Hépatite C : Un guide détaillé

Co-infection par le VIH

De plus en plus, les personnes vivant avec l’hépatite C au Canada sont également porteuses du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Cela s’explique en grande partie parce que les deux virus peuvent se transmettre par des contacts de sang à sang. Les personnes courent plus de risques de contracter les deux virus lorsqu’il y a partage de matériel contaminé par du sang (y compris le matériel pour la consommation de drogues injectables, les piercings, les tatouages ou les interventions médicales). De plus, les personnes séropositives sont plus susceptibles de contracter l’hépatite C. (Pour plus de renseignements, voir la section Comment la transmission de l'hépatite C a lieu)

Au Canada, environ 71 000 personnes vivent avec le VIH et quelque 332 000 personnes sont ou ont déjà été infectées par l’hépatite C, selon les estimations. Un pourcentage considérable de personnes vivant avec le VIH ont également l’hépatite C. Ce chevauchement des deux infections se produit plus fréquemment au sein de certains groupes, notamment les personnes qui s’injectent des drogues.

Les personnes vivant à la fois avec le VIH et l’hépatite C font face à des défis de taille liés à la santé et la progression de la maladie, aux décisions concernant leur traitement et à la stigmatisation. À titre d’exemple, notons que l’insuffisance hépatique liée à l’hépatite C est la principale cause de décès chez les personnes co-infectées. Pour surmonter ces défis, les gens doivent avoir accès à des soins de qualité, à de l’information fiable et à du soutien afin de pouvoir gérer ces deux infections et jouir d’une bonne santé pendant longtemps.

Comparaison entre l’hépatite C et le VIH

Même s’ils sont deux virus bien distincts, l’hépatite C et le VIH ont quelques caractéristiques en commun. Le tableau ci-dessous souligne les différences et les similarités entre les deux virus :

Hépatite C et VIH : similarités et différences

 

Hépatite C

VIH

Transmission

Contact avec du sang infecté.

Contact avec du sang, du sperme, des sécrétions vaginales ou anales ou du lait maternel infectés.

Modes de transmission les plus fréquents au Canada

Réutilisation du matériel ayant déjà servi à quelqu’un d’autre pour consommer de la drogue, particulièrement pour s’injecter.

Relations sexuelles non protégées (relations sexuelles sans condom ou sans utiliser la PrEP avec un partenaire ayant une charge virale détectable).
Réutilisation du matériel ayant déjà servi à quelqu’un d’autre pour consommer de la drogue, particulièrement pour s’injecter.

Dépistage

Le test de dépistage des anticorps permet de confirmer qu’une personne a été exposée au VHC. Le test de recherche de l’ARN permet de confirmer la présence de l’infection.
Il n’y a actuellement au Canada aucun programme de dépistage anonyme ou rapide.

Un résultat positif au test de dépistage des anticorps permet de confirmer la présence de l’infection.
On peut passer un test de dépistage anonyme et rapide dans certains sites.

Durée du traitement

8, 12 ou 24 semaines

À vie

Traitement

Il existe de nombreuses options, dont plusieurs fondées sur des antiviraux à action directe et n’incluant pas le peg-interféron ou la ribavirine.

Thérapie antirétrovirale (TAR), soit une combinaison de trois médicaments anti-VIH (antirétroviraux) ou plus.

Réponse au traitement

Le traitement de l’hépatite C peut guérir l’infection.  

Chez environ 25 % des personnes infectées, le virus est éliminé spontanément, sans qu’un traitement soit nécessaire.

Il est possible de réduire le taux de VIH jusqu’à un niveau indétectable, mais il est impossible de s’en débarrasser complètement.

Durée de survie du virus à l’extérieur du corps

Le VHC peut survivre à l’extérieur du corps jusqu’à 6 semaines. Dans certaines conditions, comme à l’intérieur d’une seringue, le VHC peut survivre jusqu’à 8 semaines.

Le VIH meurt en quelques minutes seulement à l’extérieur du corps, en plein air.

Dans certaines conditions, comme à l’intérieur d’une seringue, le VIH peut survivre jusqu’à 8 semaines.

Possibilité de réinfection

Il n’existe aucune immunité contre le VHC. La réinfection peut se produire même si le virus a déjà été supprimé.

Cette possibilité ne s’applique pas au VIH parce que ce virus ne peut pas être supprimé du corps.

Possibilité d’infection par des souches multiples

Une personne peut être infectée par plus d’un génotype, bien que cela soit rare.

Une personne peut être infectée par plus d’une souche de VIH.

Vaccin

Aucun vaccin contre le VHC à l’heure actuelle.

Aucun vaccin contre le VIH à l’heure actuelle.

Période fenêtre (temps qu’il faut attendre après l’exposition possible avant de se faire tester)

2 à 3 mois après l’exposition au VHC.

3 mois après l’exposition au VIH.

Partie du corps ciblée

Le VHC se réplique surtout dans le foie, causant ainsi des dommages à ce dernier.

Le VIH se réplique principalement dans les cellules immunitaires (cellules CD4+) et affaiblit ainsi le système immunitaire.

Révisé en 2015.