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juin/juillet 2017 

Sofosbuvir + velpatasvir + voxilaprévir (Vosevi) pour les personnes ayant le génotype 1, 2 ou 3 dont les traitements antérieurs ont échoué

Pour une étude appelée Polaris-4, des chercheurs ont recruté des participants dont les régimes antérieurs d'antiviraux à action directe avaient échoué à les guérir du virus de l'hépatite C (VHC). Les chercheurs ont réparti les participants au hasard pour recevoir un des régimes suivants pendant 12 semaines consécutives :

  • sof-vel-vox (sofosbuvir + velpatasvir + voxilaprévir) : 182 personnes
  • sofosbuvir + velpatasvir (Epclusa) : 151 personnes

Les participants avaient les souches, ou génotypes, suivantes du VHC : 1, 2, 3 ou 4. Les résultats globaux ont été les suivants :

  • sof-vel-vox : 98 % des participants ont guéri
  • sofosbuvir + velpatasvir : 90 % ont guéri

Dans cette étude, les effets indésirables courants ont été les maux de tête, la fatigue, les diarrhées et les nausées.

Détails de l'étude

Les chercheurs ont recruté des participants dont le profil moyen était le suivant lors de leur admission à l'étude :

  • 77 % d'hommes; 23 % de femmes
  • âge : 57 ans
  • génotypes courants du VHC : 1, 2 et 3
  • 46 % avaient subi une cicatrisation étendue du foie
  • charge virale en VHC : 2 millions UI/ml
  • la plupart des participants (73 %) avaient déjà été traités par un inhibiteur de la NS5B; la majorité (60 %) avait été traitée une fois avant de s'inscrire à Polaris-4; la raison la plus courante de l'échec du traitement antérieur était une rechute

Les participants ont reçu un régime ou l'autre pendant 12 semaines consécutives. Des analyses de laboratoire et d'autres évaluations de suivi ont été effectuées avant, pendant et après le traitement.

Résultats : vue d'ensemble

Parmi les participants qui avaient déjà été traités avec des AAD (notons que les personnes ayant déjà utilisé un inhibiteur de la NS5A ont été exclues de cette étude), les taux de guérison globaux ont été les suivants :

  • sof-vel-vox : 98 %
  • sofosbuvir + velpatasvir : 90 %

Tout comme lors de l'essai clinique apparenté Polaris-1, la vaste majorité des participants sont retournés passer des tests sanguins 24 semaines après la cessation de la prise des comprimés, et ces tests ont révélé qu'ils étaient encore guéris.

La raison la plus courante de l'incapacité du traitement de guérir les participants a été une rechute. Cela s'est passé le plus fréquemment chez les personnes porteuses du génotype 3a.

Résultats : accent sur la cirrhose

Lors des essais cliniques antérieurs menés auprès de personnes ayant subi une cicatrisation étendue du foie et traitées par les AAD plus anciens, on a constaté des cas d'échec thérapeutique chez certains patients. L'étude Polaris-4 comptait des participants atteints de cirrhose, mais aucun d'entre eux n'éprouvait le genre de symptômes graves qui peuvent accompagner cette maladie. Les taux de guérison dans la présente étude ont été les suivants :

Aucune cirrhose

  • sof-vel-vox : 98 %
  • sofosbuvir + velpatasvir : 94 %

Présence de cirrhose

  • sof-vel-vox : 98 %
  • sofosbuvir + velpatasvir : 86 %

Résultats : résistance préexistante

Au début de Polaris-4, près de 50 % des participants avaient une souche du VHC qui avait muté et qui, suite à un échec thérapeutique antérieur, était devenue résistante à des inhibiteurs de la NS3 ou de la NS5A. Les chercheurs ont présenté des données sur la réponse au traitement actuel réparties en fonction du traitement antérieur, comme suit :

Aucune résistance préexistante

  • sof-vel-vox : 100 % des participants ont guéri
  • sofosbuvir + velpatasvir : 90 % ont guéri

Résistance préexistante

  • sof-vel-vox : 99 % ont guéri
  • sofosbuvir + velpatasvir : 89 % ont guéri

Résultats : innocuité

En général, les combinaisons de médicaments utilisées dans Polaris-4 ont été bien tolérées par les participants.

