Après avoir reçu un diagnostic de VIH

Ce que vous pouvez faire

Branchez-vous et parlez à un médecin du traitement du VIH

Si ce n’est pas déjà fait, essayez de trouver un médecin qui a une expérience du traitement des personnes vivant avec le VIH. Votre médecin de famille (si vous en avez un) connaît peut-être très bien le VIH et les traitements possibles. Mais il se peut également qu’il n’ait à peu près jamais traité de patients séropositifs. Si c’est le cas, il vous dirigera probablement vers un spécialiste du VIH afin que vous obtenieCréez des liensz les soins dont vous avez besoin, ou vous pourriez demander à vous faire orienter. Un spécialiste du VIH peut être un médecin spécialisé dans le traitement du VIH ou un omnipraticien qui a de nombreux patients séropositifs. Assurez-vous que votre médecin est au courant des traitements anti-VIH. Parfois, il peut être difficile de trouver un spécialiste du VIH, en particulier dans les régions rurales. Malheureusement, au Canada, les spécialistes du VIH sont plutôt rares en dehors des grandes villes. Le mieux est sans aucun doute que vous communiquiez avec l'organisme de lutte contre le VIH de votre région pour obtenir de l’information sur les médecins spécialistes du VIH de votre région. Visitez VIH411.ca pour trouver un organisme de lutte contre le VIH près de chez vous.

Votre spécialiste du VIH vous proposera de commencer à prendre des médicaments anti-VIH (également appelés traitements anti-VIH, thérapies antirétrovirales ou TAR). Les études révèlent que le fait de commencer tôt le traitement a des bienfaits énormes pour votre santé à long terme et votre longévité. Nous savons maintenant que le report du traitement augmente le risque de maladies graves, y compris le cancer, les maladies cardiovasculaires et nombre d’infections potentiellement mortelles.

Pour certaines personnes, commencer tout de suite le traitement peut être difficile en raison de circonstances personnelles (par exemple, si vous voyagez souvent, vous vous inquiétez peut-être de ne pas pouvoir prendre vos médicaments à la même heure tous les jours). Pour d’autres personnes, les effets secondaires sont une préoccupation. De nombreuses personnes se demandent comment elles paieront leurs médicaments et si leurs assurances en couvriront le coût. Discutez de ces questions avec votre médecin.

Voici quelques facteurs que vous souhaiterez peut-être prendre en considération avant de commencer le traitement :

  • Que dois-je faire pour être capable de prendre mon traitement tous les jours et de façon continue?
  • Quel impact le traitement aura-t-il sur ma vie quotidienne?
  • Quels outils pourraient m’aider à me rappeler de prendre mes médicaments tous les jours?
  • Par quel genre d’assurances suis-je couvert?

Si vous vous imaginez que le traitement du VIH exige la prise d’une poignée de pilules tous les jours, rassurez-vous, car le traitement a fait beaucoup de chemin et peut être simple à prendre de nos jours. De nombreuses personnes ont besoin de prendre une seule pilule par jour. Et grâce aux médicaments plus récents, la plupart d’entre elles n’éprouvent pas d’effets secondaires graves.

En plus de trouver un spécialiste du VIH, vous pourrez vous renseigner sur les services qui vous sont offerts comme personne vivant avec le VIH. Les organismes de lutte contre le VIH sont répartis dans l’ensemble du pays et offrent un grand nombre de services aux personnes vivant avec le VIH, dont des services de counseling, d’orientation, de groupes de soutien et de défense des droits. Certains offrent aussi des services spécialisés tels que des banques alimentaires ou un programme de réduction des méfaits avec distribution d’aiguilles/seringues. Visitez VIH411.ca pour trouver un organisme de lutte contre le VIH dans votre région.

