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Autour de la table de cuisine 

Chee Mamuk Aboriginal Program, BC Centre for Disease Control
Colombie-Britannique
2010

Mise en œuvre du programme

Lieu

La formation et les ateliers Autour de la table de cuisine peuvent se tenir dans n’importe quel lieu relativement privé, confortable, bien éclairé et tranquille pour encourager une participation confidentielle aux discussions et aux activités. Le plus souvent, ces évènements ont lieu dans une salle de centre communautaire local.

Recrutement et engagement

Des exemples de nombreux documents mentionnés dans cette section sont disponibles dans la section Matériel du programme.

Animatrices du programme Autour de la table de cuisine et organisations locales

Pour mettre en place ce programme dans une communauté, une organisation locale de santé ou de services sociaux et aux moins deux de ses employées doivent s’engager dans le projet. L’organisation locale est nécessaire pour assurer le support institutionnel, fournir un espace de travail, l’accès à une photocopieuse et à un télécopieur et mettre deux employées ayant de l’expérience en services de santé à disposition.

Pour entamer le processus de recrutement, la coordonnatrice du programme Autour de la table de cuisine envoie une lettre d’invitation et un dossier d’information à toutes les communautés Premières nations de la province. Ces dossiers sont envoyés à des travailleurs communautaires, des chefs et des personnes influentes clés par le biais de réseaux comme Santé des Premières nations et des Inuits, les associés de la santé communautaire, les centres d’amitiés et les organisations autochtones.

La lettre d’invitation présente le programme Autour de la table de cuisine et Chee Mamuk aux destinataires. Elle explique que ce programme à la fois novateur et traditionnel peut aider les fournisseurs de service à poursuivre leur formation, à acquérir d’autres compétences et à apprendre des autres femmes. La lettre explique aussi le processus de demande de candidature en précisant que les groupes intéressés peuvent contacter la coordonnatrice du programme pour obtenir de l’aide.

Les communautés doivent joindre à leur demande une lettre de soutien du directeur de la santé ou du directeur d’une organisation communautaire qui se consacre au projet et qui peut détacher deux employées pour aider à la mise en œuvre. De plus, chaque communauté doit identifier au moins quatre femmes qui seront formées en tant qu’animatrices — deux femmes employées dans les services de santé ou sociaux (comme une représentante de la santé communautaire et une conseillère en matière de drogue et d’alcool) et deux représentantes bénévoles de la communauté (comme une aînée et une travailleuse auprès des jeunes) qui s’engagent à participer à la formation d’animatrice de quatre jours. Il est aussi préférable que les communautés participent financièrement au projet, car cela aide à sa survie à long terme.

La communauté doit aussi indiquer si des ressources suffisantes (temps des employées, lieu de rencontre, soutien de la communauté, personnes pour diriger les activités culturelles) seront disponibles pour animer les ateliers qui auront lieu dans la communauté.

Le processus de demande lui-même est conçu pour indiquer la capacité de la communauté à entreprendre le programme. En complétant la demande dans les délais, la communauté prouve son esprit d’équipe et l’existence d’un soutien local pour le programme. Les communautés qui manquent de capacité peuvent recevoir le soutien de Chee Mamuk pour la mise en œuvre du programme. Les communautés qui ne sont pas choisies seront recommandées à d’autres organisations autochtones de lutte contre le sida qui assurent une éducation communautaire. Elles pourront les aider à augmenter leur niveau de réceptivité à des programmes comme Autour de la table de cuisine.

La coordonnatrice de programme et le groupe de travail évaluent les demandes et envoient les lettres d’acceptation aux communautés choisies, puis prennent un rendez-vous téléphonique avec les représentantes de la communauté. Au cours de ces conversations, on demande à chaque femme de penser aux points forts et aux défis de sa communauté et d’en discuter, surtout relativement à sa réceptivité aux discussions sur le VIH, les ITS et l’hépatite. Le groupe de travail se compose d’employés de Chee Mamuk, d’un évaluateur, d’un représentant de l’organisme de financement de la Santé des Premières nations et des Inuits et d’une infirmière de rue du programme partenaire de Chee Mamuk. Le groupe de travail aide à guider la prise de décisions importantes du programme comme la sélection des communautés, l’évaluation des résultats et les recommandations pour les programmes futurs.

Un appel téléphonique de suivi permet d’identifier quelles questions précises les représentantes de la communauté estiment qu’il faut aborder pendant la formation.

