la dose élevée expérimentale, les toxicités, les fonctions et les sources alimentaires de plusieurs vitamines et minéraux. L’AQR inclut habituellement toutes les sources, tant alimentaires que supplémentaires, alors que la LST se rapporte aux suppléments seulement. La prudence est de rigueur lorsque la LST est dépassée.

Nutriment

AQR

LST*

Dose élevée expérimentale**

Effets toxiques possibles

Fonction principale

Meilleures sources alimentaires

Vitamine A

Hommes :   3 000 UI
Femmes :   2 300 UI

10 000 UI

3 000-10 000 UI

Toxicité hépatique, peau sèche et rugueuse, lèvres gercées, irritabilité, maux de tête, anomalies congénitales

Barrières immunitaires et tissus épithéliaux, croissance, reproduction, formation des os et des globules rouges, vue

Aliments riches en bêta-carotène, aliments enrichis, foie

Bêta-carotène

ND

ND

5 000-25 000 UI

Possibilité d’un risque accru de cancer du poumon chez les fumeurs, coloration orangeâtre de la peau (inoffensive)

Antioxydant, source de vitamine A, immunostimulant, possibilité de prévention du cancer, vue

Fruits et légumes oranges, jaunes, rouges et verts

Vitamine D

9-50 ans : 200 UI
51-70 ans : 400 UI
> 70 ans : 600 UI
ostéopénie ou ostéoporose : 1 000 UI

2 000 UI

1 000 UI

Toxicité cardiaque ou hépatique ou rénale, hypercalcémie  (excès de calcium dans le sang)

Métabolisme du calcium, minéralisation osseuse, possibilité de prévention du cancer

Lait enrichi, poissons gras

Vitamine E

22 UI

1 500 UI

200 UI

Potentiel d’augmentation des maladies du cœur, saignements excessifs

Antioxydant, anticoagulant, protection contre les maladies du cœur, possibilité de prévention du cancer

Germe de blé, huiles végétales, noix

Vitamine K

H : 120 mcg
F : 90 mcg

ND

ND

Interaction avec les anticoagulants

Minéralisation osseuse, coagulation sanguine

Légumes à feuilles vertes

Vitamine C

H : 90 mg
F : 75 mg
Fumeurs :    + 35 mg

2 000 mg

500-2 000 mg

Pro-oxydant, absorption excessive de fer, diarrhée

Antioxydant, immunité, activité antivirale en éprouvettes, possibilité de prévention du cancer, absorption accrue de fer

Fruits et légumes, surtout les poivrons et les agrumes

Thiamine (B1)

H : 1,2 mg
F : 0,9 mg

ND

30-100 mg

Pourrait favoriser la croissance des tumeurs à très forte dose

Métabolisme énergétique, humeur, système nerveux

Grains entiers, riz brun, aliments enrichis, légumineuses, porc, huîtres

Riboflavine (B2)

H : 1,3 mg
F : 1,1 mg

ND

30-100 mg

ND

Métabolisme énergétique, antioxydant, prévention possible des migraines

Produits laitiers, légumes à feuilles vertes, huîtres

Niacine (acide nicotinique)

H : 16 mg
F : 14 mg

35 mg

500-1 000 mg

Démangeaisons, bouffées congestives (rougeur du visage), toxicité hépatique, résistance à l’insuline

Métabolisme énergétique, fait baisser le cholestérol LDL et les triglycérides, fait augmenter le cholestérol HDL

Volailles, viandes rouges, poissons, légumineuses, beurre d’arachide, noix

Vitamine B6

H : 1,3-1,7 mg
F : 1,3-1,5 mg

100 mg

100 mg

Lésions nerveuses (neuropathie)

Métabolisme des protéines, immunité, synthèse des neurotransmetteurs (p. ex., sérotonine et dopamine), traite la neuropathie périphérique et le syndrome prémenstruel

Viandes, poissons, volailles, œufs, pommes de terre, céréales enrichies, arachides, fèves de soya

Folate

0,4 mg

1 mg

0,4 –1,0 mg

Les très fortes doses peuvent cacher une carence en B12  et provoquer ainsi des lésions nerveuses

Division cellulaire, prévention des anomalies du tube neural et, peut-être, d’autres anomalies congénitales, réduction du taux d’homocystéine, possibilité de prévention du cancer

Légumes à feuilles vertes, légumineuses, oranges, brocoli, chou-fleur

Vitamine B12 (cobalamine)

