Vivre avec la co-infection VIH/hépatite C

Protégez-vous, protégez les autres

Comment le VIH et l’hépatite C se transmettent-ils d’une personne à une autre?

Si la co-infection au VIH et à l’hépatite C est courante, c’est principalement parce que les deux virus se transmettent souvent de la même façon.

Les deux virus se transmettent par les contacts de sang à sang (lorsqu’une quantité de sang contenant du virus entre dans le système sanguin d’une autre personne). Le virus de l’hépatite C peut aussi se transmettre dans les liquides anaux. Le VIH peut aussi se transmettre dans le sperme, le liquide prééjaculatoire, les sécrétions vaginales, du trou frontal1 et anales et le lait maternel.Sang a sang

Ni le VIH ni l’hépatite C ne peuvent se transmettre par les baisers ou les contacts non intimes comme les accolades, les serrements de main, le partage des vêtements ou des repas.

Lors des rapports sexuels

Les risques que le VIH se transmette lors des rapports sexuels dépendent de plusieurs facteurs, dont les suivants :

  • La nature des rapports sexuels en question – Le VIH se transmet le plus facilement lors des rapports sexuels anaux et vaginaux et les rapports sexuels impliquant le trou frontal. Le risque que le VIH se transmette par le sexe oral est faible dans la plupart des cas. Mais la présence de coupures, de plaies ou d’inflammation dans la bouche ou la gorge ou sur les organes génitaux peut accroître le risque lors des rapports sexuels oraux.
  • L’emploi d’une stratégie de prévention efficace : Il existe de nombreuses façons de réduire considérablement le risque de transmettre le VIH à ses partenaires sexuels, comme les suivantes :
    • suivre un traitement anti-VIH et maintenir une charge virale indétectable
    • utiliser régulièrement et correctement des condoms
    • pour une personne séronégative, suivre une PrEP (prophylaxie pré-exposition); une personne séronégative sous PrEP prend des pilules qui l’empêcheront de contracter le VIH; votre médecin pourra vous renseigner davantage.
  • Présence d’une autre infection transmissible sexuellement (ITS) chez l’un ou l’autre des partenaires – Les ITS peuvent toucher les organes génitaux, l’anus, la bouche et la gorge. La présence d’une ITS peut accroître les risques de transmission du VIH lors des rapports sexuels.

Même si la transmission sexuelle de l’hépatite C est rare, elle demeure une possibilité, surtout lors des rapports sexuels anaux sans condom. Le fait d’être co-infecté par le VIH et l’hépatite C augmente les risques que l’hépatite C soit transmise lors d’activités sexuelles sans condom.

Le concept de relations sexuelles plus sécuritaires consiste à penser aux genres de rapports sexuels que l’on veut avoir, à en apprendre plus sur les risques et à employer différentes stratégies pour réduire les risques de VIH, d’hépatite C et d’autres ITS.

Vous et votre partenaire (ou vos partenaires) pourrez prendre des décisions ensemble en ce qui concerne les stratégies qui vous conviennent.

Êtes-vous obligé de dire à votre ou vos partenaire(s) sexuel(s) que vous avez le VIH et l’hépatite C?

La loi pénale canadienne actuelle stipule que les personnes ayant le VIH ont une obligation légale de dévoiler leur statut à leur(s) partenaire(s) sexuel(s) avant toute activité présentant une « possibilité réaliste » de transmission du virus. Cette loi peut s’appliquer aussi aux autres ITS. En 2016, il n’est pas clair si les personnes atteintes d’hépatite C ont une obligation légale de dévoiler qu’elles ont cette maladie avant d’avoir des rapports sexuels.

Pour mieux comprendre les situations dans lesquelles vous avez une obligation légale de dévoiler que vous avez le VIH, renseignez-vous auprès de votre organisme local de lutte contre le sida, du Réseau juridique canadien VIH (www.aidslaw.ca), ou d’un avocat ou d’une clinique juridique dans votre localité. Ces experts vous expliqueront aussi les conséquences que vous pourriez subir si vous choisissiez de ne pas aviser votre ou vos partenaire(s) sexuel(s).

Êtes-vous à la recherche de quelques conseils sur les relations sexuelles plus sécuritaires pour vous mettre sur la bonne voie?

  • Les condoms externes (pour l’homme) et internes (pour la femme) sont des méthodes de protection efficaces contre le VIH, l’hépatite et la plupart des autres ITS. L’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau avec les condoms peut réduire les risques de rupture. Pour en savoir plus sur le bon usage des condoms, parlez à un professionnel de la santé ou à un intervenant communautaire.
  • Renseignez-vous sur d’autres stratégies de prévention efficaces, y compris la prise d’un traitement anti-VIH par la personne séropositive et la prise d’une PrEP par la personne séronégative.
  • Vous pouvez réduire vos risques de contracter d’autres ITS en vous renseignant sur leurs modes de transmission, en vous faisant tester régulièrement et en faisant traiter les infections sans tarder si vous en avez.
  • Le partage des jouets sexuels peut permettre au VIH, à l’hépatite C et à d’autres ITS de se transmettre. Pour réduire les risques, mettez un condom sur le jouet et changez-le chaque fois que le jouet est passé d’un partenaire à l’autre ou d’un orifice du corps à un autre, tel que la bouche, l’anus, le vagin ou le trou frontal.
  • Une bonne hygiène buccale, qui consiste entre autres à prévenir les plaies dans et près de la bouche, peut réduire les risques que le VIH, l’hépatite C et d’autres ITS soient transmis lors des rapports sexuels. Vous pouvez aussi réduire les risques en évitant de vous brosser les dents ou de passer la soie dentaire pendant les 30 minutes précédant vos rapports sexuels.

Lors de la consommation de drogues

Partager ou emprunter du matériel pour préparer, injecter, fumer ou sniffer de la drogue peut faire en sorte que le VIH et l’hépatite C soient transmis. Pourquoi? Il est possible que le matériel en question soit contaminé par du sang contenant du VIH et de l’hépatite C, et il suffit d’une faible quantité de sang contaminé pour que ces virus soient transmis lorsqu’il y a contact avec le sang d’une autre personne.

Si vous prenez de la drogue, il y des moyens de réduire les risques de transmettre le VIH et l’hépatite C à d’autres personnes et de vous protéger contre d’autres infections.

Les mesures que vous pouvez prendre favorisent une consommation plus sécuritaire des drogues, que l’on appelle aussi la réduction des méfaits.

  • Si vous injectez de la drogue, y compris des stéroïdes, réduisez vos risques en utilisant le plus possible (chaque fois idéalement) des aiguilles et des seringues neuves et d’autres matériels qui n’ont pas servi (réchauds, filtres, eau, tampons d’alcool et garrots). Songez à vous procurer votre propre matériel et évitez de le partager.
  • Si vous fumez de la drogue, réduisez vos risques en utilisant votre propre matériel (pipes, pièces buccales) et en essayant de ne pas le partager avec d’autres personnes.

    Les pipes en pyrex avec des pièces buccales sont les plus sécuritaires parce qu’elles ne se dégradent pas aussi facilement et ne se chauffent pas autant que d’autres matières sous l’effet de la chaleur. Cela peut prévenir les coupures, les brûlures et les plaies sur les lèvres, ce qui aide à prévenir la transmission du VIH et de l’hépatite C.

  • Si vous sniffez de la drogue, réduisez vos risques en utilisant votre propre matériel et en essayant de ne pas le partager avec d’autres personnes. Privilégiez les articles que vous pouvez utiliser une seule fois puis jeter, tel qu’un Post-it enroulé ou une paille en plastique.

Pour en savoir plus sur la réduction des méfaits, consultez la brochure Pré*fix : Un guide à l’intention des personnes vivant avec l’hépatite C ou le VIH qui s’injectent des drogues ou commander votre exemplaire gratuit.

Vous pouvez avoir un bébé en santé

Il est possible de vivre une grossesse saine et d’avoir un bébé en santé quand on vit avec le VIH et l’hépatite C.

Femme et bebeMême si le VIH peut être transmis par une personne séropositive à son fœtus ou bébé, les progrès accomplis dans le traitement et les soins du VIH ont fait en sorte qu’il est possible d’avoir un bébé séronégatif. Pour en savoir plus, consultez la brochure La grossesse et la séropositivité : Voici ce qu’il faut savoir ou commander un exemplaire gratuit.

En ce qui concerne l’hépatite C, la transmission entre une personne enceinte et son bébé n’est pas fréquente, mais le risque augmente lorsque la personne enceinte est co-infectée par le VIH.

Certaines personnes essaient d’éliminer le virus de l’hépatite C avant de devenir enceintes. Il est important de souligner que la ribavirine, l’un des médicaments parfois utilisés pour traiter l’hépatite C, peut causer de graves anomalies congénitales et ne doit pas être utilisée durant la grossesse. S’il est possible pour un des partenaires de tomber enceinte, les deux partenaires devraient attendre au moins six mois après avoir terminé un traitement comportant la ribavirine pour tenter de faire un bébé. Il existe peu de données sur les traitements plus récents contre l’hépatite C, et ces derniers ne devraient être utilisés pendant la grossesse que si les bienfaits l’emportent sur les risques. Parlez à votre médecin et à votre pharmacien pour savoir quels médicaments sont sans danger et lesquels ne le sont pas. Certaines personnes choisissent de se faire traiter pour l’hépatite C avant de tenter une grossesse.

En général, l’allaitement ne comporte pas de risque de transmission de l’hépatite C, mais il y a un risque de transmission du VIH. Les lignes directrices d’Amérique du Nord encouragent vivement les parents séropositifs à utiliser une préparation pour nourrissons au lieu d’allaiter. Si vous n’avez pas les moyens d’en acheter, sachez que certains territoires et provinces en fournissent gratuitement.

  • 1. Trou frontal est un terme utilisé par certains hommes trans pour décrire leurs organes génitaux.