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TraitementSida : 173

Numéro de volume : 21, Nombre de numéro : 4

2009 mai/juin

I AGENTS ANTI-VIH : C. Le raltégravir—résultats après deux ans

Les premiers essais cliniques sur le raltégravir ont duré relativement peu de temps. Puisque le raltégravir appartient à une nouvelle classe de médicaments anti-VIH, il est important que les patients qui en prennent soient suivis de près afin de pouvoir déceler des effets secondaires éventuels. Ainsi, les autorités réglementaires de l’Union européenne et des États-Unis ont demandé au fabricant du raltégravir, la société pharmaceutique Merck, de continuer à suivre l’état de santé des patients recevant ce médicament pendant cinq ans. Dans cet article, nous présentons les résultats obtenus lors de deux essais cliniques sur le raltegravir : Benchmrk 1 et Benchmrk 2.

Détails de l’étude

Le raltégravir a été utilisé par des personnes séropositives dont le VIH était résistant aux classes de médicaments anti-VIH couramment utilisées. Tous les participants ont reçu ce que les chercheurs qualifiaient d’un traitement de base optimisé (TBO), soit une combinaison de médicaments anti-VIH choisie en fonction des antécédents de traitement et du profil de résistance de chaque participant.

Les participants ont été affectés au hasard, selon un ratio de 2 : 1, à l’un des deux groupes suivants :

  • raltégravir 400 mg deux fois par jour et un traitement de base optimisé (TBO) : 466 participants
  • raltégravir factice (placebo) et un TBO : 237 participants

Le profil moyen des participants était le suivant au moment de leur admission à l’étude :

  • 12 % de femmes, 88 % d’hommes
  • 46 ans
  • compte de CD4+ – 120 cellules
  • charge virale – 50 000 copies

Résultats—après 96 semaines

Dans l’ensemble, les participants avaient une charge virale sous la barre des 50 copies dans les proportions suivantes :

  • raltégravir + OBT – 57 %
  • placebo + OBT – 26 %

Cette différence est significative du point de vue statistique, c’est-à-dire non attribuable au hasard seulement.

Les combinaisons vues de près

Dans cet essai clinique mené chez des patients déjà traités, ceux qui n’avaient pas utilisé antérieurement de nouveaux médicaments anti-VIH puissants—notamment le T-20 (Fuzeon) ou le darunavir (Prezista)—ont reçu ces derniers dans le cadre de leur TBO, ce qui leur a permis de voir leur charge virale chuter sous la barre des 50 copies dans les proportions suivantes :

  • raltégravir + OBT (comportant du T-20 et du darunavir) – 79 %
  • placebo + OBT (comportant du T-20 et du darunavir) – 63%

Lorsque le darunavir était le seul nouveau médicament puissant utilisé, les résultats ont été les suivants :

  • raltégravir + OBT (comportant du darunavir) – 71 %
  • placebo + OBT (comportant du darunavir) – 40 %

Si aucun nouveau médicament puissant n’était utilisé, les résultats virologiques (charge virale supprimée) ont été les suivants :

  • raltégravir + OBT – 57 %
  • placebo + OBT – 19 %

Ces résultats confirment que le raltégravir possède une puissante activité anti-VIH. De plus, lorsqu’il est utilisé en association avec d’autres médicaments actifs, les résultats s’améliorent.

Il faut se rappeler que les participants à cet essai clinique avaient déjà été traités et disposaient donc de moins d’options de traitement. Comme ils avaient un compte de CD4+ relativement faible (une moyenne de 120 cellules au début de l’étude), ces participants couraient un risque accru d’éprouver plusieurs problèmes de santé. Chose peu surprenante, quelques décès attribuables au sida ont été signalés. Toutefois, les événements suivants étaient moins susceptibles de se produire chez les personnes recevant du raltégravir :

  • infections récurrentes liées au sida
  • nouvelles infections liées au sida
  • décès

En moyenne, le compte de CD4+ des patients recevant du raltégravir a augmenté de 123 cellules après 96 semaines de traitement, comparativement à une augmentation de 49 cellules chez les participants sous placebo. Cette différence est significative du point de vue statistique.

Effets secondaires—dans l’ensemble

Comme tous les participants se portaient plutôt mal lors de leur admission à cet essai, ils étaient peut-être plus susceptibles aux effets secondaires. Vu que leur état de santé ne s’est pas beaucoup amélioré durant l’essai, il est possible que les patients sous placebo étaient plus sujets à des effets secondaires sérieux.

Effets secondaires—symptômes

Les effets secondaires suivants étaient plus fréquents chez les participants recevant le placebo :

  • diarrhée
  • nausée
  • maux de tête
  • vomissements

Cependant, les participants du groupe raltégravir se plaignaient plus souvent de fatigue.

Effets secondaires—tests de laboratoire

On a obtenu peu de résultats de laboratoire sérieusement anormaux au cours de cette étude. Il est difficile d’évaluer quels résultats anormaux étaient attribuables au raltégravir en se fondant sur les données fournies par la compagnie Merck. Par exemple, on a observé un taux de cholestérol élevé chez davantage de patients du groupe raltégravir (10 %) que chez les patients sous placebo (6 %). Toutefois, le raltégravir n’avait pas causé ce genre de problème lors des essais cliniques antérieurs. De plus, ces problèmes de cholestérol auraient pu être causés par d’autres médicaments faisant partie des TBO des patients, dont plusieurs comportaient probablement du ritonavir (Norvir). De toute façon, cette différence n’est pas significative du point de vue statistique.

Résumé

Utilisé dans le cadre d’une multithérapie antirétrovirale, le raltégravir a fait preuve d’une efficacité considérable et durable durant cette étude. Chez les participants ayant reçu un TBO comportant des médicaments anti-VIH actifs, jusqu’à 79 % de ceux qui ont pris du raltégravir avaient une charge virale sous la barre des 50 copies après deux ans de traitement. De façon générale, le raltégravir était bien toléré.

RÉFÉRENCE :

  1. Steigbigel R, Cooper D, Eron J, et al. 96-week results from BENCHMRK 1 and 2, Phase III studies of raltegravir in patients failing ART with triple-class-resistant HIV. In: Program and abstracts of the 16th Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, February 8-11, 2009, Montreal, Canada. Abstract 571b.

Date d'affichage : 2009 June 9

Hosein SR

 

Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS