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Nouvelles-CATIE : Bulletins de nouvelles concis sur le VIH/sidaUne étude contrôlée contre placebo révèle les bienfaits du zinc à faible doseLe système immunitaire a besoin de faibles quantités de zinc pour bien fonctionner. Des études de laboratoire et sur des animaux ont permis de constater que le zinc jouait un rôle dans les activités suivantes :
Les résultats d’essais cliniques menés dans des pays à faible revenu laissent croire que les suppléments de zinc peuvent aider à réduire les risques de pneumonie et de diarrhée chez les enfants séronégatifs. Cependant, les essais cliniques sur les suppléments de zinc menés chez des personnes séropositives ont jusqu’à présent donné des résultats mitigés. Une équipe de Miami dirigée par la chercheuse Mariana Baum, PhD, a mené une étude contrôlée contre placebo de 18 mois pour évaluer les effets des suppléments de zinc à faible dose chez des personnes vivant avec le VIH. Les résultats sont clairs : comparativement au placebo, le zinc a aidé à maintenir le compte de cellules CD4+ et à réduire de 50 % la proportion de personnes souffrant de diarrhée. Détails de l’étudeEntre 2002 et 2005, les chercheurs ont recruté 231 personnes séropositives et les ont affectées au hasard à deux groupes pour recevoir un des traitements suivants :
Ni les participants ni les chercheurs – à l’exception d’un pharmacien et d’un statisticien – ne savaient qui recevait du zinc et qui recevait le placebo. Avant la randomisation, les chercheurs ont mesuré le taux de zinc des participants pressentis. Seules les personnes ayant un taux de zinc inférieur à 0,75 mg/l dans leur sang ont été inscrites à l’étude. De plus, puisque le taux de zinc chute temporairement lors des infections aiguës, on a mesuré le taux de hsCRP (protéine C-réactive à haute sensibilité) des participants au début de l’étude et à intervalles réguliers par la suite. Rappelons que le taux de hsCRP est un marqueur utile de l’inflammation causée par les infections aiguës. Les participants ont été interviewés et examinés au début de l’étude et tous les six mois par après. Des échantillons de sang et d’urine ont été recueillis régulièrement à des fins d’analyse. L’objectif principal de l’étude consistait à évaluer l’impact du zinc sur l’« échec immunologique » (terme employé par les chercheurs), c’est-à-dire un compte de CD4+ glissant sous la barre des 200 cellules. Le profil moyen des participants au début de l’étude était le suivant :
La majorité des participants s’injectait des drogues illégales, notamment de la cocaïne et des opiacés. De plus, les chercheurs ont constaté des taux de consommation élevés de drogues légales comme le tabac et l’alcool. Résultats—comptes de CD4+Les participants ont complété les 18 mois de l’essai clinique dans les proportions suivantes :
Compte tenu de facteurs comme l’âge, le sexe, l’accès à la nourriture, la charge virale et la prise d’antirétroviraux, l’équipe a constaté que les personnes recevant du zinc étaient moins susceptibles d’éprouver un échec virologique (compte de CD4+ chutant sous les 200 cellules), comparativement au groupe placebo. Résultats—diarrhéeAu début de l’étude, 32 % des participants disaient souffrir de diarrhée. Au fil du temps, la proportion de participants éprouvant ce problème a chuté de plus de 50 % dans le groupe zinc. Ce changement a été observé dès le 12e mois et s’est maintenu jusqu’à la fin de l’étude. Résultats—autres infectionsLors de certaines études menées dans des pays à faible revenu, les suppléments de zinc auraient réduit les taux de tuberculose et d’autres infections pulmonaires. Toutefois, dans la présente étude, le nombre d’infections pulmonaires était trop faible pour pouvoir tirer des conclusions solides à cet égard. La charge virale en VIH n’a pas été influencée par les suppléments de zinc. Résultats—effets secondaires et décèsLes participants n’ont fait état d’aucun effet secondaire, sans doute en raison de la faible dose de zinc utilisée. Onze personnes du groupe zinc sont mortes, ainsi que huit personnes du groupe placebo. Cette différence n’est pas significative du point de vue statistique. Analyses du sous-groupeLes chercheurs ont analysé des données recueillies auprès d’un sous-groupe de 40 personnes — 20 personnes recevant le placebo et 20 autres recevant du zinc. Tous les participants en question suivaient une multithérapie qui avait supprimé leur charge virale. Quatre cas d’échec immunologique (compte de CD4+ sous la barre des 200 cellules) se sont produits dans ce sous-groupe, chacun chez une personne recevant le placebo. Cette différence entre le groupe zinc et le groupe placebo est significative du point de vue statistique, c’est-à-dire non attribuable au hasard seulement. Début difficileSelon l’équipe de recherche, les participants recrutés pour cet essai présentaient plusieurs facteurs associés à une faible reconstitution immunitaire, à savoir :
Malgré ces obstacles, les chercheurs maintiennent que les suppléments de zinc à faible dose procuraient « des bienfaits immunologiques et cliniques, malgré une charge virale détectable persistante en VIH chez la majorité des participants. » Le taux d’observance au traitement au zinc ou au placebo était plus élevé que le taux d’observance aux antirétroviraux, probablement pour les raisons suivantes évoquées par les chercheurs :
Selon cette équipe de Miami, ces résultats peuvent être extrapolés à d’autres populations séropositives chez lesquelles on a documenté une carence en zinc, comme les suivantes :
Les chercheurs encouragent les médecins à envisager d’ajouter des suppléments de zinc à faible dose au traitement antirétroviral des leurs patients séropositifs. En conclusion, il est à noter que les bienfaits potentiels du zinc ont été confirmés dans un éditorial signé par des chercheurs de l’Université Harvard et publié dans la revue Clinical Infectious Diseases. —Sean R. Hosein RÉFÉRENCES :
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Date d'affichage: 05/25/2010 |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |