TraitementActualités
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mars/avril 2017 

Nouveaux médicaments, nouvel espoir et échéances possibles

Lors de la récente Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), qui s’est tenue à Seattle du 13 au 16 février 2017, les chercheurs ont présenté des données sur des composés anti-VIH en voie de développement, y compris les suivants :

  • un nouvel inhibiteur de l’intégrase :  bictégravir
  • un nouvel analogue nucléosidique (INTI) : nom de code GS-9131
  • un nouvel analogue non nucléosidique (INNTI) : doravirine
  • un nouvel inhibiteur de la protéase : nom de code GS-PI1
  • un inhibiteur capsidique (nouvelle classe de médicaments) : nom de code GS-CA1

Tous ces médicaments sont en voie de développement et n’ont pas encore de nom de marque; certains d’entre eux ne portent qu’un nom de code pour le moment.

Que ces médicaments soient en route est une bonne nouvelle pour les personnes dont le VIH est résistant à certains médicaments. Cependant, comme il s’agit de nouveaux médicaments en voie de développement, ils mettront du temps à se frayer un chemin jusqu’aux pharmacies.

Échéances

Les médicaments qui sont les plus proches des phases finales de leur développement clinique sont le bictégravir et la doravirine.

Bictégravir

Les résultats des principales études de phase III sur l’inhibiteur de l’intégrase bictégravir devraient être disponibles dans la deuxième moitié de 2017. Le fabricant du médicament, Gilead Sciences, soumettra alors un dossier sur le bictégravir aux agences de réglementation du Canada, de l’Union européenne et des États-Unis, puis à celles d’autres pays. Il s’écoulera sans doute une année avant que les agences de réglementation terminent l’examen des données; par conséquent, le bictégravir a peu de chances d’être approuvé avant la fin de l’été ou l’automne 2018. Une fois approuvé par Santé Canada, le bictégravir fera l’objet d’examens secondaires, puis Gilead entamera des négociations avec les provinces et les territoires pour fixer le prix du médicament et discuter de son éventuelle inclusion sur leurs listes de médicaments assurés (listes de produits pharmaceutiques subventionnés). Si les tendances du passé se maintiennent, il est peu probable que le bictégravir soit ajouté aux listes de médicaments assurés avant la première moitié de 2019.

Doravirine

Cet analogue non nucléosidique est presque arrivé à la fin de la phase finale des essais cliniques. On peut espérer que la compagnie pharmaceutique Merck soumettra son dossier sur la doravirine aux agences de réglementation du Canada, de l’Union européenne et des États-Unis plus tard cette année. Ici encore, à en juger par les pratiques du passé, il est peu probable que la doravirine soit approuvée avant le milieu ou la fin de 2018; son inclusion subséquente sur les listes de médicaments assurés des provinces et territoires prendra probablement une année encore. Les chances sont donc minces que la doravirine soit incluse sur ces listes avant le milieu ou la fin de 2019.

Les autres médicaments

Tous les autres médicaments que nous avons mentionnés sont fabriqués par la compagnie Gilead Sciences et en sont aux phases très précoces du développement. Bien que les détails de son cheminement n’aient pas été publiés, l’analogue nucléosidique GS-9131 devrait entrer dans les essais cliniques de phase I en 2017. Les essais de phase I évaluent l’innocuité et l’efficacité préliminaire d’un médicament. Si ce dernier se révèle sûr et efficace, il avancera vers la phase II. Si tout va bien dans la phase II, des essais cliniques de phase III pourraient commencer dans les deux à trois ans.

L’inhibiteur de la capside (GS-CA1) est le plus intéressant des nouveaux composés parce qu’il est la première molécule de son genre à être développée. Dans leurs expériences, les chercheurs de Gilead ont remarqué que l’inhibiteur de la capside se dégradait lentement. Par conséquent, ils ont pu créer une formulation à longue durée d’action de cet inhibiteur de la capside. Cependant, comme aucune formulation à longue durée d’action d’un médicament anti-VIH n’a été approuvée à ce jour, la mise au point de l’inhibiteur de la capside pourrait prendre plus de temps que s’il était développé à titre de formulation standard (à libération immédiate). Gilead doit poursuivre ses expériences sur l’inhibiteur de la capside chez des animaux; si celles-ci se passent bien, on pourra espérer que des études de phase I sur des humains commenceront en 2018.

Portant le nom de code GS-PI1, l’inhibiteur de la protéase expérimental semble être le plus en retard quant à l’aboutissement de son développement, et plusieurs années pourraient s’écouler avant que des essais cliniques sur ce médicament commencent.

Dans ce numéro de TraitementActualités, nous résumons les données présentées à la CROI au sujet de ces traitements émergents.

—Sean R. Hosein