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Nouvelles-CATIE : Bulletins de nouvelles concis sur le VIH/sidaLa grippe H1N1 cause la mort d’une femme séropositiveLe virus pandémique H1N1 (également dit grippe porcine) est apparu en avril 2009 et s’est rapidement propagé un peu partout dans le monde. Pour obtenir des renseignements exhaustifs sur la prévention et le traitement du H1N1, consultez l’article Le H1N1 et le VIH : comment se protéger et rester en bonne santé, publié le 30 octobre 2009, en cliquant sur le lien suivant : www.catie.ca/nouvellescatie.nsf/nouvelles En 2009, le H1N1 s’est rapidement propagé et a causé de nombreuses complications voire des morts dans plusieurs pays à revenu moyen ou élevé. On estime que des millions de personnes ont contracté le H1N1 à l’échelle mondiale, mais aucun cas de complications graves chez une personne séropositive n’avait été déclaré avant la sortie du numéro de janvier 2010 de la revue Emerging Infectious Diseases. Dans l’article en question, des médecins de Long Island (état de New York) décrivent en détail un cas mortel de pneumonie causée par le virus grippal H1N1. Détails du casUne femme séropositive de 39 ans atteinte du diabète de type 1 s’est présentée au Winthrop-University Hospital (Mineola, NY) parce qu’elle souffrait d’essoufflement et d’autres symptômes. La femme en question prenait soin d’un enfant atteint d’une maladie grippale. La patiente avait fait l’objet d’un diagnostic de sida sept ans auparavant, et on lui avait prescrit les médicaments suivants dont elle était censé prendre :
Les médecins ont rapidement découvert que la patiente ne prenait pas fidèlement ses médicaments et avait par conséquent un faible compte de CD4+, soit 166 cellules environ. Aucune explication de sa mauvaise observance thérapeutique n’a été avancée. La patiente présentait les signes et les symptômes suivants à son arrivée à l’hôpital :
Des épreuves de laboratoire, dont un test de dépistage rapide de l’influenza et une culture virale, n’ont détecté aucune infection respiratoire. Par contre, une radiographie pulmonaire a révélé de l’inflammation. Tenant compte de plusieurs facteurs — résultat négatif au test de dépistage rapide, faible compte de CD4+ et antécédents d’infections bactériennes des poumons — les médecins ont présumé que la patiente souffrait d’une infection bactérienne récurrente ou d’une pneumonie liée au sida. Ils lui ont prescrit de nombreux antibiotiques, ainsi que de l’atovaquone (Mepron), un médicament utilisé pour le traitement de la PPC, une sorte de pneumonie associée au sida. Soins intensifsMalgré la prise d’antibiotiques, l’état de la patiente s’est détérioré au cours des deux prochains jours : sa tension artérielle n’a pas cessé de baisser et elle avait de plus en plus de difficulté à respirer. Les médecins l’ont transférée au service des soins intensifs de l’hôpital, où l’on a facilité sa respiration et enlevé le liquide accumulé dans ses poumons. Le troisième jour de son hospitalisation, les médecins ont changé les antibiotiques de la patiente et lui ont prescrit de l’oseltamivir (Tamiflu) à raison de 150 mg, deux fois par jour, pour traiter une infection présumée à l’influenza. Une nouvelle radiographie a révélé de l’inflammation dans le poumon droit de la patiente. Les médecins ont prélevé un échantillon de liquide et l’ont fait analyser pour la présence de bactéries, de champignons et de virus, mais tous les tests ont donné des résultats négatifs. Le cinquième jour de son hospitalisation, un frottis nasal et des épreuves PCR ont permis de détecter le virus H1N1 et ce, malgré les résultats négatifs obtenus lors du test de dépistage rapide de l’influenza, du test fluorescent de dépistage des anticorps de l’influenza et de la culture virale. La patiente a poursuivi son traitement à l’oseltamivir, mais elle est morte 11 jours après son admission à l’hôpital. Un cas qui sert de mise en gardeAprès avoir lu le rapport de ces médecins, certains lecteurs auraient tendance à soutenir que cette femme aurait dû recevoir de l’oseltamivir dès son admission à l’hôpital. Il faut toutefois se rappeler que la patiente a contracté le H1N1 lors de la première vague de la pandémie, alors que les médecins avaient peu d’expérience du diagnostic et du traitement de cette infection. Dans un premier temps, les médecins avaient envisagé la possibilité que la femme soit porteuse du H1N1 parce que son enfant souffrait d’une maladie ressemblant à l’influenza. Toutefois, comme les tests de dépistage ont donné des résultats négatifs à plusieurs reprises, les médecins n’ont pas diagnostiqué de grippe H1N1. Ils craignaient plutôt que la femme soit atteinte d’une grave infection pulmonaire liée au sida, d’autant plus qu’elle avait des antécédents de ce genre d’infections. Par conséquent, ils n’ont pas prescrit d’oseltamivir dès l’arrivée de la patiente à l’hôpital. Pour conclure leur rapport, les médecins font les recommandations suivantes :
La malheureuse femme dont il est question dans cet article s’est présentée à l’hôpital en juin 2009. Au mois d’août, les U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont publié des rapports avisant les professionnels de la santé que les tests de dépistage rapide de l’influenza et du H1N1 ne sont pas aussi fiables que d’autres tests, notamment les épreuves PCR. Ce cas mortel de la grippe H1N1 souligne l’importance d’une prise en charge rapide des personnes atteintes de ce virus, d’autant plus que les personnes séropositives à l’immunité affaiblie (moins de 200 cellules CD4+) et celles présentant d’autres problèmes de santé semblent courir un risque plus élevé de complications liées à cette infection. Mentionnons qu’aucun vaccin contre le H1N1 n’existait au moment où cette patiente de Long Island est tombée malade. À en croire des rapports provenant des États-Unis et du Canada, de nombreuses personnes séronégatives qui ont été hospitalisées après avoir contracté le H1N1 étaient déjà aux prises avec des problèmes de santé importants : asthme, maladie cardiovasculaire, diabète, dépendance au tabac, maladie pulmonaire et obésité. Toutefois, selon un rapport mexicain récent, même les jeunes adultes qui contractent le H1N1 risquent de faire une pneumonie grave. À la lumière de ce cas mortel de la grippe HINI et étant donné que les vaccins contre le H1N1 sont maintenant largement disponibles dans les pays à revenu élevé, les personnes séropositives vivant au Canada devraient envisager de se faire vacciner contre cette infection si ce n’est pas déjà fait. —Sean R. Hosein RÉFÉRENCES :
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Date d'affichage: 01/11/2010 |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |