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Nouvelles-CATIE : Bulletins de nouvelles concis sur le VIH/sidaLe VIH et l’hépatite C en AlbertaDes chercheurs de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et des Alberta Health Services ont mené une étude auprès d’une cohorte de consommateurs de drogues injectables afin de mieux comprendre les épidémies du VIH et de l’hépatite C (VHC) chez cette population. L’équipe s’est concentrée sur la ville d’Edmonton et y a découvert des taux relativement élevés de VIH et de VHC chez les utilisateurs de drogues injectables (UDI). Dans leur rapport, les chercheurs affirment que les UDI ont des « besoins complexes » et font valoir que les programmes visant à aider cette communauté à surmonter nombre de problèmes – toxicomanie, problèmes de santé physique et mentale et autres – doivent se poursuivre. Détails de l’étudeEn 2005, des chercheurs ont recruté des UDI d’Edmonton dans le cadre d’une étude canadienne appelée I-Track. Cette étude a été conçue par l’ASPC pour évaluer les comportements à risque élevé et les taux d’infections virales comme le VIH et l’hépatite C chez les UDI canadiens. Des échantillons de sang ont été recueillis et analysés dans les Laboratoires nationaux du VIH et de rétrovirologie de l’ASPC. Puisque le dépistage du VIH s’est fait de façon anonyme, les participants n’ont pas reçu leurs résultats, car les chercheurs n’étaient pas en mesure d’associer un résultat quelconque à une personne en particulier. Les participants qui le voulaient avaient cependant l’option de se faire tester pour le VIH et le VHC dans le cadre de programmes de dépistage régionaux qui se déroulaient parallèlement à l’étude de l’ASPC. Le personnel infirmier de l’étude a interviewé les participants au sujet de leur vie et de leurs comportements. Les chercheurs ont recruté 275 participants ayant le profil moyen suivant :
Résultats—consommation de droguesLes deux substances les plus consommées au cours des six mois précédents étaient les suivantes :
La substance non injectée la plus utilisée était la suivante :
L’accent sur l’injectionLes chercheurs ont trouvé que les hommes étaient susceptibles de commencer à s’injecter dès un âge plus jeune (18 ans) que les femmes (21 ans). Environ 22 % des participants disaient s’injecter de la drogue entre deux et cinq fois par jour. Environ 75 % des participants affirmaient s’injecter le plus souvent avec une autre personne. Les femmes étaient plus susceptibles de s’injecter avec un partenaire régulier (34 %) que les hommes (14 %). Neuf pour cent des participants avaient partagé des aiguilles au cours des six mois précédents. Les femmes étaient environ cinq fois plus susceptibles de partager leur matériel que les hommes. Quatre-vingt-deux pour cent (82 %) des participants avaient eu recours aux services d’un centre d’échange de seringues à un moment donné au cours des six mois précédents; certaines personnes avaient souvent recours à ce genre de service, comme suit :
Rapports sexuelsQuatre-vingt-cinq pour cent (85 %) des participants disaient avoir eu un partenaire sexuel au cours des six mois précédents. Dans la plupart des cas, il s’agissait d’un partenaire régulier. Chez les participants qui avaient eu des rapports sexuels avec des partenaires passagers, les femmes étaient plus susceptibles d’avoir reçu de l’argent en échange d’un service sexuel (34 %) que les hommes (3 %). Par contre, les hommes étaient plus nombreux à avoir payé des services sexuels (6 %) que les femmes (0 %). Lors de leur rapport sexuel le plus récent, les femmes avaient été moins nombreuses à utiliser un condom (40 %) que les hommes (58 %). L’accent sur le VIHEnviron 24 % des participants étaient séropositifs et 92 % d’entre eux disaient avoir été testés auparavant. Chez les participants dont le test précédent avait été négatif, six nouveaux cas de VIH ont été détectés. Chez les 65 participants qui se disaient séropositifs, la plupart affirmait recevoir des soins médicaux, mais seulement 40 % d’entre eux suivaient un traitement anti-VIH. Risques à l’égard du VIHChez les femmes, le fait de travailler dans l’industrie du sexe augmentait de