Le VIH au Canada : Guide d'introduction pour les fournisseurs de services

Les personnes qui s’injectent des drogues

Points clés

  • Selon les estimations, 89 855 personnes s’injectaient des drogues au Canada en 2014.
  • Les personnes qui s’injectent des drogues sont 59 fois plus susceptibles de contracter le VIH que les personnes qui ne s’injectent pas.
  • Selon les estimations, l'utilisation de drogues injectables était à l'origine de 13 % de toutes les nouvelles infections par le VIH survenues au Canada en 2014 (incidence).
  • Il est possible que le nombre de nouvelles infections par le VIH chez les personnes qui s’injectent des drogues ait baissé depuis 2011.
  • Selon les estimations, l’utilisation de drogues injectables était à l’origine de 19 % de tous les cas de séropositivité au Canada en 2014 (prévalence).
  • 11 % des Canadiens qui s'injectent des drogues seraient séropositifs (selon des études réalisées dans 11 villes canadiennes).

Selon les estimations, 89 855 personnes s’injectaient des drogues au Canada en 2014. Cela représente 0,3 % de la population canadienne âgée de 15 ans et plus.

Les personnes qui s’injectent des drogues sont 59 fois plus susceptibles de contracter le VIH que les personnes qui ne s’injectent pas de drogues. Selon les estimations nationales de 2014, sur chaque tranche de 100 000 personnes vivant au Canada, 439 nouvelles infections par le VIH étaient attribuables à l’utilisation de drogues injectables. En guise de comparaison, notons que seulement 7,5 nouvelles infections par le VIH se sont produites chez des personnes qui ne s’injectaient pas de drogues pour chaque tranche de 100 000 personnes vivant au Canada.

Sur toutes les nouvelles infections par le VIH survenues en 2014, 335 (13 %) se seraient produites chez des personnes qui s'injectaient des drogues, selon les estimations. Cela inclut 270 nouvelles infections par le VIH attribuables uniquement à l'injection de drogues en 2014 (11 % de l'incidence globale) et 65 nouvelles infections par le VIH (3 %) chez des hommes dont l'infection était attribuable soit à l'injection de drogues, soit à des relations sexuelles entre hommes (HARSAH­-UDI).

Il est possible que l'incidence du VIH soit à la baisse parmi les personnes qui s'injectent des drogues, mais elle reste stable chez les HARSAH­-UDI depuis 2011. En 2011, le nombre estimé de nouvelles infections par le VIH parmi les UDI se situait à 384 et il se situait à 73 parmi les HARSAH­-UDI.

À la fin de 2014, il est possible que 19 % des personnes vivant avec le VIH au Canada aient contracté le virus par le biais de l’utilisation de drogues injectables (13 960 personnes). Cette estimation inclut 11 560 personnes (15 %) dont la séropositivité était attribuable à l'injection de drogues et 2 400 hommes additionnels (3 %) dont l'infection par le VIH était attribuable soit à l'injection de drogues, soit à des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH­-UDI) puisque les hommes interrogés ont avoué les deux comportements au moment du dépistage.

Selon les estimations nationales en matière de VIH pour 2014, 20 % des personnes dont la séropositivité était attribuable à l'injection de drogues demeuraient non diagnostiquées, ce qui représente quelque 2 312 personnes.

Entre 2010 et 2012, 11 % des personnes qui s’injectaient des drogues qui ont passé un test de dépistage du VIH dans 11 villes canadiennes se sont avérées séropositives. Soixante-huit pour cent d’entre elles présentaient des indices d’une infection à l’hépatite C actuelle ou passée. Parmi les participants à cette étude qui se déclaraient séropositifs, 95 % disaient recevoir des soins de la part d’un médecin et 66 % d’entre eux prenaient des médicaments sur ordonnance contre l’infection au VIH. Parmi les participants qui étaient au courant d’une infection actuelle à l’hépatite C, 48 % étaient soignées par un médecin pour l’hépatite C et 2 % prenaient des médicaments sur ordonnance contre l’hépatite C.

Ressources

L'épidémiologie du VIH chez les personnes qui s'injectent des drogues au Canada – Feuillet d'information de CATIE

Résumé : Estimations de l'incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014 – Agence de la santé publique du Canada

Le VIH/sida au Canada – Infographie de CATIE

Personnes vivant avec le VIH au Canada – Affiche infographique de CATIE

Nouvelles infections par le VIH au Canada – Affiche infographique de CATIE

Où le VIH frappe-t-il le plus durement? – Affiche infographique de CATIE

Le VIH au Canada – ASPC

Résumé des résultats clés de la phase 3 du système I-Track (2010 à 2012) – Agence de la santé publique du Canada (ASPC)

I-Track : surveillance améliorée du VIH et de l'hépatite C ainsi que des comportements à risque chez les utilisateurs de drogues injectables au Canada : Rapport sur la phase 2 – Agence de la santé publique du Canada

L’injection de drogue et le VIH/sida au Canada : les faits – Feuillet d’information du Réseau juridique canadien VIH/sida

Sources

  1. Agence de la santé publique du Canada. Résumé : Estimations de l'incidence, de la prévalence et de la proportion non diagnostiquée au VIH au Canada, 2014. Ottawa : Division de surveillance de la santé et de l'épidémiologie, Division des lignes directrices professionnelles et des pratiques de santé publique, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2015. Disponible à l'adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/resume-estimations-lincidence-prevalen...
  2. Yang Q, Ogunnaike-Cooke S, Halverson J, et al. Estimated national HIV incidence rates among key sub-populations in Canada, 2014. Presented at 25th Annual Canadian Conference on HIV/AIDS Research (CAHR), 12–15 May 2016, Winnipeg, Canada. Abstract EPH3.5.
  3. Agence de la santé publique du Canada. Résumé des résultats clés de la phase 3 du système I-Track (2010 à 2012). Division de surveillance de la santé et de l'épidémiologie, Division des lignes directrices professionnelles et des pratiques de santé publique, Centre de la lutte contre les maladies transmissibles et les infections, Agence de la santé publique du Canada, 2012. Disponible à l’adresse : http://www.catie.ca/fr/ressources/resume-resultats-cles-phase-3-systeme-i-track-2010-2012