![]() |
![]() |
![]() |
|
TraitementSida : 173Numéro de volume : 21, Nombre de numéro : 4 2009 mai/juin I AGENTS ANTI-VIH : A. Retour d’un inhibiteur de la maturationAfin de pouvoir créer de nouvelles copies de lui-même, le VIH doit infecter des cellules du système immunitaire appelées cellules T CD4+. Une fois à l’intérieur de celles-ci, le VIH en prend le contrôle et les transforme en mini-usines à virus. L’action des médicaments anti-VIH consiste à interférer avec le processus de réplication du virus (les étapes menant à la production de nouveaux virus). La plupart de ces médicaments ciblent spécifiquement des enzymes virales et les empêchent de faire leur travail. Bien qu’il existe une vingtaine de médicaments approuvés pour le traitement du VIH, plusieurs d’entre eux ont une structure chimique semblable et appartiennent aux groupes suivants :
Puisque de nombreux médicaments anti-VIH appartiennent aux mêmes familles « chimiques », si le VIH acquiert une résistance à un membre d’une famille, il peut apprendre à résister aux autres membres de la famille aussi, du moins jusqu’à un certain degré. Ce phénomène s’appelle la résistance croisée et il peut avoir pour effet de limiter les options de traitement futures du patient concerné. La résistance croisée est un problème qui souligne le besoin de nouveaux traitements efficaces. Le bévirimatDes chercheurs américains ont mis au point un composé anti-VIH novateur appelé PA-457 ou bévirimat diméglumine. Ce médicament appartient à une nouvelle classe de médicaments appelés inhibiteurs de la maturation. Le bévirimat est le premier membre de cette nouvelle classe. Ce médicament a un passé douteux. Lorsqu’il a été mis au point par la société Panacos Pharmaceuticals Inc., les données préliminaires étaient prometteuses. Toutefois, le développement du bévirimat a ensuite stagné pendant plusieurs années parce que Panacos avait des problèmes. Entre autres, les chercheurs s’étonnaient de constater qu’une proportion considérable de leurs sujets séropositifs étaient résistants au bévirimat. C’était un phénomène bizarre puisque les inhibiteurs de la maturation du VIH n’avaient jamais été utilisés dans le cadre d’essais cliniques auparavant, alors les chercheurs étaient vraiment perplexes. Explication possible de cette résistance virale inattendue : chez certaines personnes, il semblerait que le VIH subisse des mutations naturelles qui rendent ces médicaments inefficaces dès le début. Myriad prend la relèvePanacos a ensuite vendu son médicament à une autre compagnie appelée Myriad Pharmaceuticals Inc., qui a son siège social à Salt Lake City. Myriad a rebaptisé le bévirimat le MPC-4326. Cette compagnie travaille aussi à la mise au point de deux autres inhibiteurs de la maturation appelés MPC-9055 et MPC-461359. De ces trois médicaments, le MPC-4326 (autrefois le bévirimat) en est au stade le plus avancé de son développement. Offert dans un premier temps sous forme liquide, le MPC-4326 existe désormais sous forme de comprimés, et ces derniers sont utilisés dans les essais cliniques. Afin de pouvoir poursuivre le développement du MPC-4326, Myriad doit trouver un moyen de prédire quelles personnes séropositives sont susceptibles de résister d’emblée à ce médicament. Selon des informations déjà rendues publiques, Myriad serait en train de nouer des liens avec Virco BVBA, une compagnie belge se spécialisant dans les outils diagnostiques, dans le but de mettre au point un test susceptible de détecter la résistance aux inhibiteurs de la maturation. Virco semble avoir développé un test de résistance génotypique qui permette de déceler la résistance au MPC-4326. Des chercheurs ont eu recours à ce test pour refaire l’analyse d’un nombre limité d’échantillons de sang recueillis lors d’essais cliniques précédents. Ils ont trouvé que des baisses considérables de la charge virale (environ 1,26 log) étaient possibles lorsque le MPC-4326 était utilisé chez des personnes qui n’y étaient pas résistantes. Espérons que les chercheurs apprendront à mieux interpréter les résultats de ce nouveau test au cours des prochains mois. Un essai clinique de phase 2b est prévu pour le MPC-4326 en Amérique du Nord plus tard cette année. Des personnes séropositives déjà traitées seront recrutées pour ce dernier. Les résultats d’un essai clinique précédent sur le MPC-4326 suggèrent que ce médicament est bien toléré, des maux de tête légers étant l’effet secondaire le plus courant. De nombreux médicaments anti-VIH sont dégradés dans le foie et les reins par plusieurs enzymes différentes. Le MPC-4326 offre l’avantage de ne pas être dégradé dans les voies enzymatiques habituelles du foie, ce qui laisse espérer une réduction des risques d’interactions médicamenteuses importantes. Le MPC-4326 est métabolisé dans le foie par la même famille d’enzymes (UGT) qui métabolisent d’autres médicaments anti-VIH comme le raltégravir (Isentress). Les reins participent très peu au métabolisme du MPC-4326. Par conséquent, très peu d’autres médicaments anti-VIH auront un impact sur la façon dont le MPC-4326 est métabolisé dans le corps. De plus, des études de laboratoire laissent croire que le MPC-4326 n’exerce aucun effet inhibiteur sur les enzymes hépatiques du cytochrome P450 3A4 qui métabolise de nombreux médicaments anti-VIH. Ainsi, il est peu probable que le MPC-4326 influence le métabolisme d’autres médicaments anti-VIH et qu’il ait un impact important sur leurs niveaux dans le corps. RÉFÉRENCES :
Date d'affichage : 2009 June 9 Hosein SR |
|
| |
|
Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |