ENGLISH NOUVELLES CATIE PAGE PRÉCÉDENTE PAGE SUIVANTE LIENS PERTINENTS S'ABONNER Nouvelles-CATIE : Bulletins de nouvelles concis sur le VIH/sida
Des médecins montréalais découvrent que certains effets secondaires sont plus fréquents chez les femmes
This article is also available in English
Même si le recours à la multithérapie antirétrovirale réduit de beaucoup la mortalité liée au sida, notamment dans les pays riches, l’utilisation de cette dernière provoque des effets secondaires. Plusieurs de ceux-ci sont d’ordre métabolique, tels que des changements dans les taux de lipides, de sucre et d’hormones dans le sang. De plus, on observe fréquemment des modifications de la forme corporelle causées par une redistribution de la graisse.
Des chercheurs à l’Institut thoracique de Montréal ont analysé des données qu’ils avaient recueillies auprès de patients en multithérapie entre 1996 et 2004, notamment des données portant spécifiquement sur les effets secondaires éprouvés par les hommes et les femmes. Ils ont trouvé que, dans l’ensemble, il n’y avait pas de différence importante entre les deux sexes en ce qui a trait à la plupart des effets secondaires. Cependant, quelques problèmes causés par l’exposition à certains médicaments touchaient plus fréquemment les femmes que les hommes. De plus, ils ont relevé des différences liées à l’ethnie des patients.
Détails de l’étude
Les chercheurs ont recueilli des données auprès d’un total de 988 personnes ayant le VIH (PVVIH), dont :
• 25 % de femmes;
• 75 % d’hommes.
En moyenne, le suivi des PVVIH a duré environ quatre ans et les hommes et les femmes avaient recours à des traitements semblables.
Résultats
Aucune différence majeure n’a été constatée entre les proportions d’hommes et de femmes ayant éprouvé les effets secondaires suivants :
• glycémie (sucre sanguin) anormalement élevée;
• taux de cholestérol anormalement élevé;
• modifications de la forme corporelle.
La fréquence des modifications de la forme corporelle a continué de grimpé au cours de l’étude. Cela laisse croire que la lipodystrophie continuera d’être un problème à l’avenir.
L’équipe de recherche a trouvé que les participants qui utilisaient un des analogues nucléosidiques suivants, également appelés médicaments « d », couraient un risque accru de subir des modifications de leur forme corporelle :
• ddC (dideoxycytidine, Hivid);
• ddI (didanosine, Videx);
• d4T (stavudine, Zerit).
Les personnes originaires d’Haïti et d’Afrique subsaharienne étaient moins susceptibles de présenter un taux de cholestérol élevé que les personnes nées au Canada. Les chercheurs ne peuvent expliquer cette différence.
Résultats—acidose lactique
Une augmentation anormale du taux sanguin d’acide lactique (acidose lactique) est une complication rare des traitements anti-VIH dont les symptômes comprennent les suivants :
• nausees;
• vomissements;
• douleurs abdominales;
• fatigue inattendue.
Les chercheurs ont trouvé que les femmes étaient deux fois plus susceptibles que les hommes de présenter cette complication. De plus, l’acidose lactique avait tendance à se produire plus rapidement chez les femmes (après deux ans de traitement en moyenne chez les femmes, comparativement à trois ans chez les hommes). Cet effet secondaire se produisait plus fréquemment chez les utilisateurs du d4T ou du ddI que sous l’effet des autres analogues nucléosidiques.
Résultats—réactions d’hypersensibilité
Cette complication, qui est souvent caractérisée par une éruption cutanée, s’est déclarée significativement plus fréquemment chez les femmes (7 %) que chez les hommes (4 %). La majorité de ces réactions était attribuable à l’utilisation du médicament névirapine (Viramune).
À la recherche des facteurs de risque
L’équipe montréalaise a remarqué que les patients dont les taux de sucre et de cholestérol approchaient de la limite supérieure de la normale au début de l’étude étaient plus susceptibles de présenter plus tard des taux élevés de ces substances. En guise d’avertissement, l’équipe a affirmé que les PVVIH qui présentent un tel bilan sanguin au début du traitement devraient être suivies de très près afin d’éviter des complications sérieuses à l’avenir.
En ce qui concerne les femmes vivant avec le VIH/sida, cette étude confirme l’existence d’un risque accru de certains effets secondaires associés à la névirapine et aux médicaments « d ». Les femmes qui reçoivent ces médicaments devraient être suivies de près, tant dans le contexte clinique que dans le laboratoire.
Enfin, cette étude souligne la nécessité de mettre au point des traitements plus sûrs contre le VIH/sida qui pourront être utilisés à long terme.
—Sean R. Hosein
RÉFÉRENCE :
Boulassel M-R, Morales R, Murphy T, et al. Gender and long-term metabolic toxicities from antiretroviral therapy in HIV-1 infected persons. Journal of Medical Virology 2006 Sep;78(9):1158-63.
|