![]() |
![]() |
![]() |
|
|
Supplément alimentaire La L-acétylcarnitine et la L-carnitine Qu’est-ce que la carnitine?
L’acétyl-L-carnitine (ALCAR) est une forme de carnitine qui pourrait jouer un rôle dans la prise en charge de la NP. Ce composé aide les mitochondries à bien fonctionner et semble également rehausser l’effet d’une substance chimique qui favorise la croissance des nerfs; il s’agit du facteur de croissance des nerfs. Des chercheurs en Angleterre ont réalisé une étude d’envergure sur ALCAR auprès de PVVIH atteintes de neuropathie périphérique. Ils ont constaté un certain degré de guérison des lésions nerveuses chez la plupart des PVVIH après la prise d’ALCAR à raison de 1,5 grammes deux fois par jour pendant une période allant jusqu’à 2,75 ans. Soixante-seize pour cent (76 %) des participants ont bénéficié d’une réduction significative de leur douleur. Comme il ne s’agissait pas d’un essai clinique contrôlé comparant ALCAR à un placebo ou à une autre substance, les chercheurs ne pouvaient affirmer avec certitude que la réduction de la douleur était attribuable à ALCAR. Pour éclairer cette question, des études contrôlées contre placebo sur ALCAR se poursuivent dans l’Union européenne et à Vancouver, Canada. Lors de l’étude britannique, l’analyse des échantillons de peau a révélé que les fibres nerveuses recommençaient à croître après six mois de traitement par ALCAR. Plus le traitement durait, plus la croissance des nerfs était importante. Les fibres nerveuses croissent lentement, donc il est clair que la réparation des lésions nerveuses met plusieurs mois, voire des années, à se faire remarquer. Aucun changement significatif dans le nombre de cellules CD4+ ou CD8+ ou la charge virale n’a été constaté pendant cette étude. Selon l’équipe de recherche, ALCAR pourrait avoir favorisé la guérison des nerfs pour les raisons suivantes :
Deux études randomisées, contrôlées contre placebo, ont permis de constater que la prise de 500 mg ou de 1000 mg d’ALCAR par jour contribuait à maîtriser la NP chez des personnes séronégatives atteintes de diabète. 2. Réduction du taux d’acide lactique dans le sang. Les personnes qui utilisent des médicaments anti-VIH appartenant à la classe des analogues nucléosidiques sont susceptibles de présenter un taux d’acide lactique anormalement élevé dans le sang. Si le taux d’acide lactique devient très élevé, les signes et les symptômes suivants d’une affection appelée acidose lactique peuvent se manifester :
3. Réduction des taux de triglycérides et/ou de cholestérol supérieurs à la normale. La présence de trop de cholestérol et de triglycérides dans le sang augmente le risque de maladie cardiovasculaire. Dans le cadre d’un petit essai contrôlé mené chez des personnes séropositives, la carnitine a provoqué une chute significative du taux de cholestérol après deux semaines de traitement par une dose quotidienne de 6 grammes. Cependant, l’étude en question a eu lieu en 1993, alors que l’AZT était le seul antirétroviral en usage. En 2001, les résultats d’une étude pilote menée à Montréal ont été publiés. Dans le cadre de cette dernière, 16 PVVIH en multithérapie ont pris 3 grammes de carnitine par jour. Leur taux de triglycérides a diminué significativement dès le premier mois de l’étude, et une réduction totale de 35 % a été constatée à la fin de l’étude. Chez 70 % des participants, le taux de triglycérides était revenu à la normale à la fin de l’étude. Lors d’une étude allemande réalisée la même année, la prise de 1 gramme par jour de L-carnitine pendant trois mois a permis de réduire le taux de cholestérol, mais pas celui des triglycérides, chez 12 PVVIH. 4. Prévention de la perte de masse musculaire et l'épuisement Certaines personnes séropositives se servent de suppléments de carnitine pour combattre la perte de masse musculaire et l'épuisement résultant de la consommation de médicaments anti-VIH. En 1994, une étude portant sur 21 hommes souffrant de myopathie (affection des muscles) liée à l'AZT a montré que leur tissu musculaire avait été endommagé et que des lipides (graisses) s'étaient accumulés à l'intérieur. L'étude a également permis de constater que les muscles qui étaient les plus endommagés étaient ceux où la teneur en carnitine était la plus basse. Selon une étude de laboratoire effectuée la même année, les suppléments de carnitine pourraient produire une amélioration dans les cas de myopathie liée à l'AZT, mais aucun essai n'a porté sur des personnes séropositives. 5. Ralentissement ou atténuation de la fonte de graisse La L-carnitine a été testée en Allemagne à titre de traitement de la perte de graisse corporelle que peut causer le syndrome de lipodystrophie lié au VIH. Douze PVVIH ont reçu 1 gramme de L-carnitine deux fois par jour pendant trois mois. Malheureusement, ce supplément n’a pas contribué à prévenir la perte de graisse, même si le taux de cholestérol a baissé significativement (mais pas celui des triglycérides). Des chercheurs à l’Université de Modena en Italie prévoient mener un essai clinique sur une dose quotidienne d’acétyl-L-carnitine de 3 grammes afin d’évaluer son impact éventuel sur le syndrome de lipodystrophie. Ils ont décidé de procéder à un essai chez des humains parce qu’ils avaient déjà obtenu des résultats prometteurs dans le cadre d’études de laboratoire sur des cellules, des analogues nucléosidiques et ALCAR. Lors de ces dernières, les chercheurs italiens ont trouvé que ce supplément parvenait à prévenir partiellement les lésions causées par le d4T et l’AZT (Giovanni Guaraldi MD, communiqué personnel). Pour en savoir plus sur la lipodystrophie et la prise en charge des effets secondaires des médicaments anti-VIH, veuillez lire Un guide pratique des effets secondaires des médicaments anti-VIH de CATIE à http://www.catie.ca/sideeffects_f.nsf. Accessibilité La compagnie italienne Sigma-Tau fabrique deux présentations de la carnitine, à savoir :
La posologie habituellement recommandée aux PVVIH est de 500 mg à 3 000 mg (3 grammes) par jour. On peut la prendre en plusieurs doses avec des aliments. Effets secondaires 1. Effets gastrointestinaux Nausées, vomissements et diarrhées, notamment chez les personnes qui en prennent à raison de plus de 4 grammes par jour. 2. Effets neurologiques Certaines personnes auraient eu des convulsions lorsqu’elles utilisaient des suppléments de carnitine et ce, indépendamment de tout antécédent à cet égard. 3. Hormones thyroïdiennes La thyroïde produit des hormones appelées T3 (triiodothyronine) et T4 (thyroxine). Les hormones thyroïdiennes aident le corps à produire de l’énergie et à réguler sa température. Dans les expériences de laboratoire, la L-carnitine empêche les cellules de répondre normalement à ces hormones. Lors d’études menées chez des personnes séronégatives, une dose quotidienne de 2 à 4 grammes de L-carnitine aurait réduit les taux d’hormones thyroïdiennes. Nous ignorons quel effet les doses plus faibles de carnitine pourraient avoir sur le niveau de ces hormones. Si les taux d’hormones thyroïdiennes passent sous le seuil normal, plusieurs symptômes peuvent se produire, y compris les suivants :
4. Grossesse La carnitine n’a pas été étudiée chez des femmes enceintes. Ainsi, le fabricant recommande que ce supplément ne soit utilisé par cette population que lorsque le besoin est clair. Interactions médicamenteuses Informez toujours votre médecin et les autres membres de votre équipe de soins de tous les médicaments (de prescription ou en vente libre), les plantes médicinales et les suppléments que vous prenez. La carnitine pourrait interférer avec les médicaments suivants :
