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TraitementSida : 175Numéro de volume : 21, Nombre de numéro : 5 2009 novembre I COMPLICATIONS ET EFFETS SECONDAIRES : B. Une étude française découvre par inadvertance un lien entre consommation de drogues et crise cardiaqueIl y a plusieurs années, les chercheurs responsables d’une énorme base de données d’observation appelées DAD (informations sur plus de 33 000 personnes vivant avec le VIH) annonçaient qu’ils avaient découvert un lien entre l’utilisation du médicament anti-VIH abacavir (Ziagen et dans Kivexa, Epzicom et Trizivir) et un risque accru de crise cardiaque. Ils annonçaient également qu’ils avaient découvert un lien entre la prise du ddI (Videx EC, didanosine) et une augmentation du risque de crise cardiaque. Comme nombre d’autres études n’avaient découvert aucun lien semblable entre l’abacavir et le risque de crise cardiaque (et aucune n’a trouvé de tel lien avec le ddI), les résultats préliminaires de l’étude DAD ont suscité une grande controverse pour les raisons suivantes :
Enfin, au moins deux grandes bases de données, soit la Base de données hospitalières française (informations sur plus de 77 000 personnes séropositives) et la base de données de la Veterans Administration (près de 20 000 personnes séropositives) n’ont pas trouvé d’association entre la prise de l’abacavir et un risque accru de crise cardiaque ou d’AVC. Selon une récente analyse de la Kaiser Permanente, une grande base de données située dans le nord de la Californie et abritant des fiches sur plus de 35 000 personnes séropositives, le risque de crise cardiaque et d’AVC aurait diminué considérablement depuis une décennie (1996 à 2008) pour retomber aux niveaux observés chez les personnes séronégatives. À propos de la base de données françaiseEn 1989, des médecins en France ont établi la Base de données hospitalières française (DBHF), dans laquelle on trouve maintenant de l’information sur la santé de plus de 77 000 personnes séropositives. Des chercheurs s’intéressant au VIH ont tenté d’évaluer le taux de crise cardiaque chez les patients séropositifs de la France en examinant les cas recensés entre 2000 et 2008. Leurs recherches ont révélé que 278 cas de crise s’étaient produits durant cette période, chiffre qui a été confirmé par un chercheur cardiologue. Il s’agit donc de 278 cas de crise cardiaque sur plus de 77 000 personnes, 80 % desquelles suivaient une multithérapie (communiqué personnel de Dominique Costagliola, PhD). Dominique Costagliola a récemment réanalysé la série de données la plus importante de la BDHF afin de relever des liens entre la survenue d’une crise cardiaque et n’importe lequel des médicaments anti-VIH suivants, couramment appelés analogues nucléosidiques :
Dans l’ensemble, aucun association statistiquement significative n’a été découverte entre la prise de ces analogues nucléosidiques — y compris l’abacavir — et un risque accru de crise cardiaque. Sachant que nombre de facteurs sont susceptibles de contribuer à une crise cardiaque et de pousser les médecins à tirer des conclusions erronées fondées sur des données biaisées, les chercheurs français se sont assurés de tenir compte des facteurs suivants :
Les chercheurs français ont également tenu compte de l’utilisation des médicaments anti-VIH suivants, au cas où ils auraient joué un rôle dans les crises cardiaques observées chez les patients recevant de l’abacavir :
Les chercheurs ont trouvé que ces médicaments n’avaient eu aucun effet significatif. Plein de facteurs de risque cardiovasculairesLes chercheurs français ont trouvé que sur 278 patients sous abacavir qui avaient eu une crise cardiaque, seulement cinq ne présentaient aucun facteur de risque de maladie cardiovasculaire. Cela veut dire que 98 % des patients sous abacavir qui avaient eu une crise cardiaque présentaient au moins un facteur de risque. En effet, on a découvert trois facteurs de risque ou plus chez une forte proportion (près de 40 %) des 278 personnes en question. Le rôle du VIHD’autres études ont permis de constater que le fait d’être infecté par le VIH semble être un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. Sur les 278 patients sous abacavir qui ont eu une crise cardiaque, 56 % avaient une charge virale détectable. Cela pourrait avoir joué dans la survenue d’une crise cardiaque chez ces patients. CocaïnePoussant leur analyse plus loin que les études précédentes, l’équipe française a vérifié spécifiquement si les patients sous abacavir qui avaient eu une crise cardiaque consommaient de la cocaïne ou d’autres substances, telles les drogues injectables. Qu’elle soit sniffée ou injectée, la cocaïne est un stimulant qui peut stresser le cœur. Puisque l’injection de drogues est un mode de transmission du VIH fréquent, il n’est pas surprenant de constater que certaines personnes séropositives consomment de la cocaïne et d’autres drogues illicites. Pour déterminer si la consommation de drogues a joué un rôle dans les crises cardiaques observées chez certains patients sous abacavir, les responsables de la BDHF ont effectué une autre analyse. Lorsqu’ils ont tenu compte de la consommation de cocaïne ou d’autres substances illicites, ils n’ont trouvé aucun lien entre la prise de l’abacavir et le risque de crise cardiaque. De plus, les chercheurs ont constaté que plusieurs personnes qui utilisaient de la cocaïne ou d’autres substances illicites présentaient également d’autres facteurs de risque cardiovasculaires. Il est possible que la combinaison de ces autres facteurs de risque et de la consommation de cocaïne ait augmenté grandement leur risque de crise cardiaque. En conclusion, l’équipe française a fait valoir que l’association des facteurs de risque classiques (cholestérol élevé, hypertension, etc.) et de la consommation de cocaïne et de drogues injectables créait des « facteurs de risque [de crise cardiaque] très forts chez les patients infectés par le VIH-1. » Ainsi, selon l’analyse la plus récente effectuée par l’équipe de la BDHF, il semble que la prise de l’abacavir ne soit pas liée statistiquement à une augmentation du risque de crise cardiaque, surtout quand on tient compte de la consommation de cocaïne et d’autres substances illicites. Il reste que les médecins qui suivent des patients séropositifs qui utilisent de la cocaïne ou d’autres substances illicites voudront peut-être éviter de leur prescrire de l’abacavir. RÉFÉRENCES:
Date d'affichage : 2009 December 18 Hosein SR |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |