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États-Unis
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Ce programme offre des services d’analyse de drogues en temps réel directement sur place dans trois sites de logement intégrant la réduction des méfaits (LIRM) « à bas seuil d’accessibilité » à Boston, au Massachusetts. Ces sites appliquent les principes de Logement d’abord, selon lesquels il n’est pas nécessaire de s’abstenir de consommer ou de suivre un traitement pour avoir accès à un logement. Le programme d’analyse de drogues a été mis en place pour fournir aux résident·e·s de l’information en temps réel sur la composition de leurs drogues, leur permettant ainsi d’éviter certains additifs indésirables ou d’adapter leur utilisation. Selon une étude, offrir des services d’analyse de drogues en temps réel dans des logements à bas seuil d’accessibilité est une intervention précieuse pour les personnes qui utilisent des drogues et doivent composer avec un approvisionnement en drogues peu fiable.  

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Description du programme

Les LIRM offrent des logements à bas seuil d’accessibilité assortis de services de réduction des méfaits. Ceux-ci varient d’un site à l’autre et peuvent comprendre la distribution de matériel d’utilisation à moindres risques, le dépistage du VIH et les soins connexes, la distribution de naloxone et d’autres formes de soutien. En mai 2024, trois sites de LIRM de Boston ont intégré des services d’analyse de drogues en temps réel à leur modèle de services existant :

  • Site 1 : un refuge pour hommes, où l’analyse de drogues était effectuée dans une salle commune
  • Site 2 : un ensemble de minimaisons, où l’analyse de drogues était effectuée dans une roulotte aménagée en espace commun
  • Site 3 : un hôtel converti en hébergement, où l’analyse de drogues était effectuée dans le hall d’entrée 

Au départ, les services d’analyse de drogues étaient offerts à titre d’essai, à des dates variables et à certaines heures. Le programme est ensuite passé à un horaire régulier à des dates récurrentes tous les mois, annoncé dans les sites de LIRM. Pour encourager la participation, le personnel montre comment fonctionne l’analyse de substances, explique ce que les résultats permettent d’apprendre et s’appuie sur la relation de confiance déjà établie avec les résident·e·s. 

Les personnes participantes fournissent un échantillon à analyser : un sachet contenant une très petite quantité résiduelle de drogue, un chauffoir (cup) usagé avec ou sans filtre, une pipe, une paille ou tout autre matériel contenant des traces de drogue. Le personnel consigne la substance que la personne croit avoir en sa possession, si elle a ressenti des effets indésirables après l’avoir utilisée, ainsi que tout autre renseignement pertinent. L’analyse en temps réel est réalisée à l’aide d’un spectromètre infrarouge à transformée de Fourier (IRTF) Bruker Alpha II et, selon la substance soupçonnée, de bandelettes de test d’immuno-essai pour le fentanyl, la xylazine et les benzodiazépines. L’analyse sur place prend généralement une quinzaine de minutes. Les résultats sont ensuite communiqués à la personne participante, qui reçoit une carte-cadeau de 5 $ pour chaque échantillon soumis. 

Les résultats de l’analyse en temps réel sont affichés de façon anonyme sur un tableau dans chacun des sites, accompagnés des dates des prochaines séances du programme et de renseignements sur d’autres ressources communautaires. 

Les échantillons sont aussi envoyés au programme Massachusetts StreetCheck pour des analyses de drogues plus poussées, qui prennent de quatre à six semaines. Les personnes participantes reçoivent une carte comportant un lien Web unique vers le site Web de StreetCheck, où les résultats de leurs analyses en laboratoire sont affichés dès qu’ils sont disponibles. 

Résultats

Avant la mise en œuvre du programme d’analyse de drogues (de septembre 2023 à février 2024), 106 résident·e·s dans les sites de LIRM ayant déclaré avoir utilisé des substances illicites au cours des 30 derniers jours ont répondu à une enquête de référence. Celle-ci a permis de recueillir un éventail de renseignements, notamment sur leur intérêt pour les services de réduction des méfaits. 

De septembre 2023 à mars 2025, 28 entrevues qualitatives ont été menées auprès de résident·e·s dans le cadre d’une étude plus vaste. L’objectif était de mieux comprendre leur expérience du programme d’analyse de drogues en temps réel, lancé en mai 2024. Les thèmes dégagés ont été analysés en parallèle avec les observations recueillies sur le terrain par l’équipe de recherche pendant le déroulement du programme, notamment des citations de résident·e·s et les résultats de 55 analyses de drogues en temps réel réalisées entre mai 2024 et septembre 2025.

Intérêt

Avant la mise en œuvre du programme, de nombreuses personnes résidentes ont manifesté de l’intérêt pour un service d’analyse de drogues sur place. Selon les résultats de l’enquête, 49 % ont indiqué qu’il serait « très probable » qu’elles utilisent un tel service s’il était offert sur place, et 25 %, qu’il serait « assez probable » qu’elles s’en servent. 

Ce fort intérêt a mis en évidence une demande claire pour un service d’analyse de drogues sur place et a appuyé la mise en œuvre du programme dans les LIRM en confirmant qu’il répondait à un besoin qui leur avait été communiqué.

Participation

Le service d’analyse de drogues en temps réel a connu une forte participation, qui s’est accrue à mesure qu’il est devenu offert de façon régulière. Lors des entrevues et des observations sur le terrain, de nombreuses personnes ont indiqué qu’elles utilisaient le service offert dans leur lieu de résidence par souci de commodité, même si elles avaient également accès à un autre programme d’analyse de drogues. 

Présence de contaminants et adoption de comportements de protection

Lorsqu’elles soumettaient un échantillon, les personnes résidentes devaient indiquer quelles drogues elles croyaient qu’il contenait. Les analyses ont révélé que 72 % des 55 échantillons renfermaient au moins une substance dont elles ne soupçonnaient pas la présence. L’une des principales raisons pour lesquelles les personnes résidentes utilisaient le service était de vérifier si leur échantillon contenait de la xylazine, notamment pour tenter de comprendre l’apparition d’une nouvelle plaie. Alors que seuls 9 % des échantillons étaient soupçonnés de contenir de la xylazine, l’analyse en temps réel a révélé que près du tiers en contenaient. À l’inverse, de nombreux échantillons soupçonnés de contenir de la xylazine n’en contenaient finalement pas. 

Les personnes résidentes ont également indiqué qu’elles faisaient analyser leurs drogues afin de prévenir les méfaits liés à leur utilisation. Plusieurs ont expliqué que les résultats orientaient leurs décisions d’utilisation et d’achat. Par exemple, chez certaines personnes, les résultats ont suscité de l’indignation et les ont amenées à changer de fournisseur ou à se départir de la substance. 

Mobilisation de la communauté et recrutement des pairs

Un fort intérêt collectif pour les services d’analyse de drogues s’est manifesté parmi les personnes résidentes. À mesure que des relations de confiance se sont établies avec le personnel, le bouche-à-oreille et la promotion du programme au sein de la communauté ont favorisé le recrutement. Les personnes participantes ont indiqué qu’elles communiquaient les résultats de leurs analyses à d’autres membres de leur communauté afin d’accroître la sécurité et le bien-être collectifs. Elles ont également expliqué que le service avait favorisé des échanges plus approfondis au sein de la communauté sur les façons de composer avec l’instabilité du marché local des drogues.

« Après vos analyses, tout le monde s’est dit : “Ayoye!” Personne ne savait que toute cette dope contenait de la xylazine. On s’est tous dit : “Mon Dieu, il va falloir s’ajuster. Il faut trouver de la dope sans xylazine.” »

Qu’est-ce que cela signifie pour les prestataires de services?

Les résident·e·s avaient recours au service d’analyse de drogues pour mieux connaître la composition de leurs drogues et protéger leur santé et leur bien-être, mais aussi pour promouvoir, au sein de leur communauté, des connaissances et des pratiques d’usage à moindres risques. Offrir ces services dans des lieux pratiques et facilement accessibles, comme les logements supervisés, peut contribuer à atteindre ces objectifs, tant à l’échelle individuelle que communautaire. En prenant le temps d’établir un lien de confiance et en offrant des services d’analyse de drogues adaptés aux besoins, les intervenant·e·s peuvent renforcer leurs relations avec les personnes qui utilisent des substances. Ces relations de confiance peuvent à leur tour favoriser un recours accru aux services, ce qui peut se traduire par des retombées positives des services d’analyse de drogues pour l’ensemble de la communauté.

Ressources connexes

Le Pit Stop : centre de réduction des méfaits sans rendez-vous

Services d’analyse de drogues à un site de consommation supervisée

Un programme de logement de transition destiné aux personnes confrontées à des problèmes de santé mentale ou d’usage de substances

Références

Summers C, Silcox J, Zaragoza S et al. Real time, on-site drug checking in low-threshold housing communities. Harm Reduction Journal. 2026;23:33. Disponible au https://doi.org/10.1186/s12954-026-WQh01397-y