Point de mire sur la prévention

Printemps 2017 

Mise à jour sur la recherche : Un nouveau continuum de prévention primaire et secondaire du VIH

par Logan Broeckaert

Le continuum des soins du VIH est devenu un moyen important de visualiser le succès de nos efforts pour assurer aux personnes vivant avec le VIH les meilleurs résultats en matière de santé et de bien-être et pour minimiser le risque de transmission du virus. Dans le continuum des soins, la charge virale indétectable est le résultat le plus pertinent parce qu’elle est associée à la réduction de la morbidité et de la mortalité, ainsi qu’à une baisse considérable du risque de transmission du VIH.  

Aux États-Unis, on a récemment proposé un nouveau modèle, soit le continuum de prévention du VIH (Figure 1). Ce dernier pourrait devenir un outil précieux pour déterminer les étapes nécessaires pour s’assurer que les personnes séronégatives reçoivent les services de santé et de soutien dont elles ont besoin pour demeurer séronégatives. Ce modèle est de nature cyclique.

Le test de dépistage du VIH est considéré comme le point d’entrée dans le continuum de prévention; c’est le résultat du test — négatif ou positif — qui détermine si la personne entre dans le continuum de prévention primaire du VIH ou dans le continuum des soins du VIH (rebaptisé le continuum de prévention secondaire du VIH).

Si le dépistage révèle qu’une personne est séronégative, elle entre dans le continuum de prévention primaire du VIH. Après l’obtention du résultat négatif, la première étape consiste à effectuer une évaluation des risques et des besoins en prévention de la personne afin de l’aider à réduire son risque de façon continue. Les évaluations pourraient inclure une gamme de tests pour dépister les infections transmissibles sexuellement (ITS), les problèmes de santé mentale et de consommation, la violence conjugale et les traumatismes. De plus, le nouveau modèle reconnaît la pertinence de l’assurance maladie (enjeu important dans le contexte américain) et d’autres besoins en matière de soins de santé.

À la suite de l’évaluation, la personne séronégative est orientée vers les services de soins et communautaires dont elle a besoin, tels les services de soins primaires, de logement, de traitement des dépendances et des maladies mentales et les clinques de prophylaxie pré-exposition (PrEP), etc.

L’élément final du cycle primaire consiste à impliquer et à retenir la personne séronégative dans les interventions de prévention du VIH et de réduction des méfaits et à assurer son observance de celles-ci. Les interventions en question incluent la PrEP, la prophylaxie post-exposition (PPE), la distribution de seringues et d’aiguilles, le traitement des dépendances, les services de santé mentale, l’aide au logement, les services de santé sexuelle et la modification des comportements. Pour optimiser l’implication des personnes séronégatives, on devrait employer des gestionnaires de cas compétents en matière de différences culturelles, des navigateurs de patients ou des services centrés sur les clients.

À ce point, la boucle de prévention du VIH revient au dépistage et le cycle recommence : on évalue les besoins des personnes, puis elles sont dirigées vers les services appropriés.

Parmi les enjeux signalés, notons la capacité d’évaluer les résultats tout au long du continuum de prévention primaire du VIH. Pour ce faire, il sera nécessaire de développer un moyen de recueillir des données auprès de nombreux systèmes de services différents et de les combiner.

***Modèle conceptuel réimprimé avec la permission généreuse de Tim Horn et du Treatment Action Group.

À propos de l’auteur

Logan Broeckaert détient une maîtrise en histoire et est actuellement recherchiste/rédactrice à CATIE. Avant de se joindre à CATIE, Logan a travaillé à des projets nationaux et provinciaux de recherche et d’échange de connaissances pour le compte de la Société canadienne du sida et de l’Association de la santé publique de l’Ontario.