Point de mire sur la prévention

Printemps 2017 

Mise à jour de la recherche : Les jeunes qui consomment des drogues et qui ne peuvent avoir accès à des traitements pour la toxicomanie sont deux fois plus susceptibles de commencer à s’injecter

par Logan Broeckaert

Une étude1 menée à Vancouver a examiné la relation entre l’accessibilité aux traitements pour la toxicomanie et l’initiation à l’usage de drogues injectables chez les jeunes à risque. Cette étude a conclu que les jeunes qui utilisent des drogues, soit de la cocaïne, du crack, de l’héroïne ou des méthamphétamines, mais qui ne se sont jamais injectés étaient deux fois plus susceptibles de commencer à s’injecter après avoir été incapables d’accéder à un traitement pour la toxicomanie.

Les conclusions proviennent d’une étude de cohorte regroupant des jeunes de la rue (de 14 à 26 ans) de Vancouver qui avaient utilisé des drogues au cours des 30 derniers jours. Pour être inclus dans cette étude, les participants devaient ne s’être jamais injecté de drogues au moment de l’inscription et devaient faire au moins une visite de suivi. Entre septembre 2005 et mai 2014, 462 participants ont satisfait à ces critères. Au cours de l’étude :

  • 21 % des participants ont révélé s’être injecté des drogues pour la première fois (97 participants)
  • 28 % des participants ont révélé avoir essayé, mais avoir été incapables d’avoir accès à un traitement pour la toxicomanie (129 participants)

Parmi les participants qui n’avaient pas pu avoir accès à un traitement pour la toxicomanie, 41 % ont essayé d’avoir accès à des services de désintoxication, 35 % à des centres de traitement, 10 % à des centres de réadaptation pour toxicomanes et 4 % à des intervenants. Les listes d’attente constituaient l’obstacle le plus fréquent au traitement (66 %); 18 % des participants ont mentionné les obstacles logistiques, y compris l’emplacement, les heures et les exigences en matière de documents et pour 6 % d’entre eux, les obstacles étaient leurs problèmes de comportement. Neuf pour cent des participants ont été rejetés par des programmes de traitement sans raison précise.

Les résultats de cette étude suggèrent que le fait de réduire les obstacles au traitement pour les jeunes qui utilisent des drogues, mais qui ne s’en sont jamais injectés pourrait diminuer la probabilité que ces jeunes passent à l’usage de drogues injectables. On pourrait ainsi éviter les occasions manquées d’empêcher l’initiation aux drogues injectables et aider à réduire les méfaits liés aux drogues, comme les surdoses et les infections au VIH et à l’hépatite C.

Référence

À propos de l’auteur

Logan Broeckaert détient une maîtrise en histoire et est actuellement recherchiste/rédactrice à CATIE. Avant de se joindre à CATIE, Logan a travaillé à des projets nationaux et provinciaux de recherche et d’échange de connaissances pour le compte de la Société canadienne du sida et de l’Association de la santé publique de l’Ontario.