Énoncé de position de CATIE sur les mesures prises face à la COVID-19

21 avril 2021

En tant que source canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C, CATIE estime que les politiques et les pratiques en matière de santé publique doivent être éclairées par des données probantes. C’est la raison pour laquelle, les dernières mesures relatives à la COVID-19 qui ignorent la science et les pratiques exemplaires nous préoccupent.

Les éclosions de COVID-19 dans de nombreuses régions du Canada sont dues à des échecs de politiques : le fait de ne pas avoir offert de congés ni de congés de maladie rémunérés pour se faire vacciner; le fait de ne pas avoir fermé les lieux de travail non essentiels lorsque cela était nécessaire et de ne pas avoir fourni d’équipement de protection respiratoire et de ventilation; l’incapacité à prioriser la vaccination des personnes, sur les lieux de travail et dans les communautés présentant des risques plus importants, mais aussi l’inaptitude à aborder le racisme structurel et les autres déterminants sociaux de la santé qui exposent certaines communautés à de plus grands risques d’infection et de mortalité.

Plutôt que de mettre en place des stratégies défendues par les experts du corps médical et de la santé publique, certains gouvernements ont promulgué des mesures faisant fi de l’expertise en matière de santé publique et des pratiques exemplaires : bannissement des activités en plein air à faible risque; instauration de couvre-feux qui mettent en danger les personnes qui dépendent des services sociaux après les heures ouvrables et renforcement des pouvoirs de la police qui lui permettent d’arrêter et d’interroger des personnes de manière aléatoire — des pouvoirs qui ont été utilisés pour instituer la violence à l’égard des personnes autochtones, noires et de couleur au Canada.

Comme dans le cas des épidémies de VIH et d’hépatite C, les impacts de ces échecs en matière de politiques de santé publique sont ressentis majoritairement par les communautés marginalisées : les personnes racialisées, les travailleurs à faibles revenus, les personnes sans abri, celles ayant un logement précaire et celles qui consomment des drogues.

L’un des enseignements importants tirés de l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère lié au coronavirus (SRAS) en 2003, comme présenté dans le rapport du Comité consultatif national sur le SRAS et la Santé publique, soulignait que les mesures de santé publique nécessaires prises en cas d’urgence ne devaient pas être l’otage de différends politiques. Nous appelons tous les gouvernements du Canada à en tirer des leçons, à écouter les experts et à adopter de toute urgence des politiques à l’égard de la COVID-19 fondées sur la science.