![]() |
![]() |
![]() |
|
TraitementSida : 175Numéro de volume : 21, Nombre de numéro : 5 2009 novembre I COMPLICATIONS ET EFFETS SECONDAIRES : E. Risques cardiovasculaires et traitement du VIHLes résultats de ces études récemment publiées soulèvent des questions par rapport aux données de l'étude DAD. Il sera intéressant de voir ce que découvriront ces autres études au fur et à mesure que les chercheurs poursuivront leurs analyses au cours des prochains mois. Entre autres, les responsables de l'étude DAD ont annoncé en 2008 que l'utilisation du ddI (Videx EC, didanosine) était associée à une augmentation de presque 50 % du risque de crise cardiaque. Cependant, ce risque apparent a disparu l'année suivante. Cela laisse perplexe. Les résultats des études effectuées à partir de la Base de données hospitalières française et de la base de données de la Veterans Administration sont rassurants en ce qui a trait à l'innocuité de l'abacavir. Ces études ont souligné des facteurs de risque cardiovasculaires qui n'avaient pas été pris en considération auparavant, tels que l'insuffisance rénale chronique et la consommation de cocaïne et d'autres substances illicites. Toutefois, les résultats des études BDHF et VA ne vont pas jusqu'à infirmer les résultats de l'étude DAD. Ils devraient plutôt encourager les chercheurs à tenter de comprendre pourquoi celle-ci, ainsi qu'une petite étude randomisée sur l'interruption du traitement appelée SMART, ont trouvé un lien entre l'abacavir et un risque accru de crise cardiaque. De plus, comparativement aux études DAD, BDHF et VA, deux études randomisées relativement petites — BICOMBO et STEAL — ont donné des résultats contradictoires. Mentionnons aussi qu'une autre étude randomisée d'à peu près la même taille que les études STEAL et BICOMBO, appelée ARIES, a permis de constater que l'abacavir n'était pas associé à un risque accru de crise cardiaque quand il était utilisé avec ou sans l'atazanavir (Reyataz) potentialisé par le ritonavir (Norvir). Ces résultats contradictoires et les différences de conception entre ces études ont eu pour effet de semer la confusion, tant chez les médecins que chez les patients. S'il y a une bonne nouvelle associée à cette situation complexe, c'est la suivante : la proportion de patients ayant eu une crise cardiaque est relativement faible, soit moins de 2 %, quelle que soit la base de données en question (DAD ou DBHF). Cette nouvelle devrait rassurer les patients et leurs médecins : la crise cardiaque n'est pas un événement fréquent chez les PVVIH en multithérapie. Que faire?Lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes 2009 (CROI), le Dr Peter Reiss, membre du comité de direction de la DAD, a recommandé que les médecins s'abstiennent de prescrire de l'abacavir à leurs patients présentant un risque élevé de maladie cardiovasculaire. Voilà un plan d'action prudent. De plus, à en croire la plus récente analyse de la base de données française, les médecins voudront peut-être éviter de prescrire ce médicament à leurs patients qui consomment de la cocaïne ou qui s'injectent de la drogue. Les chercheurs tarderont peut-être à faire d'autres suggestions, jusqu'à ce qu'ils tirent au clair les résultats de divers essais cliniques et bases de données et qu'ils puissent avancer des conclusions solides. Tous les chercheurs qui ont participé aux études mentionnées dans cet article sont d'accord sur le point suivant : peu importe le traitement anti-VIH utilisé, il est important d'éliminer ou de réduire le plus possible tous les facteurs de risque cardiovasculaires modifiables et de s'engager à le faire continuellement. Grâce à la multithérapie, de nombreuses PVVIH ont le potentiel de connaître une espérance de vie quasi-normale, pourvu qu'elles aient un minimum d'autres complications. Pour réaliser ce potentiel, il faudra que leurs risques de crise cardiaque, d'AVC et d'autres complications soient pris en compte. RÉFÉRENCES:
Date d'affichage : 2009 December 18 Hosein SR |
|
| |
|
Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |