Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

La transmission hétérosexuelle

Points clés

  • Selon les estimations, les relations hétérosexuelles auraient causé 33 % des nouvelles infections par le VIH survenues en 2014.
  • L'incidence du VIH est peut-être en diminution depuis 2011 parmi les Canadiens exposés au virus lors des relations hétérosexuelles.
  • Selon les estimations, 31 % de tous les Canadiens vivant avec le VIH en 2014 auraient contracté le virus par le biais de relations hétérosexuelles (prévalence).
  • Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique sont surreprésentées dans l'épidémie de VIH au Canada.

La transmission hétérosexuelle se produit autant chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique que chez les personnes originaires de pays où l'infection n'est pas endémique au Canada. Aux fins de la surveillance du VIH, on définit généralement les pays où le VIH est endémique comme ceux comptant une prévalence chez les adultes de 1 % ou plus ou encore en fonction des critères suivants :

  • 50 % ou plus des diagnostics de VIH sont attribuables à la transmission hétérosexuelle;
  • le rapport homme-femme des personnes vivant avec le VIH est de 2:1 ou moins; ou
  • la prévalence du VIH est de 2 % ou plus parmi les femmes recevant des soins prénataux.

Les exemples des régions où le VIH est jugé endémique comprennent l'Afrique subsaharienne et les Caraïbes.

Les estimations de la prévalence et de l’incidence du VIH de 2014 indiquent que l’exposition hétérosexuelle au VIH est à l’origine d’une proportion considérable de l’épidémie du VIH au Canada.

Selon les estimations, 839 nouvelles infections par le VIH (33 % de toutes les nouvelles infections au Canada) étaient attribuables aux contacts hétérosexuels en 2014. Cette estimation inclut 358 nouvelles infections (14 %) attribuables aux relations hétérosexuelles entre personnes originaires de pays où le VIH est endémique et 481 (19 %) nouvelles infections parmi des hétérosexuels originaires de pays où le VIH n'est pas endémique.

L'incidence du VIH est stable dans les populations hétérosexuelles du Canada depuis 2011. En 2011, le nombre estimé de nouvelles infections par le VIH attribuables aux relations hétérosexuelles était de 927.

Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique (et qui résident au Canada) sont 6,3 fois plus susceptibles de contracter le VIH que les personnes nées au Canada ou dans d’autres pays où le VIH n’est pas endémique en 2014. Selon les estimations nationales de 2014, 40,3 nouvelles infections par le VIH se seraient produites dans chaque tranche de 100 000 personnes nées dans des pays où le VIH est endémique et résidant au Canada. En guise de comparaison, notons que seulement 6,4 nouvelles infections par le VIH se sont produites dans chaque tranche de 100 000 personnes nées au Canada ou dans d’autres pays où le VIH n’est pas endémique.

La transmission hétérosexuelle était à l'origine de 31 % des cas de VIH chez les Canadiens en 2014 (23 700 personnes). Sur ce chiffre, 11 360 personnes (15 % de toutes les personnes vivant avec le VIH) étaient originaires d'un pays où le VIH est endémique (principalement des pays de l'Afrique subsaharienne et des Caraïbes).

Selon les estimations nationales en matière de VIH pour 2014, 28 % des personnes séropositives dont l'infection était attribuable à une exposition hétérosexuelle demeuraient non diagnostiquées, soit quelque 6 636 personnes.

Le portrait épidémiologique des personnes originaires de pays où le VIH est endémique n'inclut que la transmission par les contacts hétérosexuels et ne reflète pas les personnes exposées au VIH par l'injection de drogues ou les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes originaires de pays où le VIH est endémique.

Les communautés des personnes originaires de pays où le VIH est endémique se caractérisent par une grande diversité historique, linguistique et culturelle. Ces communautés sont touchées de façon disproportionnée par de nombreux facteurs sociaux, économiques et comportementaux (déterminants de la santé) qui non seulement augmentent leur vulnérabilité au VIH, mais qui constituent aussi des barrières à l'accès aux programmes de prévention, de dépistage, de traitement, de soins et de soutien.

Ressources

L'épidémiologie du VIH au Canada – Feuillet d'information de CATIE

Résumé : estimations de l'incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014 – Agence de la santé publique du Canada

Actualités en épidémiologie du VIH/sida - Chapitre 13 : Le VIH/sida au Canada chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique – Agence de la santé publique du Canada

Le VIH/sida au Canada – Infographie de CATIE

Personnes vivant avec le VIH au Canada – Affiche infographique de CATIE

Nouvelles infections par le VIH au Canada – Affiche infographique de CATIE

Où le VIH frappe-t-il le plus durement? – Affiche infographique de CATIE

Le VIH au Canada – ASPC

Sources

  1. Agence de la santé publique du Canada. Résumé : Estimations de l'incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014. Ottawa : Division de surveillance de la santé et de l'épidémiologie, Division des lignes directrices professionnelles et des pratiques de santé publique, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2015. Disponible à l'adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/resume-estimations-lincidence-prevalen...
  2. Agence de la santé publique du Canada. Actualités en épidémiologie du VIH/sida - Chapitre 1 : Estimations de la prévalence et de l’incidence de l’infection par le VIH au Canada pour 2011. Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2014. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/actualites-epidemiologie-vihsida-chapitre-1-estimations-prevalence-incidence-infection-vi