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Nouvelles-CATIE : Bulletins de nouvelles concis sur le VIH/sidaUne étude sur les relations sexuelles passagères fait valoir le besoin d’interventionsLes études menées dans plusieurs pays à revenu élevé donnent à penser que de plus en plus d’hommes ont des rapports sexuels anaux non protégés avec d’autres hommes qu’ils connaissent à peine. Chose peu surprenante, les taux d’infections transmissibles sexuellement (ITS), y compris ceux de la syphilis et du VIH, sont à la hausse parmi les hommes gais et bisexuels de ces pays. Les raisons d’une telle augmentation de relations sexuelles non protégées sont complexes, mais il est probable qu’elles se rapportent partiellement à des idées fausses à l’égard de l’infection par le VIH et de son traitement. Sécurité négociéeDepuis le début de l’épidémie du VIH, de nombreux hommes gais ont élaboré des stratégies pour essayer de réduire leurs risques de contracter ou transmettre le VIH tout en ayant des rapports anaux non protégés. Une des ces stratégies consiste à choisir un partenaire régulier avec qui on peut négocier des activités sexuelles sécuritaires. Ce genre de partenariat dépend « du degré de confiance accordé, du niveau d’intimité qui existe et du niveau de communication ouvert pour en arriver à une entente au plant des rapports sexuels non protégés », explique une équipe de chercheurs australiens qui étudie, depuis plusieurs années, le comportement des hommes gais et bisexuels. Toutefois, malgré le consentement de chacun des partenaires, « le niveau de communication relativement à ces questions n’est pas toujours constant et la confiance qui existe risque d’être brisée ». Les chercheurs soulignent aussi que « la négociation en matière de sécurisexe n’exclut pas complètement la subsistance d’un risque d’infection par le VIH ». SérotriageUne autre stratégie pour réduire les risques de transmission du VIH consiste à choisir uniquement des partenaires sexuels ayant le même statut sérologique VIH que soi. Ce genre de comportement s’appelle le sérotriage. Pour les hommes séronégatifs, cette stratégie comporte un certain nombre d’inconvénients : « Contrairement aux conjoints réguliers, les partenaires occasionnels familiers n’abordent pas toujours régulièrement la question du dépistage du VIH et du statut sérologique », font valoir les chercheurs. Les chercheurs australiens avaient déjà remarqué que les hommes « se prêtent souvent à des présuppositions quant au statut sérologique de leurs partenaires sexuels » — un comportement qu’ils ont surnommé seroguessing (to guess = deviner), appellation évoquant un contexte de présupposition quant à la réalité sérologique. Ainsi, même la familiarité risque de ne pas aider les partenaires passagers à prévenir la transmission du VIH. L’équipe australienne a mené une étude afin de mieux comprendre quel impact la familiarité entre les partenaires passagers pourrait avoir sur la prévention du VIH. Les résultats de l’étude ont amené les chercheurs à souligner les points suivants :
Détails de l’étudeLes chercheurs ont recruté des participants pour un sondage périodique qu’ils réalisaient à Sydney, en Australie, lors de divers événements au sein de la communauté gaie ainsi que dans les cliniques de santé sexuelle. Le sondage comportait des questions sur les rapports anaux non protégés avec des partenaires passagers, sur les ITS, sur la consommation de drogues et d’alcool et sur la situation socioéconomique des participants. L’étude dont nous parlons ici était basée sur les résultats d’un sondage réalisé en 2007 auprès de 677 hommes qui disaient avoir eu des rapports sexuels avec des partenaires passagers au cours des six mois précédents. Le profil moyen des participants était le suivant :
RésultatsQuand on leur a demandé de décrire leur niveau de familiarité avec leur dernier partenaire sexuel passager, les hommes ont répondu ainsi :
Selon l’équipe de recherche, chez les hommes qui avaient discuté de l’usage de condoms, « une plus forte proportion semble ne pas avoir utilisé de condoms lors de leur dernière [rencontre sexuelle passagère], comparativement aux personnes qui n’avaient pas parlé de condoms ». Les chercheurs australiens ont également appris que « les rapports anaux non protégés devenaient beaucoup plus fréquents » au fur et à mesure que les hommes devinrent de plus en plus familiers avec leurs partenaires. Cette tendance n’avait aucun rapport avec le statut sérologique VIH des hommes. La fréquence des rapports anaux non protégés entre partenaires passagers a augmenté à tel point qu’elle égalise ce qui s’observe chez les couples stables. Les chercheurs ont affirmé que « le lien entre la familiarité et les rapports sexuels anaux non protégés pourrait être attribuable à l’augmentation de la confiance qui a lieu parallèlement à l’intimité croissante ». Ce problème pourrait poser des difficultés au plan de la prévention du VIH. Dans le cadre de cette étude, chez les hommes séronégatifs, la décision d’avoir des rapports anaux non protégés avec un partenaire passager ne semblait pas tenir compte du statut VIH de celui-ci. Les chercheurs expliquent cette observation en soulignant que le dévoilement du VIH et le séroguessing, s’ils ont lieu, sont des « questions complexes ». L’équipe a également soulevé l’important point suivant : « ... la plupart des rencontres sexuelles passagères n’offrent pas les mêmes possibilités de réduction des risques que les relations régulières », dont le sentiment de « responsabilité envers l’autre qui se développe au fil du temps ». Rappelons qu’un point semblable a été soulevé par le professeur Barry Adam, sociologue à l’Université de Windsor, à propos de ses propres recherches. Confiance et seroguessingL’équipe australienne laisse croire que « le sentiment de confiance entre partenaires passagers familiers s’accompagne souvent de présuppositions de part et d’autre comme quoi les deux partenaires sont toujours séronégatifs. Le seroguessing n’est pas rare parmi les hommes qui se livrent à des relations sexuelles avec des partenaires occasionnels, et beaucoup de ces hommes se contentent de présupposer la réalité sérologique de leur partenaire avant d’avoir des rapports sexuels anaux non protégés ». Ainsi, « accorder sa confiance et accepter des présuppositions quant à la réalité sérologique de l’autre pourrait accroître davantage la probabilité de transmission du VIH », soulignent les chercheurs. Que faire?Malgré les limitations de cette étude australienne, elle jette une lumière précieuse sur les comportements à risque qui prennent place lors de certaines rencontres sexuelles passagères. Les chercheurs font valoir que la pénétration anale non protégée avec des partenaires passagers comporte le plus grand risque de transmission du VIH. Ils exhortent donc les programmes communautaires de prévention du VIH à aborder les questions « de la confiance à accorder et du dévoilement de la réalité sérologique en regard du VIH dans le contexte des rencontres sexuelles passagères ». En conclusion, les chercheurs réclament le renforcement de l’aptitude des hommes gais à négocier « les activités sécurisexuelles auxquelles se livrer lors des rencontres, le genre de relations à avoir et les moyens pour réduire au minimum les risques potentiels », afin que des précautions visant la prévention de la transmission du VIH « soient prônées dans tout contexte où [le statut sérologique des partenaires] ne peut être déterminé avec véracité et fiabilité ». —Sean R. Hosein RÉFÉRENCES :
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Date d'affichage: 05/14/2010 |
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Toute décision concernant un traitement médical particulier devrait toujours se prendre en consultation avec un professionnel ou une professionnelle de la santé qualifié(e) qui a une expérience des maladies liées au VIH et des traitements en question. POUR EN SAVOIR PLUS | |