Références Carnitor (levocarnitine). Product Monograph. Compendium of Pharmaceutical Specialties 2005. Vaz FM and Wanders RJ. Carnitine biosynthesis in mammals. Biochemical Journal 2002;361(Pt 3):417-429. De Simone C, Tzantzoglou S et al. L-carnitine deficiency in AIDS patients. AIDS 1992;6:203-5. De Simone C et al. Carnitine depletion in peripheral blood mononuclear cells from patients with AIDS: Effect of oral L-carnitine. AIDS 1994;8:655-660. Vilaseca MA, Artuch R, Sierra C, et al. Low serum carnitine in HIV-infected children on antiretroviral treatment. European Journal of Clinical Nutrition 2003;57(10):1317-1322. Famularo G, De Simone C. Carnitine stands on its own in HIV infection treatment. Archives of Internal Medicine 1999 May;159:1143-4. Evans AM and Fornasini G. Pharmacokinetics of L-carnitine. Clinical Pharmacokinetics 2003;42(11):941-967. Famularo G, Moretti S et al. Acetyl-carnitine deficiency in AIDS patients with neurotoxicity on treatment with antiretroviral nucleoside analogues. AIDS 1997 Feb;11(2):185-90. Ilias I, Manoli I, Blackman MR, et al. L-Carnitine and acetyl-L-carnitine in the treatment of complications associated with HIV infection and antiretroviral therapy. Mitochondrion 2004; 4(2-3):163-8. Sima AA, Calvani M, Mehra M, et al. Acetyl-L-carnitine improves pain, nerve regeneration, and vibratory perception in patients with chronic diabetic neuropathy: an analysis of two randomized placebo-controlled trials. Diabetes Care 2005;28(1):89-94. Hart AM, Wilson AD, Montovani C, et al. Acetyl-l-carnitine: a pathogenesis based treatment for HIV-associated antiretroviral toxic neuropathy. AIDS 2004;18(11):1549-1560. Vrouenraets SM, Treskes M, Regez RM, et al. Hyperlactataemia in HIV-infected patients: the role of NRTI-treatment. Antiviral Therapy 2002;7(4):239-244. Brinkman K, Vrouenraets S, Kauffmann R, et al. Treatment of nucleoside reverse transcriptase inhibitor-induced lactic acidosis. AIDS 2000;14(17):2801-2802. Carter RW, Singh J, Archambault C, and Arrieta A. Severe lactic acidosis in association with reverse transcriptase inhibitors with potential response to L-carnitine in a pediatric HIV-positive patient. AIDS Patient Care and STDs. 2004;18(3):131-134. Claessens YE, Cariou A, Monchi M, et al. Detecting life-threatening lactic acidosis related to nucleoside-analog treatment of human immunodeficiency virus-infected patients, and treatment with L-carnitine. Critical Care Medicine 2003;31(4):1042-1047. Muller DM, Seim H, Kiess W, et al. Effects of oral L-carnitine supplementation on in vivo long-chain fatty acid oxidation in healthy adults. Metabolism 2002;51(11):1389-1391. De Simone C, Tzantzoglou S et al. High-dose L-carnitine improves immunologic and and metabolic parameters in AIDS patients. Immunopharmacology and Immunotoxicology 1993;15(1):1-12. Loignon M and Toma E. L-Carnitine for the treatment of highly active antiretroviral therapy-related hypertriglyceridemia in HIV-infected adults. AIDS 2001;15(9):1194-1195. Mingrone G. Carnitine in type 2 diabetes. Annals of the New York Academy of Sciences 2004;1033: 1033:99-107. Myers C. Carnitine - updated. 1998 Feb. Available at: http://www.catie.ca/myers.nsf Myers C. Day L, Shikuma C and Gerschenson M. Acetyl-L-carnitine for the treatment of HIV lipoatrophy. Annals of the New York Academy of Sciences 2004;1033:139-46. Dalakas MC, Leon-Monzon MEL et al. Zidoudine-induced mitochondrial myopathy is associated with muscle carnitine deficiency and lipid storage. Annals of Neurology 1994 April;35(4):482-7. Georges B, Galland S, Rigault C, et al. Beneficial effects of L-carnitine in myoblastic C2C12 cells. Interaction with zidovudine. Biochemical Pharmacology 2003;65(9):1483-1488. Mauss S and Schmutz G. L-Carnitine in the treatment of HIV-associated lipodystrophy syndrome. HIV Medicine 2001;2(1):59-60. Benvenga S, Amato A, Calvani M and Trimarchi F. Effects of carnitine on thyroid hormone action. Annals of the New York Academy of Sciences 2004;1033:158-67. Bachmann HU and Hoffmann A. Interaction of food supplement L-carnitine with oral anticoagulant acenocoumarol. Swiss Medical Weekly 2004;134(25-26):385. Ferraresi R, Troiano L, Roat E, et al. Protective effect of acetyl-l-carnitine on oxidative damage induced by antiretroviral drugs. Program and abstracts of the 7th International workshop on adverse drug reactions and lipodystrophy in HIV; 13-16 November, 2005. Dublin, Ireland. Poster 84. | |
2006 Auteur(s) : Hosein SR Revu par : Matthias Banasch MD Traduction : Boutilier A
| |
|
|
|
| |
|
Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS
| |