Formation

La formation de quatre jours prépare les représentantes de la communauté à devenir des leaders qui organiseront et mettront en place le programme Autour de la table de cuisine dans leur communauté. Les participantes de différentes communautés sont formées ensemble dans un lieu central pour leur permettre de sortir de leur communauté et de se consacrer entièrement à la formation Autour de la table de cuisine. Cela leur donne aussi l’occasion de rencontrer des femmes d’autres communautés avec lesquelles elles peuvent partager des idées et former des réseaux.

La formation s’attache à l’adaptation du programme Autour de la table de cuisine que les femmes mettront en place dans leur communauté. Les futures animatrices doivent d’abord être participantes au même type d’atelier que ceux qu’elles dirigeront dans leur propre communauté. Les formateurs leur expliquent ensuite comment animer ces ateliers à l’aide de techniques d’enseignement traditionnelles et leur donnent des conseils pour que l’atelier qu’elles animent soit un succès.

Les sujets couverts sont les suivants : le contexte du VIH et les communautés autochtones; une bonne confiance en soi; des notions de base sur le VIH, les ITS et l’hépatite; comment consommer de l’alcool et des drogues de manière plus sécuritaire; et une sexualité saine. 

Les futures animatrices reçoivent des outils de planification, des guides pour les ateliers, du matériel éducatif et un tableau illustré autoportant. Ce dernier remplace une présentation PowerPoint et donne un caractère plus intime et informel à la partie éducative visuelle de chaque atelier. Pour plus d’information sur ce matériel, veuillez communiquer avec Chee Mamuk.

Les animatrices reçoivent aussi six plans de cours (les titres des ateliers figurent dans la rubrique « Mise en œuvre dans la communauté ») qui aideront les femmes à organiser et diriger les ateliers Autour de la table de cuisine dans leurs communautés. Chaque plan de cours présente les objectifs de l’atelier, l’évaluation des connaissances du groupe sur le sujet, les activités, le calendrier et le matériel requis avec précision. Le plan de cours indique aussi à l’animatrice à quel moment utiliser le tableau autoportant pour illustrer les sujets discutés.

Finalement, les animatrices reçoivent des conseils et des directives pour créer, mettre en œuvre et animer un programme adapté aux besoins de leur propre communauté. Elles reçoivent de l’aide pour élaborer un plan de mise en œuvre dans la communauté. Celui-ci comprend les dates des ateliers, le ou les sites, quelle animatrice prendra la direction de l’équipe et qui sera responsable des différentes tâches (organiser la nourriture, communiquer avec la coordonnatrice de programme, etc.). La formation se termine par une cérémonie traditionnelle qui célèbre la fin de la formation et reconnaît la force des femmes qui vont rapporter ces enseignements difficiles dans leurs communautés.

Mise en œuvre dans la communauté

Bien qu’Autour de la table de cuisine suive une structure spécifique, les ateliers peuvent être facilement adaptés aux besoins de chaque communauté selon les indications des participantes et animatrices locales.

Les animatrices commencent par décider du meilleur moment pour organiser les ateliers – après-midi ou soirée, jour de semaine ou fin de semaine, etc. – pour attirer le plus de participantes possible. Il peut y avoir 10 à 35 femmes par atelier, le nombre idéal varie selon la communauté. En se basant sur les expériences précédentes, Chee Mamuk recommande d’organiser un atelier toutes les deux semaines. Un atelier par mois n’est pas assez fréquent pour que le groupe se solidifie et un par semaine peut être difficile à organiser.

Recrutement des participantes dans la communauté

Les participantes sont recrutées principalement par le bouche-à-oreille surtout dans les petites communautés isolées. Les animatrices sont encouragées à parler à leur famille, leurs amies, à mettre des annonces dans les journaux, à envoyer des invitations personnelles ou à faire des annonces lors de rassemblements ou de réunions communautaires.

Le recrutement donne de bien meilleurs résultats quand le programme est présenté comme un « groupe sur le bien-être des femmes » qui aborde des sujets de culture et de santé traditionnels comme une bonne estime de soi, les drogues et l’alcool, la sexualité saine et le VIH. Une communauté qui avait commencé à annoncer le programme comme étant un « groupe sur les femmes et le VIH » n’a attiré aucune participante. Quand la communauté a annoncé un groupe sur le bien-être des femmes avec le VIH comme l’un des nombreux thèmes de discussion, elle a pu recruter un grand nombre de participantes.

La taille des groupes varie de 11 à 35 participantes. Dans les communautés qui avaient signalé le besoin d’une programmation plus ciblée, le recrutement était limité à une certaine population comme les jeunes femmes, ou les femmes à haut risque de contracter le VIH, une ITS ou l’hépatite.

Ateliers

Le programme se compose généralement de six ateliers de trois heures. Typiquement, les femmes se retrouvent pour partager un repas qui est suivi d’une heure d’activités d’apprentissage sur le sujet prévu illustrées par le tableau autoportant et d’autres matériels visuels. Puis le groupe participe à une activité culturelle tout en continuant à parler du sujet de la soirée de manière informelle. Chaque atelier couvre un sujet différent :

Atelier 1 : Introduction au programme Autour de la table de cuisine et discussion sur les points forts et les défis des populations autochtones

À la fin de l’atelier, les participantes seront en mesure :

  • D’identifier les défis et les points forts des populations autochtones
  • De décrire comment des défis peuvent exposer une personne au risque de contracter le VIH, une ITS ou l’hépatite
  • D’expliquer comment les individus et les communautés peuvent utiliser leurs points forts pour prévenir les infections et aider les personnes atteintes d’une infection

Atelier 2 : Bonne estime de soi

À la fin de l’atelier, les participantes seront en mesure de :

  • Décrire ce qu’est une bonne estime de soi  
  • Identifier des sources d’estime de soi
  • Identifier comment l’estime de soi a des répercussions sur la vie des personnes
  • Identifier les messages positifs relatifs à l’estime de soi

Atelier 3 : Mythes et réalités sur le VIH et l’hépatite

À la fin de l’atelier, les participantes seront en mesure de :

  • Décrire comment on peut contracter le VIH et l’hépatite ou pas
  • Offrir un soutien informel aux personnes vivant avec le VIH

Atelier 4 : Sexualité saine

À la fin de l’atelier, les participantes seront en mesure de :

  • Décrire ce qu’est une sexualité saine
  • Décrire le dépistage, le traitement et la prévention des ITS
  • Identifier les messages positifs sur la sexualité

Atelier 5 : Drogues et alcool

À la fin de l’atelier, les participantes seront en mesure de :

  • Décrire la consommation de drogues et d’alcool dans leur communauté
  • Décrire comment la consommation de drogues et d’alcool augmente le risque de transmission du VIH, de l’hépatite B et C et des ITS
  • Décrire les façons de réduire sa consommation de drogue et d’alcool ou de s’arrêter
  • Identifier les ressources de soutien

Atelier 6 : Cérémonie de clôture

Les communautés sont encouragées à aborder ces six thèmes, mais elles peuvent choisir d’autres thèmes mieux adaptés à leurs cas avec la coordonnatrice de projet. Les groupes choisissent une activité traditionnelle qui accompagnera chaque sujet abordé. Certains groupes choisissent une activité culturelle différente pour chaque atelier alors que d’autres préfèrent travailler à une seule activité comprenant plusieurs étapes (comme la fabrication d’un tambour) pour tous les ateliers.

Les activités culturelles comprennent la fabrication de mocassins, la mise en conserve, le tissage, la pêche, la fabrication de panier, de pagaie, la culture et la collecte de plantes médicinales traditionnelles.

Les guides d’ateliers d’Autour de la table de cuisine, qui sont remis aux animatrices pendant leur formation, indiquent les points à souligner lors de chaque atelier et donnent des conseils pour encourager la participation aux discussions.

Pour illustrer les différents sujets et les liens qui existent entre eux, Chee Mamuk se sert d’un certain nombre d’activités brise-glace et de jeux qui augmentent le niveau d’énergie afin de stimuler la participation et la discussion. Le jeu de l’« épée et du bouclier » en est un bon exemple. Les participantes sont assises en cercle. Chacune choisit deux personnes : l’une sera l’épée et l’autre le bouclier. Au début, tout le monde bouge pour essayer de placer le bouclier entre elle et l’épée. Le manuel de formation de l’animatrice comprend aussi d’autres jeux conçus pour garder le niveau d’énergie élevé et encourager l’interaction entre les participantes.

Les animatrices peuvent également faire venir des invités comme des aînés, des infirmières ou des leaders culturels pour guider les participantes dans ces sujets. Chaque atelier se termine par un rappel des dates, heures et sujet de l’atelier.

Assurer un soutien continu à la communauté

Pendant la phase de mise en œuvre du programme, la coordonnatrice fait un suivi continu par le biais de courriels réguliers et de conversations téléphoniques avec chaque animatrice. Bien que les animatrices disent apprécier le soutien continu, Chee Mamuk n’offre pas de téléconférences générales avec toutes les animatrices, car celles-ci préfèrent de loin un soutien personnel.

La coordonnatrice se rend dans chaque communauté pour rencontrer les animatrices, aider à la planification et à la mise en place des ateliers, résoudre des problèmes et remplir les papiers s’il y a lieu. Cette visite est une excellente occasion de resserrer les liens entre les animatrices et Chee Mamuk.

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