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Projet d’intervention en milieux isolés 

Blood Ties Four Directions Centre
Yukon
2010

Mise en œuvre du programme

Lieu

Le projet est destiné aux communautés isolées des Premières Nations dans le Yukon. La coordonnatrice du projet travaille à partir du  bureau de Blood Ties à Whitehorse. Bien qu’il y ait 14 communautés isolées dans le territoire, par manque de fonds, seules neuf communautés participent à ce programme. Le meilleur moment pour joindre ces communautés est l’hiver, toutefois, c’est aussi la saison la plus dangereuse pour voyager.

Le choix des communautés ayant le plus besoin d’aide s’est fait en fonction de leur degré de réceptivité sur les recommandations du comité directeur et sur l’expérience de travail de Blood Ties dans la région. Il est très utile d’avoir un organisme qui a l’habitude d’offrir des programmes sur le VIH et l’hépatite C dans chacune des communautés. L’une de ces communautés, Old Crow, a été incluse dans le projet, bien qu’elle ne reçoive qu’une seule visite par année fiscale, à cause de son éloignement géographique et de son manque d’accès routier.

Recrutement et engagement

L’intervention dans les communautés isolées est difficile pour les personnes venant de l’extérieur. La coordonnatrice de Blood Ties n’est membre d’aucune des communautés desservies par l’organisme. Cependant, les représentants en santé communautaire (RSC) qui travaillent principalement avec les communautés des Premières Nations et Métis du pays dans les domaines de la promotion, de la protection de la santé et de l’intervention communautaire sont souvent considérés comme appartenant à la communauté. Il est donc crucial de forger des liens solides avec les RSC qui résident souvent depuis longtemps dans la communauté dans laquelle ils offrent des services de santé et sociaux, ou avec une personne qui occupe ce type de position pour encourager la participation des membres de la communauté. 

Pour encourager les résidants à participer aux ateliers, la coordonnatrice de projet et le RSC collaborent  pour planifier la date et le lieu de chaque événement. La coordonnatrice  dépend fortement du RSC pour assurer le gros de l’engagement communautaire et du travail de recrutement pour les ateliers en :

  • affichant l’annonce des ateliers dans les centres communautaires, les cafés et tous les lieux où les locaux ont tendance à se retrouver
  • présentant le projet et le coordonnateur lors de conversations informelles avec les clients et le reste de la population locale

Quand la coordonnatrice arrive dans la communauté, elle approche les gens de manière respectueuse, en se présentant de manière informelle et en expliquant pourquoi elle est là. Les ateliers sont organisés au moins deux fois par an pour établir une relation de confiance par le biais d’une continuité dans les services.

« Le coordonnateur(-trice) doit être détendu, facile à approcher et ne doit pas être timide. Le RSC doit aussi être convaincu. Si vous êtes un tant soit peu ignorant ou abrasif, vous n’arriverez à rien. Les gens ne viennent aux ateliers qui si vous leur avez parlé dans la journée et que vous avez réussi à les convaincre de venir. »  

- Patricia Bacon, directrice générale, Blood Ties

Ateliers

Il y a au moins deux ateliers par an et par communauté, ce qui permet au coordonnateur(-trice) de forger une relation de confiance. Chaque visite dure de deux à trois jours et elle est planifiée avec le RSC autour d’autres activités communautaires.

Au départ, le coordonnateur(-trice) devait passer une à deux semaines dans chaque communauté isolée, le raisonnement étant qu’une présence prolongée aiderait à tisser des liens de confiance. Après un an et demi, Blood Ties a été avisé de rester moins longtemps dans chaque communauté, mais de s’y rendre plus souvent pour assurer une présence régulière et à long terme et pour réduire l’épuisement des coordonnateurs, une conséquence très courante des longs séjours dans les communautés isolées. 

Les ateliers sont développés à partir du document  La transmission du VIH : guide d'évaluation du risque de la Société canadienne du sida, lequel est adapté en consultation avec le RSC pour le rendre accessible aux participants en fonction de leur niveau de connaissances du VIH et de l’hépatite C. Afin d’adapter ce matériel au public local, le coordonnateur doit avoir une profonde compréhension du type d’apprentissage de la communauté. Dans les premiers ateliers, on s’est rendu compte que le programme n’avait pas besoin de beaucoup d’ajustements d’une communauté à l’autre, car toutes les communautés isolées du Yukon ont les mêmes besoins fondamentaux d’information sur le VIH et l’hépatite C. Cet état de fait a permis à Blood Ties de se concentrer sur un programme standard plus efficace.

On s’est aussi rendu compte que le « renforcement des capacités » dans le contexte de ces communautés isolées était plus efficace si le programme continuait à être administré par le coordonnateur de Blood Ties plutôt que par les leaders locaux ou les RSC. Non seulement Blood Ties a l’expertise nécessaire mais aussi, les communautés ont indiqué qu’elles préféraient laisser cette expertise entre les main de Blood Ties et du coordonnateur de projet, plutôt que d’assumer par elles-mêmes leur propre éducation sur le VIH et l’hépatite C.

« Les RSC aiment que nous les contactions, car ils sont très occupés et n’ont souvent aucune formation sur le VIH et l’hépatite C. Ils font face à de nombreux problèmes de santé dans leur communauté. Le fait qu’une personne vienne et fasse le travail sur le VIH les soulage au moins en partie. »  

- Patricia Bacon, directrice générale, Blood Ties

Étant donné que les communautés visitées par le coordonnateur sont assez petites, les interactions avec les habitants peuvent être spontanées et impromptues. Les cinq activités ci-dessous servent de guide général à la structure du programme. Toutefois, l’inclusion et la planification de toute activité dépendent de détails pratiques intrinsèques à la communauté pendant la visite du coordonnateur. Les ateliers utilisent toute une gamme de documents de soutien, y compris ceux qui sont offerts par le biais du Centre de distribution de CATIE ainsi qu’un petit nombre qui ont été élaborés par Blood Ties. Les ressources servent à illustrer les enseignements sur la prévention et la transmission du VIH et de l’hépatite C. (Veuillez vous référer à d'autres ressources pertinentes pour des exemples de ces ressources). De la nourriture et des rafraîchissements sont offerts à tous les participants aux ateliers pour les encourager à venir et à « rompre la glace ».

Première activité : Dîners et ateliers communautaires avec la population et avec certains groupes.

Cet événement a lieu le plus souvent le soir de l’arrivée du coordonnateur. Il peut avoir lieu  par exemple dans le centre communautaire ou dans une maison. Le repas est offert aux membres de la communauté pour les inciter à parler du VIH et de l’hépatite C. Il est ouvert à tous et les participants représentent généralement un bon échantillon de la communauté. Cet événement encourage l’ensemble de la population à venir rencontrer le coordonnateur et à commencer à réfléchir au VIH et à l’hépatite C.

L’atelier est conçu pour attirer les jeunes, les adultes et les aînés. Une personne autochtone vivant avec le VIH ou l’hépatite C est souvent invitée à venir parler de son expérience. La présence de cette personne est très efficace pour motiver les participants à se connecter au sujet.

Deuxième activité : Atelier avec les fournisseurs de services de santé et sociaux

Cette activité a eu lieu très tôt dans le projet. Blood Ties a fait venir 15 fournisseurs de service de santé et sociaux à Whitehorse pour trois jours et demi de formation. Cette activité avait pour objectif principal de les aider à se sentir plus à l’aise dans leur travail avec les membres de la communauté atteints du VIH, de  l’hépatite C ou étant à risque. Au départ, malgré leurs connaissances sur le VIH et l’hépatite C, les RSC ne se sentaient pas capables de soutenir une personne séropositive et cet atelier les a aidé à se sentir plus à l’aise de le faire. Le deuxième objectif était de leur fournir de l’information à jour sur l’hépatite C.

Troisième activité : Conversations informelles

Quand le coordonnateur(-trice) sort dans la communauté, il/elle entame des conversations individuelles sur le VIH, l’hépatite C, la santé sexuelle et le réduction des méfaits pour répondre aux questions et fournir des recommandations médicales. Il(elle) le fait en approchant les personnes de manière très respectueuse. Une fois que des liens solides ont été établis avec les membres de la communauté, ces derniers commenceront à l’approcher pour des conversations informelles et plus d’information.

Quatrième activité : Soirée cinéma

Encourager les membres de la communauté à se retrouver pour regarder un film donne au coordonnateur une autre occasion de renforcer des liens et d’engager des discussions. Les films choisis sont souvent axés sur les expériences des communautés rurales isolées et des Premières Nations pour lancer les discussions sur les stigmates du VIH et de l’hépatite C dans le contexte local. Parmi les films les plus populaires, on compte : The Long Walk Home, California Syringe Access, Under the Skin et Kecia. De plus, Blood Ties a travaillé avec un cinéaste pour produire un film sur le Yukon rural. HIV  YT est fréquemment présenté et bien reçu dans les communautés rurales du Yukon.

Cinquième activité : Soutien continu

En plus de mener des ateliers à chaque visite, le coordonnateur(-trice) assure un soutien et donne des recommandations médicales aux fournisseurs de service de santé et sociaux qui n’ont souvent aucune formation pour aider les personnes vivant avec le VIH et/ou l’hépatite C.