2,4 mcg

ND

1 000 mcg par semaine ou par mois en cas de carence

Des cas rares de lésions oculaires

Division cellulaire, métabolisme des acides aminés, système nerveux, fonction mentale

Poissons, fruits de mer, viandes, lait de soya et de riz enrichi, produits de soya fermentés

Calcium

1 000 -      1 200 mg

2 500 mg  (à partir des aliments et des supplé-ments)

1 000-1 500 mg

Dépôts de calcium dans les tissus mous

Minéralisation osseuse, contraction musculaire

Produits laitiers, lait de soya et de riz enrichi, arêtes de poissons

Magnésium

H : 400 mg
F : 320 mg

350 mg

350 mg

Diarrhées, absorption réduite de calcium

Minéralisation osseuse, actif dans plus de 300 réactions chimiques dans le corps

Grains entiers, noix, légumes verts, légumineuses

Fer

H : 8 mg
F : 18 mg

45 mg

Utilisé uniquement pour traiter l’anémie causée par une carence en fer

Troubles causés par les excès de fer, maladies du cœur, cirrhose hépatique

Fabrication de l’hémoglobine (transporteur de l’oxygène),  production d’énergie dans les mitochondries

Viandes, légumineuses, tofu, légumes à feuilles vertes, céréales de déjeuner

Zinc

H : 11 mg
F : 8 mg

40 mg

40 mg

Suppression immunitaire, nausées, goût métallique, carence en cuivre

Croissance, immunité, guérison des plaies, sens du goût, production de sperme, antioxydant, santé de la prostate

Huîtres, viandes, volailles, poissons

Sélénium

55 mcg

400 mcg

100-400 mcg

Cheveux et ongles fragiles, irritabilité, haleine à l’ail, fatigue, nausées

Antioxydant, immunité, possibilité de prévention du cancer, infections virales

Grains entiers cultivés dans les sols riches en sélénium, volailles, viandes, produits laitiers

AQR : apport quotidien recommandé (toutes les sources réunies); LST : limite supérieure tolérable (suppléments seulement); ND : non déterminé; IU : unité internationale; mg : milligramme; mcg : microgramme
* La prudence est de rigueur lorsqu’on prend des doses qui dépassent la LST.
** Il existe peu ou pas de preuves de l’efficacité de ces doses. Discutez de vos options avec votre médecin ou diététiste.

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Les vitamines et les minéraux clés pour les personnes ayant le VIH

Dans cette section, nous parlons de plusieurs vitamines, minéraux et autres nutriments qui ont fait l'objet d'études dans le contexte du VIH. Vous trouverez également des renseignements à ce sujet dans le grand tableau des vitamines et des minéraux qui précède cette section. Avant de commencer à prendre n’importe quel supplément, parlez-en avec votre médecin et les autres membres de votre équipe de soins.

Envisagez la prise d’une multivitamine avec minéraux chaque jour.

Plusieurs études ont permis de découvrir que les suppléments de vitamines et de minéraux comportent de nombreux bienfaits pour les personnes vivant avec le VIH. La prise quotidienne d’une multivitamine contribue à une bonne nutrition. Consultez la liste d’études dans l’annexe E pour en apprendre plus sur les effets des suppléments de micronutriments chez les personnes vivant avec le VIH/sida.

Les vitamines B pourraient contribuer à ralentir la progression de l'infection au VIH. Elles sont également importantes pour la santé des mitochondries—structures responsables de la production d’énergie dans les cellules—et semblent aider à réduire l’impact de la toxicité mitochondriale (voir « La toxicité mitochondriale » ). Les réserves de vitamines B s’épuisent rapidement durant les périodes de stress, de fièvre et d’infection, ainsi que lors de toute consommation excessive d’alcool. N’oubliez pas que l’AQR est très faible, donc la prise d’un total de 50 mg de B1, de B2 et de B3 répondra amplement à vos besoins en vitamines B. Vérifiez l’étiquette de votre multivitamine; si elle contient 30 mg à 50 mg de ces vitamines, vous n’aurez pas besoin d’ajouter un supplément du complexe B.