Le terme effets indésirables est utilisé par les chercheurs pour décrire des événements malheureux qui se produisent durant un essai clinique. Il peut s'agir de problèmes et de symptômes qui surviennent à cause de l'exposition au traitement (effets secondaires) et/ou du processus pathologique sous-jacent ou encore de facteurs n'ayant rien à voir avec l'essai clinique, tels que des accidents, des blessures ou d'autres traumatismes.

Dans l'ensemble, les effets indésirables suivants ont été signalés par les participants dans les proportions indiquées :

  • sof-vel-vox : 77 %
  • sofosbuvir + velpatasvir : 74 %

Les effets indésirables courants signalés par les participants traités par le trio sof-vel-vox ont été les suivants :

  • maux de tête : 27 %
  • fatigue : 24 %
  • diarrhées : 10 %

Les effets indésirables courants signalés par les participants traités par sofosbuvir + velpatasvir ont été les suivants :

  • maux de tête : 28 %
  • fatigue : 28 %
  • diarrhées : 8 %

Selon les chercheurs, « la majorité des cas de diarrhée ont été légers en ce qui a trait à l'intensité ». Aucun cas de diarrhée grave n'a été signalé.

Résultats de laboratoire

Chez la plupart des participants à l'étude Polaris-4, les résultats des tests sanguins n'ont pas révélé d'anomalies graves, comme l'indiquent les chiffres suivants :

  • sof-vel-vox : 7 % des participants avaient des anomalies graves
  • sofosbuvir + velpatasvir : 7 % des participants

Les tests sanguins anormaux ou très anormaux se rapportaient aux mesures des substances suivantes :

  • créatine kinase (un taux élevé de cette enzyme peut laisser soupçonner des dommages musculaires)
  • glycémie (un taux élevé de sucre sanguin persistant peut indiquer l'émergence d'un pré-diabète ou l'aggravation d'un diabète existant)
  • lipase (un taux élevé de cette enzyme peut laisser soupçonner une inflammation du pancréas)

Malgré ces résultats de laboratoire, aucun participant n'a éprouvé de symptômes liés aux problèmes typiquement associés à ces tests.

Points à retenir

Dans l'ensemble, les résultats de Polaris-1 révèlent que la combinaison sof-vel-vox, et dans une moindre mesure la combinaison sofosbuvir + velpatasvir, sont hautement efficaces pour guérir les personnes atteintes du VHC chronique dont le régime antérieur a échoué. Le trio sof-vel-vox a été efficace chez la vaste majorité des personnes qui ont reçu cette combinaison, c'est-à-dire les personnes ayant le génotype 1, 2, ou 3 dont le régime antérieur avait échoué.

Cette étude compte plusieurs limitations, comme suit :

Seule une faible proportion des participants avaient été traités par les AAD les plus récents, tels que Zepatier (combinaison à doses fixes d'elbasvir et de grazoprévir) ou Epclusa (combinaison à doses fixes de sofosbuvir et de velpatasvir). Pour cette raison, il n'est pas clair dans quelle mesure le trio sof-vel-vox serait efficace contre les souches du VHC ayant acquis une résistance à ces médicaments.

Certaines populations ont été exclues de cette étude, notamment les personnes co-infectées par le VIH ou le virus de l'hépatite B et les personnes éprouvant des symptômes de la cirrhose. Alors, à la lumière des données de Polaris-4, il n'est pas clair dans quelle mesure cette combinaison serait efficace chez ces populations.

—Sean R. Hosein

RÉFÉRENCE :

Bourlière M, Gordon SC, Flamm SL, et al. Sofosbuvir, velpatasvir, and voxilaprevir for previously treated HCV infection. New England Journal of Medicine. 2017; in press.