L’épidémiologie du VIH chez les hommes gais, bisexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes au Canada

Ce feuillet d'information donne une vue d'ensemble de l'épidémie du VIH au Canada parmi les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (hommes gbHARSAH). Il fait partie d'une série de feuillets d'information sur l'épidémiologie du VIH et de l'hépatite C.

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données présentées dans ce feuillet d'information proviennent d'un système de surveillance spécifique à une population (M-Track), du Résumé : Estimations de la prévalence et de l’incidence du VIH, et des progrès réalisés par le Canada en ce qui concerne les cibles 90-90-90 pour le VIH, 2016 et des Actualités en épidémiologie du VIH/sida – Chapitre 1 : Estimations de la prévalence et de l’incidence de l’infection par le VIH au Canada pour 2011, lesquels sont publiés par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Pour en savoir plus, consultez la section intitulée « D'où viennent ces chiffres? » à la fin de ce feuillet d’information.

Les hommes gais, bisexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes représentent environ 2 % à 3 % de la population canadienne.1

Les hommes gbHARSAH représentent environ 2 % à 3 % de la population masculine adulte du Canada. À la lumière de cette estimation, il y avait environ 345 284 à 517 926 adultes gbHARSAH vivant au Canada.

Chez les hommes gais, bisexuels et hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, le risque d’infection par le VIH est 131 fois plus élevé que chez les hommes n’ayant pas de relations sexuelles avec d’autres hommes.2

Les estimations les plus récentes disponibles qui comparent les taux d’incidence parmi les populations clés datent de 2014.

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2014 :

  • Le taux d’incidence au VIH était de 469 par 100 000 hommes gbHARSAH.
  • Le taux d’incidence au VIH était de 3,6 par 100 000 hommes qui n’ont pas de relations sexuelles avec d'autres hommes.
  • Chez les hommes gbHARSAH, le risque d’infection par le VIH est 131 fois plus élevé que chez les hommes qui n’ont pas de relations sexuelles avec d’autres hommes

Remarque : Comme des méthodes différentes ont été utilisées pour générer les estimations de 2016, ces estimations de 2014 ne peuvent être comparées directement aux estimations de 2016.

Plus de la moitié de toutes les nouvelles infections par le VIH au Canada se sont produites chez des hommes gbHARSAH (incidence).1 Cela varie grandement à travers le Canada.3

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2016 :

  • 55,5 % de toutes les nouvelles infections par le VIH au Canada se produisent chez des hommes gbHARSAH (1 202 nouvelles infections). Cela inclut :
    • 52,5 % des nouvelles infections par le VIH attribuables aux relations sexuelles entre hommes (1 136 nouvelles infections); et
    • 3 % des nouvelles infections par le VIH attribuables à la catégorie combinant l’utilisation de drogues injectables ou les relations sexuelles entre hommes car les deux comportements ont été signalés au moment du dépistage (66 nouvelles infections).

Les estimations les plus récentes selon la région datent de 2011. Selon celles-ci :

  • La proportion de nouvelles infections par le VIH chez les hommes gbHARSAH varie à travers le Canada :
    • 57 % en Colombie-Britannique (218 hommes gbHARSAH);
    • 40 % en Alberta (99 hommes gbHARSAH);
    • 8 % en Saskatchewan (17 hommes gbHARSAH);
    • 26 % au Manitoba (30 hommes gbHARSAH);  
    • 52 % en Ontario (725 hommes gbHARSAH);  
    • 59 % au Québec (445 hommes gbHARSAH); et
    • 69 % dans les provinces atlantiques (24 hommes gbHARSAH).

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour générer les estimations de 2016, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations de 2016.

Le nombre de nouvelles infections par le VIH chez les hommes gbHARSAH a augmenté depuis 2014.1

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2016 :

  • Le nombre de nouvelles infections par le VIH attribuable aux relations sexuelles entre hommes en 2016 (1 136 nouvelles infections) a augmenté depuis 2014 (1 053 nouvelles infections).
  • Le nombre de nouvelles infections par le VIH attribuable à la catégorie combinant les relations sexuelles entre hommes ou l’utilisation de drogues injectables en 2016 (66 nouvelles infections) a augmenté depuis 2014 (47 nouvelles infections).

La moitié des personnes vivant avec le VIH au Canada sont des hommes gbHARSAH (prévalence).1 Ceci varie grandement à travers le Canada.3

Selon les estimations nationales sur le VIH de 2016 :

  • 51,8 % des personnes vivant avec le VIH au Canada sont des hommes gbHARSAH (32 762 personnes). Cela inclut :
    • 49,1 % des personnes vivant avec le VIH dont la séropositivité était attribuable à des relations sexuelles entre hommes (30 980 personnes); et
    • 3 % de personnes vivant avec le VIH dont la séropositivité était attribuable à la catégorie combinant l’utilisation de drogues injectables ou les relations sexuelles entre hommes car les deux comportements ont été signalés au moment du dépistage (1 782 personnes).

Les estimations les plus récentes selon la région datent de 2011. Selon celles-ci :

  • La proportion des personnes vivant avec le VIH qui sont des hommes gbHARSAH varie à travers le Canada :
    • 45 % en Colombie-Britannique (5 320 hommes gbHARSAH);
    • 32 % en Alberta (1 600 hommes gbHARSAH);
    • 10 % en Saskatchewan (210 hommes gbHARSAH);
    • 25 % au Manitoba (520 hommes gbHARSAH);
    • 56 % en Ontario (16 800 hommes gbHARSAH);
    • 54 % au Québec (10 480 hommes gbHARSAH); et
    • 54 % dans les provinces atlantiques (537 hommes gbHARSAH).

Remarque : Étant donné que différentes méthodes ont été utilisées pour générer les estimations de 2016, ces estimations régionales de 2011 ne peuvent pas être comparées directement aux estimations de 2016.

Environ 16 % des hommes gbHARSAH vivent avec le VIH mais ce chiffre varie selon la ville.4,5

Selon M-Track (2005 à 2008), la prévalence du VIH parmi les hommes gbHARSAH dans les villes canadiennes est d’environ 16 %. Cela varie de 11 % à 23 %. Dans les villes canadiennes suivantes, le taux de prévalence du VIH est de :

  • 18 % à Vancouver
  • 14 % à Victoria
  • 19 % à Winnipeg
  • 23 % à Toronto
  • 11 % à Ottawa
  • 13 % à Montréal

Les deux tiers seulement des hommes gbHARSAH qui déclarent être séropositifs au VIH suivent actuellement un traitement anti-VIH.4

Selon le système M-Track (2005 à 2008), 66 % des hommes gbHARSAH qui déclarent être séropositifs au VIH prennent actuellement des médicaments anti-VIH prescrits.

Les HARSAH courent le risque de contracter l’hépatite C.4

Selon le système M-Track (2005 à 2008) :

  • 5 % des hommes gbHARSAH présentaient des signes d’une infection actuelle ou antérieure à l’hépatite C.
  • Jusqu’à 2 % des hommes gbHARSAH étaient co-infectés par le VIH et l’hépatite C.

Principales définitions

Prévalence du VIH : nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment donné. La prévalence nous indique combien de personnes ont le VIH.

Incidence du VIH : nombre de nouvelles infections par le VIH survenant au cours d'une période déterminée (d'ordinaire un an). L'incidence nous indique combien de personnes ont contracté le VIH.

D'où viennent ces chiffres?

Toutes les informations épidémiologiques sont approximatives et fondées sur les meilleures données disponibles. La plupart des données dans ce feuillet d'information proviennent d'un système de surveillance spécifique à une population appelé M-Track ou des estimations en matière de VIH de 2011, 2014 et 2016 publiées par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Surveillance spécifique aux populations

Dans le cadre de l'Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada, l'ASPC suit les tendances de la prévalence du VIH et des comportements à risque associés au sein des principales populations vulnérables du Canada par l’entremise de systèmes de surveillance spécifiques aux populations. Ces systèmes de surveillance, nommés aussi systèmes « Track » (signifiant « suivi »), consistent en des enquêtes transversales périodiques menées dans des sites sélectionnés au Canada.

Le M-Track est un système national de surveillance qui suit les hommes gais et bisexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (hommes gbHARSAH). Dans le cadre de ce système, on collecte directement de l’information auprès des hommes gbHARSAH par l’entremise d’un questionnaire et ils consentent à un prélèvement biologique pour détecter des anticorps contre le VIH, l'hépatite C et la syphilis. Au 31 décembre 2009, six sites canadiens au total participaient au système M-Track. Le système a été mis sur pied à Montréal en 2005 (par couplage avec l'enquête Argus). Entre 2006 et 2007, quatre autres sites se sont joints au système, à savoir Toronto et Ottawa (enquête Lambda), Winnipeg et Victoria. Plus de 4 500 hommes ont participé au système M-Track entre 2005 et 2007. En 2008, un centre M-Track s'est établi à Vancouver également (enquête ManCount).

Limitation — Les hommes gbHARSAH qui ont participé à cette enquête l'ont fait volontairement, dans différents centres urbains sélectionnés; ainsi, les données présentées ne représentent pas tous les hommes gbHARSAH au Canada.

Estimations nationales de la prévalence et de l'incidence du VIH

L'ASPC produit et publie des estimations de la prévalence et de l'incidence nationales du VIH tous les trois ans. Pour le faire, l'ASPC utilise des méthodes statistiques qui tiennent compte de certaines des limitations des données de surveillance (nombre de diagnostics de VIH signalés à l'ASPC), ainsi que du nombre de personnes vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. La modélisation statistique fondée sur les données de surveillance et d'autres sources d'information permet à l'ASPC de produire des statistiques sur le VIH concernant les personnes diagnostiquées et non diagnostiquées. Les estimations les plus récentes se rapportent à 2016.

Références

Auteur(s) : Challacombe L

Traduction : Boutilier A

Publié : 2018

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