L’herpès : une épidémie cachée

automne/hiver 2003

L’herpès : une épidémie cachée

par Katherine Ota

Au secours! Je fais partie d’un couple gai sérodiscordant qui s’est récemment formé. Mon partenaire sait déjà que je suis séropositif et nous utilisons toujours des condoms pour faire l’amour. Faut-il que je lui parle aussi de mon… ugh… herpès ?
— Bugged Out

COMME L’ILLUSTRE BIEN CETTE CITATION tirée d’une lettre adressée au “Sexpert” de la revue POZ (avril 2003), les gens parlent de plus en plus ouvertement du VIH de nos jours, mais divulguer qu’on a l’herpès est une toute autre question.

J’ai contracté l’herpès en 1982 de mon nouveau chum à l’époque, Oded. Il n’en avait aucun signe visible quand on a fait l’amour pour la première fois, ni pendant les deux années qu’on a passées ensemble. Quand je l’ai rencontré, ça faisait un an que je n’avais couché avec personne, donc il était impossible que je l’aie attrapé de quelqu’un d’autre.

C’est incroyable d’y penser maintenant — quoique typique d’une femme amoureuse —, mais je n’ai rien dit à Oded quand j’ai eu mon premier épisode d’herpès à peine quelques jours après notre première relation sexuelle. Et je n’ai jamais soulevé la question pendant les deux années qu’on a été ensemble.

Pendant quelques années, j’ai eu un ou deux épisodes d’herpès par année. Ils ne duraient que quelques jours, apparaissaient d’ordinaire aux mêmes endroits sur ma vulve et n’étaient pas très gênants. À l’instar d’Oded, je n’ai jamais parlé de mon infection à mes partenaires subséquents parce que les épisodes étaient peu fréquents et survenaient toujours durant mes règles — toujours un bon prétexte pour ne pas faire l’amour.

Dix ans plus tard, après une crise de paralysie de Bell, deux épisodes de zona et une pneumonie, les épisodes d’herpès sont devenus plus fréquents. (J’ai également découvert que j’étais séropositive pendant cette période.) Quelques années plus tard, lors de mon deuxième épisode de PPC (pneumonie à Pneumocystis carinii), des lésions d’herpès sont apparues partout sur ma vulve et mes fesses, et l’infection s’est étendue à un de mes doigts que je m’étais coupé sans le savoir. Jusqu’à ce moment-là, je n’avais jamais pris d’antiviral ou d’antirétroviral. Ayant vu mourir plusieurs personnes à qui des « experts » avaient donné ces médicaments à la fin des années 80, j’étais devenue très méfiante à l’égard de ces médicaments et des spécialistes.

Cependant, après avoir enduré de grosses lésions sur mes fesses et mon doigt pendant un mois, et ma pneumonie guérie, j’ai enfin accepté de prendre de l’aciclovir (Zovirax). Quand la lésion sur mon doigt s’est résorbée et qu’il n’en restait que deux sur mes fesses, j’ai réduit ma dose d’aciclovir (il me rendait malade) jusqu’au minimum nécessaire pour empêcher la propagation de l’infection. Après six mois sans pouvoir m’asseoir (ai-je mentionné que je suis plutôt têtue?), je me suis rendu compte que les choses ne s’amélioraient pas vraiment et que les chances d’une amélioration étaient minces. J’ai enfin décidé de consulter une spécialiste du VIH de bonne réputation pour combattre l’herpès et me faire prescrire des antirétroviraux.

La spécialiste m’a prescrit du foscarnet (Foscavir) par voie intraveineuse pour un mois, ce qui m’a affaiblie progressivement — mais les dernières lésions ont disparu. Elle m’a ensuite proposé de prendre des antirétroviraux en même temps que le foscarnet pendant une semaine avant d’abandonner définitivement celui-ci. Quand je lui ai demandé ce qu’il faudrait prendre pour prévenir l’herpès après avoir arrêté le foscarnet (j’avais commencé à lire plus de littérature médicale à ce moment-là), elle m’a dit que je n’aurais besoin de rien lorsque je prendrais des antirétroviraux et que mes CD4+ se seraient mis à augmenter. Contrairement à mes habitudes, j’ai décidé de suivre ses conseils.

