Connectons nos programmes

Programme de dépistage anonyme du VIH 

Options Clinic, London InterCommunity Health Centre
London, Ontario
2014

Mise en œuvre du programme

Le Programme de dépistage anonyme de la Options Clinic offre des services dans divers endroits où l’on travaille avec des populations à risque plus élevé d’infection par le VIH. Chaque semaine, toutes les deux semaines, chaque mois ou chaque trimestre, selon le lieu, un intervenant en counseling offre des services de prévention, de dépistage et de counseling en matière de VIH aux clients qui préfèrent recevoir de l’information ou se faire dépister sans rendez-vous et auprès d’un organisme communautaire plutôt que dans une clinique.

La Options Clinic s’investit depuis 20 ans dans le développement de solides partenariats, dans la région, avec des saunas, des universités, des organismes de lutte contre le sida, des centres pour jeunes et des fournisseurs de services aux Autochtones, afin d’être capable de fournir des services en matière de VIH dans des lieux culturellement appropriés.

Conseillers

Les cliniques de proximité de la Options Clinic emploient deux conseillers; ceux-ci détiennent une formation pour effectuer le dépistage rapide et le dépistage standard avec prise de sang. L’un d’entre eux est également coordonnateur du programme. Le coordonnateur a la responsabilité du développement et du maintien des partenariats avec les organismes communautaires, de la compilation de statistiques, des comptes-rendus au bailleur de fonds du programme ainsi que de la commande de tout matériel dont le programme a besoin.

Développement de partenariats

La Options Clinic réussit à joindre diverses populations parce que les pratiques de ses employés accordent une importance primordiale à la compétence culturelle. S’appuyant sur les liens étroits développés par leurs partenaires (p. ex., le site d’échange de seringues, le centre jeunesse, le sauna) avec les clients, les conseillers ont su se faire connaître comme étant des intervenants sensibles, compétents et discrets.

Le coordonnateur du programme identifie, dans la communauté, des organismes qui s’occupent de populations à risque et il les approche pour leur offrir les services de dépistage du VIH. Il utilise généralement des présentations sur le VIH, ses répercussions dans la population que dessert l’agence et les avantages du dépistage aux points de services, pour accroître l’accessibilité du dépistage du VIH. Un point de mire du coordonnateur est le développement d’une bonne relation avec une personne ressource de l’organisme (coordonnateur de programme, gestionnaire ou directeur général) et il fait valoir à cette personne combien l’offre de services de prévention, de dépistage du VIH et de counseling, dans l’organisme, serait bonne pour ses clients.

Afin de joindre les Autochtones, la Options Clinic a établi un partenariat avec la Stratégie autochtone ontarienne de lutte contre le VIH et le sida. Ce partenariat a conféré à la clinique, qui n’est pas spécialisée dans les soins de santé pour Autochtones, une légitimité auprès de cette population : cela a démontré à plusieurs organismes qu’elle pouvait offrir ses services de façon appropriée aux Autochtones. Le partenariat a renforcé la capacité des deux organismes de fournir des services de dépistage et de counseling prétest et post-test spécifiquement adaptés aux membres des communautés autochtones.

Entente de partenariat

Chacun des partenaires de la Options Clinic signe une entente de partenariat établissant ses responsabilités et celles de l’organisme local (un modèle de cette entente est inclus dans la section Matériel du programme de cette étude de cas). L’entente de partenariat établit également les modalités qui s’appliquent lorsque les conseillers ne sont pas présents pour fournir les services dans les cliniques de proximité (pour cause de maladie, de vacances ou d’absence prolongée) – les heures d’ouverture peuvent être réduites, ou les services suspendus temporairement.

Les responsabilités de la Options Clinic, en vertu de l’entente de partenariat, sont de fournir un counseling prétest et post-test, d’effectuer le test de dépistage rapide et les prises de sang nécessaires, et de voir à la conservation des prélèvements sanguins jusqu’à leur collecte par les LifeLabs Medical Laboratory Services pour l’analyse. La Options Clinic est par ailleurs engagée à la collecte des données nécessaires au ministère de la Santé et des Soins de longue durée, et à leur partage avec l’organisme local, sur demande.