Les personnes ayant le VIH risquent d’avoir un faible taux sanguin de vitamine B12. Les personnes de plus de 50 ans sont sujettes à ce même problème. La carence en vitamine B12 est associée à un risque accru de neuropathie périphérique, de problèmes cognitifs et d’anémie. De façon générale, les personnes souffrant d’une carence en B12 se sentent épuisées et ont peu d’énergie. Cette carence est également associée à la progression de l’infection au VIH et à un risque accru de décès. Demandez à votre médecin de vérifier le taux de B12 dans votre sang. Si ce dernier est faible, des injections pourront le faire rentrer dans la fourchette idéale.

Si vous vous faites injecter de la vitamine B12 et que votre vue se met à baisser, prévenez votre médecin, surtout si vous fumez. Certaines formes injectables de la B12 peuvent endommager les yeux des personnes atteintes d’une maladie génétique rare appelée atrophie optique héréditaire de Leber.
La vitamine C figure parmi les antioxydants les plus importants. Elle agit très efficacement pour débarrasser le corps des molécules qui nuisent aux cellules et aux tissus (voir « Les antioxydants et le VIH » dans ce chapitre). La vitamine C a fait l’objet d’études visant à déterminer son potentiel pour la prévention du cancer, ainsi que ses effets sur l’immunité, les maladies cardiovasculaires, les cataractes et une gamme d’autres maladies. Même s’il est impossible de guérir un rhume avec de la vitamine C, on a trouvé que la prise de 1 000 mg par jour réduisait l’intensité et la durée des symptômes.

Certaines recherches laissent croire que la vitamine C peut inhiber la réplication du VIH dans les expériences de laboratoire, mais la pertinence de cette action pour le corps humain n’est pas claire. Pour les personnes ayant le VIH, l’avantage le plus important de la vitamine C réside dans ses propriétés antioxydantes. La dose élevée expérimentale quotidienne va de 500 mg à 2 000 mg, la limite supérieure tolérable.

Le calcium – voir « La santé des os » .

La vitamine D commence à s’avérer un nutriment très important dont les fonctions dépassent le seul métabolisme du calcium, le rôle qu'on lui associe habituellement. De plus en plus de données permettent de recommander un apport quotidien de 1 000 UI.

La vitamine D est présente dans quelques aliments, mais ces sources sont généralement insuffisantes pour satisfaire nos besoins quotidiens en vitamine D. De plus, il est probable que les personnes vivant dans les régions nordiques (comme le Canada) ne sont pas suffisamment exposées au soleil pour en fabriquer. De plus, l’utilisation de l’écran solaire, quoique vivement recommandée pour la prévention du cancer de la peau, empêche la peau de fabriquer de la vitamine D.

Les suppléments de vitamine D permettent aux personnes ayant le VIH d’atteindre l’apport quotidien recommandé. La vitamine D est présente dans les multivitamines et les suppléments de calcium, et est offerte sous forme de comprimés individuels. Cherchez la forme active de la vitamine, soit la vitamine D3. N’oubliez pas d’additionner la teneur en vitamine D de vos différents suppléments afin d’éviter tout excès.

La vitamine E a déjà été utilisée à titre d’antioxydant, typiquement à raison de 400 UI par jour. Cependant, des études ont révélé que la prise de plus de 200 UI par jour pouvait augmenter le risque de cardiopathie. En attendant une étude plus poussée à ce sujet, il vaudrait peut-être mieux limiter votre apport de suppléments de vitamine E à 200 UI, à moins d’avis contraire de votre médecin.

La carence en vitamine E est associée à l’accélération de la progression de l’infection au VIH. Le risque de carence est plus élevé chez les personnes qui ont de la difficulté à absorber les matières grasses ou qui souffrent de malnutrition. Pour obtenir le meilleur effet possible, utilisez les suppléments de sources naturelles et ceux renfermant des tocophérols mixtes.

Les suppléments de fer ne devraient être utilisés pour le traitement de l’anémie (faible taux de globules rouges) que sur prescription de votre médecin. Le diagnostic d’une anémie attribuable à une carence en fer repose sur la présence d’un faible taux d’hémoglobine dans le sang. Cette question peut être problématique chez les personnes en multithérapie parce que certains médicaments anti-VIH, notamment l’AZT,  peuvent également provoquer une chute du taux d’hémoglobine. Certains tests sanguins permettent de déterminer s’il y a vraiment une carence en fer. L’important est de ne pas prendre de fortes doses de fer sans prescription. Le fer est un pro-oxydant (contraire d’un antioxydant), ce qui veut dire qu’il est capable d’augmenter les effets négatifs de l’oxydation sur divers tissus du corps (voir « Les antioxydants et le VIH » dans ce chapitre).