Quelle erreur! De mauvaises les choses ont tourné à l’horreur. Non seulement j’ai eu des réactions terribles aux médicaments — nausées, vomissements, migraine constante, hallucinations, insomnie —, mais à cause de l’intensité des malheurs que je vivais, j’ai tardé à remarquer (ou peut-être étais-je apathique, car j’aurais été heureuse de trépasser en ce moment-là) que l’herpès était en train de revenir. Et le comble est que je me suis aperçue d’un problème dans mon oeil aussi. Lorsque j’ai enfin reçu un diagnostic de cytomégalovirus (CMV) de la part d’un nouveau médecin sympathique, des lésions d’herpès avaient éclaté partout sur ma vulve, mes fesses, mon doigt et la paume de ma main – et elles étaient pires que jamais.

Voici un conseil : Peu importe ce que vous dit quelque médecin que ce soit, ne mettez jamais fin à une prophylaxie contre l’herpès lorsque vous commencerez à prendre des antirétroviraux.

Depuis ce temps-là, soit vers 1998, mon état de santé général s’est beaucoup amélioré grâce à plusieurs choses : un nouveau spécialiste du VIH merveilleux, un naturopathe, un traitement stabilisateur au ganciclovir intraveineux (Cytovene) pour le CMV et l’herpès et une combinaison antirétrovirale plus simple et plus facile à tolérer. Mes CD4+ sont passées de 57 à 1 454 et ma charge virale, jadis un million de copies, est maintenant indécelable.

Il n’empêche que l’herpès demeure un problème. Étant donné la sévérité de mon infection, mon médecin a recommandé une posologie suppressive de l’aciclovir, soit 800 mg par jour, mais j’ai aussi expérimenté des dosages plus faibles. Ceux-ci sont parfois aussi efficaces que les dosages plus élevés et, pour le dire franchement, je préfère mettre le moins de médicaments possibles dans mon corps. Depuis quatre ans, je parviens à supprimer l’herpès à l’aide d’une dose quotidienne de 1 000 mg (deux comprimés de 400 mg et demi par jour). Je réduis la dose à 800 mg par jour (deux comprimés de 400 mg) une ou deux fois par semaine.

De nombreuses tentatives et déceptions m’ont appris que je ne peux absolument pas manger de chocolat ou de noix sans déclencher un épisode d’herpès. Lorsque je sens qu’un épisode se prépare — de petites bosses apparaissent sur mes fesses — au lieu d’accroître ma dose d’aciclovir, je me repose davantage et surveille de près mon alimentation. Les bosses disparaissent après quelques jours sans avoir percé la surface.

L’herpès 101

L’herpès génital est une maladie transmissible sexuellement (MTS) très courante et hautement contagieuse qui touche au moins un Américain sur quatre (environ 50 millions). Puisqu’il n’existe guère de statistiques sur l’herpès génital au Canada — même Santé Canada cite des données américaines dans ses publications —, il est raisonnable de présumer que le taux d’infection est semblable ici.

Incurable mais maîtrisable, cette MTS est le plus souvent causée par le virus de l’herpès simplex 2 (VHS-2) et parfois par le virus de l’herpès simplex 1 (VHS-1). Le VHS-2 touche habituellement les organes génitaux, tandis que le VHS-1 s’en prend à la bouche, aux lèvres et au nez. Il reste, cependant, que le VHS-1 peut se transmettre aux organes génitaux et le VHS-2 au visage lors des relations sexuelles orales. Le stigmate associé à l’herpès génital n’est pas associé à l’herpès buccal, les lésions duquel sont souvent qualifiées de feux de sauvage. Lorsqu’on parle de l’herpès génital, cependant, on évoque toujours le mot herpès.

On estime que plus de 80 % des personnes atteintes d’herpès génital ne le savent pas parce qu’elles n’ont jamais eu de symptômes ou n’ont pas su les reconnaître. Souvent, la transmission a lieu parce que la personne infectée ignore son statut ou ne sait pas qu’elle peut transmettre l’infection en l’absence de lésions. Il arrive aussi fréquemment que les personnes infectées omettent de divulguer cette information à leurs partenaires sexuels.

L’infection initiale

Les premiers signes du VHS génital se manifestent habituellement entre deux et 10 jours après l’exposition. Les symptômes précoces peuvent comprendre :

  • sensations de démangeaison ou de brûlure
  • enflure ou sensibilité des ganglions lymphatiques
  • fatigue
  • fièvre légère
  • pertes vaginales
  • maux de tête
  • douleurs musculaires

Quelques jours plus tard, des grappes de petites cloques ou de bosses douloureuses (également appelées lésions) apparaissent sur les organes génitaux et la zone anale — le pénis, le pourtour et l’intérieur du vagin, les fesses et les cuisses. Ces cloques ont tendance à éclater et à se transformer en lésions ouvertes et douloureuses. Se forme ensuite une croûte, et les lésions guérissent sans laisser de cicatrice. Des lésions peuvent également apparaître dans le tractus urinaire, ce qui rend la miction (uriner) douloureuse.

Les symptômes peuvent durer jusqu’à trois semaines et varient d’une personne à l’autre. Certaines personnnes n’ont que des symptômes très légers ou aucun symptôme du tout.

Les récidives

Après l’épisode initial, l’herpès vit d’ordinaire à l’état dormant dans les tissus nerveux de la colonne vertébrale, soit à la base du cou soit au bas de la colonne, dans le sacrum. Lorsque réactivé, le virus se multiplie et se dirige vers la surface de la peau en suivant les voies nerveuses. Il peut rester à l’état dormant pendant plusieurs années avant de réapparaître. Certaines personnes ne connaissent qu’un seul épisode dans leur vie, alors que d’autres en ont plusieurs chaque année. De façon générale, les épisodes sont plus fréquents chez les femmes et surviennent lors des règles, moment auquel l’immunité est plus faible. Chez certaines personnes, les épisodes sont tellement graves qu’elles doivent prendre des médicaments antiviraux suppresseurs en permanence. Malgré une telle médication, ces personnes sont toujours sujettes à des poussées d’herpès.

Chez les personnes séronégatives, les récidives sont généralement moins sévères que l’épisode initial et se font souvent de moins en moins graves au fil du temps; cela n’est pas toujours le cas chez les personnes vivant avec le VIH.

La transmission

Le VHS se transmet par voie de contact sexuel ou intime :

  • les baisers
  • la pénétration vaginale et anale
  • le sexe oral
  • les contacts peau à peau

Parmi les parties du corps les plus susceptibles à l’infection, mentionnons le col utérin, l’urètre et toute partie sujette à l’abrasion, ainsi que les régions humides et chaudes comme la vulve, le périnée (zone cutanée séparant le vagin et le pénis de l’anus), le scrotum, la partie supérieure des cuisses, les fesses, les aisselles et le bas du dos.

L’auto-inoculation (s’infecter soi-même) est possible si le virus se transmet d’une partie du corps à une autre lors d’un contact avec une lésion active; il s’agit de toucher une lésion et de toucher ensuite une autre partie du corps (cela peut arriver lors de la masturbation ou si on utilise des vibromasseurs ou des jouets sexuels). L’herpès Whitlow est une infection herpétique des doigts (les dentistes étaient particulièrement à risque avant que le port de gants de latex soit devenu pratique courante). Lorsqu’il touche les yeux, l’herpès peut entraîner des complications sérieuses, y compris la cécité. Le VHS peut également se transmettre par le biais de contacts non sexuels, tels que les sports de contact. Par exemple, si la peau éraflée d’un jouer entre en contact avec la lésion exposée d’un autre, le virus peut se transmettre.

La transmission de l’herpès durant l’accouchement peut causer de graves problèmes pour le bébé, voire la mort.

La plupart des gens ignorent que le virus de l’herpès peut se transmettre à leurs partenaires sexuels même s’ils n’en présentent aucun signe. Ce genre d’infection « subclinique » ou d’« excrétion asymptomatique du virus » est une source de beaucoup de détresse pour les personnes infectées. Faute de symptômes, beaucoup de gens ignorent qu’ils ont l’herpès. On estime que 80 % des infections surviennent lors de l’excrétion asymptomatique du virus.

La Dre Anna Wald, chef de file du domaine de la recherche sur l’herpès en Amérique, a publié une étude dans le New England Journal of Medicine en mars 2000. La chercheuse a examiné le phénomène de l’excrétion génitale du VHS chez des sujets présentant des anticorps contre le VHS-2 mais n’ayant aucun antécédent d’herpès génital. Elle a comparé ces sujets à un groupe de patients semblables atteints d’une infection au VHS-2 symptomatique. Chose remarquable, le taux d’excrétion du VHS s’est avéré comparable dans les deux groupes.

Chez les patients sujets à des récidives fréquentes, un traitement suppresseur pourrait réduire l’excrétion du virus et la transmission. Cependant, même un tel traitement ne peut empêcher le virus de se transmettre. Aucun antiviral ne s’est avéré efficace pour prévenir définitivement la transmission de l’herpès.

On a découvert un taux élevé de VIH dans les lésions de l’herpès. Par conséquent, les personnes séropositives atteintes d’une infection herpétique active peuvent transmettre plus facilement le VIH à leurs partenaires. Chez les couples sérodiscordants (une personne vit avec le VIH, l’autre pas), le risque de transmission du VIH est plus élevé si le partenaire séropositif a des récidives fréquentes. Le risque s’accroît encore si ce dernier ne suit pas de multithérapie antirétrovirale fortement active.

Bien que l’utilisation régulière de condoms offre une certaine protection contre la transmission de l’herpès lors de la pénétration vaginale ou anale, les zones cutanées qui ne sont pas couvertes par le condom ne sont pas protégées.

La prévalence

L’herpès génital est une des MTS les plus répandues dans le monde, et le taux d’infection est à la hausse chez la population générale. Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis, plus de 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans ce pays. Les CDC estiment également que les statistiques actuelles tiennent compte de moins de 20 % des cas réels. La majorité des personnes infectées par l’herpès génital ignorent qu’elles ont la maladie ou ne veulent pas l’avouer. Compte tenu du manque de données sur l’herpès, on considère généralement que les taux d’infection sont sous-estimés.

Les études indiquent que plus le nombre de partenaires sexuels est élevé, plus la prévalence s’accroît. Elles ont également révélé que les taux d’infection étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes, et plus élevés chez les Afro-Américains comparativement à d’autres groupes ethniques d’Amérique.

Quand on considère que les taux d’herpès génital se situent à des niveaux épidémiques, il est assez scandaleux de constater l’absence de campagnes de santé publique ou de programmes de dépistage de routine dans les cliniques MTS au Canada.

L’herpès génital et le VIH

Le VHS était déjà répandu chez la population générale au moment où le VIH commençait à se transmettre par voie sexuelle. Aujourd’hui, les preuves s’accumulent quant à l’existence d’un lien entre les deux virus.

Au début de l’épidémie du VIH, la présence d’une infection herpétique persistante constituait souvent le premier signe d’une infection au VIH. De plus, la majorité des personnes ayant le VIH/sida (PVVIH) souffrent également d’herpès génital — les estimations vont de 58 % à 81 %. Chez les PVVIH, les épisodes sont souvent plus fréquents et plus sévères que chez les gens séronégatifs (lésions plus grandes, épisodes de plus longue durée et touchant une zone plus étendue). De plus, des études révèlent que l’excrétion virale se produit davantage chez les PVVIH, notamment si le nombre de cellules CD4 est faible. Les PVVIH dont le système immunitaire est sérieusement affaibli sont également sujettes à des poussées d’herpès sur les organes internes, notamment le cerveau, l’intestin, l’oesophage et les poumons.

Il semble que l’herpès génital ait pour effet d’accélérer la progression de l’infection au VIH. Selon le numéro de décembre 2002 du Journal of Infectious Diseases, les récidives du VHS font augmenter le taux sanguin de VIH (charge virale), ce qui incite le virus à se répliquer plus rapidement et la maladie à progresser plus vite. Par contre, la suppression du VHS entraîne une chute de la charge virale en VIH. C’est pour cette raison qu’on recommande habituellement un traitement suppresseur quotidien aux PVVIH souffrant de fréquents épisodes d’herpès.

Lorsqu’elles commencent un traitement antirétroviral, certaines PVVIH éprouvent de graves crises impliquant un ou plusieurs virus herpétiques, soit l’herpès génital, le zona et le CMV. Cela se produit parce que la reconstitution immunitaire (le système immunitaire se rebâtit) entraîne l’activation de certaines infections latentes.

L’herpès pendant la grossesse

Le fait d’avoir l’herpès ne nuit pas à la capacité d’une femme d’avoir un bébé, mais la possibilité de transmettre l’infection à celui-ci peut être une source d’inquiétude. Le risque de transmission néonatale semble être le plus élevé lorsque l’infection maternelle initiale a lieu pendant la grossesse. Le risque serait moindre lorsque la femme contracte l’herpès avant de tomber enceinte. Des études indiquent aussi que le VHS est plus susceptible de nuire au bébé si la mère présente des lésions au moment de l’accouchement; dans de tels cas, une césarienne est souvent pratiquée. Si des lésions apparaissent plut tôt dans la grossesse, il semble que le foetus soit rarement touché.

L’exposition néonatale au VHS peut résulter de l’excrétion asymptomatique du virus. Selon certaines études, entre 60 % et 80 % des mères dont les bébés sont infectés ne présentaient aucun signe ou symptôme de l’herpès génital au moment de l’accouchement.

Les médecins et les sages-femmes recommandent souvent que les femmes enceintes subissent un traitement suppresseur pendant les quelques semaines précédant l’accouchement. Quoique peu nombreuses, les études menées pour évaluer les effets de l’aciclovir lors de cette période n’ont permis de constater aucune toxicité pour le bébé.

L’herpès peut être mortel chez les nouveau-nés. La moitié des bébés infectés par l’herpès meurt ou présente de graves lésions neurologiques ou troubles mentaux. On constate les meilleurs résultats si un traitement est amorcé précocement, soit avant que le virus n’atteigne le système nerveux central ou les organes internes.

Le traitement

Les infections herpétiques se traitent à l’aide de médicaments antiviraux, dont l’aciclovir (Zovirax), le famciclovir (Famvir) et le valaciclovir (Valtrex). Le traitement devrait être adapté aux besoins de chaque patient.

Les « traitements épisodiques » visent à combattre les lésions lorsqu’elles apparaissent. Un traitement agressif à forte dose est amorcé dès l’apparition du premier symptôme et se poursuit pendant sept à 10 jours afin de réduire la durée et la gravité de l’épisode.

Les « traitements suppresseurs » se prennent tous les jours et sont habituellement recommandés si les épisodes sont fréquents ou particulièrement agaçants.

Certaines PVVIH qui sont sujettes à des récidives fréquentes prennent la dose habituelle du traitement suppresseur au quotidien (ou une dose plus faible) puis augmentent celle-ci dès l’apparition de tout symptôme prodromique (démangeaisons ou douleurs survenant avant l’apparition de la maladie). Certains médecins ne recommandent pas cette approche de peur qu’elle ne crée de la résistance au médicament.

La prévalence de l’herpès résistant à l’aciclovir est à la hausse chez les PVVIH. Ce dernier se traite couramment à l’aide du ganciclovir ou du foscarnet par voie intraveineuse. Lorsque le traitement intraveineux est terminé, un traitement antiviral par voie orale est amorcé pour supprimer l’infection. Le cidofovir (Vistide) s’est également montré efficace contre des lésions qui ne répondaient pas à l’aciclovir.

La nutrition

Des études révèlent que l’acide aminé L-lysine inhibe le VHS, alors que la L-arginine en favorise l’activation. Certaines personnes estiment qu’une alimentation qui privilégie un ratio lysine-arginine élevé contribue à maîtriser l’herpès. Il s’agit de l’approche prônée par les naturopathes.

On doit essayer d’éviter les aliments ayant un ratio arginine-lysine important (c’est-à-dire qui contiennent plus d’arginine que de lysine), y compris :

  • le chocolat
  • les noix
  • les graines
  • les pois

On doit privilégier les aliments ayant un ratio lysine-arginine élevé, dont :

  • le poisson
  • la viande
  • les produits laitiers

On peut trouver une liste exhaustive du ratio lysine-arginine d’aliments courants dans plusieurs des sites Web mentionnés dans le présent article. La liste est basée sur les données du Department of Agriculture des États-Unis.

Certaines personnes ont fait état de bons résultats grâce aux suppléments de lysine. Cependant, les études indiquent que les suppléments donnent lieu à des résultats irréguliers si les patients n’évitent pas également les aliments riches en arginine. Lark Lands, experte en nutrition dans le contexte du VIH, appuie les recommandations alimentaires faisant la promotion d’aliments riches en lysine et pauvres en arginine, mais elle déconseille l’utilisation des suppléments de lysine à long terme parce qu’ils risquent de causer des carences en d’autres acides aminés.

Katherine Ota est l’hôtesse stoïque de plusieurs membres de la famille des herpès.

Illustration : Linda Montgomery

Déclencheurs de l’herpès

détresse physique ou émotionnelle

maladie, blessure ou chirurgie

immunosuppression

fluctuations hormonales, notamment lors des règles

certains aliments, dont le chocolat, les noix, les graines, les pois et le café

lumière ultraviolette, y compris les rayons de soleil et les lits de bronzage

irritation, telle la friction caractéristique de la pénétration

chimiothérapie

Que faire lors d’un épisode?

Gardez les lésions et la peau alentour sèches et propres. Lavez la zone avec de l’eau salée diluée et séchez-la en tamponnant (n’oubliez pas de laver la serviette avant de la réutiliser) ou servez-vous d’un séchoir à cheveux réglé au minimum;

Évitez de toucher les lésions. Si vous touchez une lésion ouverte, lavez-vous les mains ou toute autre partie concernée avec de l’eau savonneuse;

Si l’urine fait piquer les lésions, essayez d’uriner sous la douche et dans le bain;

Portez des vêtements amples faits de tissus naturels, tel le coton;

Adoucissez les lésions à l’aide d’un gel d’aloès ou d’un bain à l’avoine;

Évitez les contacts sexuels;

Évitez les crèmes et les onguents contenant des cortisones, des antibiotiques ou du nonoxinol 9, lesquels peuvent aggraver l’épisode.

Une famille nombreuse

Jusqu’à présent, on a décelé huit virus de l’herpès chez l’humain. En plus du VHS-1 (majoritairement buccal) et du VHS-2 (majoritairement génital), on trouve :

  Le virus varicelle-zona (VVZ, HHV-3); également appelé herpès zoster, responsable de la varicelle et du zona;

 Le virus d’Epstein-Barr (VEB, HHV-4); responsable de la mononucléose et, selon plusieurs, du syndrome de fatigue chronique. On l’associe également au lymphome non hodgkinien;

Le cytomégalovirus (CMV, HHV-5); peut causer de graves infections des yeux, du côlon et du cerveau;

Le virus de l’herpès humain 6 (HHV-6); on estime qu’il s’agit d’un cofacteur responsable du sida; est associé à la fatigue chronique et à la sclérose en plaques;

Le virus de l’herpès humain 7 (HHV-7); pourrait provoquer des convulsions chez les enfants;

Le virus de l’herpès humain 8 (HHV-8); responsable du sarcome de Kaposi.

L’herpès dans Internet

Ressources sur l’herpes génital de l’Agence de la santé publique du Canada