Les organismes de lutte contre le VIH sont également l’un des meilleurs moyens de créer des liens avec d’autres personnes vivant avec le VIH. Par exemple, il se peut que l’organisme de lutte contre le VIH de votre région organise des groupes de soutien confidentiels ou qu’il offre un programme de mentorat par les pairs qui vous permettrait d’être jumelé à quelqu’un qui vit avec le VIH depuis un certain temps déjà. Créer des liens avec des personnes vivant avec le VIH qui comprennent vos préoccupations et vos besoins est un moyen fantastique d’apprendre un tas de choses sur la façon de vivre avec le virus. Lorsque vous vous sentirez prêt à en parler, des pairs pourront vous offrir un soutien, vous aider à composer avec les émotions que vous ressentez et vous donner des conseils pratiques sur les manières de bien vivre avec la maladie.

CATIE publie de nombreuses ressources créées par et pour des personnes vivant avec le VIH :

Rappelez-vous que chacun compose avec le VIH à sa manière et que certaines personnes ont besoin de plus de soutien que d’autres. N’ayez pas peur de demander de l’aide et de l’information.

Annoncez votre séropositivité à (certaines) personnes

Peut-être voudrez-vous informer vos proches que vous avez le VIH afin qu’ils puissent vous soutenir sur le plan émotionnel. Pour vous aider à décider à qui l’annoncer, posez-vous les questions suivantes. Qui, selon vous, doit le savoir? Qui vous accepte tel que vous êtes sans vous juger? Qui vous aime et vous estime? Sur qui pouvez-vous compter pour respecter votre vie privée? Qui est à la fois pragmatique, sensé et fiable? Qui a une bonne oreille? Il se peut que vous le révéliez à différentes personnes pour différentes raisons.

Annoncez votre séropositivité à certaines personnesSi vous décidez d’en parler à quelqu’un, voici quelques conseils qui pourraient vous faciliter la tâche :

  • Choisissez soigneusement les personnes à qui vous le dites. Vous pourriez toujours vous confier à quelqu’un plus tard, mais il serait impossible de retirer vos propos une fois prononcés.
  • Préparez-vous. Avant de dévoiler votre statut, pensez aux choses que vous voulez dire et aux choses que vous ne voulez pas dire.
  • Trouvez un endroit sûr et confortable pour la conversation. Essayez de trouver un moment où vous ne serez pas interrompus.
  • Ayez des attentes réalistes.
  • Envisagez les différentes réactions que la personne pourrait avoir et comment vous y répondrez.
  • Ne vous sentez pas responsable de la réaction de l’autre.
  • Soyez préparé à répondre à des questions. Vous souhaiterez peut-être apporter une brochure ou une ressource sur le VIH que vous pourrez donner à la personne.
  • Insistez sur l’importance de la confidentialité.

Vous pourriez également décider d’aviser certains de vos professionnels de la santé, comme votre dentiste, afin qu’ils puissent vous donner les soins appropriés.

Peut-être vous posez-vous les questions suivantes : Quels sont mes droits et mes responsabilités? Suis-je obligé d’informer les gens de ma séropositivité? En général, la réponse est non. Vous n’avez pas à informer votre employeur, votre locateur, vos fournisseurs de soins de santé, votre famille et vos amis, si vous ne le voulez pas. Votre séropositivité fait partie de vos renseignements médicaux personnels et ne regarde que vous. Cependant, les personnes atteintes du VIH ont l’obligation légale de révéler leur séropositivité avant d’avoir n’importe quelle relation sexuelle comportant ce que les tribunaux appellent une « possibilité réaliste de transmission ». Au Canada, une personne séropositive qui a des rapports sexuels sans informer son partenaire de sa séropositivité peut être poursuivie devant les tribunaux criminels.

Cela peut être épeurant, mais cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas mener une vie sexuelle active et saine. (Cliquez sur les liens sur la prévention du VIH dans la section des ressources pour connaître les moyens de rendre les rapports sexuels plus sécuritaires). Si vous ne savez pas comment annoncer votre séropositivité à vos partenaires sexuels, n’hésitez pas à demander conseil à l’un des conseillers de votre organisme de lutte contre le VIH local. D’autres personnes vivant avec le VIH peuvent également vous faire part de leur expérience à ce sujet. Cliquez sur les liens proposés dans la section des ressources pour connaître le point de vue de certaines personnes sur le dévoilement de la séropositivité.

Si vous êtes mal à l’aise d’informer un ancien partenaire sexuel que vous avez le VIH, vous pouvez demander à la Santé publique de le faire pour vous de manière anonyme.

