Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

La tuberculose

Points clés

  • On a recensé 1 568 nouveaux cas de tuberculose active et cas de retraitement au Canada en 2014.
  • La majorité des nouveaux cas se sont produits chez des Canadiens nés à l'étranger et des personnes autochtones.
  • Les personnes ayant le VIH sont les plus à risque de contracter la tuberculose.
  • On estime que 1,6 % à 5,8 % des personnes vivant avec le VIH ont la tuberculose active.
  • Chez les personnes vivant avec le VIH, la tuberculose latente est plus susceptible d'évoluer en tuberculose active.
  • Les personnes vivant avec le VIH sont plus sujettes à la tuberculose extrapulmonaire.
  • Les Autochtones et les immigrants au Canada provenant de pays affichant des taux élevés de tuberculose et de VIH sont les plus à risque de contracter la co-infection.

Mycobacterium tuberculosis est une bactérie qui se transmet dans l'air à partir d’une personne atteinte d'une tuberculose active et infectieuse des poumons ou voies aériennes. La tuberculose n'est pas aussi contagieuse que certaines autres infections à transmission aérienne, car l'exposition doit durer un certain temps pour que l'infection ait lieu. Lorsque l'exposition à la tuberculose se produit, le système immunitaire réussit dans certains cas à éliminer l'infection. Si cela n'arrive pas, la bactérie peut demeurer vivante mais inactive dans l'organisme, ce qui donne lieu à l'infection latente à la tuberculose. L'infection latente ne provoque pas de symptôme et la personne touchée n'est pas infectieuse. L'infection latente risque toutefois d'évoluer en tuberculose active lorsque le système immunitaire est compromis ou affaibli. Si cela se produit, des symptômes apparaissent et la personne touchée devient infectieuse.

La tuberculose peut se propager des poumons à d'autres régions du corps par le biais du sang (on parle alors de tuberculose extrapulmonaire), telles que les reins, les os et les articulations, les intestins, le cerveau et la moelle épinière. La tuberculose peut aussi envahir l'ensemble de l'organisme (c’est ce qu’on appelle la tuberculose généralisée ou miliaire). D'ordinaire, la tuberculose extrapulmonaire n'est pas infectieuse parce que la bactérie n’est pas expulsée dans l'air lorsqu’elles toussent.

Le vaccin bilié de Calmette et Guérin, le plus souvent dénommé vaccin BCG, confère une protection partielle contre l'infection par la tuberculose. Au Canada, l'accès au vaccin n'est pas universel, car il n'est offert qu'aux bébés des communautés inuites et des Premières Nations affichant un taux élevé de tuberculose.

Le diagnostic de la tuberculose se fait au moyen d'un test cutané. Tout résultat positif doit être suivi d'une radiographie pulmonaire et d'une analyse d'expectoration pour déterminer s'il s'agit d'un cas de tuberculose active. La tuberculose extrapulmonaire peut être plus difficile à diagnostiquer parce que la radiographie pulmonaire et l'analyse d'expectoration donnent des résultats négatifs dans un tel cas. Le test cutané peut donner lieu à un faux positif si la personne a reçu le vaccin BCG ou si elle a été infectée par une maladie ressemblant à la tuberculose. Un faux négatif est possible en présence d’un système immunitaire affaibli, comme chez les personnes ayant le VIH. On évalue actuellement de nouveaux tests sanguins pour servir éventuellement au diagnostic de la tuberculose.

Il est possible de guérir la tuberculose latente ou active par des antibiotiques qu'il faut prendre pendant au moins six mois. Chez les personnes qui ne réussissent pas à suivre fidèlement leur régime thérapeutique, la tuberculose peut devenir résistante aux médicaments, ce qui complique les soins et augmente le risque de transmission d’une forme de tuberculose résistante. Les cas de tuberculose multirésistante donnent lieu à des complications sur le plan des soins et du traitement. Lorsque la tuberculose acquiert une résistance à de très nombreux médicaments, cette maladie est alors presque toujours mortelle.

Au Canada, on a recensé 1 568 nouveaux cas de tuberculose active et cas de retraitement en 2014 (soit un taux de 4,4 cas de TB pour 100 000 personnes). La majorité des cas signalés en 2014 concernait des Canadiens nés à l'étranger (69 %). Quant aux autres cas, 21 % se sont produits chez des Autochtones nés au Canada et 20 % chez des non-Autochtones nés au Canada. Il existe des disparités prononcées dans les taux de tuberculose entre les différents provinces et territoires, le taux le plus élevé de nouveaux cas déclarés s’établissant au Nunavut.

Les personnes ayant le VIH sont les plus à risque de contracter la tuberculose à cause de l'état affaibli de leur système immunitaire (selon les estimations, le risque serait de 20 à 37 fois plus élevé chez les personnes séropositives que chez les personnes séronégatives). De plus, les personnes ayant le VIH sont 10 fois plus sujettes à la tuberculose active que les personnes n'ayant pas le VIH. Les personnes séropositives sont également plus susceptibles d'avoir la tuberculose extrapulmonaire (en dehors des poumons).

Une certaine incertitude règne en ce qui concerne la prévalence de la co-infection VIH-tuberculose au Canada, comme en font foi les estimations du pourcentage de personnes séropositives ayant aussi la tuberculose active qui vont de 1,6 % à 5,8 %. Les estimations concernant les personnes ayant la tuberculose qui sont également séropositives oscillent entre 3,8 % et 13,8 %. Le risque de co-infection est le plus élevé chez les Autochtones et les immigrants provenant de pays affichant un haut taux de tuberculose et/ou de VIH. La recherche porte aussi à croire que le risque de tuberculose augmente en fonction de la durée de l'infection au VIH.

Étant donné les liens étroits entre le VIH et la tuberculose, les politiques en matière de dépistage recommandent que toutes les personnes tuberculeuses soient testées pour le VIH et vice versa. Or il est estimé que seulement 21 % des personnes séropositives ont fait l'objet d'un tel dépistage de la tuberculose.

Ressources

La tuberculose et le VIH — une vue d'ensembleNouvelles CATIE

La tuberculose au Canada 2014 – Agence de la santé publique du Canada (ASPC)

Fiches d'information sur la tuberculose – ASPC

Sources

  1. Phypers M. Rapport spécial du Comité canadien de lutte antituberculeuse : Co-infection par le bacille tuberculeux et le VIH au Canada. Relevé des maladies transmissibles au Canada. 2007;33(08).
  2. Agence de la santé publique du Canada [ASPC]. Fiches d'information sur la tuberculose. 2008. Disponible à l'adresse : http://www.phac-aspc.gc.ca/tbpc-latb/fa-fi/index-fra.php
  3. Lodi S, Del Amo J, d’Arminio Monforte A, et al. Risk of tuberculosis following HIV seroconversion in high-income countries. Thorax. 2012;68(3):207–13.
  4. Agence de la santé publique du Canada. La tuberculose au Canada 2014. Ottawa (Canada) : Travaux publics et services gouvernementaux Canada; 2016. Disponible à l'adresse : http://www.catie.ca/sites/default/files/La-tuberculose-au-Canada-2014-Prediffusion.pdf [consulté le 30 mars 2016].
  5. Gallant V, McGuire M, Ogunnaike-Cooke S. Résumé de la tuberculose au Canada en 2013. Relevé des maladies transmissibles au Canada : Volume 41 S-2, 19 mars 2015. Disponible à l'adresse : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/15vol41/dr-rm41s-2/surveillance-1-fra.php [consulté le 14 octobre 2015].