Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Les interventions comportementales en matière de prévention

Points clés

  • Les interventions comportementales visant la prévention du VIH (promotion de la santé) cherchent à influencer les connaissances et les attitudes des gens, ainsi que leur risque perçu de contracter le VIH; elles cherchent aussi à motiver les gens et à leur fournir les compétences nécessaires pour changer leurs comportements.
  • Pour qu’elles soient efficaces, les stratégies de prévention d'ordre comportemental doivent cadrer suffisamment en fonction de trois piliers qui sont l'envergure, l'intensité et la durée.
  • Les interventions comportementales en matière de prévention sont nécessaires, mais insuffisantes pour arrêter la transmission du VIH — elles doivent être associées à des approches structurales et biomédicales qui tiennent compte des besoins particuliers en fonction des épidémies locales.
  • Les interventions comportementales en matière de prévention devraient faire partie d'un ensemble complet de stratégies de prévention du VIH.

 

Depuis le début de l'épidémie, l'application à grande échelle de stratégies efficaces de modification des comportements se trouve au cœur des efforts visant la prévention du VIH au Canada et partout dans le monde.

Les interventions comportementales en matière de prévention cherchent à influencer les connaissances, les attitudes et les perceptions des risques d'infection; elles visent aussi à motiver les gens et à leur fournir les compétences nécessaires pour modifier les comportements sexuels et de consommation de drogues qui les mettent à risque de contracter le VIH. Les stratégies comportementales ont divers objectifs, dont les suivants :

  • reporter la première relation sexuelle
  • réduire le nombre de partenaires sexuels
  •  accroître l'utilisation appropriée et régulière d’approches préventives efficaces et
  • offrir du counseling et favoriser le dépistage du VIH

Les stratégies de prévention d'ordre comportemental peuvent comporter de nombreuses cibles : les individus, les couples, les familles, les groupes de pairs ou réseaux, les institutions et les collectivités entières.

Les interventions tentent de motiver à modifier leurs comportements par le biais d'une gamme d'approches fondées sur l'éducation, le soutien par les pairs, le perfectionnement des compétences et les interventions communautaires.

Pour être efficaces, les efforts visant la modification des comportements doivent rejoindre un nombre suffisamment élevé de personnes, susciter des changements de comportements chez elles et favoriser le maintien de ces changements pour de longues périodes.

Pour améliorer l'efficacité de nos efforts de prévention, nous devons nous assurer que toutes les interventions comportementales en matière de VIH tiennent compte des besoins spécifiques à l'épidémie locale particulière. L'implication de la communauté dans l'élaboration de telles interventions est essentielle. Pour trouver le bon mélange d'approches comportementales pour une communauté en particulier, il faut comprendre le contexte social de la population cible et adapter les programmes en fonction des besoins particuliers de cette population. Par exemple, les comportements sexuels et de consommation de drogues varient et ont lieu habituellement en privé. Par conséquent, il est difficile pour les personnes qui conçoivent les programmes de comprendre intégralement ces comportements, de reconnaître les personnes les plus à risque et de les motiver à modifier leurs comportements sans une participation communautaire.

Diverses voies de communication devraient être employées pour disséminer des messages clairs et simples faisant valoir la réduction des risques et les options favorables à la santé. Il faut proposer aux gens plusieurs options pour réduire les risques, car il n'existe aucune approche qui convient à tout le monde.

Changer des comportements n'est pas une simple affaire, et de nombreux écueils vont faire obstacle à la réussite des programmes. Des efforts pour mettre en oeuvre certains programmes se sont heurtés à une résistance sur le plan social, politique et/ou idéologique. La stigmatisation et la discrimination à l'endroit des populations les plus à risque d'infection peuvent miner le soutien apporté à ces programmes, alors il est important de combattre la stigmatisation et la discrimination pour assurer la réussite des initiatives de prévention du VIH au Canada. 

Les modèles d'interventions comportementales existantes sont souvent fondés sur les principes de l'approche cognitivo-comportementale, lesquels présupposent que la personne prendra les mesures nécessaires pour réduire ses risques si elle est suffisamment renseignée et motivée — autrement dit, la personne pourra exercer son libre arbitre lorsqu'elle fera face à un risque associé au VIH. Toutefois, le comportement d'une personne est souvent lourdement influencé par des facteurs personnels, socioéconomiques, culturels et contextuels. Bien que nécessaires, les interventions comportementales ne sont pas suffisantes pour arrêter la transmission du VIH : elles doivent être associées à des approches structurales et biomédicales.

L'emploi d'approches structurales et biomédicales en combinaison avec les approches comportementales accroîtront l'efficacité des interventions axées sur le comportement.

Ressource

Sources

  1. Coates TJ, Richter L, Ceres C. Behavioural strategies to reduce HIV transmission: how to make them work better. The Lancet. 2008 August;372(9639):669–84.
  2. Global HIV Prevention Working Group. Behaviour change and HIV prevention: [re] considerations for the 21st century. 2008. Disponible à l’adresse : http://library.catie.ca/PDF/PCatie/24892.pdf
  3. San Francisco AIDS Foundation (SFAF)]. HIV evidence report: effective behavioural interventions for reducing HIV risk and transmission. San Francisco: SFAF; 2008. Disponible à l’adresse : http://www.sfaf.org/policy-center/policy-library/sfaf-hiv-evidence-report-may-2008-effective-behavioral-interventions.pdf