Rappelez-vous que vous n’avez pas à l’annoncer à tout le monde, et que vous devez évaluer le risque que cela pose pour vous avant d’en parler, car, malheureusement, le VIH suscite encore beaucoup de craintes et est l’objet de nombreux préjugés – et ce malgré le fait que la discrimination à l’endroit des personnes séropositives soit illégale. Réfléchissez bien avant de le dire à quelqu’un si vous pensez que cela pourrait présenter un danger pour vous.

Pour en savoir plus sur vos droits et responsabilités concernant le dévoilement, lisez :

Préservez votre santé

Rappelez-vous qu’aujourd’hui les personnes séropositives vivent pendant de nombreuses années avec l’infection. Le maintien d’une bonne santé y est pour beaucoup et c’est pourquoi il est essentiel que vous preniez votre santé en main. En vous renseignant sur le VIH et ses effets sur votre corps, vous serez plus capable de maîtriser le virus et de ne pas le laisser contrôler votre vie.

Préservez votre santéCertaines personnes trouvent qu’elles se sentent plus en contrôle lorsqu’elles se renseignent sur le VIH et le traitement du VIH. Il est vrai que la quantité d’information sur le traitement du VIH peut être difficile à assimiler, car le traitement du VIH est compliqué, sans compter qu’il y a toujours de nouvelles données. Toutefois, il existe d’excellentes ressources sur le traitement du VIH qui offrent des renseignements fiables pouvant être d’une grande utilité, dont CATIE (c’est nous).

Si vous avez appris que vous étiez séropositif dans le cadre d’une consultation pour une infection potentiellement mortelle, il serait sage de vous renseigner sur cette infection, son traitement et sa prévention. Vous avez probablement pris des médicaments pour combattre l’infection, et votre médecin ou le personnel infirmier vous a sûrement expliqué comment mieux prendre soin de vous. Il se peut qu’on vous ait fourni une quantité considérable d’information en un très court laps de temps. Si certaines informations vous ont échappé, n’hésitez pas à poser des questions lors de votre prochaine visite.

Si le maintien d’une bonne santé passe par la connaissance du VIH, il est également nécessaire de prendre d’autres mesures. En plus de prendre vos médicaments anti-VIH, vous pouvez bien manger, faire de l’exercice et obtenir le soutien émotionnel dont vous avez besoin. Chez les personnes vivant avec le VIH, le maintien de la santé est étroitement lié au fonctionnement adéquat du système immunitaire. Vous devez donc en prendre grand soin, notamment en consommant des aliments nutritifs, en faisant de l’exercice régulièrement et en trouvant des moyens de composer avec l’anxiété, le stress et la dépression. Si vous prenez des drogues, vous pouvez prendre des mesures pour en minimiser les méfaits potentiels et apprendre à protéger votre santé, ainsi que celle des personnes avec qui vous prenez des drogues. N’hésitez pas à demander de l’aide si vous en avez besoin.

Préservez la santé des gens qui vous entourent

Préserver la santé des gens qui vous entourent signifie prévenir la transmission du VIH. Renseignez-vous sur le mode de transmission du VIH et comment éviter de le transmettre à votre bébé, à vos partenaires sexuels ou aux personnes avec qui vous prenez des drogues.

Le VIH peut se transmettre par les cinq liquides corporels suivants :

  1. le sang
  2. le sperme (y compris le liquide pré-éjaculatoire)
  3. le liquide rectal
  4. les sécrétions vaginales
  5. le lait maternel

Le VIH ne se transmet pas par les éternuements ou la toux, ni par simple contact (poignée de main, câlin ou baiser), et il n’y a aucun risque de contracter le virus en partageant de la vaisselle, des ustensiles ou de la nourriture, en utilisant les mêmes draps ou les mêmes serviettes ou en nageant dans la même piscine qu’une personne séropositive.