Le programme est financé par le Bureau de lutte contre le sida du ministère de la Santé et des Soins de longue durée, qui verse les fonds directement à la Options Clinic. Les organismes partenaires n’engagent généralement pas de frais pour les visites des cliniques de proximité. Les organismes partenaires s’engagent à fournir une salle privée munie d’une table et de deux chaises, pour lieu clinique, et à promouvoir la clinique auprès de la clientèle.

Emplacements du travail de proximité

La Options Clinic a adopté une approche stratégique, en se faisant partenaire d’organismes ayant des relations depuis longtemps avec des populations à risque pour le VIH et qui pourraient avoir besoin d’occasions additionnelles pour recevoir des services de prévention, de counseling et de dépistage du VIH dans des lieux accessibles. Tous les services en matière de VIH sont fournis sans rendez-vous et sur une base anonyme, pour une accessibilité optimale.

La particularité de la Options Clinic réside dans la diversité des sites et populations que les conseillers visitent au moins une fois par mois pour fournir leurs services.

Dans un sauna

Un taux disproportionné des nouveaux cas d’infection par le VIH s’observe encore parmi les hommes gais et hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, au Canada, soit 50 % de tous les rapports de tests positifs pour le VIH chez les adultes. Il est donc important que des services en matière de VIH soient largement accessibles à cette population.

Depuis 1993, la Options Clinic offre des services de prévention, de dépistage du VIH ainsi que de counseling aux gais et aux hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, au Central Spa, à London. Deux fois par semaine, une clinique est installée dans une salle privée à proximité de l’aire principale de drague.

En septembre 2013, la Options Clinic a ajouté à ses services pour le VIH l’offre de dépistage de la syphilis, au Central Spa, puisque les gais et hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes sont affectés de façon disproportionnée par la syphilis, en Ontario. L’offre conjointe du dépistage de la syphilis et du VIH atténue les obstacles pour certains clients.

Aux célébrations de la Fierté à London

La Options Clinic offre ses services de prévention et de dépistage du VIH ainsi que de counseling aux participants à la Fierté depuis 2008, à London. Le personnel a observé que l’offre de ce service sur les lieux de la Fierté, plutôt qu’en marge des festivités (quoique tout près), a conduit à une augmentation du nombre de dépistages effectués à cette occasion.

Dans un centre jeunesse

Depuis 2001, la Options Clinic offre également ses services en matière de VIH aux jeunes de la rue, au Youth Action Centre de l’organisme Youth Opportunities Unlimited. Toutes les deux semaines, un conseiller y est présent pendant deux heures, dans une pièce privée tout près de l’espace principal de rencontre. La présence d’une clinique, sur les lieux, permet à des jeunes qui pourraient avoir du mal à respecter des rendez-vous, ou à se méfier des personnes d’autorité, d’accéder à des services sans rendez-vous pour la prévention, le dépistage et le counseling en matière de VIH dans un milieu non menaçant.

Dans un site d’échange de seringues

La Options Clinic offre également ses services pour le VIH chez Counterpoint, le programme d’échange de seringues offert par l’organisme de lutte contre le sida à London – la Regional HIV/AIDS Connection. Le dépistage est effectué dans une pièce fermée, aux bureaux de Counterpoint, afin d’augmenter le recours au dépistage du VIH parmi les personnes qui s’injectent des drogues. En 2012-2013, Counterpoint a distribué 2,3 millions de seringues, ce qui démontre qu’un nombre important de personnes s’injectent des drogues, dans cette ville; or, même si elles ont accès à des seringues stériles et à d’autres outils de réduction des méfaits, ces personnes pourraient avoir besoin de dépistages fréquents du VIH.

La clinique de proximité est présente chez Counterpoint toutes les deux semaines. Elle permet aux personnes qui fréquentent déjà Counterpoint pour se procurer du matériel d’injection neuf de se faire dépister pour le VIH sur place, régulièrement, sans devoir aller ailleurs.

À l’université

En 2008, la Western University a fait appel à la Options Clinic pour offrir des services de prévention et de dépistage du VIH ainsi que de counseling aux étudiants, sur le campus, toutes les deux semaines. Le nombre de tests de dépistages effectués dans cette clinique de proximité connaît des fluctuations. Le succès de la clinique dépend des efforts du vice-président des services aux étudiants, qui est responsable de la promotion de la clinique, de réserver une salle et de s’occuper des rendez-vous. Chaque année, un nouveau représentant est élu; or, si cette personne ne fait pas de la clinique une priorité, les statistiques démontrent une baisse de fréquentation.

Malgré les défis, la clinique à la Western University réussit à joindre de jeunes hommes gais et des étudiants de communautés africaines et caraïbéennes qui pourraient ne pas être à l’aise d’utiliser les services de santé sexuelle au point de service principal de la Options Clinic.

Dans les communautés autochtones

Lorsque cela est approprié, la Options Clinic se fait partenaire de la Stratégie autochtone ontarienne de lutte contre le VIH et le sida (OAHAS) pour offrir des services de prévention, de dépistage et de counseling en matière de VIH aux communautés autochtones. L’intervenant de proximité régionale de l’OAHAS dans l’Ouest ontarien est lui-même certifié pour effectuer le dépistage rapide aux points de service. Le partenariat consiste notamment à tenir des cliniques de dépistage dans les locaux d’organismes autochtones et lors de la Fierté de London où, en 2013, 25 % des personnes qui se sont fait dépister se sont identifiées comme étant autochtones.

Au début de ce partenariat, les conseillers de la Options Clinic ont organisé des cliniques à raison de deux fois par mois au Southwest Ontario Aboriginal Health Access Centre, un centre de santé autochtone, à London, qui fournit également des soins de santé dans deux réserves. Le coordonnateur du Programme de dépistage anonyme du VIH a également mis à profit des partenariats avec le Centre de l’amitié N’Amerind et les At^Lohsa Native Family Healing Services pour offrir des présentations sur le VIH à leurs clients. Les présentations, habituellement combinées avec un dîner, offrent aux Autochtones une occasion d’être mieux informés sur les répercussions du VIH dans leur communauté, avant de décider de se faire dépister. Les services de dépistage du VIH et de counseling sont offerts sur les lieux immédiatement après les présentations.

Le coordonnateur a constaté que la Options Clinic procédait à moins de tests au Southwest Ontario Aboriginal Health Access Centre que dans le contexte de la présence des conseillers pour des ateliers sur le VIH présentés aux locaux d’organismes de services pour Autochtones. On ne sait pas encore clairement pourquoi, mais en réponse à cette observation empirique, la Options Clinic a mis fin à ses cliniques de dépistage au Access Center, pour offrir plutôt des exposés sur le dépistage du VIH accompagnés du service proprement dit, dans des organismes autochtones, y compris le centre d’accès à la santé, N’Amerind et At^Lohsa. Le nombre d’Autochtones qui se font dépister pour le VIH est plus élevé ainsi.

Dans les communautés rurales

La Options Clinic et la Regional HIV/AIDS Connection ont amorcé un partenariat en 2007 afin d’offrir le dépistage anonyme du VIH dans les communautés rurales du Sud-ouest ontarien. La décision d’expansion du dépistage en communauté rurale a découlé d’une recommandation issue d’une démarche consultative qui faisait partie de la Stratégie ontarienne de lutte contre le VIH et le sida.

Ensemble, elles ont organisé une clinique pilote dans un lieu communautaire de Stratford, pour faire l’essai de leur partenariat et du lieu communautaire, et d’évaluer le taux de recours au dépistage anonyme dans les communautés rurales. Cette première clinique a connu un tel succès que les deux organismes collaborent depuis ce temps à offrir des services de proximité pour le dépistage dans des communautés rurales six fois l’an.

Dans le cadre de ce partenariat, le coordonnateur régional de la Regional HIV/AIDS Connection met à profit ses contacts dans des centres de santé communautaire, des cliniques communautaires et d’autres organismes communautaires en milieu rural, dans les comtés de Perth, Lambton, Huron, Elgin, Middlesex et Oxford, pour planifier les jours et heures d’ouverture des cliniques de proximité.

Des cliniques annuelles de proximité sont organisées dans les communautés où les taux de succès ont été bons au cours des années précédentes. Si le taux de participation est faible dans une communauté donnée, le coordonnateur régional cherche d’autres organismes dans des communautés différentes, pour offrir les cliniques. En 2013, dans un bassin de six cliniques, on a effectué 13 tests de dépistage. Le coordonnateur du Programme de dépistage anonyme du VIH a constaté que ces cliniques joignent des personnes à risque pour le VIH, notamment des hommes gais et hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, de même que des conducteurs de camions sur longue distance.

