Hépatite C : Un guide détaillé

La transplantation du foie

Les personnes qui vivent depuis longtemps avec l’hépatite C pourraient continuer à éprouver des problèmes de foie même après avoir été guéries du virus.

La transplantation du foie est une option lorsque le foie a subi de nombreuses lésions et qu’il ne peut plus fonctionner (une affection appelée insuffisance hépatique). La transplantation du foie connaît un grand succès au Canada. Parmi les avantages, mentionnons que de nombreux patients se sentent mieux, passent moins de temps à l’hôpital et sont capables de mener une vie plus active.

La transplantation ne guérit pas l’hépatite C, car le virus demeure dans le corps et peut finir par infecter le nouveau foie. De plus, il peut être difficile de vivre avec un organe transplanté. Entre autres, le patient devra prendre des médicaments anti-rejets régulièrement pour le reste de sa vie pour empêcher son corps de rejeter le foie greffé.

Le processus de transplantation du foie comporte plusieurs étapes. Le processus débute lorsqu’un professionnel de la santé dirige son patient vers un centre de transplantation. Ensuite viennent les étapes suivantes :

 

L’évaluation

Dans le cadre de l’évaluation, on vérifie la santé globale du patient, et plus particulièrement la santé de certains organes clés (tels que le cœur et les poumons) afin de déterminer que la transplantation est nécessaire et que la santé du patient est suffisamment forte pour endurer la chirurgie et les complications potentielles.

Les professionnels de la santé spécialisés dans la transplantation du foie ont recours à un système de classement appelé Child-Pugh (parfois appelé système Child-Turcotte-Pugh ou CTP) ou encore à l’échelle MELD (Model for End Stage Liver Disease) pour déterminer l’état de fonctionnement du foie et le moment où il faut ajouter le patient à la liste d’attente pour une transplantation.

On effectue habituellement une évaluation psychologique pour déterminer si le receveur pressenti est prêt à vivre avec un organe transplanté sur les plans psychologique et émotionnel.

De façon générale, les personnes qui consomment activement des substances sont exclues des programmes de transplantation. On exige que les patients cessent de consommer pendant un minimum de six mois, selon la substance consommée et le programme de transplantation particulier. Les patients doivent également cesser de boire de l’alcool pendant six mois avant la transplantation et indéfiniment après la chirurgie. Il se peut aussi qu’ils soient obligés de fréquenter un programme de traitement pour les aider à cesser de boire.

Certaines évaluations tiennent également compte de la stabilité sociale du patient et de son accès à un réseau social. La stabilité sociale facilite le suivi, l’observance thérapeutique et la prise en charge de soi, qui sont tous importants pour la réussite à long terme.

L’approbation et la liste d’attente

Si une personne est approuvée pour une transplantation, son nom sera ajouté à la liste d’attente de sa province. L’attente peut varier de quelques jours à quelques années, selon l’état de la personne et la disponibilité d’un don de foie convenable.

De nombreuses cliniques de transplantation organisent des rendez-vous réguliers pour les personnes figurant sur la liste d’attente. Plusieurs d’entre elles fournissent aussi un soutien individuel ou de groupe aux patients et à leurs proches afin d’aider les gens à composer avec le stress et à créer des liens avec des personnes qui vivent une expérience semblable.

La transplantation et le rétablissement

La transplantation du foie est une chirurgie qui s’effectue sous anesthésie générale. L’intervention prend habituellement de cinq à huit heures.

Il faut prendre des médicaments spéciaux appelés anti-rejets (ou immunosuppresseurs) pour empêcher le corps de s’attaquer (ou de « rejeter ») au nouveau foie. Un professionnel de la santé recommandera des examens réguliers afin de s’assurer que le corps et le nouveau foie travaillent bien ensemble.

La plupart des personnes qui reçoivent une greffe d’organe se sentent mieux immédiatement. Cependant, malgré l’augmentation de son énergie, le receveur pourrait mettre plusieurs mois à reprendre ses forces. De nombreuses personnes reprennent à la longue les activités qu’elles aimaient faire avant de tomber malades et d’avoir besoin d’une transplantation.                      

La transplantation du foie chez les personnes co-infectées par le VIH et l’hépatite C

Les personnes qui ont à la fois le VIH et l’hépatite C et qui subissent une transplantation du foie font face à des préoccupations particulières. Comme tous les receveurs d’une greffe doivent prendre des médicaments immunosuppresseurs pour empêcher le rejet du nouvel organe, on doit surveiller et évaluer le niveau d’immunosuppression nécessaire afin de prévenir l’affaiblissement du système immunitaire et l’augmentation conséquente du risque d’infections graves.

Révisé en 2018.