Point de mire sur la prévention

Printemps 2017 

Mise à jour sur la recherche : Résultats du sondage 2015 sur la santé et les soins des personnes trans aux États-Unis

par Logan Broeckaert

En 2015 aux États-Unis, on a réalisé un sondage qui a recueilli de l’information auprès de 27 715 personnes trans vivant d’un bout à l’autre des États-Unis (2015 U.S. Transgender Survey).1 Les résultats du sondage ont été publiés en décembre 2016. Le rapport brosse un portrait détaillé des expériences des personnes trans dans une large gamme de catégories, telles que l’éducation, l’emploi, la vie familiale, la santé, le logement et les interactions avec le système judiciaire. Dans le chapitre consacré à la santé, le rapport fournit des données sur le dépistage du VIH et les soins de santé parmi les personnes trans. 

Les personnes trans sont plus susceptibles d’avoir passé un test de dépistage du VIH que la population générale

Les résultats du sondage ont révélé que 55 % des répondants s’étaient déjà fait tester pour le VIH au moins une fois dans leur vie, comparativement à 34 %2 de la population générale adulte. La majorité (86 %) des personnes trans qui ne s’étaient jamais fait tester pour le VIH ont donné comme raison le fait qu’elles n’avaient probablement jamais été exposées au virus. La plupart (45 %) avaient été testées par leur professionnel de la santé principal; 26 % avaient été testées dans une clinique et 11 % d’entre elles dans un centre de dépistage du VIH. Les autres sites et moyens de dépistage incluaient les urgences d’hôpitaux, les prisons, les centres de traitement des dépendances et les tests à domicile.

Les personnes trans sont quatre fois plus susceptibles d’affirmer vivre avec le VIH que la population générale

Dans l’ensemble, 1,4 % des répondants disaient vivre avec le VIH, soit un pourcentage plus élevé que la moyenne nationale (0,3 %).3 Les femmes trans étaient plus susceptibles d’affirmer vivre avec le VIH (3,4 %) que les hommes trans (0,3 %) et les personnes non binaires (0,4 %).

Le sondage a révélé que le VIH avait un plus grand impact sur certaines communautés de personnes trans que sur d’autres. Par exemple, 19 % des femmes trans noires disaient vivre avec le VIH. Ce chiffre est 13 fois plus élevé que le pourcentage de l’échantillon entier. De plus, 5 % des femmes trans autochtones et 4,4 % des femmes trans latino-américaines disaient vivre avec le VIH.

Les personnes trans disent ne pas recevoir de soins réguliers pour le VIH

Selon le rapport :

  • 87 % des répondants séropositifs ont révélé qu’ils n’avaient pas consulté de professionnel de la santé spécialisé dans le VIH depuis six mois.
  • 82 % des répondants séropositifs ont révélé qu’ils avaient passé un test de mesure de la charge virale et/ou du compte de CD4 depuis six mois.
  • 81 % des répondants séropositifs ont révélé qu’ils suivaient un traitement contre le VIH.
  • 64 % des répondants séropositifs ont révélé qu’ils prenaient toujours leur traitement contre le VIH en suivant les prescriptions à la lettre.

En général, les personnes trans continuent de faire face à des obstacles importants aux soins de santé

Il existe des obstacles importants aux soins de santé qui continuent d’avoir un impact sur la santé et le bien-être des personnes trans. Le tiers (33 %) des personnes qui avaient recherché des soins au cours de l’année précédente ont signalé au moins une expérience négative liée à leur identité de genre, telle que le refus de se faire traiter, du harcèlement verbal, une agression physique ou sexuelle ou la nécessité de renseigner le professionnel de la santé sur les particularités des personnes trans afin de recevoir des soins appropriés. Le quart (23 %) des répondants n’avaient pas consulté de médecin quand ils en avaient besoin parce qu’ils craignaient de se faire maltraiter. Le tiers (33 %) d’entre eux n’avait pas recherché de soins quand ils en avaient besoin parce qu’ils ne pouvaient pas les payer.

Ressources

Références

À propos de l’auteur

Logan Broeckaert détient une maîtrise en histoire et est actuellement recherchiste/rédactrice à CATIE. Avant de se joindre à CATIE, Logan a travaillé à des projets nationaux et provinciaux de recherche et d’échange de connaissances pour le compte de la Société canadienne du sida et de l’Association de la santé publique de l’Ontario.