Le zinc revêt une importance cruciale pour le système immunitaire; une carence en ce minéral peut causer une grave suppression immunitaire. Le risque de carence est très élevé chez les personnes souffrant de diarrhées chroniques, les immigrants arrivant de camps de réfugiés et les PVVIH malnutries, surtout les enfants. Signalons que les fortes doses de zinc peuvent affaiblir la fonction immunitaire s’il n’y a pas de carence.

Le sélénium aide à régénérer le glutathion, principal antioxydant des cellules. Des études ont associé un faible taux de sélénium dans le sang à un risque accru de progression de la maladie et de décès. La carence est associée à un faible nombre de cellules CD4+. Une étude de faible envergure a révélé qu’un supplément quotidien de 200 microgrammes semblait bénéfique chez certaines personnes ayant le VIH. Des études menées auprès de la population générale portent à croire que le sélénium pourrait offrir une certaine protection contre le cancer.

Multiplier les bienfaits des multivitamines

Pour commencer

  • Prenez une multivitamine avec minéraux chaque jour.

Autres conseils

  • Demandez conseil à un professionnel de la santé qui connaît bien les suppléments utilisés par les personnes ayant le VIH;
  • Protégez vos os en absorbant suffisamment de calcium et de vitamine D;
  • Stimulez votre système de défense antioxydant avec les vitamines E et C et le sélénium;
  • Ne dépassez pas la limite supérieure tolérable.

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Autres suppléments pour combattre le VIH

Dans cette section, nous parlons de quelques autres suppléments utilisés par les personnes vivant avec le VIH. Dans certains cas, les bienfaits de ces suppléments ont été décrits lors d’études menées chez des humains ou des animaux ou dans des rapports de cas. Les doses thérapeutiques ne sont pas vraiment connues en ce qui concerne le VIH, et les recommandations formulées ici sont fondées sur les doses utilisées pour combattre d’autres maladies ou dans le cadre d’études de recherche.

Ces suppléments peuvent être assez dispendieux et il ne faut pas les considérer comme un substitut à une bonne alimentation et à un mode de vie sain. Avant de commencer à prendre un nouveau supplément quelconque, renseignez-vous auprès d’un professionnel de la santé qualifié. Et n’oubliez pas d’en parler avec votre médecin.

Enfin, il vaut mieux vous limiter à un seul nouveau supplément à la fois. De cette manière, vous pourrez reconnaître tout effet secondaire au fur et à mesure.

L’acide alpha-lipoïque est un antioxydant puissant fabriqué par l’organisme pour régénérer le glutathion (principal antioxydant des cellules) et les formes activées des vitamines C et E. Il joue également un rôle important dans la production d’énergie dans les mitochondries. L’acide alpha-lipoïque est utilisé pour le traitement de la neuropathie diabétique (maladie nerveuse associée au diabète) et des problèmes de foie, et il se pourrait qu’il contribue à ralentir le durcissement des artères (artériosclérose). La posologie recommandée pour la neuropathie diabétique est de 100 mg trois fois par jour; la posologie indiquée pour le VIH est inconnue.

La carnitine (également appelée L-carnitine) est une substance naturelle présente dans certains aliments et qui est également fabriquée par le corps. Elle agit de concert avec les mitochondries pour métaboliser les matières grasses et produire de l’énergie pour les cellules. La carnitine fournit aux mitochondries les ingrédients nécessaires à la production d’une molécule énergétique appelée ATP, carburant fondamental des cellules. La plupart des recherches laissent penser que la carnitine confère une certaine protection aux systèmes nerveux central et périphérique et au cœur, sans doute grâce à sa contribution à la fonction mitochondriale. Il se peut que la carnitine soit utile pour le traitement de la neuropathie périphérique (sensation d’engourdissement, de picotement ou de brûlure dans les pieds et parfois les mains), de la démence et de la toxicité mitochondriale (voir Gérer les effets du VIH et des médicaments sur le corps).

Certains suppléments en vente libre contiennent une version de la carnitine appelée acétyl-l-carnitine, mais il faut se méfier parce que certains d’entre eux contiennent très peu de L-carnitine. Achetez toujours vos suppléments d’une source fiable. Au Canada, la L-carnitine est disponible sur ordonnance, souvent sous le nom de Carnitor. Ce genre de L-carnitine est très cher et n’est pas habituellement couvert par les régimes d’assurance médicaments pour les indications mentionnées ci-dessus. Adressez-vous à votre assureur privé ou à votre régime provincial pour en savoir plus.