Incitatifs

Au sauna, au centre jeunesse et dans les organismes de services aux Autochtones, la Options Clinic et ses partenaires offrent des incitatifs au dépistage. Il s’agit de petits cadeaux, en général des cartes-cadeaux d’une valeur de moins de 10 dollars (et, au sauna, des laissez-passer pour un casier), qui sont considérés comme un moyen d’impliquer des clients qui pourraient être réticents à se faire dépister.

Les intervenants ne considèrent pas ces incitatifs comme étant coercitifs, mais plutôt comme un encouragement à prendre la décision difficile de se faire dépister. On offre ces incitatifs également pour encourager les personnes qui pourraient avoir besoin de refaire le dépistage fréquemment (les hommes qui fréquentent le sauna, par exemple) à continuer d’y recourir. On a observé, au Youth Action Centre, que le nombre de dépistages effectués connaît une baisse lorsqu’on n’a plus d’incitatifs à offrir; ceci donne à croire que les incitatifs font partie des raisons pour lesquelles certains jeunes décident de recourir au dépistage du VIH et au counseling.

Il n’a pas été nécessaire d’offrir des incitatifs au dépistage dans les cliniques de proximité en milieu rural; la possibilité de recevoir un dépistage anonyme est peut-être déjà un incitatif suffisant pour les gens de ces régions. Cela n’a pas été nécessaire non plus aux célébrations de la Fierté, à la Western University et chez Counterpoint, où les clients saisissent volontiers l’offre de dépistage.

Mode de fonctionnement des cliniques de proximité

Toutes les cliniques de proximité fonctionnent sans rendez-vous, sauf une. Les clients qui ont de la difficulté à prendre un rendez-vous et à s’y présenter peuvent, par conséquent, se faire dépister lorsque le moment leur convient. À chaque site, un employé est présent pour informer les clients de la disponibilité des services de counseling et de dépistage du VIH.

L’exception est la Western University, où les étudiants doivent prendre rendez-vous, vu la taille de la population étudiante et la faible probabilité qu’une personne qui souhaite se faire dépister passe par le site de la clinique par hasard.

La plupart des organismes partenaires desservent des clients qui sont susceptibles de se méfier des fournisseurs de soins de santé. Par conséquent, les conseillers doivent travailler à établir un lien de confiance avec les clients. Dans chaque site, ils font preuve de patience dans leurs rapports avec les individus; souvent, ils fournissent d’abord des services de prévention et d’éducation, afin de préparer l’individu à se faire dépister.

Toutes les cliniques de proximité appliquent les Guidelines for HIV Testing and Counselling du Gouvernement de l’Ontario, qui fournissent aux conseillers en matière de VIH un encadrement pour effectuer leur travail de façon appropriée. Les lignes directrices expliquent les éléments à couvrir lors du counseling prétest et post-test, fournissent un aide-mémoire pour le counseling, décrivent l’information en matière de rapports sexuels plus sécuritaires et de réduction des risques; une annexe contient de l’information sur le counseling pour les populations à risque – hommes gais, Autochtones, clients des communautés africaines, caraïbéennes et noires, et jeunes.

Une séance de dépistage dure habituellement 20 minutes. Le conseiller donne le counseling prétest, évalue le risque de la personne et lui explique le fonctionnement du test. Il effectue le dépistage rapide à l’aide du Test d’anticorps VIH-1 rapide INSTI, puis fait la lecture du résultat. Si le test est réactif (positif préliminaire), il offre au client la possibilité d’effectuer une prise de sang pour un dépistage de confirmation. La plupart des clients acceptent le test de confirmation, mais quelques-uns le refusent. Le conseiller demande à ces clients de consulter leur médecin de premier recours pour un dépistage de confirmation et pour être mis en contact avec des soins spécialisés pour le VIH.

Dans le cadre de leurs cliniques de proximité, les conseillers de la Options Clinic diagnostiquent l’infection à VIH chez environ deux clients, chaque année. Ceci correspond au taux observé (0,7 %) dans plusieurs cliniques anonymes ontariennes.

Arrimage aux soins

Les clients peuvent obtenir le résultat de leur test de confirmation en se rendant à une prochaine clinique de proximité ou en visitant le site fixe de la Options Clinic. Les conseillers peuvent faciliter l’arrimage aux soins à l’Infectious Diseases Care Program de St. Joseph’s Health Care (un hôpital de London) ou par le biais du London InterCommunity Health Centre. On dirige également des clients vers la Regional HIV/AIDS Connection pour des services de soutien psychosocial.