Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Le risque de transmission sexuelle du VIH selon l'acte

Points clés

  • Certaines activités sexuelles comportent généralement un plus grand risque de transmission du VIH que d'autres.
  • Les relations anales réceptives comportent le risque le plus élevé de transmission du VIH, alors que les relations orales sont associées au risque le plus faible.
  • Chaque exposition au VIH est unique et comporte un risque particulier d'infection par le VIH.

Plusieurs études de recherche ont tenté de calculer le risque de transmission du VIH associée à une seule relation sexuelle non protégée (par exemple, si aucun condom ou PrEP n’a été utilisé) avec une personne séropositive. Ces études ont révélé que certaines activités posaient généralement un risque plus élevé de transmission du VIH que d'autres.

Le tableau suivant indique les estimations du risque moyen de transmission lors d’une exposition au VIH selon différentes activités sexuelles :

Activité sexuelle

Estimation du risque moyen

Taux de transmission

Relation sexuelle anale réceptive

1,4 %

1 transmission sur 71 expositions

Relation sexuelle anale pénétrante

0,11 %

1 transmission sur 909 expositions

Relation sexuelle vaginale réceptive

0,08 %

1 transmission sur 1 250 expositions

Relation sexuelle vaginale pénétrante

0,04 %

1 transmission sur 2 500 expositions

Les relations anales réceptives (une personne séronégative reçoit un pénis dans l'anus) comportent le plus grand risque de transmission du VIH. La recherche nous porte à croire que le risque serait de 10 à 20 fois plus élevé que lors des relations vaginales ou des relations anales pénétrantes (une personne séronégative insère son pénis dans l'anus de quelqu'un d'autre). Ce risque accru est attribuable en partie au fait que le revêtement de cellules épithéliales du rectum ne compte qu'une seule couche, ce qui le rend plus vulnérable aux déchirures et à l'inflammation. En revanche, les revêtements de cellules épithéliales de la bouche, du vagin et du pénis comptent plusieurs couches d'épaisseur.

Les études laissent croire que les relations vaginales réceptives sont environ deux fois plus risquées que les relations vaginales pénétrantes. Ce risque accru est attribuable en partie au fait que le vagin a une superficie plus grande que le pénis et demeure plus longtemps en contact avec les liquides corporels infectés.

On attribue aux relations sexuelles orales des risques bien moins élevés de transmission du VIH, comparativement aux relations anales ou vaginales. Les raisons biologiques pour cette différence sont nombreuses : la salive contient des enzymes qui peuvent neutraliser le VIH, la bouche et la gorge sont recouvertes de couches multiples de cellules épithéliales et les liquides contenant du VIH ne restent pas longtemps en contact avec les tissus où l'infection est susceptible de se produire.

Ces comparaisons de risque sont basées sur des études de recherche qui se penchent sur la moyenne des taux de transmission. Elles ne tiennent pas compte de l’effet des facteurs biologiques spécifiques qui peuvent avoir une portée sur le risque, tels que la charge virale. Comme le risque comporte de multiples facteurs, il est très difficile de quantifier précisément le risque associé à une seule relation sexuelle non protégée avec une personne séropositive. Chaque exposition au VIH comporte un risque particulier de transmission qui est déterminé par l'interaction complexe de divers facteurs biologiques.

Ressources

Chiffrer les risques lors d'une exposition au VIHPoint de mire sur la prévention

HIV transmission risk – Centers for Disease Control and Prevention (en anglais seulement)

Sources

  1. Patel R, Borkowf CB, Brooks JT et al. Estimating per-act HIV transmission risk: a systematic review. AIDS. 2014;28(10):1509-19.
  2. Baggaley RF, White RG, Boily M-C. HIV transmission risk through anal intercourse: systematic review, meta-analysis and implications for HIV prevention. International Journal of Epidemiology. 2010 Aug;39(4):1048–63.
  3. Baggaley RF, Boily M-C, White RG, et al. Risk of HIV-1 transmission for parenteral exposure and blood transfusion: a systematic review and meta-analysis. AIDS London England. 2006 Apr 4;20(6):805–12.
  4. Baggaley RF, White RG, Boily M-C. Systematic review of orogenital HIV-1 transmission probabilities. International Journal of Epidemiology. 2008 Dec;37(6):1255–65.
  5. Boily M-C, Baggaley RF, Wang L, et al. Heterosexual risk of HIV-1 infection per sexual act: systematic review and meta-analysis of observational studies. The Lancet Infectious Diseases. 2009 Feb;9(2):118–29.
  6. Powers KA, Poole C, Pettifor AE, et al. Rethinking the heterosexual infectivity of HIV-1: a systematic review and meta-analysis. The Lancet Infectious Diseases. 2008 Sep;8(9):553–63.
  7. Wilton J. Chiffrer les risques lors d'une exposition au VIH. Point de mire sur la prévention. Été 2012. Disponible à l'adresse : http://www.catie.ca/fr/pdm/ete-2012/chiffrer-les-risques-lors-dune-expos....