Vous pouvez prendre des mesures pour avoir des relations sexuelles plus sécuritaires :

  • Si vous ne suivez pas déjà de traitement anti-VIH, parlez à votre médecin de la possibilité de commencer. Les médicaments anti-VIH protègent non seulement votre santé, mais réduisent aussi énormément le risque de transmettre le VIH.
  • Utilisez correctement un condom en latex, en polyuréthanne ou en nitrile chaque fois que vous avez des relations sexuelles vaginales ou anales. Vous pouvez utiliser un condom externe (appelé parfois condom masculin) ou un condom interne (appelé aussi condom féminin). Jetez le condom après chaque acte sexuel et n’utilisez jamais le même condom avec plus d’un partenaire. Cela peut aider à prévenir la transmission du VIH et d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS) comme la gonorrhée et la syphilis. (Utilisez seulement des lubrifiants à base d’eau ou de silicone avec les condoms en latex. Les lubrifiants à base d’huile peuvent les faire briser.)
     
  • Si votre partenaire est séronégatif(ve) et court un risque relativement élevé de contracter le VIH, il est possible qu’il ou elle soit un candidat à la PrEP ou prophylaxie pré-exposition. Lors d’une PrEP, une personne séronégative prend certains médicaments anti-VIH tous les jours afin de réduire son risque de contracter le VIH. Votre partenaire peut parler à son médecin pour déterminer si la PrEP pourrait lui convenir.
     
  • Faites-vous tester régulièrement pour les ITS. Le fait d’avoir une ITS augmente votre risque de contracter et de transmettre le VIH et d’autres ITS.
  • Évitez de partager les jouets sexuels (si vous le faites, mettez toujours un condom neuf sur chaque jouet avant de vous en servir). Il est aussi important de bien laver vos jouets entre les usages vaginaux et anaux.
  • Envisagez d'utiliser un condom ou une digue dentaire lorsque que vous avez des relations sexuelles orales. Le sexe oral est beaucoup moins risqué que les relations vaginales ou anales, mais il n’est pas complètement sécuritaire.
  • Choisissez des genres de stimulation sexuelle qui ne comportent aucun risque de transmettre le VIH ou très peu, tels que la masturbation ou le massage sensuel.

N’oubliez pas aussi que, si vous êtes infecté depuis peu, le virus est présent en plus grande quantité dans votre organisme, ce qui facilite sa transmission. La prévention est encore plus importante pendant les six premiers mois suivant l’infection.

Si vous êtes enceinte ou souhaitez le devenir, consultez un médecin spécialisé dans le traitement du VIH pour savoir comment réduire le risque de transmettre le VIH à votre bébé. Si toutes les précautions requises sont prises, on peut réduire le risque de transmission mère-enfant à moins de 1 %.

Si vous prenez des drogues, vous pouvez prendre des mesures pour vous protéger et protéger les personnes avec qui vous consommez. Pour une utilisation plus sécuritaire des drogues :

  • Utilisez une aiguille et une seringue neuves et stériles pour chaque injection.
  • Utilisez votre propre matériel de consommation de drogues (tel que pipes, billets de banque, pailles, réchauds, eau, tampons d’alcool) chaque fois. Ne partagez jamais de matériel, même pas avec votre partenaire sexuel.
  • Procurez-vous des aiguilles et du matériel auprès de votre programme local de réduction des méfaits, votre programme d’aiguilles et de seringues ou votre centre de santé communautaire. Pour trouver un organisme de lutte contre le VIH près de chez vous, visitez VIH411.ca ou le site canadianharmreduction.com et cliquez sur « Links » puis « Harm Reduction » [en anglais seulement].
  • Après l’usage, jetez votre aiguille/seringue et tout autre matériel ayant servi à la consommation de drogues. Cela réduira votre risque de transmettre le VIH,  ainsi que l’hépatite C et d’autres infections transmises par le sang, à d’autres personnes. Utilisez un contenant pour objets tranchants (disponible dans la plupart des programmes d’aiguilles et de seringues) ou apportez votre matériel usagé à la pharmacie afin qu’il soit jeté de façon sécuritaire.

Il y a beaucoup d’information qui circule sur les moyens de prévenir la transmission du VIH, mais tout ce qu’on peut lire ou entendre n’est pas forcément exact. Consultez la page Web Prévention du VIH pour trouver des sources d’information fiables.