trois fois le risque de séropositivité. Les hommes qui avaient recours aux centres d’échange de seringues ou qui étaient plus âgés étaient plus susceptibles d’être séropositifs. L’accent sur le VHCLes tests de dépistage du VHC se sont avérés positifs chez environ 66 % (181) des participants. Sur ces derniers, 54 % signalaient qu’ils faisaient l’objet d’un suivi pour cette infection. Toutefois, seulement 3 % des personnes porteuses du VHC recevaient un traitement contre cette infection. Les chercheurs ont trouvé que les hommes qui avaient commencé à s’injecter de la drogue dès un jeune âge étaient plus susceptibles d’avoir contracté le VHC. Cette tendance n’a pas été observée chez les femmes. Étonnée par les données de l’étude albertaine, l’équipe de recherche ne pouvait expliquer pourquoi les programmes d’échange de seringues ne semblaient pas avoir un plus grand impact sur la prévention de la transmission du VIH. Il faut cependant se rappeler que le rapport en question est fondé sur une étude transversale, qui est un peu comme une image captée à un moment précis. (Les chercheurs n’ont pas suivi les participants sur une longue période, ce qui aurait été plus complexe et plus cher.) Du point de vue statistique, les études transversales sont utiles pour relever des associations, mais elles ne permettent pas de prouver de manière concluante les liens de cause à effet. Ainsi, on ne peut se fier à cette étude pour évaluer l’impact des programmes d’échange de seringues à Edmonton. Étant donné les liens qui existent entre l’injection de drogues et le travail sexuel, les chercheurs se doutent bien que le VIH s’est transmis plus souvent par les rapports sexuels non protégés que par le partage d’aiguilles chez les participants de cette étude. En effet, selon Alberta Health and Wellness (ministère de la Santé de la province), le VIH se transmet principalement par les rapports sexuels non protégés dans cette province depuis 2002. Au-delà des aiguillesL’équipe de recherche a affirmé que les comportements plus sécuritaires en matière d’injection de drogues ont probablement joué un rôle pour réduire la propagation du VHC. Il reste que le partage d’aiguilles et d’autre matériel d’injection n’est qu’une seule manière de transmettre les pathogènes. Dans le cadre de l’étude albertaine, 22 % des participants ont dévoilé que le crack était couramment utilisé (probablement sous sa forme fumée). Il est donc possible que le partage du matériel utilisé pour fumer du crack — rappelons que les pipes risquent de causer des fissures ou des plaies sur les lèvres — pourrait aussi transmettre le VIH et d’autres microbes. Selon les chercheurs, il vaudrait la peine d’explorer l’impact des « trousses de consommation [plus] sécuritaire du crack [sur la propagation du VIH et du VHC] » dans le cadre d’une étude future. AutochtonesLes chercheurs ont constaté que la plupart des personnes inscrites à l’étude edmontonienne étaient d’ascendance autochtone, alors que les Autochtones ne représentent que 5 % de la population de l’Alberta. Cette surreprésentation d’Autochtones affectés par nombre de problèmes entrecroisés comme la toxicomanie et les infections transmises par le sang a été constatée à d’autres sites de l’étude I-Track à Regina et à Winnipeg. Au Canada, après les Blancs, les Autochtones constituent le groupe ethnique le plus durement touché par le VIH. Selon l’équipe de recherche, toutes les données confirment ceci : « …[Il y a] un besoin d’engagement et de soutien au développement et à la mise sur pied de stratégies visant la prévention et le contrôle [des maladies] chez les Autochtones du Canada. » On doit présumer que des personnes et des organismes autochtones seront invités à collaborer étroitement à l’élaboration de ce genre de stratégies. Les plans en question devront aborder une grande gamme de problèmes qui affectent la santé et le bien-être des Autochtones du 21e siècle, afin que leurs communautés puissent devenir plus fortes et plus résilientes. —Sean R. Hosein RÉFÉRENCE :
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Date d'affichage: 05/07/2010 |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |