Vision positive

Automne 2016 

Lettre de la rédaction

par Debbie Koenig

La plupart d’entre nous ont déjà lutté contre une dépendance ou connaissent quelqu’un dans cette situation. Que l’objet de convoitise soit l’alcool, les drogues, le sexe, le jeu, l’Internet ou autre, les compulsions prennent une multitude de formes. Et leurs liens avec le VIH sont depuis longtemps connus.

Être ivre ou gelé peut sans contredit accroître les possibilités de transmission du VIH et une dépendance peut rendre bien plus bien difficile la prise quotidienne de vos médicaments anti-VIH. Cependant, elle peut aussi être une stratégie d’adaptation — façon de vous libérer du stress, d’apaiser la douleur, de vous sentir en contrôle ou de vous rapprocher des autres.

Comme il l’explique dans son profil, le militant du VIH Christian Hui qui orne la couverture, l’usage de substances était pour lui une façon de gérer son diagnostic de VIH et le sentiment de rejet par la société qu’il éprouvait. Aujourd’hui, alors qu’il riposte de façon énergique à la stigmatisation et qu’il développe des coalitions pour les personnes vivant avec le VIH, il reconnaît que le rétablissement constitue un effort à vie.

Alors, quelle est la clé pour s’en sortir et améliorer son sort? Certains diraient qu’il faut comprendre ce qui pousse une personne à être dépendante. Dans Demandez aux experts, le neuroscientifique Marc Lewis conteste le concept dominant de la dépendance en tant que maladie; Angela Thomson témoigne de son expérience personnelle en tant que pair-navigatrice; et le psychanalyste Marco Posadas explique la nécessité d’arrêter de pathologiser l’utilisation de substances, et de voir aux causes profondes.

Bien que l’échec de la « guerre contre les drogues » ait montré que diaboliser et criminaliser les personnes qui utilisent des drogues est à la fois inhumain et inefficace, les programmes intégrant la réduction des méfaits continuent de les traiter avec respect et sans stigmatisation. Dans « Nouvelles du front », nous mettons en lumière de tels programmes.

De plus, dans « Parlons sexe », on examine comment le traitement comme prévention et la PrEP affectent la vie sexuelle des gens. Dans Pause-Jasette et Montre et raconte, nous nous penchons sur la parentalité positive et enfin, dans Art posi+if, on parle avec la talentueuse Margarite Sanchez, pour qui l’art et la vie forment un ensemble homogène.

Nous espérons que vous apprécierez ce numéro de notre magazine! Nous aimons toujours savoir ce que vous en pensez, alors n’hésitez pas à m’écrire à : dkoenig@catie.ca