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Nouvelles-CATIE : Bulletins de nouvelles concis sur le VIH/sidaDes chercheurs prônent le dépistage systématique du VIH pour accélérer l’accès aux soins au Canada et aux États-UnisEn Amérique du Nord, les chercheurs estiment qu’environ 21 % des personnes atteintes du VIH ignorent qu’elles vivent avec cette infection. On peut probablement attribuer ce chiffre élevé à la relative faiblesse des taux de dépistage du VIH. Les personnes qui ignorent leur séropositivité risquent de ne pas profiter des bienfaits d’un traitement commencé tôt. En effet, commencer une multithérapie antirétrovirale lors d’un stade relativement avancé de l’infection au VIH pourrait s’avérer trop tard pour certaines personnes. Les responsables d’une gigantesque base de données appelée North American Cohort Collaboration on Research and Design (NA-ACCORD) ont analysé des informations se rapportant à la santé de personnes vivant avec le VIH. Dans leur rapport le plus récent, qui porte sur quelque 45 000 personnes, les chercheurs laissent croire que de nombreuses personnes séropositives reportent le début de leur multithérapie jusqu’à un stade relativement avancé de l’infection au VIH. Cette situation a des implications non seulement pour la santé et la survie des PVVIH mais aussi pour le financement du système de santé. Conception de l’étudeLes chercheurs ont recruté des participants adultes dans des cliniques de trois provinces canadiennes — Alberta, Ontario et Québec — et plusieurs états américains. L’équipe NA-ACCORD s’est particulièrement intéressée aux personnes dont la première consultation en vue de se faire soigner pour l’infection au VIH avait eu lieu entre janvier 1997 et décembre 2007. Le profil moyen de ces participants était le suivant :
Résultats — changements dans les comptes de CD4+En 1997, le compte de CD4+ moyen des personnes qui commençaient une multithérapie était de 256 cellules. Ce chiffre a atteint 317 cellules à la fin de 2007. Même si ce changement semble prometteur, il faut souligner que, de nos jours, de nombreuses lignes directrices recommandent de commencer la multithérapie lorsque le compte de CD4+ glisse sous la barre des 350 cellules, voire davantage dans certains cas, par exemple en présence de co-infections ou d’autres complications. Changements démographiquesL’épidémie du VIH a évolué au fil du temps en Amérique du Nord, et l’impact varie selon la communauté évaluée. Bien que les hommes gais et bisexuels demeurent le groupe le plus touché, d’autres groupes sont de plus en plus à risque de contracter le VIH, notamment ceux ayant l’utilisation de drogues injectables ou les rapports sexuels entre hommes et femmes comme leur principal facteur de risque. Ces dernières catégories comprennent un nombre croissant de femmes et de personnes de couleur. Selon les chercheurs de l’équipe NA-ACCORD, les résultats de leur dernière analyse ont des implications pour les personnes séropositives et le système de santé :
Le report des soins et du traitement augmente le risque de mourir de complications liées au VIH. L’analyse d’autres bases de données volumineuses laisse croire que le risque de décès diminue lorsque le traitement débute quand le compte de CD4+ se situe encore à 350 cellules ou plus. Les traitements anti-VIH modernes contribuent grandement à prolonger la survie, et le fait de commencer tôt le traitement pourrait aider de nombreuses personnes à en tirer des bienfaits importants.
La multithérapie peut réduire la quantité de VIH dans le sang et parfois dans les liquides génitaux, atténuant potentiellement l’infectiosité sexuelle de certaines PVVIH au niveau de la collectivité (des milliers de personnes). Pour en savoir plus sur la multithérapie et son impact potentiel sur la propagation du VIH chez les hommes, lisez les bulletins du 25 mars et du 31 mars 2010 de Nouvelles-CATIE au www.catie.ca/nouvellescatie.nsf/nouvelles.
Des chercheurs albertains ont documenté que les coûts moyens pour soigner une personne séropositive durant l’année suivant un diagnostic tardif (particulièrement lorsque le compte de CD4+ est inférieur à 200 cellules) sont plus du double des frais engagés pour soigner une personne dont le système immunitaire est moins endommagé lorsqu’il commence le traitement. Vu les déficits budgétaires qui vont tracasser nombre de provinces et d’états américains au cours des prochaines années, les préoccupations relatives aux coûts vont sans doute jouer un rôle croissant dans le rationnement des soins de santé. Que faire?Il faut mener des études pour évaluer les raisons pour lesquelles certaines personnes à risque choisissent de ne pas se faire tester pour le VIH ou de se faire soigner tardivement. Pour encourager davantage de personnes à apprendre leur statut VIH, on pourrait, entre autres, mettre sur pied des programmes de dépistage systématique dans les contextes de soins de santé. Dans leurs lignes directrices, les U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) recommandent que toutes les personnes âgées de 13 à 64 ans soient testées régulièrement pour le VIH. Selon les CDC, dans le cadre d’un tel programme, il faudrait que les patients soient avisés à l’avance du test et qu’ils aient l’option de refuser. L’objectif prôné par les CDC, soit l’extension des programmes de dépistage dans les contextes de soins de santé, serait probablement atteignable dans les zones urbaines, mais à cause de leurs préoccupations à l’égard de la confidentialité, il est improbable que les populations des collectivités rurales accueilleraient à bras ouverts un programme de dépistage systématique. À l’époque pré-multithérapie, alors que les bienfaits des traitements étaient très limités et la toxicité des médicaments un problème majeur, apprendre qu’on avait le VIH était très dévastateur à cause de l’espérance de vie très courte qui était associée au diagnostic. Maintenant qu’il existe des traitements plus efficaces, plus simples et moins toxiques et que les PVVIH ont généralement une espérance de vie quasi-normale, le rapport NA-ACCORD réclame l’élimination des exigences suivantes dans les contextes de soins :
Espérons que le rapport NA-ACCORD suscitera une discussion et un débat sur les bienfaits éventuels de l’extension du dépistage du VIH et les avantages de commencer tôt le traitement. —Sean R. Hosein RÉFÉRENCES :
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Date d'affichage: 04/29/2010 |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |