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Programme Travailleurs du sexe 

RÉZO
Montréal, Québec
2010

Raison d'être du programme

Au Canada, l’échange de services sexuels contre de l’argent n’est pas illégal, mais de nombreuses activités liées au travail du sexe le sont. Par exemple, il est illégal d’être trouvé dans un bordel ou de faire du racolage dans un lieu public, ce qui rend très difficile la pratique du travail du sexe sans enfreindre la loi.

Les travailleurs du sexe, et plus particulièrement ceux qui travaillent dans la rue, sont confrontés à de nombreux facteurs qui affectent leur santé, comme les problèmes légaux, la violence, la discrimination, l’isolement social, la pauvreté, l’absence de domicile fixe et la toxicomanie. Parmi les obstacles pour accéder aux services sociaux et de santé, on compte les horaires restreints des établissements de soins, les inquiétudes liées à la vie privée et au dévoilement ainsi que les moyens de transport limités pour se rendre sur les lieux de services.

Avant 1998, quand le programme des travailleurs du sexe de RÉZO a débuté, il n’existait aucun service ciblant les hommes pratiquant le travail du sexe à Montréal, alors que des services destinés aux femmes pratiquant le travail du sexe dans la ville (comme Stella) existaient depuis 1995. Au cours de ses activités régulières d’intervention auprès des hommes gais, RÉZO s’est rendu compte que l’on ne répondait pas aux besoins des travailleurs du sexe dans le village gai de Montréal, qui s’étend le long de la rue Sainte-Catherine Est, entre les rues Berri et Papineau.

De plus, RÉZO a réalisé que souvent, les travailleurs du sexe ont des besoins différents de ceux des autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. En général, les travailleurs du sexe forment un groupe exceptionnellement marginalisé et sans affiliation, qui s’éloignes souvent de la famille, des réseaux sociaux et de la société en général. Et qui plus est, ces hommes ne s’identifient pas forcément en tant qu’hommes gais. Par conséquent, les programmes conçus par RÉZO pour les hommes gais ne répondaient pas aux besoins des travailleurs du sexe.

En outre, il est devenu apparent que les commerces et les résidents n’étaient pas compréhensifs, et se montraient hostiles envers le travail du sexe dans leur quartier. En grande partie dû au manque de services accessibles aux travailleurs du sexe, ces derniers se prostituaient, consommaient des drogues et traînaient près des commerces et des habitations du quartier.

RÉZO en a donc conclu qu’il existait un réel besoin de créer un programme qui réponde aux besoins en services sociaux et de santé des hommes pratiquant le travail du sexe et pour apaiser les relations tendues avec les résidents et les commerces du village gai. Le programme Travailleurs du sexe a été conçu à partir de ce besoin.