La dose thérapeutique de L-carnitine se situe entre 500 mg et 3 000 mg par jour. Aucune posologie précise n’a été établie parce que le supplément n’a pas été suffisamment étudié pour les indications mentionnées. Certaines personnes ayant le VIH qui souffrent de toxicité mitochondriale et/ou de neuropathie périphérique semblent bénéficier de la prise de 1 500 mg d’acétyl-l-carnitine une ou deux fois par jour pendant plusieurs mois. Séparez vos doses de carnitine en trois prises quotidiennes afin de prévenir les effets secondaires, notamment la diarrhée.

La N-acétyl-cystéine (NAC), un dérivé de l’acide aminé L-cystéine, est un puissant antioxydant qui contribue à régénérer le glutathion à l’intérieur des cellules (voir « Les antioxydants et le VIH » dans ce chapitre). La NAC protège ainsi les cellules du foie en réduisant l’oxydation. La cystéine semble se faire plus rare chez les personnes ayant le VIH qui présentent un faible compte des CD4+ ou un syndrome de dépérissement (voir « La perte de poids et le dépérissement » ). Il est possible que les suppléments de NAC restaurent les réserves de glutathion et améliorent la capacité antioxydante des cellules. Les études ont porté sur des doses allant jusqu’à 2 000 mg par jour, mais une telle dose coûte cher et risque de ne pas être bien tolérée. Les effets secondaires comprennent nausées, vomissements, diarrhées et maux de tête. La dose la plus avantageuse n’a pas été clairement établie, mais il semble qu’une dose quotidienne de 500 mg soit bénéfique tout en comportant un moindre risque de toxicité.

La L-glutamine est un acide aminé qui sert de carburant aux cellules intestinales, musculaires et immunitaires. Elle joue un rôle important dans l’immunité parce qu’elle contribue au maintien de la barrière intestinale et est le carburant de choix de diverses cellules du système immunitaire. Le taux de glutamine a tendance à baisser lors des périodes de stress physiologique : infection opportuniste, chirurgie, brûlure ou cancer, entre autres. Il se peut qu’elle joue un rôle thérapeutique contre les problèmes intestinaux et le dépérissement (perte de poids grave), et certaines personnes ayant le VIH l’ont trouvée efficace contre les diarrhées chroniques. À ce titre, la posologie recommandée est de 10 à 30 grammes par jour, la dose d’entretien quotidienne étant de 5 grammes. Pour faciliter l’absorption, faites dissoudre la glutamine dans de l’eau et prenez-la sur un estomac vide.

Les probiotiques sont des organismes vivants. Cette catégorie comprend les bactéries Lactobacillus et Bifidobacterium et les levures. Les probiotiques contribuent à peupler l’intestin de « bonnes » bactéries (microflore). La microflore aide à préserver la santé de l’intestin en empêchant la croissance de bactéries pathogènes et en protégeant la barrière intestinale. Les suppléments de probiotiques sont utiles à la suite d’une antibiothérapie parce qu’ils remplacent la microflore endommagée par l’antibiotique. Il semblerait également que les probiotiques soulagent les diarrhées chroniques et les symptômes du syndrome du côlon irritable. Le probiotique le plus commun s'appelle L. acidophilus, mais certains produits contiennent maintenant un mélange d’organismes. Ces derniers se trouvent dans les aliments contenant une culture vivante, comme le yogourt et le kéfir. Achetez les suppléments réfrigérés qui ont une longue durée de conservation.

La coenzyme Q10 (CoQ10) est une substance antioxydante ainsi qu’un cofacteur dans la production d’énergie mitochondriale. Elle a déjà servi au traitement de l’insuffisance cardiaque congestive et de la gingivite et il est possible qu’elle contribue à protéger le cœur et les nerfs. Les statines, une classe de médicaments hypocholestérolémiants, réduisent le taux de CoQ10. La dose quotidienne habituelle de CoQ10 varie entre 60 mg et 240 mg.

CATIE produit des feuillets d’information sur plusieurs vitamines et suppléments utilisés par les personnes vivant avec le VIH. Pour en savoir plus, visitez CATIE à l’adresse www.catie.ca ou composez le 1-800-263-1638 pour parler avec un éducateur en info-traitements. Et n’oubliez pas de consulter les ressources Web mentionnées dans l’annexe D.

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