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Deuxième partie - Le traitement de VIH et le sida

Quand amorcer un traitement pharmaceutique?

Il est maintenant temps d’aborder le sujet de la multithérapie antirétrovirale. Même si les meilleures combinaisons de médicaments anti-VIH ne peuvent guérir l’infection au VIH, elles contribuent d’ordinaire à supprimer le virus, à favoriser une restauration immunitaire considérable et à retarder ou à renverser la progression de la maladie. Lorsqu’une combinaison de médicaments efficace est trouvée, le déclin de l’immunité qui se serait poursuivi en l’absence de médicaments est souvent arrêté et, de façon générale, la fonction immunitaire se rétablit suffisamment pour prévenir les infections opportunistes et restaurer un bon état de santé. Hélas, un nombre croissant de préoccupations concernant la toxicité à long terme des médicaments et des problèmes associés au maintien de l’observance thérapeutique à long terme – condition primordiale à la prévention de la résistance – ont fait en sorte qu’il soit plus difficile que jamais de prendre des décisions concernant le choix de médicaments, ainsi que le moment de commencer le traitement, de le modifier, de l’interrompre, de l’arrêter, etc.

Choisir à quel moment commencer un traitement pharmaceutique contre le VIH peut être une décision extrêmement difficile. Il n’y a pas de règle absolue concernant l’amorce d’une multithérapie. Lorsque les trithérapies ont fait leur apparition en 1996, plusieurs experts ont recommandé que le traitement commence le plus tôt possible. Ils ont même adopté le slogan « frappez tôt, frappez fort ». Selon leur raisonnement, il fallait utiliser des médicaments puissants pour protéger et préserver le plus possible le système immunitaire. Depuis quelques années, l’avis des experts à ce sujet a évolué pour tenir compte des nouvelles données en ce qui concerne les effets secondaires à long terme et la résistance médicamenteuse. Ce nouveau point de vue pourrait se résumer ainsi : « frappez plus tard, frappez prudemment ».

Soucieux de fournir des repères face à cette question, des groupes d’experts de partout au monde se rencontrent régulièrement afin de formuler des recommandations concernant le traitement du VIH. Ces recommandations évoluent au fur et à mesure que la recherche éclaire de nouveaux aspects de l’infection. Les lignes directrices thérapeutiques sont des documents longs et complexes, et les opinions des experts diffèrent quelque peu d’un groupe à l’autre. Il n’empêche qu’on peut résumer comme suit les recommandations concernant l’amorce d’un traitement aux divers stades de l’infection au VIH :

  • Primo-infection (infection aiguë).
L’objectif d’un traitement amorcé à ce stade consiste à préserver le plus haut niveau de fonction immunitaire possible et, potentiellement, à favoriser le maintien, à vie, d’une faible charge virale grâce à l’amélioration de la faculté de l’organisme de lutter contre le virus. Les bienfaits d’un traitement amorcé à ce stade demeurent théoriques parce que très peu d’études ont été menées pour éclairer cette question. Cependant, les résultats de quelques recherches réalisées jusqu’à date permettent de croire qu’un traitement amorcé à ce stade et qui se poursuit quelque temps (pas nécessairement à vie, bien que la durée de traitement varie selon les affirmations des chercheurs) pourrait, en effet, contribuer à préserver la fonction immunitaire. Les recherches devront se poursuivre pendant plusieurs années avant qu’on puisse connaître l’efficacité et l’innocuité à long terme d’une telle approche thérapeutique.
  • Infection asymptomatique (numération des CD4+ entre 200 et 500 cellules).
Certains médecins et patients préfèrent reporter le traitement à ce stade, alors que d’autres le commenceront. Le moment précis où le traitement est proposé varie d’un médecin à l’autre mais est le plus souvent fondé sur l’évaluation d’une combinaison de plusieurs facteurs, dont :
    • le nombre de cellules CD4+
    • la charge virale
    • la présence de symptômes et d’autres problèmes liés au VIH
    • la volonté et l’aptitude du patient à se conformer aux exigences de la multithérapie

D’ordinaire, les médecins qui retardent le début du traitement font analyser plus fréquemment la charge virale et la numération des CD4+ afin de relever toute nouvelle tendance. À ce stade, il est probable que les changements dans le nombre de cellules CD4+ revêtent une plus grande importance que la charge virale en ce qui a trait aux décisions relatives au traitement (consultez la section « L’interprétation des changements dans le nombre de cellules immunitaires »). La plupart des experts recommandent que le traitement soit reporté si la numération des CD4+ est supérieure à 350 cellules, notamment si la charge virale se situe à moins de 55 000 copies et que le patient se porte bien. Plusieurs médecins proposent l’amorce d’un traitement aux patients dont les CD4+ se situent entre 200 et 350 cellules, compte tenu d’autres facteurs énumérés ci-dessus (symptômes, volonté du patient, etc.). Vous êtes un facteur important en ce qui concerne la décision de commencer un traitement anti-VIH. Discutez de votre situation et de vos sentiments avec votre médecin.
  • Infection symptomatique (numération des CD4+ inférieure à 200 cellules).
Il est possible que les personnes ayant présenté une maladie définissant le sida ou des symptômes d’une infection chronique au VIH puissent encore bénéficier d’une multithérapie. Signalons que même un système immunitaire gravement endommagé peut se rebâtir considérablement.

Si vous avez accès à Internet, vous pourrez consulter les recommandations thérapeutiques les plus récentes dans les sites suivants (en anglais) :
    • British Columbia Centre for Excellence in HIV/AIDS — Therapeutic Guidelines for HIV/AIDS and Related Conditions:
      http://www.cfenet.ubc.ca
 

Edition Revisée (2006)


 

Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS